‹ Mgr. de Saint-Vallier et son temps [microforme]Chapitre 24 sur 54 · OPEN PE UNE · texte numérisé non relu

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toutes les fonctions qu’ils exerçaient auparavant dans la dite église de Ville-Marie.

« En foi de quoi nous avons signé, fait contresigner par notre secrétaire et sceller du sceau de nos armes.

« Fait à Paris ce 15 juillet 1695. »

Le Provincial des Récollets s’'empressa de faire sa soumission au pieux prélat qui avait accueilli sa requête avec tant de bienveillance :

« Nous, Frère Potentien Ozon. Provincial susdit avec ses dites qualités, après avoir vu l'ordonnance de M£#r l'évêque de Québec, y acquiesçons et promettons de la faire exécuter par le gardien et les religieux de Ville-Marie suivant sa forme et teneur.

« Fait à Paris le 15 juillet 1695 (4). »

Les Récollets de Montréal ne manquèrent pas de donner à Me de Saint-Vallier la légère satisfaction qu’il leur avait demandée. Son grand vicaire, M. Dollier de Casson, leva l’'interdit ; et tout rentra dans l’ordre.

Mer DE SAINT-VALLIER ET M. DE CALLIÈRES.

Après la mort de Frontenac, il y eut course entre Callières. Champigny et Vaudreuil pour la haute position de gouverneur général du Canada. Callières députa en cour M. Le Gardeur de Courtemanche, qu'il fit porteur de ses dépêches, par lesquelles, tout en annonçant le décès du comte de Frontenac, il sollicitait du roi pour lui-même les provisions de gouverneur général; et il prit le commandement de la colonie ad interim. Champigny et Vaudreuil, de leur côté, députèrent à la cour, pour le même objet, M. de Vincelotte. Mais l'envoyé de Callières arriva le premier.

On raconte un véritable « tour de Normand » que Callières aurait joué, en cette occasion. à ses deux compétiteurs. Courtemanche était monté de Québec à Montréal pour lui apprendre la mort de Frontenac : ils attendaient son retour pour joindre leurs dépèches à celles que Callières allait sans doute expédier lui-même

(A) Les Jésuites et la Nouvelle-France, t. UT, p. 639,

q en France. Mais au lieu de faire repasser Courtemanche par d

Québec, le gouverneur de Montréal lui fit prendre le chemin de - Sorel, lac Champlain, Albany et New-York. Champigny et Vau- le dreuil, ne voyant point reparaitre Courtemanche. soupçonnèrent e le tour qu'on leur avait joué et se hâtèrent d'expédier à leurs frais le un autre courrier qui se rendit à Pentagouët, d'où il fit voile pour n la France. Il parait qu'il n'arriva à Paris que quelques heures F après M. de Courtemanche; mais il était trop tard (1). de

Callières (2) avait à la cour un puissant et habile avocat dans la personne de son propre frère, François, secrétaire du til cabinet du roi, membre de l'Académie française (3). diplomate fin Le et apprécié, qui avait été, deux ans auparavant, lun des trois qu | plénipotentiaires de la France au traité de Ryswick (1697). C'est à Fr

lui que les dépèches du gouverneur de Montréal étaient adressées et qu'elles furent remises :

« Le comte de Callières, écrit M. de Catalogne, alla directement au roi lui demander pour son frère le gouvernement de la Nouvelle-France; et Sa Majesté la lui accorda.

«€ D'un autre côté, M. de Vincelotte porta à M. de Pontchartrain les lettres de MM. de Champigny et de Vaudreuil, sans savoir que | M. de Courtemanche fût arrivé.

