‹ MeyerbeerChapitre 18 sur 24 · I. Au deuxième acte · texte numérisé non relu

I. Au deuxième acte

loin, que si Meyerbeer eut dans son œuvre, et par exception, quelques instants de poésie — des instants qui ne furent jamais de vrais moments — il les dut beaucoup moins à la nature de ses formes qu'au choix de ses timbres. Et j'en donnerai trois exemples tirés, l'un de l'ouverture de Robert \ l'autre du grand duo des Huguenots^, le troisième enfin du récitatif d'Inès au IV acte de {'Africaine : « Adieu, fleuve du Tage ! » Et le hautbois deviendra pour longtemps, lui ou le cor anglais, son parent, l'interprète des sentiments nostalgiques. Verdi en tirera un délicieux début de monologue au IV^ acte de son Aida. Massenet dans les Eriniiyes fera chanter le cor anglais au moment des plaintes de « la jeune troyenne regrettant sa patrie ». N'est-ce même pas en souvenir d'une autre plainte du hautbois dans Robert ^ que F. Halévy songea au même instrument pour exposer son déchirant thème démarche funèbre, au dernier acte de la Juive ?

Enfin, n'oublions pas que si l'un des endroits les plus tragiquement poétiques de la Damnation de Faust est la sonnerie des cors, au moment

1. Au moment de la modulation du thème en la bémol majeur (p. 7, mesure 8 delà partition piano et chant).

2. Au moment de l'intervention de la clarinette dans le thème en fa mineur.

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