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lèles , si favorables aux chanteurs pour saisir d'un coup-d'œil la valeur relative de chaque note, était en vigueur; On CO— lorait en rouge la ligne représentative du /&; en jaune ou en vert celle de lu, et, pour éviter toute équivoque, on mettait, ainsi que cela s’observe sur l'exemple précédent, un c représentatif de l'ut à la place où nous faisons figurer aujourd'hui les clefs.
Les instrumentistes, plus rares que les chanteurs, étant
* D, Malill, Annatl. bened.\, Hib,uix, n. 59.
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généralement employés dans les cérémonies ecclésiastiques, cultivaient par cela même les instruments à cordes avec une préférence marquée sur ceux à vent ou à percussion qui se mariaient beaucoup moins bien avec la voix; ils employaient 4 .® une sorte de violon, sans échancrure latérale, à trois et quatre cordes maintenues par un chevillier, et percé de deux ouies près du cordier* ; 2.° une espèce de violoncelle échancré, ayant au manche un trou pour remplacer le chevillier, et à la table plusieurs ouïes ; 5.° la Rota ou Chrotta, autre instrument à archet, d’origine scandinave , monté d’une simple corde ; h.° la vieille, ancien organistrum, montée de trois cordes tenues d'une part à un chevillier, de l’autre à un cordier, et présentant, le long du manche, sept ou huit stilets mobiles qui se relevaient ou s’abaissaient pour varier les sons; 5.° la harpe, connue de tout le monde ; 6.9 la lyre qu’on touchait avec un petit bâton nommé p{ectron. Le dédain que montrait l'église pour les instruments à vent ordinaires maintenait ces derniers dans un état de barbarie. La trompe, la trompette, le cor ne différaient en rien de ce qu'ils avaient été jadis, et ne servaient qu'à la guerre ou à la chasse ; la syrynx ou flute de Pan, la flute simple, la flute double figuraient dans Ja musique d'ensemble et dans la musique populaire , sans offrir de grandes ressources. Quant aux instruments à percussion, nous ne pouvons citer que le tambour ou éympanum et le tintannabulum ; Ve tambour différait peu du nôtre; le #intannabulum , formé d’une barre en fer à laquelle se trouvaient suspendues plusieurs clochettes graduées qu’on frappait avec une verge métallique, ne pouvait être employé, comme le
tambour, que dans une musique largement orchestrée. L'or-
* Voyez la gravure ci-contre.
gue pneumatique conservait sa prééminence religieuse, et nous en possédions un alors à l’église abbatiale de Saint-Arnould, puisque les deux joueurs, qui touchaïent sans doute simultanément comme cela s’observait pour l'orgue de Cambridge, recevaient chacun deux deniers par mois *. Mais cet instrument n'était guëre en usage qu'aux grandes solemnités, à cause du mal extrême d'animer les tuyaux’ avec des soufflets nombreux , disposés d’une manière incommode.
Ces quelques mots sur l'état de la musique messine, dans le cours du xi.° siècle, résultent de l'examen comparatif de divers manuscrits qui se trouvent à la bibliothèque royale, au monastère de Saint-Gall, en Suisse, à la bibliothèque publique de Strasbourg. Leurs miniatures, que j'ai calquées moi-même, rapprochées du célébre bas-relief de Bosserville et de monuments analogues , permettent d'apprécier l'ensemble matériel d’un art qu'on a trop négligé comme expression intellectuelle des siècles passés.
L'étude de Ja calligraphie, non moins utile et plus facile, car les monuments n'en sont pas très-rares, prouve chez les clercs du diocèse, une habileté traditionnelle remarquable. La lettre ornée qui décore la page 6, celle qui commence ce chapitre, p. 59, et que j'ai copiées sur un manuscrit de notre bibliothèque publique**, établissent la certitude d’un retour à l'examen des formes humaines, et certaines allures originales qu'on ne rencontre presque jamais dans les œuvres du siècle précédent. Nos calligraphes dessinateurs se Tap-
