‹ Mexique, Havane et Guatemala; notes de voyageChapitre 44 sur 80 · ANNÉES. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS · texte numérisé non relu

ANNÉES. IMPORTATIONS. EXPORTATIONS

piastres. FANT Tu M hihstres:

1851 1,581,884 1,404,000 1852 976,943 868,550 1853 873,831 599,047 185% 826,481 2,033,300 1855 1,206,210 1,282,891 Lotalpout rc mme 5 années... 9,465,349 6,187,188

4. En 1859 l'importation a été de 1,520,006 piastres, l’exportation de 1,766,920. Il est entré dans les ports d’Izabal et de Saint-Thomas 106 navires jaugeant 6,294 tonneaux d’une valeur de 812,044 piastres, et dans les ports du Pacifique 32 navires jaugeant 12,445 tonneaux d'une valeur de 324,473 piastres,

Si le grand commerce est dans la main des étrangers et des fils d’Espagnols, l'industrie est tout entière dans celle des Indiens et des Ladinos.

Ce sont les Indiens qui tissent ces manteaux en laine que l’on nomme dans le pays sarapes ; ce sont eux qui font la poterie commune, les briques, les tuiles, les ouvrages en bois, les hamacs en fil d’aloès, les nattes, les chapeaux, les corbeilles, les jolis paniers en joncs ou en écorces ; ils ont des métiers à

tisser le coton, et ils fabriquent des toiles blanches

et de couleur qui suffisent à leur consommation.

Les grandes sucreries, les distilleries de rhum, les nopalières, si difficiles à soigner, les moulins, les fermes, les champs, tout cela est conduit et dirigé par des Indiens ou des Ladinos.

Les Indiens exercent tous les métiers manuels avec une grande habileté : ils sont maçons, charpentiers, menuisiers, couvreurs, forgerons, ébénistes, ferblantiers, chaudronniers, potiers, briquetiers, boulangers, etc. Les Ladinos de la basse classe choisissent ordinairement des professions plus douces. Ainsi, ils se font tailleurs, cordonniers, orfévres ou bien petits marchands.

L'intelligence ne manque donc pas au peuple guatemalien. On pourrait, si l’on voulait, encourager l'industrie nationale par des concours, par des expositions, exciter l’'émulation de tous ces braves travailleurs:; mais malheureusement les classes supérieures manquent d'initiative et semblent, par un

Le

sentiment d'égoïsme mal entendu, peu disposées à aider les artisans, à les encourager et à les instruire. Le stupide système des conquérants espagnols, qui voulaient abrutir les Indiens pour mieux les dominer, est encore malheureusement la règle de conduite de leurs descendants. Les Guatemaliens riches paraissent croire qu’il est de leur intérêt de laisser les gens du peuple dans la misère et dans l'ignorance, et les prêtres de la République partagent cette opinion et l’encouragent même de tout leur pouvoir.

Il y a des Indiens qui sont tout à fait de bons musiciens.

Ilen est qui font de jolies statuettes en bois. Ils sculptent des Christs, des saints, des Vierges et des figurines qui représentent merveilleusement les diverses races du pays.

Ils savent ciseler les noix de coco, de coyole, d’une façon charmante, et en faire toute sorte de petits objets qui figureraient très-bien sur les étagères de nos amateurs parisiens.

Les rebozos des femmes indiennes riches sont tissés par des Indiens; les jolies petites serviettes à thé, tout à jour comme une dentelle, sont également fabriquées par eux.

Pour faire le commerce avec la république de Guatemala, il importe de bien connaître ce pays. Si un négociant de France ou d'Angleterre y envoie des étoffes, il pourra se faire qu’il ne trouve pas l'occasion d’en placer un mètre dans une année.

Les Guatemaliennes ont un goût particulier. Elles n'aiment que certaines nuances et certains dessins, et il faut absolument que l’on combine le choix des objets que l’on expédie avec les habitudes et les préjugés des consommateurs.

Pour tout ce qui est article de luxe, par exemple : des lustres, des pendules, des candélabres, des glaces, des cadres, etc., on doit envoyer des choses qui aient de l’œil et ne pas trop s'inquiéter du mauvais goût. Qu’une pendule soit bien dorée, bien ornementée, qu'elle ait beaucoup de cabotins sur son socle, là est l'important. Les Guatémaliens sont artistes comme les Turcs le sont : ils aiment à être éblouis, et c’est là un point que ceux qui veulent faire des affaires avec eux ne doivent pas ignorer.

Tout est très-cher à Guatemala.

Un mauvais chapeau de soie coûte 7 ou 8 piastres ; — une paire de souliers vernis, 5 ou 6; — un pantalon de drap d'été, 8 ou 10 ; — une robe de soie

de 18 à 20 francs, 30 piastres ;, — une paire de gants de chevreau, 1 piastre 1/2.

Le loyer d’une maison, 20 et 30 piastres par

mois.

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