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SCI- niicimc [),ulit' cl:ins ruinhro, de l'aire que la Inniièn^ se rôpandil dans Ions les coins, même là uù MO s'élend point d'ordinaire la surveillance de la preiiiièro lio rr.
J'ai pailé dos arabesques de celte archileclure dans le ii^ontde li Renaissance; mais que dire des t'Ifcls du (jiiatriènie ado, de celle B('nédi(tio}i des l^oujnayd.s qui, dans un festival à l'Ojiéra, lit pâlir toute uiusi(juo à son voisinage?
(jupdiredu i^raiid duo qui suit outre Valenline el fiaoul, insjiiration suhliinc où l'on ne sait (piadmirer davantage de l'expansivilé mélodique (Ui i\e rinfensilé dramatique, el qui vous force à jteuser à la fois à Mozart et à Sliakspeare?
Ce duo, auquel les illustres interprètes n'ont jamais man((ué (de pareille musique, comme le soleil de Memnon, ferailchanler même le marbre), ce maguifiquo duo, où nous avons entendu depuis
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hI la (ii'isi ot .Mnrio, et la Sclirœder-Devrieiit et Tamberlick, et la Cruvcili et Dnprez, trouva du premier coup son expression la plus haute dans Nourrit et mademoiselle Faicon. El il est, en effet, assez naturel que de tels artistes, égaux, sinon supérieurs à tous autres, s' exerçant sous les yeux du maître dont ils reçurent, pour ainsi dire, la pensée immédiate, aient trouvé le sens définitif, le nec plus ultra de l'exécution de ce morceau, qui fut aussi leur œuvre, 'leur création.
Nourrit, habitué à ne négliger aucun détail de ses rôles, ne perdait pas de vue cette scène, qu'il regardait comme le point culminant de l'édifice; il s'y préparait, s'y élevait par degrés, et, quand elle arrivait, l'abordait avec le calme énergique et l'autorité «le la conviction.
V^n soir, au motuent où le duo rommençail,
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sur les promières mesures : Baoïil, où conrez-vousl Nourrit fut tout à coup distrait par uu bruit tlo fauteuils qu'on remue et de porte qui s'ouvre: il tourna machinalement les yeux vers l'avant-scène de droite, et vit M. le duc d'Orléans qui se levait pour se retirer.
Rien de plus simple. Cependant ce départ si ' liàtif fut pour l'artiste un véritable crève-cœur; peu s'en fallut que, piqué au vif dans son extrême susceptibilité , il ne perdît aussitôt contenance.
Quelques jours après cet incident, on donnait encore /^,s Hmjuowts, et M. le duc d'Orléans assistait au spectacle.
Vers dix heures et demie, juste à la minute où lînoul sort de sa cachette sur la ritournelle du fameux duo, même bruit de fauteuils dans la los^e royale et même retraite précipitée.
Pour le coup, le malheureux Nourrit se croit tombé en disgrâce, et dès le lendemain s'en va trouver le général de Rumignv, aide de camp du
ET SON TEMI'^. 1-r.
princo, le sii|)|)liaiit île savoir en (|noi il a |ni dOméritor si fort de Son Altesse.
Tl Vil sans dire qne M. le duc d'Orléans, quand on lui |)arla de celte histoire, commença par n'y rien comprendre; le prince avait deux fois de suite, et à la même heure, quitté le théâtre, ne songeant pas le moins du monde que son absence pût être remarquée, et de Nourrit encore moins que de tout autre.
Mais la simple coïncidence avait sulfi pour décourager le chanteur qni, dans la circonstance, montra quelque chose de la sensibilité du tendre Racine. Le duc d'Orléans, s'il était parfois un dilettante peccable, avait l'àme d'un prince ; il fut très-vivement touché et répondit à la démarche en venant, à la représentation suivante des Hii iiuenots, s'installer dans sa loge ponr n'en pbi< bouger jusqu'à la fin du cinquième acte.
l'2t MEYERCEEP.
'Mettez une arme entre les mains d'un enfant, vous pouvez compter qu'il en abusera. Nous avions alors dix-sept ans, et venions de publier notre premier poëme et notre premier article dans la Revue des Beux-Mouâes. Dix-sept ans! Cet âge est sans pilic; il nous convint donc d'imprimer notre avis sur la partition nouvelle, et nous le finies de ce ton superbe et cassant d'un critique dépourvu de préjugés et qui n'admet pas qu'on l'influence. Evidemment les Huguenots restaient fort au-dessous de ce que nous étions en droit d'attendre, d'exiger. Combien de fois n'avons-nous pas regretté ces pages à! esthétique où nous, critique adolescent, nous osions refuser le don de la mélodie à l'homme qui, après avoir écrit Robert le Diable^ donnait au public, dans les Huguenots^ la romance de Raoïd : « Plus blanche que la blanche
hfnn'nu% » ol cello incomparable plirasR de Valenlino : « Ali ! l'inçirat ! (Vune offense mortelle ; » c'est-à-dire ce que la mélodie a jamais produit de plus pur, de plus large, de plus prol'ondémcut senti. Le vrai mot dans cette affaire, — et te Prophète, l'Etoile du Nordy le Pardon de Ploërmel l'ont prouvé depuis, — c'est que Meyerbeer est un mélodiste, et très-grand; seulement l'idée dont procède son inspiration diffère absolument du système ayant cours cbez la plupart des maîtres ilaliens et français d'aujourd'hui.
Animer un caractère de la vie qui lui est propre, trouver le cri de la passion, rendre dans chacune de ses péripéties une situation puissante : voilà la force de son génie! '
Quoi qu'il en soit, Meyerbeer ressentit péniblement notre incartade; et si la réserve qu'il apportait dans ses relations l'empêcha de nous rien dire sur le moment, nous avons su pins tard à quel point, sans le vouloir, nous l'avions attristé. Il est vrai qu'alors notre faute était expiée. Avec l'Age
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nous était venu l'enthousiasme: l'élude et le temps nous avaient appris l'admiration qu'on dott aux grandes choses, et cette admiration pour le chefd'œuvre n'a plus fait que croître, comme notre amitié pour son auteur. Pauvre cher gran^ homme ! si indulgent, si hon ! Lorsqu'en remuant des souvenirs de vingt années il nous arrivait de toucher à cette histoire, Meyerbeer nous souriait avec tendresse; et quand nous lui demandions s'il nous en voulait encore, sa main serrait la nôtre, et nous surprenions une larme dans ses yeux !
Assurément ni Robert le Diable ni les Biufuenots n'ont quitté le répertoire de l'Opéra; mais la manière dont ils y figurent désormais ne saurait convenir à de tels chefs-d'œuvre, pas plus qu'à la dignité du théâtie sur lequel ils se produisent. En même temps que la peinture allait s'effaçant de