‹ Metz depuis Dix-huit siècles. Son peuple, ses institutions, ses rues, ses monuments; Récits chevaleresques, religieux et populaires. Par Émile Bégin. Troisième volumeChapitre 50 sur 53 · LIT L · texte numérisé non relu

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et les firent accéder à un traité de paix qu'ils conclurent à Pont-ä-Mousson, le 25 mars 1373. On se rendit de part et d'autre les prisonniers sans rançon, et Pierre de Bar congédia un aventurier nommé Jean Maltrait, qu'il avait pris à son service avec sa compagnie *. »

Pendant ces hostilités , un tremblement de terre, movement et crollement, disent les chroniqueurs, s'était fait ressentir à Metz, et l'année suivante il plut depuis le 4.2 octobre jusqu'au mois d'avril. Les eaues furent hors de rives par tout de sorte que depues le deluge elles ne furent oncques si grandes ; tellement que Moselle sespandist depues la porte du Pont-des-Morts jusques à Waippey et entroit jusques en leglise Sainct-Eloy.

À quoi bon rappellerai-je ici les petites guerres qui avaient lieu entre la république et les sires Willequin de Varize, Simon d'Ancerville, Jehan de Champion, etc., leurs aidans, servans, confortans el receptans, homes et soubgis? Toujours mêmes querelles, mêmes luttes, terminées de la même maniére par des traités jurés sur l'honneur ou sur l’évangile, et enfreints presque aussitôt que conclus**.

Sire Jehan Dex ou d'Esch, à qui succéda l’année suivante Sire Jehan Berroy, remplissait les fonctions de maïître-échevin. Ce fut sous Jean Dex que Thierry Bayer de Boppart, autorisé par la cour de Rome, lança de son palais épiscopal de Vic, le 20 juin 1575, un interdit général sur la ville ;

* Hist. Bénédictine de Metz, t. 11, p. 576.

** Preuves de l’hist. bénédict. de Metz, t, iv, p. 279 à 294,

moyen extrême qu'il voulait éviter, mais auquel l'obligeaient de recourir les procédés du gouvernement républicain *,

Dés l’année 1568 le chapitre diocésain , pour résister aux magistrats, avait fait bourse commune danse but d'indemniser ceux de ses membres qui seraient proscrits, et trois ans aprés, ces derniers s'étaient unis avec la même intention aux cha noines de Saint-Sauveur et de Saint- Thiébault, aux abbayes de Saint-Arnoult, de Saïnt-Clément et de Saint-Symphorien. Le maitre-échevin, les Treize et les paraiges ne s’en inquiétaient pas davantage. Ils saisissaient meubles et moines, em-— prisonnaïient, banissaient les abbés. La désolation était générale parmi le clergé. Ce fut dans ce malheureux conflit que l’excommunication frappa notre ville. Peu aprés, le chapitre de la cathédrale eut à lutter contre l'évêque lui-même, à propos d'une redevance assez considérable qu'il ne voulait pas payer; Rome le condamna d'abord en premier ressort, puis l’excommunta. Enfin Boppart se soumit; mais quel scandale devait résulter d’une semblable résistance à des droits reconnus légitimes**!

Deux petites guerres, l’une contre le comte de Sawerden ; l’autre contre les Sarrebourgeois, occupérent alors les loisirs de notre évêque. Il ne marcha cependant pas lui-même, La tour défendue par le comte fut enlevée ; Sarrebourg, après un siège, se soumit. Vers la même époque, Bonpart fatigué

d'être en lutte avec les magistrats messins, les releva de

* Meurisse, hist, des euesq., p. 522—594.

** Les pièces originales nées de ces diverses circonstances , existent à la bibliothèque publique de Metz; cartons intitulés : Chapitre de la Cathédrale ; anciennes liasses B, G, K.

la sentence d'excommunication prononcée contre eux, etil accepta les six mille florins qu'ils lui présentaient pour indemnité*. Le même jour, Thiéleman de la Haye et Conrad Bayer de Boppart, alliés du prélat, entrés dans une querelle

du voué de Hanelpierre ** contre Metz, quittérent cette confédération.

L'année suivante le venredy deuant la Penthecoste, la république messine en guerre avec Jean 1", duc de Lorraine, obtint bonne paix et bon acort finable par l’entremise de

l'évêque Boppart et du duc de Bar***; traité bientôt suivi

d'un accord définitif avec Jean de Mart****, avec Pierre de Bar**%*, ainsi qu'avec d’autres seigneurs ****** qui guerroyaient contre nous. Les Messins donnérent à leur évêque

deux mille florins, comme rémunération de ses bons offices en cette circonstance ******x*,

On jouissait enfin des douceurs d’une paix depuis long-temps désirée, lorsqu'une maladie nerveuse épidémique frappa les

* Sub pend sex millium florenorum auri de Florenti&, bont et justi ponderis.

Compromis du 22 septembre 1374. Arch. municipales.

** « Jehan Foweil de Hanalpierre , chivellier. »

Traité qui existe aux arch. municipales.

“** Titre du 8 juin 1375. Archives municipales.

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