prochaïient plus de la nature que nos sculpteurs et nos peintres
* Registre des comptes de l’abbaïe, Ex m, n. s. D. Nic. Tabouillot,
** Manuscrit numérotée D. 6.
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dont les conceptions anatomiques étaient monstrueuses, ainsi qu’on le voit par le’ groupe ci-dessus, page DA; et leurs lettres majuscules, page A9, leurs frontispices offraient beaucoup d’analogie avec le faire du graveur en cuivre. Quant aux caractères Cursifs, à l'écriture proprement dite, ils différaient peu des caractères adoptés dans le siècle précédent; les uns se rapprochaient de la minuscule karlovingienne, les autres constituaient une ronde indécise, tremblotiante,
plus petite, mais fort lisible*. Il y avait encore divers genres
ROLECIE deinde moÿfef int À COTA pharaone. æ.Fe rpenf Fa
d'écrire, mais beaucoup moins communs. Nous ne faisons ici que généraliser.
Dans la cathédrale et les principaux monastères de Metz, les calligraphes étaient sous la direction d’un bibliothécaire dont les devoirs spéciaux ne consislaient pas seulement à cataloguer et à soigner quelques manuscrits poudreux disposés sur une layette, mais à les entretenir, à les réparer, à en multiplier le nombre, soit pour les vendre, soit pour les conserver ou les donner aux princes protecteurs de la communaulé. Les cathédrales avaient trois fonctionnaires qui remplissaient une tâche exclusivement littéraire, artistique et scientifique : l'éco-
* Manuscrit numéroté D. 6,
lâtre ou grand chantre, chef des écoles; le bibliothécaire ; le coutre ou gardien. Ce dernier semble avoir été au bibliothécaire dans le rapport, à peu prés, où se trouvent aujourd'hui les conservateurs des musées d'antiques et les conservateurs des dépôts manuscrits, autant, du moins, qu’on peut comparer entre eux des employés ecclésiastiques et des employés civils. Le trésor demeurait sous la garde du coutre qui veillait sur l'exécution convenable des cérémonies, sur la confection des tapis, ornements d’autels, banniéres, meubles divers, vases sacrés et vases usuels; tandis que le bibliothécaire dirigeait les ateliers de calligraphie, d’enluminure, de reliure, etc. En 1049, le pape confirma au chapitre de notre cathédrale le droit d'élire le princier, le doyen, le grand chantre, le bibliothécaire et le coutre”*. Cette confirmation prouve un droit acquis dont l’origine remonte sans doute à Chrodegand.
À Metz, aussi bien qu’en Allemagne et en France, les classiques grecs et latins étaient complètement négligés ; mais on ne frappait pas du même discrédit les historiens ecclésiastiques et nationaux. Par exemple, sous l'administration du savant Guillaume et de Benoit, son disciple, qui dirigérent l'abbaye arnulphine depuis l'an 1002 jusqu'en 1051, on copia dans ce monastère, l'historien Eusèbe**, Grégoire de Tours,
Frédegaire*** et quelques autres ouvrages“***. Cette ardeur
* Anciens titres de la cathédrale, layette A, n.° 62.
x* Cette copie fut exécutée par un moine appelé Berlandus. Nous ne savons où elle a passé.
#** Ces deux manuscrits se trouvent à la bibliothèque royale depuis plus d’un siècle.
*#** Mabill,, annal, bened,, lib. x, n.° 89; Le Bœuf, dissert, t, 1, not, 100.
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calligraphique ne semble pas s'être attiédie par les désordres qu'entraina le schisme des investitures, car Warin*, Walon**, qui succédérent à Guillaume 1." dans l'administration abbatiale, aimaient les beaux-arts, les lettres, et regardaient comme un devoir essentiel d'en multiplier les éléments. Warin fit copier Vitruve***; Walon, admirateur de saint Augustin et de saint Jérôme, ordonna de transcrire plusieurs de leurs ouvrages, notamment /a Cité de Dieu, les Commentaires de
saint Jérôme sur les petits prophètes****
; il honora de la même faveur, la vie d'Adalberon n, composée par Constantin, abbé de Saint-Symphorien*****; quelques chroniques locales dont l’une était due à un autre contemporain, moine de cette abbaye, nommé Alpert; enfin plusieurs éraités du célèbre Sigebert de Gemblours, écolâtre à Saint-Vincent******, Élevé dans le monastère de Gemblours par Olbert, savant abbé qu'on assimilait à Ptolémée-Philadelphe, parce qu'il avait amassé {50 ouvrages des écrivains ecclésiastiques et des auteurs profanes, Sigebert montra les mêmes goûts lorsqu’entre les années 1050 et 1060, Folcuin , abbé de Saint-Vincent, l'eût mis à la tête de son école. Secondé par Folcuin, il enrichit la bibliothèque abbatiale de livres précieux, consacra près
* Warin, mort vers 1050.
