‹ Metz depuis Dix-huit siècles. Son peuple, ses institutions, ses rues, ses monuments; Récits chevaleresques, religieux et populaires. Par Émile Bégin. Troisième volumeChapitre 6 sur 53 · MENT TT (PA · texte numérisé non relu

MENT TT (PA

API, JE PU EE 410 N © JP JULY Il

GG ge qi 6 ht LE Te à eo 2 24 2 AE a on DR 2 Ro Drm om 0

État social.

uartters, Âaroisses, Mues, Édifices, Sabitants, Lettres, Beaux- Arts, Industrie, Éommerce, Usages, ctc.

Dans le siécle qui vient de s'écouler, la population messine s'est considérablement accrue ; quantité de serfs attachés aux

monastères furent affranchis; d’autres, mal conseillés, se-

- FAT je J & Les xs 4 ES pi . Re à ù . RON EP TR UE Ti » SE Pr ans le a 42 es RANGER RE L

couérent un esclavage qui du moins leur procurait un asile et du pain; et, dans l'incertitude où devait les jeter cette indépendance, dans l’affreux dénüment où leurs anciens maîtres étaient tombés, l'unique ressource des races bourgeoises im— provisées de la sorte reposait sur lhospifalité municipale. Metz, dont les richesses croissaient avec la liberté, se montrait généreuse à proportion qu'elle devenait opulente, et recevait dans ses murailles ceux que la misère monastique condamnait à l'exil. Les uns marchaient enrôlés sous les bannières urbaines ; les autres, groupés en de vastes chantiers, travaillaient aux fortifications, aux grands édifices, aux armes et machines de guerre, jusqu'à ce que la paix renaissant, ils refluaient dans les campagnes avec leurs patrons, nobles, marchands, industriels, et reprenaient d'anciennes habitudes, sans avoir rien gagné du côté de l'indépendance et du mieuxêtre. Ils figuraient dans le dénombrement de la ville au lieu d'être classés parmi les serviteurs d'une abbaye ; ils travaillaient pour l'aristocratie bourgeoise au lieu de travailler pour l'aristocratie théocratique , voilà tout. Leur condition normale

restait à peu de chose près la même.

L'ancienne division de la cité par quartiers, demeurée traditionnellement ce qu'elle dut être sous les Romains, n'avait plus aucune valeur administrative. On se disait de tel quartier, de telle rue, par habitude ; on n'appartenait encore ni à une mairie, ni à un paraige, car ces deux institutions municipales sont d'une date postérieure au xr.® siècle ; mais il existait un classement paroissial. Chaque paroisse avait son prêtre ou curé, administrateur spirituel, et sous certains rapports, administrateur civil, puisque lui seul tenait les inscriptions de naissance, de mariage et de décès ; chaque paroisse possédait sa milice, sa bannière , ses échevins qui ne se bornaïent pas à

une gestion purement financière, mais représentaient la paroisse aux grandes assemblées bourgeoises, et marchaient quand il le fallait, à la tête de ce qu’on appelait Zes hommes de bonne volonté. L'échevin paroissial n’offrait rien de commun avec l’'échevin municipal, membre du conseil souverain ou sénat ; c'était un tribun à petit pied, qui haranguait les bourgeois et manants du quartier, recueillait leurs vœux et les portait, comme on le verra par la suite, dans les réunions populaires où se formulait la volonté générale.

Nous comptions à Metz dix-sept églises paroissiales, savoir : 1.° Sainte-Croix, contre la fontaine de ce nom ; 2.° Saint- Gorgon, dans l'emplacement du bureau de police ; 3.° Saint- Victor, vers l'angle oriental du grand marché couvert ; 4.° Saint-Marcel , rue du même nom ; ÿ.° Saint-Livier, prés la place Croix-outre-Moselle; 6.° Saint-George, vis-à-vis Saint Livier, rue Chambière ; 7.° Saint-Euchaire, rebâti à la même place ; 8.° Saint-Mamin, connu aujourd'hui sous la dénomination de Saint-Maximin, entiérement reconstruit excepté le chœur ; 9.° Saint-Etienne, non loin de Saint-Mamin ; 10.° Saint- Simplice, sur la place Friedland; 11.° Saint-Martin-aux- Vignes , aujourd'hui Saint-Martin ; 12.2 Saint-Gengoulf, rue du même nom; 13.° Saint-Jean et Saint-Vit, à la citadelle ; 14.0 Saint-Jacques, sur la place d'Austerlitz ; 15.° Sainte- Ségolène, rebâtie à la même place ; 16.° Saint-Ferroy, rue du même nom; 17.° Saint-Hilaire. Ces églises ne pouvaient renfermer plus de mille à quinze cents âmes chacune. Les églises abbatiales, ad contraire, Sainte-Glossinde, Saint-Pierre, Saint-Vincent, Sainte-Marie, offraient un développement trés-étendu , mais aucune ne surpassait la cathédrale. Saint- Vincent, toutefois, avec ses dépendances, occupait plus d'espace que la basilique messine avec les siennes, bien que celle-ci