« Le ministre alla informer le roi de la mort de M. de Fron- | tenac. Le roi lui dit qu'il le savait et qu'il avait accordé le gouver-

nement à M. de Callières pour son frère : il n°v avait point de réplique. »

La sœur Juchereüu écrit elle-même expressément : « M. le comte de Callières, qui était secrétaire du roi tenant la plume, | « sollicita fortement pour M. son frère, et obtint le gouvernement ss pour lui. » Césa Leur père, Jacques de Callières, maréchal des armées du roi, ( s'était mis au service de la noble maison d'Orléans-Longueville, ne Lau ° (4) Mémoire attribué à M, de Catalogne, Documents de la Nouvelle-France, nn t. |, p. 601. Le (2) Voir la belle étude de M, l'abbé Godefroy, dans la Revue catholique de 1 1643 ‘ Normandie, 8 année, sur le chevalier de Callières, gouverneur du Canada. Count (3) € Un panégyrique du grand roi lui ouvrit les portes de l'Académie fran- (3

caise, où il remplaça Quinault, en 1689, » (Ibid.).

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qui l'avait fait nommer gouverneur de Cherbourg. Il occupa près de dix ans cette charge importante et mourut en 1662 (1) :

« Esprit très cultivé, cœur chevaleresque, dit l'abbé Godefroy, le sire de Callières suivit tout à la fois et très fidèlement les muses et son roi. IT écrivit et publia en 1661, la vie de son illustre ami, le maréchal Jacques de Matignon. Le naturel du récit, lenchainement logique des faits, la profondeur des réflexions morales, l'élégance et la clarté du style font de cet ouvrage historique lun des plus remarquables de l'époque. »

Les services importants que le gouverneur de Cherbourg et son lils aîné avaient rendus à l'État faisaient espérer que le cadet, Louis-Hector, se montrerait digne de sa famille dans les fonctions qu'il aurait à remplir comme chef de la colonie de la Nouvelle- France, où il était passé en 168%, à l'âge de 36 ans (2).

« L'arrivée des premiers navires de France, au printemps de 1699, dit Charlevoix, apprit au chevalier de Callières que le roi l’avait nommé (3) successeur de M. de Frontenac: et la joie qu'en témoignèrent tous les Ordres de la colonie le flatta bien autant aue le choix de son souverain, I avait eu un rival dans M. de Champ'gny et n'était peut-être redevable de lui avoir été préféré que parce que son envoyé avait fait plus de diligence que celui de l’incendant, lequel, à son arrivée à Versailles, avait trouvé la place remplie.

« Tous deux la méritaient, et il n'est pas aisé de dire lequel aurait été plus agréable aux habitants du Canada. M. de Champigny avait acquis une grande expérience des affaires du pays. Sa vertu, son zèle, son désintéressement, son équité, sa douceur le

(A) Voici, d'après M. Demons, ancien curé de Cherbourg, l'épitaphe qu'on lui composa : « Qui gladio et scriplis, ut Caæsar claruit lle, antiqua merilo Cesaris urbe jacet: — Gelui qui, par le glaive et la plume, s'éleva à l'instar de César, repose dans son mérite, en cette antique ville de César, » (1bid.).

(2) I était né à Torigny-sur-Vire, au Bocage Normand, en 1648, Voici son acte de baptôme : « Hector, fils de M, de Callières, escuier de Madame de \atignon, et de demoiselle sa femme, a été baptisé en léglise de Saint- Laurent de Torigny par moi, Barnabé Dupont, prêtre, euré du dit lieu, et nommé par François Desvaux, escuyer en ce lieu, à l'assistance de Mademoiselle de Roncey, le 12e jour du mois de novembre 1648, »

Le pôre du gouverneur du Canada, Jacques de Callitres, avait épousé en 1643 Madeleine Potier, fille du chevalier Potier, seigneur de Courey, près de Coutances, veuve de Jean Dancel, sieur de Bruneval. (Ibid.).

(3) Le 20 avril 1699,

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rendaient très propre à gouverner une colouie. Mais M. de Callières, avec les mêmes avantages, avait encore celui de pouvoir se montrer à la tête des troupes, qui ava‘ent marché plus d’une fois sous ses ordres, et qui admiraient également sa conduite et son intrépidité (1).

