On trouvera plus loin quelques chansons composées par
les Indiens.
LA RIVIÈRE D’'IZABAL. 181
haut on est cuit. Et nous sommes au mois de décembre.
Nous venons d’entrer dans le lac d’Izabal. Nous sommes entourés de belles montagnes boisées. La goëlette est à la voile; nous filons cinq nœuds à l'heure ; cette nuit, nous débarquerons à Izabal.
Nous avons diné avec une poule au riz, du poisson de la rivière, des ananas, des bananes et d’exécrable vin d’Espagne. Les indigènes ne mangent pas de pain. Is font griller de grosses bananes sous la cendre, et ce fruit savoureux et nourrissant remplace, pour eux, le biscuit et le pain.
Nous venons de passer devant le petit fort de San Felipe.
Le patron de l’Aurora envoya un matelot porter nos passe-ports à l’officier qui commande ce fort. El castillo de San Felipe est tout simplement une vieille muraille ébréchée, trouée, ruinée et toute couverte de plantes parasites. Cette fortification, qui date de l’époque de la conquête, est bâtie sur un petit promontoire en avant d’un pauvre village indien. Quatre ou cinq canons rongés de rouille et incapables de faire le moindre mal, quarante-huit soldats en guenilles et un officier rongé de fièvre, voilà pour la défense de cette première place forte de la république de Guatemala. C’est au fort San Felipe que la république envoie ses criminels, qui n'y restent jamais que le temps qu’il leur convient.
Le Caraïbe qui était allé porter nos passe-pcrts au
commandant de la citadelle revint bientôt accompagné par trois soldats en grande tenue. Ces soldats, échantillon de l’armée guatémalienne, ont à eux trois un fusil et une baïonnette. L'un porte le fusil, l’autre la baïonnette, et le troisième, comme l’oflicier du convoi de Marlborough, ne porte rien. Une femme en chemise accompagne en outre cette force armée.
Nous serons à Izabal dans quelques heures.
IZABAL. — LES ÉCRIVAINS QUI ONT PARLÉ DE L'AMÉRIQUE CENTRALE.—DÉCOUVERTES A FAIRE.