eût un cloitre, cinq églises adjacentes, un jardin, différentes chapelles et d’autres bâtiments. L’hospice Saint-Nicolas, établissement mi-partie religieux, mi-partie civil, avait pris beaucoup d'extension. Dans presque tous les quartiers principaux existaient des sanctuaires de dévotion: la chapelle des Trois-Rois, à l'angle de la rue du Pont-à-Seille , vis-à-vis la fontaine; la chapelle des onze mille vierges, vers l'hôtel du Nord actuel, etc... Hors de la ville, Saint-Arnoul, Saint- Clément, Saint-Symphorien, Saint-Martin-des-Champs, vastes retraites monastiques, continuaient à grouper autour d'elles une nombreuse population qui avait aussi ses églises distinctes ou paroisses, Saint-Pierre-aux-Arènes ou aux Catacombes, Saint-Jean-Baptiste, Saint-André un peu plus loin, etc....; ses chapelles votives, grotte de Saint-Clément, au Sablon, et Saint-Urbice, hors de la porte des Allemands, etc...; ses bans ou domaines séparés. Les faubourgs portaient les noms de Saint-Arnoul, Saint-Clément, c'était à peu près le Sablon et Montigny; de Saint-Symphorien, c'était Longeville ; de Saint- Martin-des-Champs, c'était le Ban-Saint-Martin; de Saint- Julien, c'était le fort Belle-Croix*. Une muraille maintenait séparée, comme autrefois, la cité proprement dite des groupes nombreux d'habitations faubouriennes élevées autour d'elle. I fallait un privilège spécial pour que les étrangers y fussent admis , surtout lorsque ces étrangers avaient une suite nombreuse de nature à compromettre la tranquillité publique. Le comte ou le premier échevin venait aux portes reconnaître les dignitaires étrangers, et souvent il arrivait qu'un chef ecclésiastique, même un monarque , élait forcé de de-

meurer dans les faubourgs, tant l'administration avait crainte

* Ce dernier faubourg fut donné en 1094, par l’évêque Poppon, à Vabbaye de Saint-Vincent.

RARE TEE. D ET HA PRÉR TR

ÉTAT SOCIAL. AN 4000 a 1095. 55 d'être surprise. Les juifs, les mécréants occupaient deux quartiers, d'une part le Champé jusqu’à la rue d'Enfer inclusivement, où se-trouvaient les deux synagogues dessinées pl. 69 et 70 ; d'autre part, le quartier d'Enfer à l'angle méridional des fortifications actuelles, quartier dont la tour d'Enfer rappelle le souvenir.

Maintenant , examinons dans quels rapports d'activité littéraire , artistique , industrielle et commerciale exisaient deux populations qui gravitaient autour du même centre, la

population urbaine et la population diocésaine ou provinciale.

L'enseignement des lettres accompagnait celui des arts. On divisait les études classiques en deux cours, le trioium, qui comprenait la grammaire , la réthorique et la dialectique ; le quadruvium qui embrassait les quatre autres facultés. L'école épiscopale de Metz; celle de Gorze, de Saint-Arnould, de Saint-Trudon ; les écoles épiscopales, de Trèves, de Toul et de Verdun étaient organisées sur le même pied. Un élève n’en sortait guëre avant l'âge d'environ trente ans, connaissant la philosophie, la médecine, la jurisprudence, la théologie et la musique. Ces études, plus variées que profondes, devenaient indispensables à quiconque recherchait les emplois supérieurs de l’église ; car l’évêque acceptait Phéritage hippocratique de ses devanciers ; il jugeait ses vassaux et prenait l'initiative dans beaucoup de questions difficiles. La musique vocale ou plein-chant était considérée comme partie essentielle d’une bonne éducation. Aucun prélat n'y demeurait étranger, et le pape Léon 1x ne crut pas compromettre sa dignité en notant lui-même dans l'abbaye de Gorze, lors de la visite qu'il y fit en 1149, les répons des nocturnes de l'of-

fice de Saint-Gorgon *. Cette notalion dont voici un spécimen , se rapproche déjà de la nôtre. Le système des lignes paral-

Page 1