‹ Mgr. de Saint-Vallier et son temps [microforme]Chapitre 15 sur 54 · AT · texte numérisé non relu

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de l'évêque à son égard. Il se plaignit aussi au Conseil Supérieur, et présenta une requête demandant € qu'il lui fût permis de faire assigner M. l'évêque et les ecclésiastiques qui avaient publié et signifié certaine monition et mandement, » pour leur faire déclarer ces actes nuls et non avenus. Il voulait aussi que le Conseil les obligeñt « à lui faire réparation, » et les condamnäât « en tous ses dépends, dommages et intérêts. »

La requête fut communiquée à M£#r de Saint-Vallier. Le prélat répondit « qu'il avait lieu de s'étonner de la procédure qu’entreprenait le sieur de Callières, après avoir fait publier un libelle plein d'outrages, au son du tambour, à la porte de l'église, pendant le service divin, et aux endroits publies de la ville, lavoir fait afficher à la porte de l'église et aux lieux publics, placé des sentinelles pour le garder, et fait rafficher nombre de jours de suite. Comme l'union étroite, ajoute-t-il, qui se trouve entre les Pères Récollets et le sieur de Callières, qui les a obligés de lui livrer l'original de notre dernier mandement, est une suite de leur intelligence, puisqu'ils se rapportent à la justice qu'en pourrait faire le sieur de Callières, comme il est arrivé pour son libelle, dans lequel il s'établit juge de l'affaire et décide en faveur des Récollets, faisant leur panégvrique, et d'ailleurs, comme il est expressément dit qu'il portera sa plainte au roi, il semble par cette nouvelle manière de procéder qu'il veut profiter de notre départ pour la France, pour pouvoir attaquer plus facilement et tourmenter nos ecclésiastiques de Ville-Marie. Pour prévenir toutes les suites fâcheuses que cela pourrait causer dans cette ville et ailleurs, nous déclarons au sieur de Callières que nous portons à Sa Majesté nos plaintes de ses entreprises! nous interpellons le dit sieur de Callières de sv rendre par tel procureur qu'il jugera à propos, pour y dire ses raisons. protestant de nullité de tout ce qui pourrait être fait au contraire sur ce sujet dans notre absence, et de le regarder comme auteur de toutes les violences qui pourraient être faites. »

Mit de Saint-Vallier présenta cette réponse au Conseil, ainsi que les lattres de l'archevèque de Paris et de M. de Pontchartrain, que

J'ai déjà citées, et qui l'engageaient à se rendre en France pour

régler toutes ses affaires. Comme dans la question Desjordy- Debrieux, le Conseil décida qu'il fallait attendre « jusqu'à l'arrivée des vaisseaux l’année prochaine » pour s'occuper du différend

entre l'évêque et M. de Callières : il ne fut plus question de ce différend au Canada.

I n'en fut pas de même de l'affaire Mareuil. Celui-ci était toujours dans les prisons du Palais. Mais Frontenac était bien décidé à l'en faire sortir avec ou sans le consentement du Conseil. Il attendit cependant pour faire acte d'autorité que les derniers vaisseaux pour la France fussent partis, afin de n'avoir pas à en rendre compte à la cour pour le moment : son dossier était toujours assez chargé.

On a prétendu que Mareuil était un domestique de Frontenac : et c'est probablement cette opinion que M. de Latour entendit exprimer plus tard, et qui lui tit écrire que « les dérèglements des domestiques du gouverneur étaient extrèmes. » Mais Frontenac déclara solennellement à l'intendant « que le sieur de Mareuil n'était point son domestique; il se retirait dans une chambre du Château. voilà tout. » Oui, mais le gouverneur s'intéressait beaucoup à cet hôte compromettant, et lui était tout dévoué. Mareuil était évidemment le grand organisateur des soirées dramatiques du Château, le metteur en scène; et comme on l’accuse de tenir des propos inconvenants. puis de préparer des pièces scandaleuses, Frontenac se fait son avocat : il veut que le Conseil « nomme un où deux commissaires pour informer, si dans Îles tragédies et comédies qui se sont jouées les années précédentes pendant le carnaval, et celles qui ont été représentées celui-ci, il s'est commis quelque désordre, s'il v a eu des personnes qui en ont joué ou voulu faire jouer de criminelles, d'impies ou d’impures, et si l'accompagnement de quelques circonstances particulières les a rendues plus dangereuses ou plus eriminelles que celles qui ont été représentées de tous temps en ce pays... »