** Walon ou Guillaume n, abbé, en 1050 jusqu’en 1097.
*** Ce manuscrit a été enlevé de la bibliothèque abbatiale par le R. P. Sirmond, au commencement du siècle dernier,
*#** On possédait encore, avant 1789, ces deux manuscrits dans la bibliothèque de Saint-Arnould. Les commentaires de saint Jérôme avaient été copiés par un moine du nom d’Ambroise.
***** Elle fut arrachée depuis, dit Meurisse, d’un manuscrit par une main sacrilège. Hist. des Euesg.
**X*#* Tous ces manuscrits précieux se trouvaient à Saint-Arnould
avant notre grande révolution.
d'un demi-siécle à l'enseignement des moines et des clercs accourus ici des pays les plus éloignés, et composa plusieurs ouvrages parmi lesquels nous citerons la vie de Théodorik r.°", évêque de Metz; la vie de saint Sigebert, roi d'Austrasie ; une petite chronique dite de saiat Vincent; le ckronicum sancti V'incentii beaucoup plus étendu; des discours ; des pièces de vers dont leg autographes existaient jadis dans nos dépôts monastiques, principalement à Saini-Vincent*. Nous voyons dans une lettre écrite à Bérenger, scholastique de Tours, par le princier Paulin, que des calligraphes travaillaient au compte de la grande église, car Paulin promet à Bérenger le Traité de saint Augustin sur les hérésies qu'il faisait transcrire alors**. Les maisons bénédictines situées hors de Metz, avaient aussi chacune leur bibliothèque, parmi lesquelles on remarquait celle de Gorze. L'élève chéri de Guillaume n, l'ami d'un illustre princier de la cathédrale appelé Paulin, l'abbé Sigefride connaissant le prix des manuserits, la valeur des chartes et tâchant d'y mettre le plus d'ordre possible, fit beaucoup pour enrichir cette dern'ère collection.
Les détails où nous venons d'entrer ont mis en évidence quelques noms généralement ignorés, et qui pèsent néanmoins d'un certain poids dans les annales de la civilisation. Tel-Guillaume, abbé de Saïnt-Benigne de Dijon, qui vient, à Ja demande d'Adalberon 11, rétablir les bonnes études qu'’a-
vait interrompues l'agitation de l’église, et réformer les
* Chron. Gemblacens. apud spicil., t, 1, p. 586 et seq.; D. Cellier, hist. des Aut. ecclés., t. xxr, p, 570 et suiv. ; pièces manuscrites de la
bibl. publ. de Metz.
** Bercnger, en retour, adresse au même princier deux ouvrages que lui-même avait composés, l’un sur l'Eucharistie; l’autre sur La doctrine de Jean Scot, surnommé Erigène., Martene, Anecd., t. 1, p. 196.
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désordres sous lesquels gémissaient différentes communautés* : tel, l'évêque Théodorik 11, emporté sans doute loin des bornes qu'impose le caractère sacerdotal, mais au milieu de ses préoccupations politiques , n'oubliant ni la splendeur de l'église messine, ni les devoirs de ce haut enseignement apostolique qu'il exercait à la cour de Germanie aussi bien qu'en Lorraine**; tel son successeur Adalberon, qui sut faire fructifier les éléments civilisateurs réunis autour de lui, les multiplier, les aviver l’un par l’autre ; tels enfin Hérimann lui-même et Walon, ces deux amis compétiteurs du même sceptre, que l'hérésie sépare , qu'un retour de conscience rapproche ; qui deviennent coupables sans cesser d'être humbles, et que leurs fautes mêmes font peut-être grandir à nes yeux. Aux chefs d'abbayes déjà cités comme protecteurs des lettres , nous ajouterons Richer, doyen de la cathédrale , qui fut élevé ; en 1088, sur le trône épiscopal Verdunois ; le chanoine Richard, son contemporain, devenu cardinal ; et, pour compléter le tableau des efforts intellectuels faits par les grandes communautés religieuses , nous rappellerons l'enseignement simultané qui avait lieu à la cathédrale, à l'abbaye arnulphine, sous les successeurs de Guillaume r.°":; à Gorze quand l'abbé Walon, descendu de sa chaire épiscopale , ne dédaignait pas d'y professer***; à Saint-Vincent, où Sigebert de Gemblours, versé dans les langues latine, teutone, hébraïque, grecque et ro-
maine , enseignant l'écriture sainte et la philosophie, méritait
fAnnal. beneéd.; hb1r,/n,079580, ** Mabill,, annal. bened., lib. iv, n. 86, 107.
