Rév. Père J.-M. Pénard, o.m.i., auteur de ce livre
Les cinq frères:
Jean, prêtre séculier, écédé.
.- Guillaume, o.m.i.
. Ovide, o.mii.
- Charles, o.m.i.
. Emmanuel, prêtre sécuiier, décédé.
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Hôpital du Pas, Œuvre de Mgr Charlebois.
Un festin en tournée de mission.
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En attendant le souper, Monseigneur pêche « à la trôle ».
Arrivée de Monseigneur chez le Père Dubeau, o.m.i, missionnaire isolé de Island Lake.
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cent trente-cinq mille dollars pour cette construction. S'il avait fait faire les travaux lui-même, cela lui aurait certainement coûté plus de deux cent mille dollars. Car, pour un tout petit hôpital qu’il a fait construire à l’Ile-à-la-Crosse, et que des ouvriers du pays auraient construit pour moins de vingt mille dollars, il a dépensé plus que pour l’école de Beauval.
Cependant, Dieu qui mélange toujours les consolations aux épreuves qu'il impose à ses serviteurs, ne tarda pas à verser un baume précieux sur la plaie vive que la catastrophe de Beauval avait faite au cœur de Mgr Charlebois. Ce fut la proclamation de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus comme « patronne spéciale de tous les missionnaires hommes et femmes, et des missions existant dans tout l'univers, au même titre et avec les mêmes privilèges liturgiques que saint François-Xavier. »
Ce grand événement fut sans doute, en premier lieu, l’œuvre de Dieu, qui voulait procurer sa gloire en glorifiant son humble servante, et encourager les missionnaires en leur donnant au ciel une puissante protectrice. Il n’en est pas moins vrai que les instruments dont il se servit pour promouvoir cette œuvre, furent le vicaire apostolique du Keewatin et un humble chrétien de la province de Québec, monsieur Paul-A.-Lionel Bernard, de Belœil.
Monsieur Bernard avait une grande dévotion pour la petite Thérèse de Lisieux bien longtemps avant la canonisation de celle-ci. Pour demander sa béatification, il s'était même fort employé à faire signer une supplique au Saint Père, à laquelle le vicariat du Keewatin fournit plusieurs centaines de signatures de missionnaires et d’Indiens cris et montagnais. Après la canonisation, en 1925, il s'occupait de faire signer par les Ordinaires du Canada, une adresse de remerciements au Souverain Pontife. Déjà plusieurs archevêques et évêques avaient signé cette adresse, lorsque, vers la fin de mai, il rencontre Mgr Charlebois à Montréal. Il connaissait la dévotion pour la petite sainte, du vénéré prélat qui l'avait secondé de tout son pouvoir à propos de la supplique pour la béatification; aussi ne s’inquiétait-il nullement de sa signature, bien persuadé qu’il la donnerait avec enthousiasme.
Quelle pénible surprise lorsque, à la présentation de l’adresse, Mgr Charlebois répondit: «Je ne signerai pas cela». — Aux instances de M. Bernard, il répéta «Non.» — Puis, après un silence: « Voyez-vous, quant à écrire au Pape, je lui demanderais quelque chose. — Et que lui demanderiez-vous, Monseigneur? — Je lui demanderais de proclamer sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus patronne des missions et des missionnaires. — Voilà, Monseigneur, un incomparable projet de supplique; mais, si vous me permettez d'exprimer ma pensée, un projet qui ne regarde que l’épiscopat des missions. Excellence, daignez signer mon «adresse»; il ne faut pas qu’elle parte pour Rome sans votre signature; ça ferait de la peine à votre petite Thérèse et à ses Sœurs du Carmel. Et je m'engage à faire le travail de la supplique des missionnaires. »
Sur cette promesse, Mgr Charlebois signe l'adresse; et, aussitôt après, il se met à l'œuvre avec son «secrétaire». Une supplique rédigée par eux, demandait au Souverain Pontife de proclamer la nouvelle sainte, patronne spéciale des missionnaires. En quelques mois, la supplique reçoit les signatures de tous les Ordinaires canadiens ayant des missions indiennes dans leurs territoires (douze signatures). Au mois de janvier 1926, cette supplique était envoyée à Rome, et le cardinal Sincero acceptait de la présenter au Souverain Pontife. Cette présentation avait lieu au mois de mars; et le cardinal Sincero en rendait compte aux expéditeurs en ces termes:
«Sa Sainteté accueillit la supplique avec beaucoup de bienveillance et me conseilla de m'entendre avec le cardinal Von Rossum, préfet de la Propagande, et ensuite avec le préfet de la Congrégation des Rites, le cardinal Vico.
