I. A l'acte V pendant les scènes de fureur et de massacre
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attendre, et nous venons, grâce à lui, d'assister à un bel élan de fureur.
Le grand meneur de la foule n'est pas Jean de Leyde. Ils sont là trois personnages amis de la bombance et de la vie au grand air ; de la vie dangereuse, si l'on y tient, mais à la condition qu'elle rapporte, que les escarcelles et les estomacs en profitent. Inutile de dire qu'ils prélèvent sur le butin général une part de lion : avec cela, cyniques comme bien l'on pense, et sinistres toujours, même et surtout peut-être dans leurs moments de gaieté. Voilà bien les moteurs de l'action, les vrais conducteurs du drame et de l'intrigue !
Regardons-les venir au second acte, en quête d'un bouc émissaire qu'ils orneront des emblèmes du pouvoir royal, mais qui ne fera pas un geste sans leur assentiment. Ecoutons-les répondre à la « pastorale » de Jean par des paroles d'encouragement... à les suivre, sur un ton qui respire la menace et la vengeance. Ils ne manquent pourtant ni d'adresse, ni de ruse, ces paysans promus par je ne sais quelle distraction de la providence à la dignité d'apôtres de je ne sais quel christianisme. Le quatuor qui termine le second acte, s'il n'est pas une belle page, n'en a pas moins d'excellentes parties. Le mouvement de marche: «Oui, c'est Dieu qui t'appelle! » a de l'allure. Il
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manque de chaleur. Et si c'est frappé juste, c'est à coup sûr frappé trop fort. Au contraire, le motif de nocturne qui sert de conclusion au second acte ne manque ni d'à propos, ni de finesse \
Si l'on a pris garde au style des premiers actes on s'est peut-être aperçu de ce qu'il offre de relativement homogène dans sa partie épique : je parle des deux scènes du prêche et de la révolte. C'est un style qui n'est ni français, ni italien : ni français, en raison de la constance relative des rythmes, ni italien, en raison de sa démarche guindée, solennelle, pompeuse même. Ce n'est plus aux compositeurs de l'âge classique que ce style fait penser, mais aux musiciens de la fin du xvii^ et du XA'iii^ siècle, à Hsendel surtout'. Il y a là un souci de couleur historique dont les effets se montrent dès les Huguenots : dans le P/-ophète, ces effets s'accusent et se multiplient. Le Prophète, envisagé dans son ensemble, porte les marques d'une œuvre où l'auteur, sans cesser d'accommoder sa manière d'écrire au détail des situations, aurait fait choix d'un style « général » en. rapport avec les caractères « généraux » de