« Sans avoir le brillant de son prédécesseur, il en avait tout le solide, des vues droites ct désintéressées, sans préjugé et sans passion : une fermeté toujours d'accord avec la raison, une valeur que le flegme savait modérer et rendre utile : un grand sens, beaucoup de probité et d'honneur, et une pénétration d'esprit à laquelle une grande application et une longue expérience avaient ajouté tout ce que l'expérience peut donner de lumières : il avait pris dès les commencements un grand empire sur les Sauvages, qui le connaissaient exact à tenir sa parole et ferme à vouloir qu'on lui gardât celles qu'on lui avait données. Les Français, de leur côté, étaient convaineus qu'il n’exigeait jamais rien d’eux que de raisonnable; que pour n'avoir ni la naissance ni les grandes alliances du comte de Frontenac, ni le rang de lieutenant général des armées du roi, il ne saurait pas moins se faire obéir que lui, mais qu'il n'était pas homme à leur faire trop sentir le poids de l'autorité. »

Le chevalier de Vaudreuil, qui devait plus tard succéder à M. de Callières comme gouverneur du Canada, obtint, en attendant, le gouvernement particulier de Montréal : « Son activité, dit Charlevoix, sa bonne mine, ses manières nobles et aimables et la confiance des gens de guerre le rendaient très propre à occuper un poste de cette importance. »

Frontenac, Callières, Vaudreuil, quelle belle suite de gouverneurs de premier ordre! Frontenac, supérieur aux deux autres, sans doute, mais tous les trois de la même trempe et de la même marque, dirigés par les mêmes vues et animés des mêmes intentions pour le bien et la gloire de leur patrie adoptive, à laquelle

(4) Avant de passer dans la Nouvelle-France, il s'était aussi distingué comme soldat : « La bonne heure, dit l'abbé Godefroy, Hector de Callières suivit la carrière de: armes et devint capitaine au régiment de Navarre, un des six régiments d'élite de ce temps, que l'on appelait « les petits vieux, » et ensuite capitaine des vaisseaux du roi, Louis-Hector prit part sans doute aux expédi tions maritimes qu'organisérent Colbert et Seignelay pendant les grandes guerres de Louis XIV. » (Ibid.).

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Lorsque Callières descendit à Québec pour prendre les rênes de l'administration, on aurait pu craindre que le souvenir des grandes difficultés qu'il avait eues avec l'évêque ne vint à se réveiller, et que les blessures, peut-être mal cicatrisées, ne vinssent à se rouvrir. Mais le gouverneur, dès l'automne suivant, rassurait à ce sujet le ministre :

« Depuis que M. l'évêque est de retour de son dernier voyage en France, dit-il, nous avons vécu d’une manière comme s'il ne se serait rien passé entre nous; et j'espère que cela durera... »

Cela dura en effet. Aucun nuage sérieux ne vint assombrir à cette époque l’église de Québec. Il n’y eut que des difficultés de détails. C'est ainsi que la question de l'hôpital général divisa un peu les esprits : tout le monde n'avait pas les mêmes vues sur cette nouvelle institution : les uns auraient voulu qu'elle ne fût jamais qu'une succursale de PHôtel-Dieu ; d’autres, surtout Mrr de Saint-Vallier, tenaient à en faire une communauté distincte, complètement séparée et ayant son noviciat.

Et pourtant le prélat n'avait obtenu de l'Hôtel-Dieu — et encore avec beaucoup de difficulté — quelques Religieuses pour la fondution de son hôpital, qu'à condition que la nouvelle maison ne serait qu'une dépendance de l'autre : il s'était engagé à cela par écrit :

€ On fit un contrat, dit la sœur Juchereau, où lon stipula tout ce qui concernait cette affaire. La maison de lPhôpital général devait tellement dépendre de celle-ci, que la Supérieure devait, en toutes choses, avoir rapport à celle d'ici; de sorte qu'elle ne gouvernait que comme une subdéiéguée. Ce contrat fut signé de l'évôque, du gouverneur, de Pintendant..…., et dans la suite ratifié de la cour (4). »

Bientôt cependant lévèque exigea qu'on lui donnât de nouvelles Religieuses, affaiblissant ainsi énormément lHôtel-Dieu, « où il n’est resté, écrit M. de Champignv, que dix ou douze filles en état de servir les malades, qui v sont toujours en grand nombre; » et il fit de l'hôpital général © une communauté séparée, » où l’on commença à admettre plusieurs novices.