« Le Cardinal Von Rossum fut très satisfait de cette louable initiative; puis il demanda si sainte Thérèse devait être nommée patronne des missions canadiennes seulement ou de toutes les missions du monde. — Dans ce second cas, — il me semble que c'est celui que vous désirez, — Son Eminence a suggéré de recueillir les adhésions des missions françaises, italiennes, belges, etc., de manière que toutes les missions soient représentées dans ce plébiscite en faveur de la céleste patronne des missionnaires. »
C'était en effet ce que voulait Mgr Charleboiïs. Aussi dès le mois d'avril, mit-il en mouvement son secrétaire bénévole, et
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le fit-il correspondre avec tous les Ordinaires du monde catholique exerçant leur apostolat parmi les infidèles, les hérétiques ou les schismatiques, avec prière de vouloir bien joindre leurs signatures à celles des Ordinaires du Nord Canadien.
Au mois de mars 1927, deux cent vingt signatures d'Ordinaires des missions de tous les pays, depuis les pôles jusqu’à l'équateur, de tous les rites et de toutes les langues, parvenaient à monsieur Bernard, accompagnées pour la plupart de lettres enthousiastes, chantant sur tous les tons les louanges, et célébrant les bienfaits de la petite «semeuse de roses ». Plusieurs des prélats avaient fait accompagner leur propre signature de celles d’un nombre imposant de leurs missionnaires. Ces signatures, jointes à celles des douze Ordinaires canadiens précités, arrivaient au chiffre respectable de deux cent trente-deux. C'était presque un concile!
Toutes ces signatures furent réunies en un magnifique volume, artistement calligraphié et superbement enluminé par la Révérende Mère Marie-de-l’Incarnation, des Ursulines de Trois-Rivières.
Ce volume fut envoyé au Cardinal Sincero, qui, le 14 octobre 1927, le remit à Sa Sainteté Pie XI. Celui-ci le trouva très beau, fut ému par le nombre des signatures et les accents des signataires, et promit de se faire lui-même l’avocat de la cause auprès de la Congrégation des Rites et de la Propagande.
Mais il s'agissait de faire accepter cette requête par ces deux Congrégations romaines. Or, il était à prévoir qu’on y rencontrerait quelques difficultés. Pensez-donc! une femme patronne des missions! C'était tellement contraire aux traditions et aux formes reçues! Mais la petite Thérèse ne se laisse pas empêtrer dans les maquis de la procédure; elle mène les choses rondement, selon son habitude. N'avait-elle pas déjà conquis S. S. Pie XI!
Or, il advint que, malgré le vœu du Pape, les deux Congrégations votèrent contre la supplique; la Propagande à l’unanimité; et aux Rites, il n’y eut que le Cardinal Préfet à donner un vote favorable. La cause semblait perdue. Mais Pie XI cassa la décision des deux Congrégations, et rédigea lui-même le décret qui proclamait «sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus patronne spéciale des missionnaires et des missions, au même titre que saint François-Xavier. »
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Le décret ne fut promulgué solennellement que le 14 décembre. Mais, dès la fin de novembre, la décision était prise; Mgr Charlebois, l’apprenait par une lettre personnelle du Cardinal Gasparri, secrétaire d'Etat de Sa Sainteté et s'empressait de communiquer la bonne nouvelle à tous les fidèles de son vicariat par sa circulaire du 30 novembre 1927 (cir. No 28). — Comme le dit son fidèle secrétaire, «la joie de Mgr Charlebois fut sans bornes, et se traduisait par de douces larmes ». Larmes de reconnaissance et d'action de grâces envers Dieu et envers son Vicaire. Ce fut certainement une des plus grandes joies de sa vie; une consolation pour les épreuves passées et une source de réconfort pour celles qui n’allaient pas tarder à venir.