Quelques jours plus tard, le 15 mars, à la veille du temps pascal, le gouverneur fait instance au Conseil pour qu’on termine sans délai l'affaire de son ami et protégé : « Il lui doit être très ficheux, dit-il, de se voir privé des sacrements (1), et tombé, par

(4) Dans une de ses requêtes au Conseil, Mareuil avance « qu'il a fait ses pâques l’année dernière, que depuis ce temps il a assisté les jours d'obligation au service divin, et qu'il s’est acquitté de tous les devoirs d'un bon chrétien, que même il a fait ses dévotions le jour de Noël dernier, » (Jugements du Conseil Superieur, t. LIT, p. 832).

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le mandement que M. l'évêque à fait publier contre lui, dans l'horreur et la détestation de tout le monde, qui le traite d'impie et de scélérat, Ainsi il est de son intérêt qu'on examine s’il est coupable des crimes dont il est accusé, ou s’il est innocent. » Puis Frontenac demande de nouveau « qu'il soit nommé des commissaires pour faire incessamment son procès. »

Le 11 juin, Frontenac intervient de nouveau au Conseil en faveur de Mareuil. Il insiste « pour faire informer des désordres et scandales qui pouvaient être arrivés dans la représentation des comédies faites pendant le dernier carnaval. Il s'agit de savoir, dit-il, si M. l'évêque n’a point outrepassé les bornes de son autorité et de sa juridiction au préjudice de celle du roi. »

Le 98 juin, Mareuil présente une nouvelle requête. Il y a « trois mois et demi que la première est entre les mains du procureur général, qui doit avoir eu tout le loisir suflisant pour l’examiner. » Il insiste pour qu'il lui soit rendu « bonne et briève justice, comme il y a lieu de Fespérer, d'autant plus qu'il se croit obligé d'aller en détachement au premier jour. et vaquer au service du roi, »

Le procureur général d'Auteuil proltite alors de l'occasion pour répondre au gouverneur :

€ Quant à l'information, dit-il, demandée par M. de Frontenac, des désordres et scandales qui peuvent être arrivés dans la représentation des comédies qu'il a fait donner au publie pendant le dernier carnaval, M. l'évêque, dans son mandement, n’a pas paru s'être extraordinairement récrié contre celles qu'on a fait représenter, mais bien contre celle qu'on publiait devoir représenter 1)... Ces sortes d’affaires, ajoute M. d'Auteuil, ne peuvent paraitre d'une grande importance que par la part que M. le gouverneur y prend, puisque le Conseil ne manquerait pas de s'opposer aux entreprises de M. l’évêque, s'il lui paraissait vouloir outrepasser les bornes de son autorité et de sa juridiction au préjudice de celle du roi. »

C'est le 1% octobre que Mareuil avait été « pris au corps et conduit ez prisons du Palais, pour être ouï et interrogé sur Îles faits résultant des informations » faites contre lui, suivant l'ordre du Conseil, par M. de Villeray. Mareuil récusa Villeray comme commissaire enquêteur; et voici sous quels prétextes :

(1) C'est-à-dire Le Tartuffe. On était au 28 juin, et cette pièce n'avait pas encore été jouée : on avait seulement « publié qu’elle devait être représentée. »

Les chevaux de M. de Frontenac étant passés pour la deuxième fois « en dommage dans les prairies » de M. de Villeray, l'été précédent, celui-ci donna ordre à ses domestiques de les prendre et de les renfermer; puis il fit dire « au sieur Chrestien. » palefrenier de Frontenac, «que, s'il le trouvait bon, il ferait prendre soin des chevaux, et qu'il n'avait qu'à les envoyer quérir toutes fois et quantes il en aurait besoin. » À la suite de cet incident, il y eut altercation entre un des valets de Villeray, jeune homme d'une quinzaine d'années, et « le charretier de Frontenac. » Mareuil intervint alors pour les séparer, et le jeune homme lui avant dit que « ni lui ni son maitre ne se souciaient de M. le gouverneur, » Mareuil lui donna des coups de bâton, » et ajouta que son maitre (Villeray) en méritait autant.

