‹ Mexique, Havane et Guatemala; notes de voyageChapitre 42 sur 80 · LES INDIENS = UTES ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

LES INDIENS = UTES ÉTRANGERS

La population de la ville de Guatemala peut s'élever à environ soixante mille habitants. Sur ce nombre on peut compter deux cents familles de pure race européenne, vingt mille Ladinos; le reste est de race indienne. Les Espagnols établis à Guatemala sont presque tous de riches négociants qui se sont accoutumés à la vie du pays; ils ont perdu la vivacité, - l'énergie, la gaieté qui caractérisent si particulièrement leur nation ; mais ils ont su garder la loyauté, la probité, en un mot toutes les vertus qui font si hautement estimer partout les commerçants espagnols.

La race ladina ne diffère pas beaucoup de la race espagnole. Elle en a tous les traits, toutes les formes, moins cette grâce qui n'existe, surtout pour les

femmes, que dans la mère patrie.

Les Ladinos sont généralement petits: ils ont les yeux-et les cheveux très-noirs, les mains et les pieds parfaits, les lèvres un peu fortes, et une grande nonchalance dans les mouvements. Les femmes appartenant à cette classse sont bien faites ; elles ont le teint un peu brun, mais des yeux charmants: leur taille est fine, élancée, leur démarche lente et paresseuse. Les Ladinos, à Guatemala, appartiennent à la bonne société : ils se disent des Espagnols, et personne dans le pays ne songe à contester l'origine qu'ils se donnent. Ils sont négociants, médecins, avocats, magistrats, prêtres; ce sont eux qui ont toute influence, tout pouvoir, et qui font.et défont, au gré de leurs caprices, les présidents de la République:

Les Zambos, fils d'une mère indienne et d’un père nègre, sont des hommes d’une laideur repoussante. Ils ont les traits du nègre, les cheveux de l’Indien, c'est-à-dire noirs, gros et durs; la peau de leur visage, Couleur de cacao, a des marbrures violacées, des stries bleuâtres qui s’étendent sur le front et les pommettes, et forment comme une espèce de masque tout à fait horrible à voir. Heureusement pour le pays, cette race est peu nombreuse. Les Zambos sont peu intelligents : ils tiennent dans les faubourgs ou sur les marchés de petites boutiques; ils sont doux, paisibles, honnêtes, et leurs bonnes qualités corrigent un peu leur cruelle laideur,

Les Indiens qui habitent la ville sont beaucoup

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