Cependant l'Hôpital du Pas ne suffisait plus à recevoir tous les patients qui se présentaient. La continuation de la ligne du chemin de fer de Winnipeg à la Baie d'Hudson, dont la construction avait été interrompue depuis si longtemps et qu'on avait enfin décidé de mener jusqu’à Churchill, mettait sur la voie des centaines et des centaines d'ouvriers. D'autre part, la découverte de mines d’or et de cuivre dans le bassin du Churchill, et la construction de lignes secondaires dans la direction des mines principales: Flin-Flon, Sherridon, ainsi que les constructions nécessaires pour l'installation du matériel destiné à l'exploitation de ces mines, puis la construction à Island-Falls d’une grande usine électrique, tout cela amenait dans le pays des milliers d'ouvriers; et, en cas de maladie ou d’accident, il n'y avait pour les recevoir que l'hôpital du Pas, devenu tout à fait insuffisant.
C'est pourquoi, au commencement de 1928, on décida de construire un nouvel hôpital, non plus en bois, mais en briques, et à l'épreuve du feu. En même temps, on résolut d'agrandir l’école catholique, devenue, elle aussi, trop étroite pour recevoir tous les enfants catholiques. Ces deux constructions furent menées rondement. Commencées au printemps de 1928, elles étaient terminées au printemps suivant. Le 24 mai 1929, les deux édifices sont solennellement inaugurés, en présence du premier ministre du Manitoba, l'honorable Bracken, et du ministre de l'Agriculture, M. Préfontaine.
Ces deux constructions complétaient, au Pas, la série des édifices religieux dus à l'initiative de Mgr Charlebois. À son
arrivée comme vicaire apostolique, il n’y avait rien. Dix-huit ans après, il y a un évêché convenable, une belle cathédrale, un couvent, une vaste école catholique, et un superbe hôpital à quatre étages, muni de tous les perfectionnements médicaux et chirurgicaux de la science moderne, et pouvant abriter plus de cent patients. À cette énumération, il faut ajouter une assez spacieuse salle paroissiale, édifiée du temps du Révérend Père Guy.
Mais le développement rapide du pays ne laissait pas d’être embarrassant au point de vue du service religieux. Tout le long de la ligne de la Baie d'Hudson se formaient des agglomérations, où, au milieu de gens sans religion, se trouvaient des catholiques de toutes langues, bien exposés à perdre la foi; et il en était de même à Cranberry, à Flin-Flon, à Sherridon et à Island-Falls. Pour pourvoir aux besoins spirituels de toutes ces brebis errantes, il n’y avait que le personnel de l'évêché; personnel qui, la plupart du temps, était inexistant, et qui avait encore à s'occuper des Sauvages et des Métis échelonnés le long de la Saskatchewan, et établis aux Barrows, sur la ligne de Winnipeg. Cette situation préoccupait beaucoup le vieil évêque missionnaire. Mais qu'y faire? pas d'ouvriers pour travailler à la vigne du Seigneur.