Mareuil récusait maintenant Villeray comme commissaire enquêteur, sous prétexte sans doute qu'il pouvait lui avoir gardé ancune pour l'incident de l’année précédente. Le Conseil ne jugea pas la raison plausible, et maintint M. de Villeray comme commissaire « pour l'instruction du procès criminel instruit à la requèle du procureur général du roi contre le sieur de Mareuil (1). »

Bien plus, le 15 novembre, le procureur général d'Auteuil ayant dit au Conseil que Mareuil « avait communication avec tous ceux qui désiraient le voir. » on défendit expressément « à l'archer, à la garde duquel il était. de le laisser communiquer avec qui que ce soit (2), »

Mareuil refusant toujours de répondre devant le commissaire

(A) Villeray était de ce que l'on appelait alors le parti jésuite, on dirait aujourd'hui un elérical. On jugera des sentiments injustes que certaines personnes professaient à son égard, comme aussi des mœurs et des cancans du petit Québec d'alors, par les lignes suivantes de Lamotte-Cadillac : « N'est-ce

pas une chose honteuse de voir M. de Villers ‘> nremier conseiller, tenir boucherie dans sa maison, faire débiter la viar n valet, et Mme sa femme en recevoir l'argent? » Ainsi on lui faist” d'engraisser des animaux pour son usage, et de vendre le surplr vision de viande!

(2) Mareuil était « détenu prisonn, a chambre de la prévôté, en ce

Palais, n’y ayant alors de chambre en ia conciergerie où il pût être mis. » Comme cela était Cincommode aux officiers de la prévôté pour rendre la justice, » il fut, à la demande du procureur géaéral, le 18 novembre, « transféré de la dite chambre des audiences de la dite prévôté, en une chambre de la conciergerie de ce Palais, pour y rester jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné, » (Jugements du Conseil Supérieur, t, IL, p. 9%).

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Villeray, le Conseil ordonne, le 22 novembre. que « son procès sera instruit Comme à un muet volontaire. »

Sur ces entrefaites, Mareuil prépare une troisième requête, et l'adresse cette fois au gouverneur lui-même, pour se plaindre des irrégularités commises par le Conseil dans ce procès. et de la manière injuste dont il est traité, [se plaint surtout du procureur général d'Auteuil, qu'il accuse de « partialité et de cabales formées dans le but de sauver les fausses démarches de Mer l'évêque par la ruine du suppliant. » Il ajoute « qu'on s'est servi de tous les moyens les plus iniques » pour le ruiner; « on a induit et sollicité les gens à déposer contre lui: » on en a même menacé plusieurs « d'être chäliés et chassés hors de la ville, » s'ils ne voulaient déposer de la sorte. Mareuil conclut en disant qu'il soumet son affaire au Conseil d'État du roi; puis. en attendant, il supplie le vouverneur de le faire élargir, sous caution.

Frontenac arrive lui-même au Conseil. le 29 novembre, avec la requête de Mareuil, dont il fait faire lecture et qu'il dépose sur le bureau. Tout le monde s'attend à un acte d'autorité : la scène est solennelle. Frontenac tient dans sa main le discours qu'il a préparé déjà depuis quelques jours : il le prononce avec beaucoup de dignité, Je le cite dans son entier, parce qu'il renterme quelques détails nouveaux :

