‹ Mgr. de Saint-Vallier et son temps [microforme]Chapitre 10 sur 54 · SAT LS SION SNS · texte numérisé non relu

SAT LS SION SNS

Ré Dune

DES RTE

se CR ne nn es SE

Barre, x roles n. Au Lithriprocu- | assise, écrit ramati-

$, Mais

ouer le

si faire

e, celui

acques-

létache-

s un an,

emeure

se gène

ligieux;, /évèque s avis et intes.

la gloire discours homme, ui avons ni, contiseraient e la venncher du user à la

al de cette aient pour

e Sévigné :

continuelle itième qu'à

sainte table, » jusqu'à ce que par une pénitence salutaire il ait satisfait au scandale qu'il a causé. Ce mandement est daté du 16 janvier 169%.

Le même jour, M£ér de Saint-Vallier lance un autre mandement « au sujet des comédies, » et publie aussi une instruction qu'il a fait prêcher le dimanche précédent à l’église de la Basse-Ville par M. Glandelet. Il distingue entre les pièces « qui sont honnêtes de leur nature, mais ne laissent pas que d'être très dangereuses par les circonstances, » et « les comédies impies, ou impures, ou injurieuses au prochain, » parmi lesquelles il range le Tartuffe. « Nous déclarons, dit-il, que ces sortes de comédies ne sont pas seulement dangereuses, mais qu'elles sont absolument mauvaises et criminelles d'elles-mèmes, et qu'on ne peut v assister sans péché... » (1)

Tout bouleversé par l'idée que le Tartuffe va ètre représenté au château, — on assure mème qu'il sera joué ensuite, par ordre du gouverneur, dans les communautés religieuses et au séminaire — il prend le parti d'aller trouver Frontenac lui-même. Il le rencontre précisément sur la rue, « près de l’église des Jésuites, » causant avec l'intendant Champigny. Il lui fait part de son chagrin, et « s’avise de lui offrir cent pistoles, pourvu qu'il ne fasse

(4) Ea s'élevant fortement contre le théâtre, et spécialement contre le Tartuffe, Ms de Saint-Vallier ne faisait qu'imiter les meilleurs esprits de son temps. « La masse du clergé, du Parlement et des esprits supérieurs, écrit M. de Laprade, signalaient les dangers du T'arluffe….. Bourdaloue fit des allusions sévères contre la pièce dans son sermon pour le septième dimanche après la Pentecôte. Bossuet, dans ses Maximes et réflexions sur la Comédie, tonne avec sa grande voix contre les impiëtés et les infamies dont sont pleines les comédies de Molière. «

Ceux qui seraient tentés de faire un grand mérite à Molière d'avoir voulu, par son Tartuffe, stigmatiser un vice que tout le monde «à en horreur, l'hypocrisie, peuvent lire avec profit le magnifique article de M. de Laprade sur la Morale de Molière dans le Correspondant du 25 août 1876. Ils y verront l’origine de cette pièce, Elle fut représentée pour la première fois, à Versailles, en 166%, alors que « le Grand Roi était dans toute sa gloire, dans tout l'absolu de son pouvoir, dans toute l’ardeur de ses passions... Les dévots dont il s’agissait de faire justice, c'étaient les censeurs des déréglements de la cour et des désordres du roi... Molitre était dans la poésie la main de Louis XIV, comme Colbert et Louvois l'étaient dans l'administration. C’est lui qui, entre tous les écrivains, servait le plus docilement et le plus servilement les passions de l’homme et les desseins du politique. »

pas jouer le Tartuffe. » Au moyen de cette somme, considérable pour l'époque, il obtient la promesse que le spectacle n'aura pas lieu (1).

Son zèle et son activité infatigables ne s'en tiennent pas là. Après avoir dénoncé l'acteur principal, le metteur en scène, Mareuil, il le traduit devant le Conseil Souverain, « pour avoir proféré depuis un an qu'il est en ce pays des discours pleins d'impiété et d'une impureté scandaleuse tant contre Dieu que contre la sainte Vierge et les saints. »

Le procureur général d'Auteuil (2) prend bravement l'affaire en mains : « S'il y a lieu au monde, dit-il, où l’on doive veiller à ce que l’impiété soit bannie, ce doit ètre en ce pays. » Sur ses instances, le Conseil ordonne qu'il soit procédé à une enquête sur les accusations portées contre Mareuil, et M. de Villeray est chargé de tenir cette enquête. Mareuil objecte à la procédure. et présente requête sur requête. Frontenac intervient, et fait aux conseillers plusieurs remontrances, cherchant à les embarrasser; mais ils n’en tiennent nul compte. L'enquête se poursuit, et Villeray reçoit les témoignages contre Mareuil; puis quand on juge qu'il yen a assez, on décide d'interroger Mareuil lui-même, et sur son refus de répondre, on le renferme dans les prisons du palais de l'intendant.

Écoutons M. de Champigny raconter lui-même tous ces faits au ministre :

« Vous serez instruit, dit-il, par l'extrait que je vous envoie, de la procédure faite au Conseii Souverain contre le sieur de Mareuil, accusé d’avoir proféré des paroles infâmes et toutes pleines d'ordures contre Dieu, la Vierge, les saints et l'Église, dont le

(4) Après ce marché, comment croire que le Tartuffe ait été réellement représenté à Québec, comme le prétend Latour dans ses Mémoires sur la vie de M. de Laval? Cet auteur, en racontant sur des ouï-dire les petits événements d'une époque déjà éloignée, mêle certainement les dates : il a pu également confondre le dessein qu'avait eu Frontenac de faire jouer le Tarluffe au chàteau et dans les communautés religieuses, avec la réalité du fait.

(2) François-Magdeleine Ruette, seigneur d'Auteuil et de Monceaux. M. l'abbé Verreau, parlant du courage avec lequel il soutenait son opinion au Conseil, souvent à l'encontre de Frontenac : « La fermeté de M. d'Auteuil, dit-il, était presque de l’intrépidité. » (Quelques notes sur Antoine de Lamotte de Cadillac).

pe ac

gc M.

rable a pas

as là.

Page 1