(4) Histoire de l'Hôtel-Dieu de Québec, p. 997.

C'est à cette occasion que lintendant Champigny écrivait à la cour :

« I y a dans l'église de Québec un ancien et un nouvel évêque. Le dernier a un attrait particulier pour faire des communautés nouvelles : il en a fait une d'Ursulines aux Trois-Rivières, il y a deux ans: il en a commencé une de religieuses Hospitalières dans l'hôpital général qui est à la porte de Québec, quoique cela ne paraisse pas convenir à ces religieuses et aux pauvres mendiants qui y sont renfermés. Ce qu'il y a encore de plus fâcheux, c’est que cette dernière communauté est un démembrement et une séparation des religieuses de l'Hôtel-Dieu de Québec, qui en demeurent affaiblies: et il est à souhaiter que Sa Majesté ait la bonté de donner ses ordres pour faire cesser cette séparation (4). »

Les partisans de l'Hôtel-Dieu, qui voulaient que l'hôpital général ne fut qu'une dépendance de cette institution, — Champigny était du nombre — obtinrent plus qu'ils ne demandaient. La cour retira ses lettres patentes du mois de mars 1692 (2), qui avaient donné l'existence civile à l'hôpital général, et cette institution fut sur le point de disparaitre.

On peut dire qu'elle ne fat sauvée que par le concours donné à Mer de Saint-Vallier par l'ancien évêque (3), le gouverneur et l'inten-

(4) Lettre de M. de Champigny au ministre, Québec, 20 octobre 1699,

(2) Édits et Ordonnances, t, 1, p. 271.

(3) Voici ce que dit la sœur Juchereau à propos de Ms de Laval : « Quand il fut temps d'écrire en France, nous ne manquämes pas de part et d'autre de faire des mémoires pour informer la cour de ce qui s'était passé au sujet de l'hôpital général, Nous fimes voir les nôtres à M. de Laval, ancien évêque, qui n'y trouva rien que de vrai et de juste. Nous demandions qu'il fût permis à M. de Saint-Vallier de recevoir des Religieuses jusqu'à douze, et que leur nombre en fût fixé là, sans que l’on nous obligeàt à en donner davantage... »

Quelques-uns ont reproché au Vénérable de Laval cette intervention : quoi de plus déraisonnable? Les bonnes religieuses de l'Hôtel-Dieu, se croyant lésées dans leurs intérêts les plus graves, font un mémoire pour se défendre à la cour, où toutes les affaires se réglaient à cette époque, et où l'évêque lui-même réfère Ta question: etelles soumettent leur mémoire à leur.ancien évêque, pour qu'il le corrige sans doute, S'il v a lieu. A qui pouvaient-elles plus convenablement et plus discrètement s'adresser? et le pieux prélat, qui s'était toujours intéressé à leur communauté, la plus ancienne du pays, pouvait-il charitablement les rebuter dans leur demande? IT examine leur mémoire et « n'y trouve rien que de vrai et de juste, » Quoi de plus vrai, en ellet, que l'existence du contrat signé par Mer de Saint-Vallier? quoi de plus juste que de s’en tenir à ce contrat? Les religieuses de l'Hôtel-Dieu vont même plus loin en faveur de

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dant, Callières. surtout, rendit un service inappréciable, en prenant sur lui de temporiser pour l’exécution des ordres de la cour. et en laissant subsister l'hôpital général, en attendant que les volontés du roi eussent occasion de s'exprimer d'une manière plus claire. Il donna le temps à M#° de Saint-Vallier d'aller lui-même à la cour pour essayer de sauver cette institution :

