ME DE SAINT-VALLIER ET LES RÉCOLLETS
J'ai dit que l'on n'avait pas les décisions de la cour sur toutes les difficultés qui lui furent soumises lors du voyage de M: de Saint-Vallier en 169%. Mais on sait comment se termina la malheureuse affaire de Finterdiction des Récollets de Montréal et de leur église : elle fut réglée à l'amiable entre le prélat et les Religieux eux-mêmes. [l est important de faire connaitre ici Île dénouement de cette affaire quai avait eu un st triste retentissement dans l'Église de la Nouvelle-France.
Peu de temps après l’arrivée de Mr de Saint-Vallier à Paris. au printemps de 1695. le P. Provincial des Récollets de la province Saint-Denis lui adressa respectueusement la requète suivante :
«€ Monseigneur, Frère Potentien OÜzon. Provincial des Récollets de la province de Saint-Denis. en France, dont ceux de la Nouvelle- France font partie et. comme ayant charge des Pères du Définitoire de la dite province, remontre très respectueusement à Votre Grandeur qu'il a appris avec douleur le mécontentement ef les sujets de plaintes qu'Elle avait reçus dans notre église des Récollets de Ville-Marie, ce qui l'avait engagée d'user de son autorité ordinaire et d'interdire leur chapelle ou église : lequel interdit les religieux auraieat gardé fort exactement durant deux
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mois; au bout desquels les dits religieux, craignant le murmure du peuple de ce qu’ils ne pouvaient plus les assister comme auparavant, persuadés d’ailleurs que Votre Grandeur était satisfaite de leur soumission pendant deux mois, se crurent obligés, par une complaisance trop précipitée, d'ouvrir leur église et d'y faire l'office publiquement : ce qui a donné lieu, Monseigneur, à Votre Grandeur de croire que les dits Religieux avaient voulu mépriser linterdit par elle prononcé et de rendre de nouvelles ordonnances contre les dits religieux, même de les suspendre de leurs fonctions. Et comme en tout cela, Monseigneur, on ne peut imputer aux dits religieux que leur précipitation de n'avoir pas déféré avec la soumission respectueuse qu'ils devaient à vos ordonnances, et que dans le fond ils n'ont jamais eu l'intention de blesser son autorité, ni de manquer au respect qu'ils lui devaient, le suppliant se trouver obligé de recourir à la bonté et à l'indulgence de Votre Grandeur pour l’exciter à pardonner aux dits Religieux et à lever l’interdit tant local que personnel; se soumettant à faire telle satisfaction qu’il lui plaira ordonner, sans préjudice de notre ordre.
« Ce considéré, Monseigneur, il plaira à Votre Grandeur pardonner aux dits religieux, lever l’interdit tant local que personnel, après avoir fait la satisfaction qu'il vous plaira ordonner être faite, et en conséquence leur permettre de faire à l'avenir leurs fonctions publiques et les services divins dans la dite église de Ville- Marie, où ils sont établis. Ils continueront leurs prières et sacrilices pour la conservation de Votre Grandeur. »
M£' de Saint-Vallier répondit comme suit à la requète ci-dessus :
« Vu la présente requête à nous présentée par le P. Provincial des Récollets de la province de Paris et voulant user d’indulgence envers les dits religieux Récollets, nous ordonnons qu'en faisant et réitérant par les gardiens et les religieux Récollets de Ville- Marie les déclarations contenues en la présente requête présentée par le dit P, Provincial, par devant notre grand vicaire établi sur les lieux; et après qu'ils auront tenue fermée leur église pendant trois jours, pour satisfaction de n'avoir pas obéi à nos ordres; et après qu'il en sera apparu à notre grand vicaire, nous lui donnons pouvoir et ordre de lever les dits interdits tant local que personnel, de décharger les religieux de tout ce qu'ils ont encouru pour raison de ce, et de les rétablir dans le plein et entier exercice de
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