En 1928, un abbé Lussier, venu de Toronto, tenta de s’installer à Flin-Flon. Mais, découragé par le mauvais vouloir des propriétaires de la mine, qui refusaient de concéder le terrain nécessaire à la construction d’une église et d’un presbytère, il s'en retourna sans avoir rien fait. Le Père Gauthier, récemment sorti du scolasticat de Beauval, chargé du service religieux auprès des catholiques épars le long de la ligne de la Baie d'Hudson, dut y ajouter la desserte de Cranberry et de Flin- Flon, et aussi les lointains Barrows. Il fit construire des chapelles au mille 185, sur la ligne de Churchill, ainsi qu'à Cranberry et à Flin-Flon. Mais, étant seul, il ne pouvait évidemment donner un service bien efficace à des localités si nombreuses et si éloignées les unes des autres. Il y aurait fallu plusieurs prêtres, et surtout un prêtre polonais, à cause des nombreux catholiques de cette langue établis le long de la
ligne, et dont personne ne pouvait s'occuper. À diverses reprises,
le vicaire apostolique du Keewatin s’efforça d'obtenir un prêtre de cette langue; mais il ne put jamais y réussir.
Au cours de 1928, Mgr Charlebois fut un moment menacé de cécité. Les opticiens consultés, constatèrent la perte à peu près complète de l'œil gauche, et la faiblesse de l'œil droit. Donc, beaucoup de ménagements, le moins de lecture et d’écriture possible. Cette décision fut très pénible pour le vénéré Prélat, qui, du reste, n’en continua pas moins à lire ses lettres et à y répondre comme par le passé.
Au mois de mars 1929, un nouveau désastre s’abat sur l’école de Beauval. C’est l'incendie de Ia bâtisse où se trouvaient la dynamo, ainsi que des outils, des machineries et du matériel de toute sorte, le tout d’une valeur de quatre à cinq milles dollars. Mais, cette valeur, toute considérable qu'elle fût pour les faibles ressources du pauvre vicariat, était peu de chose, comparée à l'embarras dans lequel cette perte mettait pour la reconstruction de l’école. Ces machines et ces outils ne pouvaient se remplacer sur place, et les travaux s’en trouvèrent considérablement retardés.
Au mois de décembre 1929, il reçoit encore une nouvelle bien triste pour lui, si attaché à tous les membres de sa famille. C’est l'annonce de la mort de sa sœur Albine (madame Charette). Il écrit à ce sujet à son autre sœur, madame E. Lajeunesse: «C'est un grand vide parmi nous. Nous voilà réduits à quatre. C'est comme quatre chicots secs dans la forêt, qui n’attendent qu'un petit coup de vent pour être renversés. Qui tombera le premier? Dieu seul le sait. À nous de nous tenir prêts. »
Au commencement de cette même année 1929, le Père Chamberland avait été envoyé fonder la mission de God’s Lake, au nord d’Island Lake, en plein pays méthodiste. Le Père Dubeau ÿ avait fait plusieurs voyages pendant les années précédentes, et pendant l'été de 1928, il y avait fait construire une maison pour le missionnaire.
Le 25 février 1930, un désastre rappelant celui de Beauval en 1927, vient briser de nouveau le cœur du dévoué pasteur. C'est l'incendie de l’école indienne de Cross-Lake. Là aussi, le feu avait été mis par des mains criminelles, qui n'étaient autres que celles d’enfants de l’école. L’incendie, allumé dans le soubassement, ne fut découvert que vers deux heures après minuit,
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alors que tout l’intérieur du bâtiment était en feu. La supérieure des religieuses, un petit garçon et onze petites filles périrent dans les flammes. Une autre religieuse se brisa l’épine dorsale en sautant du deuxième étage; une troisième se brisa la jambe, et plusieurs se blessèrent plus ou moins grièvement, ou se gelèrent les pieds, en marchant sans chaussures dans la neige, par vingt degrés au-dessous de zéro.
Les enfants survivants furent repris immédiatement par les parents qui demeuraient dans les environs. Les autres, avec les Sœurs, les Pères et les Frères, se retirèrent en divers refuges mis à leur disposition par les voisins, en attendant qu’on pût rendre ces enfants à leurs parents, ou les envoyer à l’école de Norway-House, ou à celle de Sturgeon-Landing.