« Messieurs, les affaires du sieur de Mareuil ont commencé par des manières si extraordinaires et si irrégulières, qu'oa doit moins s'étonner que les suites aient eu du rapport à ces commencements. Il y aurait eu cependant lieu d'espérer qu'après la remontrance que je fis à la Compagnie le 8 mars dernier, la plus grande partie de ceux qui la composent ouvriraient les veux. et que. prolitant des avis que je leur donnais. ils apporteraient encore plus de soin et d'application à réfléchir sur affaire dont il était question, afin de n’y faire aucune démarche qui ne fût dans les règles; et ce d'autant plutôt qu'il leur était facile de connaitre que mon intention n'était pas de pallier et de couvrir les crimes du sieur de Mareuil, s'il en avait commis quelqu'un de la nature de ceux

qu'on lui voulait imputer. mais seulement que la perquisition s'en fit d'une manière qui fût dans les formes. et qui ne pût donner aucune atteinte à l'autorité du roi et à la liberté publique.

« La conduite que j'ai gardée depuis, dans tout le cours de cette affaire, prouve assez invinciblement que je n’ai jamais eu d'autres

pensées, puisqu'on ne saurait nier que c'est moi qui ai fait mettre le sieur de Mareuil en prison par mon capitaine des gardes, qu'on avait peu de moments auparavant sollicité de le cacher dans ma maison. afin que le grand prévôt ne le trouvât pas lorsqu'il en ferait la recherche ; et la réponse qu'il fit à cette occasion marquait assez qu'il savail parfaitement bien mes sentiments là-dessus.

« [ne doit pas être moins notoire à tout le monde que, lorsque le dernier vaisseau a été prêt de mettre à la voile pour France, on chercha toutes sortes de moyens de faire persuader au sieur de Mareuil de s'évader, lui offrant de le travestir en m'telot. et de le faire embarquer à mon insu. Mais la personne à qu. on s'adressa. parce qu'on la crovait de ses amis, n'osa le faire, dans lappréhension qu'elle eut de s'attirer mon indignation et mon ressentiment; de sorte qu'on peut dire que ma seule considération est la cause qu'il est resté en prison, et qu'ainsi je n'ai jamais prétendu que son erime (s'il en a commis quelqu'un) demeurât impuni, mais seulement qu'on en fit les poursuites en observant les lois et les ordonnances.

€ Mais présentement que je connais évidemment qu'on veut passer par dessus tout ce qu'elles ordonnent de plus précis et de plus formel, je eroirais manquer beaucoup à ce que je dois au publie. si je n'essavais de suspendre le cours de cette conduite, jusqu'à ce qu'on veuille Ta redresser et mettre dans les formes, puisqu'il est visible qu'elle n'est remplie que de partialités. de cabales, et de passions particulières. et qu'elle ne tend qu'à opprimer par quelque biais que ce puisse être. un homme dont on hait peut-être encore plus là personne que le erime qu'on prétend qu'il a commis.

« Ainsi, messieurs. je suis venu vous déclarer que je ne dois ni ne puis souftrir que le sieur de Mareuil soit détenu plus longtemps dans les prisons, et que je vais présenterient Pen faire sortir, aux offres qu'il fait. el aux assurances que Fv ajoute de Fv faire remettre aussitôt que Fon saura la décision que Le Conseil d'Etat aura faite sur Fappel qu'il v a interjeté en cassation de vos arrêts. et que nous conuaitrons précisément les volontés du roi -dessus.

« Cependant. alin que Sa Majesté soit pleinement informée de ma conduite et de celle de toute la Compagnie, je demande qu'il soit fait registre tant de la requête du sieur de Mareuil, que j'ai fait lire et mise sur le bureau, que de la déclaration verbale que

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j'ai faite en conséquence. et dont je remets aussi une copie signée de ma main, présentés au Conseil ce 22 novembre 169%. »

Ce discours prononcé. Frontenac en laissa copie sur le bureau, avec la requête de Mareuil. donna ordre au greflier, malgré les protestations du procureur général et des conseillers, d'insérer les deux documents dans les registres, puis se retira.