*** A Ja fin du onzième siècle, les études se sont maintenues à Gorze sous l'abbé Warnerus ; à Senones, sous l’abbé Antoine, élève de Saint- Arnoul ; à Bouzonville, sous l'abbé Rennarus , sujets remarquables choisis
par Poppon.
d'être appelé fontaine de sagesse, honorable qualification
que lui donnait alors un de ses élèves ir
Les connaissances linguistiques de Sigebert, expression complète des formes diverses que prenait à Metz le langage, devaient lui donner une grande influence sur la haute société et sur le peuple. Avec l'aristocratie il parlait latin et teuton, car nos évêques, nos ducs, nos comtes, nos abbés, étaient presque tous d'origine allemande, tandis que la classe plébéienne ne comprenait guëre que la langue romane. Les Juifs même lui montraient la plus haute confiance, parce qu'il possédait assez bien le texte original de la bible pour en distinguer les altérations; et comme nous avions ici des rabbins très-savants , il se faisait entre eux et Sigebert un mutuel échange de services littéraires dont j'ai retracé l'importance dans mon livre sur l'État des Juifs en Europe.
Les nombreux écrits de Sigebert, presque tous composés à Metz, les chroniques de l'abbé Constantin**, du moine Alpert***, la correspondance du princier Paulin et de l'abbé Walon****, peuvent donner une assez juste idée de la littérature d'alors. Leur diction est incorrecte, leur style rude,
sans ornements, les expressions empruntées à plusieurs langues
* L'auteur de la chronique de Gemblours, chronica Gemblacensis , ap. spicil, , ut suprà.
** Mort le 10 septembre 1047 ou 1048.
*#* Il écrivait à-peu-près à la même époque que l’abbé Constantin, et faisait partie de la même abbaye. Cette chronique a été publiée par
Eccard dans son Recueil des historiens du moyen-âge, Léipsick, 1725, t..1, pe 91'et suiv.
**** Ancien M. N, S. de S.t-Arnoul, V. aussi D. Mabill., Fes. Analect., P. 455 et SE»
D: PRAPIR TE Vite RSR AE EN ot ER:
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différentes, se dénaturent et se corrompent en passant sous leur plume ; mais on remarque chez eux de l'énergie, de la clarté, souvent des mots propres et une certaine puissance logique qu’on trouve rarement parmi les auteurs contemporains. Je vois dans une lettre de l’évêque Poppon à Lambert, évêque d'Arras, une forme de langage alors inusitée, et qui tendait à modifier le ton de la bonne compagnie, c'est le vous pour le tu. Certus estote, dit Poppon, pour certus esto*.
La poésie se bornait à quelques hymnes, à des épitres dédicatoires , à des épitaphes, à de pieuses inscriptions sur les châsses ou sur les grandes pièces ornementales des églises**, On employait généralement le vers alexandrin , mais quelquefois aussi le vers alcaïque, dans les pièces descriptives. Pour mériter le titre de poète, il suffisait d’avoir fait son épitaphe, et beaucoup d’évêques se donnaient cette dernière satisfaction d'amour-propre. Tandis que les muses distinguées parlaient un latin plus ou mcins barbare, d'autres muses vulgaires s'exprimaient en langue romane, couraient les rues, hâletantes, échevelées, criaient sur les places et se faisaient accompagner d'une musique dont les phrases sont malheureusement perdues.
D'après cette attitude littéraire, on conçoit que l’onzième siécle dut être pour le diocèse entier, mais particuliérement pour notre ville, l'époque d’un mouvement architectural remarquable.
