Chapitre Quimçième
francs-tireurs destiné à inquiéter les avant-postes ennemis.
La garde nationale a pour tout uniforme une blouse café au lait avec ceinturon, plus une casquette dont la couleur de la passe indique le numéro du bataillon. L'artillerie se distingue par un pantalon à bande rouge. Les francs-tireurs ont la veste et le pantalon de coutil gris, une petite casquette de même étoffe avec la cocarde tricolore.
Un médecin anglais, M. Ward, qui depuis le 16 août soignait à Tambulance de Rezonvilîe qu'il n'a pas voulu quitter, vient de la ramener en ville;
M. Ward a été frappé et brutalisé par des officiers prussiens, en se rendant à Gorze chercher du linge pour nos blessés ; un Prussien lui a pris son cheval. D'autres officiers lui ont, il est vrai, manifesté leurs regrets de ces actes indignes, et lui ont offert àdîner mais M. Ward a refusé le repas comme les excuses se réservant de porter à la connaissance de son gouvernement et du monde civilisé la conduite des Allemands qui osent maltraiter et voler un Anglais, citoyen d'une nation neutre, accomplissant une mission d'humanité et couvert par la convention de Genève.
Au reste, les Prussiens ont une singulière façon de respecter cette convention. Ils viennent de confisquer deux ambulances appartenant à l'Internationale et portant le pavillon neutre. L'une a été envoyée par eux à Gravelotte, l'autre à Pont-à- Mousson.
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24 août.
Il paraît qu'on a découvert dans les ateliers du chemin de fer quatre millions de cartouches, dont on ne soupçonnait pas l'existence, tandis que nos troupes étaient obligées de se replier le 18, par le manque de munitions. Si le fait ne m'avait pas été affirmé par une personne aussi sûre que bien informée, je l'aurais nié. Imagine-t-on un pareil degré de désordre et d'incurie! Que fait donc le général commandant l'artillerie de l'armée ?
On a échangé aujourd'hui 900 prisonniers aux avant-postes. Les nôtres nous seront remis dans quelques jours.
25 août.
Les Prussiens nous ont joué le mauvais tour de couper auprès de Vaux les conduits qui amènent à Metz l'eau de Gorze. Ce n'est que bêtise ou rage de destruction, car il nous reste encore les sources limpides de Plappe ville et de Scy, sans compter les eaux de la Moselle, qui ne se tarira point de sitôt.
Je suis allé visiter à ce propos ce que les Messins appellent le château deaUy et qui n'est qu'un réservoir destiné à recevoir les eaux de Gorze par un aqueduc qui a été terminé en 1866.
Ce monument d'utilité publique, situé tout en haut de la ville, près de la rue des Récollets, estsur-