« M. l'évêque de Québec, écrit-il au ministre, après avoir exécuté les ordres de Sa Majesté au sujet de la communauté de l'hôpital général, à pris résolution de passer en France pour vous représenter ses vues. Ce prélat est très charitable, et se refuse jusqu’à ses nécessités. Je ne doute pas que vous ne preniez des mesures avec lui pour qu'il continue ses libéralités à cet hopital, afin de le soutenir. étant très utile à ce pays... »

Le prélat proltita de son voyage en France pour présenter à la cour une foule de demandes ou de plaintes dont on aura une idée par l'extrait suivant d’une lettre de M. de Callières :

€ La demande que M. l'évêque a faite à Sa Majesté au sujet des hôpitaux nous a paru très inutile, en ce qu'on a toujours exempté les Hôtels-Dieu et hôpitaux généraux et leurs domestiques des charges publiques, suivant les ordres que vous nous en avez donnés, monseigneur, par vos dépêches du passé.

€ A l'égard du sel, nous ne pouvons entendre ce qu'il peut demander, puisqu'il n'y à point ici de grenier ni de franc salé.

« Pour la viande qui se consomme le Carème, cela est peu considérable, en ce que chaque particulier en réserve le Carnaval, qui se conserve très bien jusqu'à Pasques par la gelée: et sil arrive que quelqu'un n'en ait pas et qu'il ait besoin d’en user le Carême, son voisin lui en prète, et lui rend poids pour poids lorsque Pasque est venu.

« M. de Callières ne donnera pas permission aux ecclésiastiques de repasser en France, comme il se pratique toujours, sans l’agré-

l'évêque : elles sont disposées à accorder à l'Hôpital douze sœurs au lieu de quatre comme il avait d'abord été convenu.

Ce qui montre avec quelle droitare, avec quel esprit de justice Mer de Laval agit en cela, comme en toute occasion, c'est la conduite qu'il tient lorsque la cour décide la suppression de l'hôpital général. Cet hôpital est fondé : il existe, par la volonté de l'évêque, en vertu d’un contrat signé par lui et par l'Hôtel- Dieu : il doit être maintenu, suivant les termes de ce contrat; et le pieux prélat contribue, en effet, dans la mesure de ses forces, au maintien de cette institution, destinée à faire tant de bien.

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ment de M. l’évêque ou des grands vicaires. Mais nous croyons devoir vous représenter, monseigneur, que si M. l’évèque ou ses grands vicaires refusent aux prêtres qui vondront repasser, ces permissions, il n’en viendra plus en ce pays, par la gène où ils seraient de rester dans un lieu où ils ne peuvent s'accoutumer et dont le climat serait contraire à leur santé, et par les affaires qui peuvent leur survenir en France.

€ Il y a peu de seigneurs qui voulussent s'opposer à la bâtisse des églises de pierre que M. révèque voudrait faire faire dans leurs seigneuries; mais il ÿ en a quelques-uns qui ne veulent pas souffrir qu'on leur change leurs églises, au gré de M. l’évêque, des places où elles ont été anciennement bâties. Nous entrerons dans les moyens de concilier mon dit sieur évêque avec les seigneurs, et leur ferons connaître les volontés de Sa Majesté. Nous entrerons aussi dans le choix du lieu pour la commodité et sûreté des habitants.

« Nous tiendrons la main à ce que les religieuses nouvelles de l'hôpital général aient l’usage du jardin comme les anciennes.

« La maison des Ursulines de Québec n’est pas plus ouverte que les autres maisons des communautés, les clôtures n'étant toutes que de pieux. Il est vrai que leur église n’a pas été rebâtie depuis l'incendie, et qu'elles se servent d’une salle pour chapelle ; mais nous ne savons pas pourquoi on à avancé que cette maison était toute ouverte... (1) »

Mer de Saint-Vallier insista aussi, à la cour, pour que la dime füt portée au treizième, afin d'augmenter le revenu de ses prêtres. