Chapitre Dix^septième. i6i
rare que Ton ne pense chez les femmes. Elle se nomme M°*« Cahen.
A la caserne Coislin, c'est une petite ouvrière que Ton nomme Marie, jolie comme un cœur, et sage ; la pauvre enfant gagne à peine assez pouB se suffire, eh bien, elle prend sur le temps de son travail pour soigner ses pauvres blessés. Elle récolte pour eux dans ses journées du linge dont elle fait de la charpie, assise auprès de leur lit, égayant cette sombre salle d'hôpital de son babillage et de son doux sourire.
Heureux qui mettra la cocarde Au bonnet de Mimi Pinson.
3i août.
Cette fois sera la bonne, je Tespère, en dépit de bien des fautes.
irparaît que la sortie du 26 n'était que la répétition générale de celle d'aujourd'hui, qui semble sérieuse. Ce matin les corps d'armée placés sur la rive gauche se sont mis en mouvement pour traverser la Moselle et s'avancer vers la route de Saint- Avold. Il paraît qu'il s'agissait de déloger les Prussiens de Noisseville, de Servigny, de Sainte-Barbe, bref, de tous ces villages où ils ont établi déjà des batteries déposition.
Tous comprenaient que l'affaire serait chaude, et cependant les soldats marchaient gaiement à la bataille.
Averti du mouvement, j'ai pu emboîter le pas à
i62 Afe/f 1870.
une fraction du 2® corps jusqu'à la bifurcation des routes de Boulay et de Saint- Avold. Je me suis arrêté un peu avant, à un grand bâtiment avec une aile en retour, à l'enseigne de la Bellecroix, moitié ferme, moitié auberge, et pour Tinstant poste avancé de la division Vergé^ où se trouve le 77® que j*ai vu près de Sarrebrûck.
De cet endroit qui domine les plaines environnantes, je vais découvrir tout le champ de bataille.
Les heures s'écoulent cependant, nos hommes s'ennuient et demandent « si Ton va recommencer comme le 26. » On leur fait faire le café. Le café bu Ton n'attaque toujours pas. La cavalerie qui manœuvre sur notre droite part bientôt en avant pour éclairer la route de Boulay : c'est un signe précurseur.
En effet, à quatre heures, un coup sourd retentit, c'est le fort Saint-Julien qui vient de tirer une de ses grosses pièces de 24. A ce signal répond la détonation des pièces de 12 et de 24 placées en batterie sur la gauche et dont les obus vont fouiller les bois pour en faire sortir les Prussiens.
Aussitôt, un cercle de fumée blanche se dessine autour de nous, partant de la gauche de l'ennemi et gagnant rapidement sa droite. Ce sont les batteries de position des Prussiens qui répondent avec un formidable ensemble au défi que nous leur avons jeté.
C'est le signal du départ pour l'infanterie; la droite du 3® corps placée en première ligne s'é-