CHAPITRE IX
La rébellion de 1837 et ses conséquences déplorables pour uu groupe de Canadiens-Français.— Mgr de Janson s’intéresse au sort des déportés — Première démarche auprès du gouverneur. — Va en Angleterre puis en Irlande plaider leur cause.— Lord Stanley, ministre des colonies. — Dom Ullathorne et Mgr Polding, archevêque de Sydney, secondent l'évêque de Nancy.— Retour au Canada des exilés politiques.
ï| orsquf Mgr de Forbin-Janson toucha le sol canadien, le pays venait de subir une violente commotion politique. Les troubles de 1837 s’étaient terminés par des exécutions sanglantes, par la destruction de propriétés de quelques-uns des insurgés, et enfin par le bannissement de cinquante-huit Canadiens-Français \ Partis de Québec le 28 septembre 1839,
x. Voir note 1, la liste des déportés, leur âge, leur condition, le nombre d’enfants qu’ils laissaient au départ.
ces pauvres malheureux, frappés par la justice, arrivaient, cinq mois plus tard, à Sydney, dans la Nouvelle Galles du Sud \ La plupart d’entre eux laissaient en arrière des familles éplorées, des épouses et des enfants dans la consternation et même dans la détresse 1 2. Pendant son séjour au Canada, l’évêque de Nancy avait reçu bien des confidences au sujet des exilés, et il avait été appelé à consoler ces familles en deuil 3. Persécuté lui-même par ses compatriotes, il sut compatir, mieux que personne, aux douleurs des infortunés privés de leurs chefs. Il devait bientôt se constituer leur protecteur auprès des grands d’Angleterre.
La première démarche que Mgr de Forbin- Janson entreprit en faveur de ses protégés, fut en novembre 1841, quelque temps avant son départ définitif du Canada. S’adjoignant Mgr Bourget, il courut de Montréal à Québec, y saluer sir Charles Bagot, le nouveau gouverneur du Bas-Canada, et l’intéresser en même temps au sort des déportés politiques. Quelques