* Baluze, t. v, p. 311—312.
** T'elles nous citerons les deux couronnes qui décoraient le chœur de la cathédrale de Metz et celui de l’église collégiale de Gorze.
Les abbés de Gorze, de Saint-Trudon, de Vaussor, déployérent surtout un grand zèle artistique. Quaatité d’églises furent réparées sous les auspices d'Henri-le-Bon, abbé de Gorze*. Il en rebàtit même sept tout-à-fait, entre autres l'église conventuelle, l’église paroissiale de Gorze et l’église de Saint-Nicolas-du-Port, dépendante de sa juridiction **. Gontram, abbé de Saint-Trudon, mais surtout Adélard, qui lui succéda vers 1055, couvrirent la hasbaye de constructions nouvelles comme les abbés de Gorze ea décoraient la Lorraine. On cite quatorze églises reconstruites à neuf par Adélard : ses dépenses, dit Rodulphe le chroniqueur, furent si prodigieuses, qu'à peine le trésor impérial aurait-il pu les faire. Saint-'Trudon déploya la plus grande magnificence ; des ouvriers habiles travatilérent long-temps sous la direction d'Adélard qui maniait lui-même le pinceau avec une certaine dextérité. À Metz, on jeta les fondations de la cathédrale
actuelle***; les travaux de l’église Saint-Vincent, repris avec
activité, permirent de la bénir en 1030****; la collégiale de Saint-Sauveur et ses lieux claustraux couvrirent une partie de l'emplacement occupé par la place d'Austerlitz ***** ; mais aucune construclion n’égala celle de l’abbaye de Saint -Martinlès-Metz, dite Saint-Martiu-des-Champs, puis Saint-Martinau-Faubourg , parce qu'en 1065 les religieux ayant abandonné
l'ancienne demeure, se fixèrent au pied du mont Saint-Quentin,
* Mort le 4.°7 mai 1095.
** Cartul. Gorziensis, M, N. S. de la bibl. publ. de Metz. *** Voyez mon Jlistoire de la cathédrale de Metz.
**** Dix-neuf années plus tard, saint Léon consacra celle de Saint- Arnoul érigée par l'abbé Warin, malgré la pénurie du trésor monastique.
F4 Cette collégiale remplaça vers l’année 1070 , une église bâtie par l'évêque Wala, dans le 1x.° siècle,
Hist. M, NS. de Meiz du P, Benoit, t. 1, p. 257,
ET
dans un faubourg de la ville. L'abbé Richer, auteur presque contemporain , a laissé sur cette église une description qu'on doit supposer fidéle, et qui offre d'autant plus d'intérêt qu'elle nous inilie au caractére général des édifices religieux de l'époque. D'après lui, le monument offrait 51,80 en longueur ; 19",80 en largeur ; 17°,82 en hauteur sous voûte ; il était soutenu par cent vingt colonnes ; percé de huit portes, de soixante-dix fenêtres, flanqué de plusieurs tours, intérieurement décoré d'un grand nombre de couronnes d'or, de diptiques et de triptiques d'ivoire“. Ce ne pouvait donc être qu’une architecture lourde, écrasée, plus remarquable sous le rapport des détails que sous celui des formes ; mais alors généralement admirée, puisque Richer dit qu'il n’y avait rien de semblable à Rome, à Jérusalem, à Antioche, voir même à Constantinople.
Dans ces derniéres années , j'ai dessiné moi-même sur place et tâché de restaurer, d’après les règles architecturales de l'époque, les colonettes suivantes qui offraient À mètre 22
* Description en vers écrite au xur.® siècle,
centimètres de hauteur depuis la base jusqu'au chapiteau. Elles constituaient probablement l'élégante arcature du cloitre dont une muraille massive formait la base et les cintres croisetés le sommet, comme je l'ai remarqué dans plusieurs monuments d'Allemagne, d'Espagne, de Suisse et de France,
remontant au même siècle.
L'arcade dont nous présentons ci-
77. contre un dessin exact, fut trouvée 4 /%7 dans une cave du Ban-Saint-Martin.
