MINES, COMMERCE, AGRICULTURE
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Le Mexique est une des contrées les plus riches de l'Amérique. Dieu y a répandu les dons à pleines mains : beaux arbres, belles fleurs, beaux oiseaux sur la terre et dans l’air, l'or et l’argent dans les entrailles du sol et dans le sable des rivières ; il n’a oublié qu’une chose : c’est d’y faire naître des hommes.
On exploite dans l’intérieur plusieurs grandes mines qui presque toutes sont dans les mains des étrangers. Les mines d’argent sont beaucoup plus productives que les mines d’or; le filon y est plus fixe, plus constant, et les mineurs ont moins de déblais à faire pour l’extraire. Plusieurs compagnies, composées d’Anglais et d'Allemands, tirent tous les
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mois, des mines qu’elles exploitent, une valeur de 80,000 à 100,000 piastres. Il y a encore, outre les mines d’or ruinées par les Espagnols, des cours d’eau aurifères que les Indiens se sont exclusivement réservés. Malheur aux Européens qui tenteraient de s’y arrêter! ils seraient bientôt mis en pièces par les laveurs de sable.
Le Mexique exporte un million de piastres tous les mois. L'argent destiné au dehors paye un droit de sortie fort élevé que chaque négociant s’ingénie à éluder.
L'agriculture est tout à fait négligée. Il y a, dans l'intérieur du pays, des fermes qui comptent vingt et trente lieues d’étendue. Leur produit, eu égard à la fertilité et à l'importance du terrain, est presque insignifiant. Il consiste en sucre et en cochenille. Le sucre est entièrement consommé dans le pays, mais la cochenille est vendue à Londres et dans les autres places de l’Europe. Plusieurs haciendas fabriquent de l’aguardiente, eau-de-vie obtenue par la distillation du mauvais sucre de cannes. Il se fait, dans toute la république, une prodigieuse consommation de cette liqueur, et c’est en partie pour l'obtenir que l’Indien secoue sa paresse et consent à se mettre au travail. Le pulque est, après l’aguardiente, la seule boisson qu’on fabrique au Mexique. On tire le pulque d’une plante grasse appartenant à la famille des aloès. Cette liqueur est blanche comme le poiré; fraîche, elle est un peu sucrée,
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mais elle prend un goût acide et légèrement vineux après qu’on l’a laissée fermenter. Pour lobtenir, il suffit de couper les feuilles du pulque à l'intérieur et de recueillir, avec une petite écuelle, le liquide qu’elles exhalent. On en remplit alors des vases d'argile, que l’on a soin de recouvrir d’un linge humide.
On cultive encore le tabac et le maïs dans les fermes. Le tabac est de qualité médiocre et il n’est guère consommé que par les Indiens. Le maïs est fort beau : chaque épi peut peser de quatre à cinq cents grammes. Il sert à l’alimentation des Indiens, qui le font cuire en pâte et en pétrissent des galettes qu'ils nomment tortillas. Les mules et les chevaux en consomment aussi une grande partie.
Mille sortes de fruits savoureux croissent sans le moindre soin. Parmi les plus utiles et les plus agréables se trouvent le platano, la banane, la goyave, l'avocat, la sapotille, l’anone, la mangue, l’orange, le citron, la lima, le cédrat, les noix de coco et de-coyol. Les noix de coco renferment une liqueur douce et fraîche, mais dont il ne faut pas abuser. La nature, dans ce pays du soleil, prodigue à pleines mains ses trésors. Il y a des milliers d'Indiens qui trouvent leur vie dans les fruits des arbres des bois et des chemins, et c’est en quelque sorte la facilité qu’ils ont de vivre un peu partout qui explique leur paresse et justifie presque leur horreur du travail,