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assertions, il la communiqua à plusieurs personnes, en passant à Québec. C'était une impardonnable indiscrétion, dont on ne manqua pas de profiter pour en prendre copie et s'en amuser (4).
Cependant, on était déjà arrivé au commencement de 1697, et
MEt de Saint-Vallier n'avait pas encore obtenu de la cour la permission de retourner au Canada. [se décida alors à préparer un mémoire pour le roi, et alla lui-même le présenter à Sa Majesté : ce mémoire était rempli de promesses de paix et de conciliation.
J'ai raconté ailleurs (2) ce qui arriva ensuite, Louis XIV fit mander M# de Saint-Vallier vers le milieu du carème, lui parla avec son affabilité ordinaire, et lui demanda comme une faveur sa démission, pour le bien de l'Église du Canada. Pour toute réponse, le prélat se contenta de faire mille protestations de respect, de reconnaissance et d'attachement à la personne de Sa Majesté. — € Mais, dit le roi, vous ne répondez pas à ce que je vous demande. — Sire, répliqua lévèque, il y a des choses sur lesquelles il est plus respectueux de ne pas répondre à Votre Majesté. — Alors, lui dit le roi prenant un ton de maitre, puisqu'ilen est ainsi, vous retournerez dans votre diocèse. Mais voyez à y rétablir entièrement la paix; parce que si j'entends encore parler de vous, je saurai bien vous rappeler, pour ne plus cette fois vous y laisser retourner. »
M: de Saint-Vallier fit voile pour le Canada dans le mois de juillet, et rentra dans son diocèse vers la mi-septembre. Puis on le trouve les années suivantes tout occupé de sa charge pastorale, cherchant à faire fleurir la piété parmi ses diocésains et à extirper la racine des principaux abus, s'entendant avec l'ancien évêque et le séminaire pour Fétablissement de la mission lointaine des Tamarois, et pour la fondation du couvent des Ursulines des Trois-Rivières (3). Évidemment les sages conseils du roi n'ont pas été sans résultat non plus que les tribulations auxquelles le saint évêque à été soumis :
€ À quelque chose malheur est bon. »
Frontenac. Callières, le séminaire de Québec, les Récollets, tous
(4) Histoire manuscrite du Sérainaire de Québec. (2) Vie de Mer de Laval, & M, p. 161.
(3) Edits et Ordonnances, t. |, p. 288.
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ceux qui avaient eu des diflicultés avec le prélat furent bien aises de voir s'ouvrir une ère d’apaisement et de calme. Le Te Deum chanté dans l’église cathédrale de Québec le 24 septembre 1697 pour la paix de Ryswick, semblait venir à point pour célébrer une autre paix encore plus bienfaisante pour les Canadiens :
« Le gouverneur général y assista, dit la chronique, aussi bien que l’intendant et les officiers du Conseil Supérieur et de la Prévôté. Il y eut le soir plusieurs décharges de canon de la ville et des vaisseaux, au moment où l’on allumait un feu de joie dans la grande place, et tous les bourgeois firent des illuminations à leurs fenêtres, suivant l'ordre que M. de Frontenac leur en avait fait donner. »
Frontenac et Champigny écrivant au ministre dans l'automne de l’année suivante paraissaient satisfaits :
« M. l’ancien évèque, disent-ils, et les prêtres du séminaire de Québec, toujours remplis de zèle pour l'augmentation de la foi, ont engagé trois de leurs ecclésiastiques pour porter l'évangile chez les nations établies le long du Mississipi, qui sont, à ce qu'on a rapporté, d'une docilité propre à y faire beaucoup de progrès.
« M. l’évêque de Québec, ajoutent-ils, continue avec tant d'application à soulager les pauvres et à faire d'autres bonnes œuvres, que nous pouvons dire qu'il fait au delà de ses forces : ce qui ne doit pas peu vous engager, monseigneur, à lui procurer la continuation des grâces que Sa Majesté lui fait, et même de les lui augmenter. »
Hélas! Frontenac, lorsqu'il écrivait avec l'intendant cette dépêche à la cour, n'avait plus que quelques semaines à vivre. Il mourut à Québec le 28 novembre 1698, et fut inhumé dans l'église des Récollets.
L’intendant Champigny fut obligé d’envoyer son courrier par la Nouvelle-Angleterre afin de faire parvenir en France le plus tôt possible la triste nouvelle de la mort du gouverneur. $ lettre est calme et digne : on sent, en la lisant, que l’apaisement s'était fait depuis quelque temps déjà dans les esprits :
«€ Monseigneur, dit-il, je hasarde cette lettre par la voie de la Nouvelle-Angleterre, pour vous donner avis que M. le comte de Frontenac mourut le 28 du mois de novembre dernier, avec les sentiments d'un véritable chrétien. Vous aurez peut-être de la
peine à croire, monseigneur, que je sois aussi véritablement et
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aussi sensiblement touché que je le suis de sa mort, après tous les démêlés que nous avons eus ensemble. Cependant il n'est rien de plus vrai, et on en est persuadé, Aussi il n'y a jamais eu que les différents sentiments que nous pouvions avoir pour le service du roi qui nous ont brouillés; ca: de lui à moi comme particulier nous n'en avons jamais eu, [Ten a usé d'une manière si honnète à mon égard pendant sa maladie, qu'on peut dire avoir commencé au départ de nos vaisseaux, que je serais tout-à-fait ingrat si je n'en avais de la reconnaissance. Le petit testament qu'il à fait, dont je vous envoie copie, en est une marque. Je le ferai exécuter, et je puis vous assurer que j'ai un très grand soin des intérêts de Mme la comtesse de Frontenac.. »