Averti par télégramme, Mgr Charlebois se rend en aéroplane sur le lieu du désastre. Le cœur brisé, il contemple les ruines fumantes de cette magnifique école; mais, réprimant ses propres angoisses, il s'efforce de consoler et de réconforter les tristes victimes de cette catastrophe. Aussitôt arrivé, il renvoie l'aéroplane qui l’a amené avec les victimes les plus grièvement blessées. Soignées à l'hôpital du Pas, toutes finirent par se rétablir. Pour lui, montant en traîneau à chiens, il gagne la ligne du chemin de fer, et revient au Pas par le train. Il comptait obtenir du Gouvernement la prompte reconstruction de l’école incendiée. Mais à Ottawa on refusa d'entreprendre cette reconstruction. Depuis cette époque, il n’y a plus à Cross-Lake qu’une école du jour, tenue par les Sœurs Oblates du Sacré Cœur.
Au cours de l’anné 1930, M. l'abbé DeBlois, depuis quelques années vicaire à la cathédrale, est chargé de desservir la mission établie à la grande mine de Flin-Flon. On y bâtit une église et un presbytère. Cela décharge d'autant le personnel de l’évêché.
Au mois de juin, Son Excellence s’en va faire sa visite ordinaire dans l’ouest du vicariat. En passant à Beauval, il bénit solennellement la chapelle de la nouvelle école. Mais le corps principal de la bâtisse n’est même pas commencé, et ne devait être terminé que deux ans plus tard.
Le vicaire apostolique du Keewatin profita de sa tournée dans le district de l’Ile-à-la-Crosse pour visiter la partie sudouest de son vicariat, qui n'avait pas encore reçu sa visite. Cette partie formant pointe entre les diocèses de Prince-Albert
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et d'Edmonton, servait de refuge aux derniers Cris païens de cette partie du pays. Campés dans les environs du grand lac des Ïles et du lac Poule d'Eau, ils avaient été visités à différentes reprises, par les missionnaires de l’Ile-à-la-Crosse et du lac Vert, mais, jusque-là, ils s'étaient montrés réfractaires à toute tentative de conversion. D’après de récentes nouvelles, ils auraient été mieux disposés en ce moment. De plus, de nombreux colons affluaient dans ces parages, venant surtout du sud de la Saskatchewan, d’où la sécheresse les chasse de plus en plus. Ii semblait donc nécessaire d'établir des missions dans cette région. C'était pour en examiner les possibilités, que Monseigneur entreprenait ce voyage, qui fut assez pénible et très fatigant pour lui.
Quelque temps après, au mois de septembre, une autre perte bien sensible pour le cœur de l’évêque, et bien déplorable pour tout le vicariat, fut la mort du Père Adam, supérieur de Beauval, et modérateur du scolasticat. Ce Père, de santé faible, et qui avait dû passer assez longtemps dans un sanatorium, était venu dans l’ouest en 1924. Là, il s'était guéri de la tuberculose, mais était resté de santé délicate et demandait des ménagements. Or, dans les derniers temps surtout, il s'était livré à des travaux qui auraient été excessifs pour deux hommes de santé vigoureuse. Ces excès de travail avaient miné sa constitution et il n'offrit aucune résistance au mal, lorsqu’au commencement de l’automne, il fut atteint d’une maladie, mal diagnostiquée par le médecin de l’Ile-à-la-Crosse, et encore plus mal soignée, mais qui était probablement la fièvre typhoïde. Après quelques jours de grandes souffrances patiemment supportées, il expira doucement à l'hôpital de l’Ile-à-la-Crosse, où on l'avait transporté.
Cette mort était un coup terrible pour le scolasticat de Beauval, où le Père Pénard restait seul chargé de l’enseignement et de la direction des scolastiques, et, pour une partie de l’année, de la direction de l’école, où l’on était alors en plein travail de reconstruction. Ce fut en quelque sorte un nouveau miracle de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus qu’il ait pu suffire à la tâche.
Ce fut le dernier des grands deuils et des grandes épreuves de Mgr Charlebois.