Quelques instants plus tard, M. de la Vallière, capitaine de ses gardes, allait, de sa part. faire sortir Mareuil de prison: et dans leur première séance subséquente, le 6 décembre, les conseillers s'étant fait apporter le registre de la geôle, x lurent acte suivant :

€ Aujourd'hui, 29 novembre, de lordre de M. le comte de Frontenac, gouverneur et lieutenant général pour le ror en ce pays, nous, capitaine de ses gardes, avons déchargé le présent registre et lPécrou ci à côté de la personne du sieur de Mareuil, ainsi que la recommandation faite au bas du dit écrou, et en conséquence enjoignons au concierge de ces prisons d'ouvrir Îles portes au dit sieur de Mareuils à quot il a satisfait à heure mème.

et me l'a remis entre les mains. DE LA VALLIÈRE, »

M#r pe SaiNr-VALLiER EN FRance, DE 109% À 1697,

Me de Saint-Vallier partit de Québec pour la France le 29 octobre, et n'arriva à Paris qu'à la mi-janvier, s'étant attardé assez longtemps, comme je Pai dit, à visiter ses abbaves.

A la veille de quitter le Canada, avait fait quelques démarches habiles auprès du Conseil, ei mis les formes dé son côté, Protitant de la première séance après les vacances (D), le octobre, ilse rend au Conseil, et présente pour les faire vérilier et enregistrer les lettres patentes qu'il a reçues pour établissement civil de l'hopital général de Montréal (2). Pois iloffre de donner des explications sur les difficultés dont il a été la cause où occasion durant

(A) Le Gonseil prenait des vacances le printemps et l'automne; Le printemps, « pour ne divertir personne des travaux des semences, » el l'automne, pour Le temps des récoltes, (Jugements du Conseil Supérieur).

(2) Édits et Ordonnances, 1, 277,

l’année : « Je regrette, dit-il, que MM. le gouverneur et l’intendant soient absents. » Alors on députe deux conseillers auprès de Frontenac pour linviter à venir au Conseil : « Je suis occupé à mes dépèches pour la cour, dit le gouverneur, je ne puis v aller. D'ailleurs, ajoute-t-il, on a bien commencé sans ma participation les procédures contre le sieur de Mareuil; que lon continue (4). »

De son côté. l’intendant fait savoir que si l'on a absolument besoin de sa présence au Conseil, il s’y rendra; et MM. Dupont et de Vitré lui ayant dit qu'en effet sa présence était requise, il se rend à la séance.

M: de Saint-Vallier exprime alors de n ‘eau le regret que le gouverneur soit absent : « Je suis chagrin. "il, qu'il n'ait pas eu agréable de se trouver au Conseil. Pressé par mon départ pour la france de donner ordre à mes affaires, et de pourvoir autant que possible à ce qu'en mon absence les ecclésiastiques de mon diocèse, qui ne sont déjà que trop fatigués, ne soient pas exposés à de nouvelles poursuites, qui leur pourraient faire prendre le parti d'abandonner leurs cures et de se retirer en France, je prie la Compagnie de trouver bon que je lui parle au sujet des arrêts et documents qu'on m'a communiqués. Dans la crainte d'omettre quelque chose d'essentiel, et pour éviter les répétitions, j'ai mis par écrit ce que j'avais à dire, » IT fait ensuite lecture de son écrit, contenant sept pages, et avant pour litre : © Réponse que fait lévèque de Québec aux dires et écrits de M. le comte de Frontenac. » Il le dépose sur le bureau, priant le Conseil de vouloir bien l'inclure dans la liasse des documen:s qu'on envoie à la cour.

Il est regrettable que cet écrit de M de Saint-Vallier n'ait pas été conservé, comme le discours de Frontenac, dans les minutes du Conseil.

Trois jours plus tard, ayant appris la manière assez désobligeante avec laquelle MM. Dupont et de Vitré ont été reçus par Frontenae, le prélat se rend de nouveau au Conseil : «Je me confirme de plus en plus dans la pensée, dit-il, qu'après mon départ pour la France M. le gouverneur fera ressentir sa peine aux ecclésiastiques qui sont dans les cures de mon diocèse. Étant curés fixes, ils ont besoin de repos et de protection pour perfectionner leur établissement. Je vois mème par la réponse de M. le gouverneur que l'on

(4) Jugements du Conseil Supérieur, HT, 916,

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