LY On l'aura recueillie des démolitions "de l'église abbatiale, car l'élégance du chapiteau et de l'arc qui s’en éléve, la force de la colonne, en désaccord, toutefois, avec les dimensions du cintre , ne pouvaient appartenir qu'à l'abside ou à la nef principale d'un vaste temple. Ces animaux fantastiques accolés au chapiteau; cette crénelure qui dessine
le grand cintre de l'arc, tandis que le petit
cintre est formé d'un double rang de boudins alternes; cette sobriété d'ornements ; cette mesure sévêre qu'on remarque dans
leur disposition, non-seulement ici, mais
à l'arcature de la page précédente, pei-
gnent avec exactitude la haute physionomie architecturale du siécle.
Les églises paroiïssiales étaient bien loin d'offrir autant de majesté. Un chevet circulaire trés-simple ; un autel central a;
deux autels latéraux 3: une chaire ou pupitre ce d'où l’on
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disait l'épitre au peuple; une seule nef et des piliers engagés pour la soutenir, constituaient, ainsi que le montre l’image suivante, le rendez=-Yous ordinaire des fidèles.
La peinture sur verre à teintes plates, façon mosaïque , pour les fenêtres ; la peinture à l’encaustique, même à l'huile de lin ou à la gomme de cerisier” pour les murs, formaient alors le nec plus ultrà de la décoration. Souvent on se bornait au badigeonnage en blanc, et cette teinte était regardée comme une œuvre d'assez bon goût pour mériter les éloges des chroniqueurs contemporains **.
Les trésors des temples regorgeaient d'objets précieux : il ne suffisait pas qu'une cathédrale comme la nôtre vit appendre dans son chœur un lustre doré d’une dimension colossale, placer sur ses cancels des châsses d'argent et de vermeil, et dans ses niches de grandes images étincelantes de dorures et de pierreries ; Il fallait le même faste aux églises abbatiales , et c'était à qui de l’évêque ou de l'abbé déploierait le plus d'éclat. Autels rehaussés de bas-reliefs; portes en bronze ;
* Theoph. lib, 1, cap. xxur.
** Calce dealbavit.... ; inalbavit parietes ecclesiæ, a-t-on dit de Théodorik ; abbé de Saint-Trudon, et de Jean, abbé de Mouzon.
pupitres en cuivre doré placés au milieu du chœur ; tapisseries attachées aux corniches de l'abside , rien n’était épargné*.
« Tant d’opulence diminua la piété du peuple, excita la « jalousie des grands , aiguillonna l'avidité des seigneurs voi- « sins** ». Beaucoup d'établissements religieux furent pillés. Mais au lit de mort, l'humanité repentante donnait quelquefois plus qu’elle n'avait pris ; dans les infortunes dont la vie est semée , chacun rachetait ses fautes par d'abondantes aumônes où le clergé ne manquait jamais d'obtenir sa part, en sorte que les désastres de la veille étaient réparés le lendemain. À ces intarissables ressources, moins fécondes toutefois dans nos murailles républicaines qu’au-dehors , il faut attribuer l’impulsion que les arts, le commerce et les lettres recevaient du clergé. Rien ne fait ressortir, comme les monnaies , l'esprit industriel, l’activité d'une époque : or, les pièces frappées ici ,
sous le coin épiscopal , rares du temps de Théodorik, puisqu'on
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n'a pu jusqu'à présent en attribuer une seule à ce prélat***
* Martenne et Durand, voy. litt., part. nr, p. 95 ; chron. S. Trudon, Z.1, apud Dach. spicil. t. n, p. 662 ; List, andav. monast., apud Mart. et Durand, ampliss. collect., t. 1v, col. 995, 936 ; vit. B. Richardi, abb. sancti Vion. Virdun., cap. vi, ap. Mabill., act. SS. ord. sancti Ben. , t, vil, p. DA.
** Histoire bénédictine de Metz, t, u, p. 486.
HKK V , . , Voyez les Recherches sur les monnaies des évéques de Meix, par
ÉNNS iLE
devinrent communes pendant l'administration d'Adalberon nr et
d'Hérimann. Adalberon , selon toute apparence, frappait monnaie à Remilly, à Remiremont*, aussi bien qu'à Metz; et son chapitre à Sarrebourg **. Leurs types sont trés-variables et