‹ Mexique, Havane et Guatemala; notes de voyageChapitre 53 sur 80 · DIVERSES CLASSES DE · texte numérisé non relu

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affranchi ‘ et auquel il importe peu que M. Carrera ou tout autre personnage gouverne le pays, le peuple indien serait indifférent à tout changement qui n’empirerait pas sa situation; mais ces vœux, ces désirs qui sont dans le cœur de beaucoup de Guatemaliens, personne ne se hasardera à les exprimer tout haut. L'Espagne, de son côté, ne fera rien pour les encourager. Elle sait trop bien que l'Angleterre ne la verrait pas reprendre le chemin de ses anciennes possessions sans tenter de lui couper les jambes. Les États-Unis ne manqueraient pas non plus de lancer leurs Florès et leurs Walquer à Cuba et à Nicaragua pour dégoûter le gouvernement de la reine Isabelle de toute envie de reconquérir ce que ses ancêtres ont perdu et ont perdu par leur très-grande faute.

Il m'est arrivé fort souvent d’entendre les personnes les plus intelligentes faire des vœux de retour à l'Espagne; mais en même temps elles ne se faisaient aucune illusion sur les difficultés qu’il y aurait à les réaliser.

— Acceptez votre situation, leur disais-je, et tâchez d'amener votre gouvernement à emprunter à l’Europe ce qu’elle a de bon et d’utile. Vos lois, qui sont encore les lois du régime colonial , ne conviennent plus à une nation qui a recouvré son

1. Les Indiens ne sont plus esclaves de nom; ils le sont encore de fait. On n’a rien fait pour les instruire et on s’efforce de les maintenir dans la plus profonde sujétion.

indépendance; vos codes judiciaires sont encore ceux que les gouverneurs appliquaient au temps où ils étaient les maîtres du pays. Étudiez vos besoins et vous parviendrez à pouvoir les satisfaire... Appelez résolûment les hommes spéciaux qui vous manquent, faites-leur ouvrir des routes, des canaux ; vous avez de belles rivières qu'il serait facile de rendre navigables; vous avez des plaines stériles qu'il serait possible de rendre fertiles; appelez à vous les Européens, ne leur faites plus d’avanies, traitez-les comme des gens qui peuvent vous rendre d'immenses services, et vous verrez bientôt que votre pays, régénéré par eux, sortira de l’anarchie et entrera enfin dans la voie d’un progrès vériable.

— Nous voudrions faire tout cela, me répondaiton ; mais, pour le faire, il faudrait que le pays fût uni et que tout le monde voulût franchement travailler pour le bien public. Malheureusement il n'en est pas ainsi, et vous pouvez voir que les hommes de bonne volonté ne sont pas communs chez nous.

C'était vrai! Les hommes de bonne volonté sont très-rares à Guatemala, et les véritables patriotes manquent d'énergie et de persévérance pour attaquer les abus et se heurter aux personnes qui croient trouver leur intérêt à les maintenir.

DIVERTISSEMENTS. — COUTUMES. — MOŒEURS.

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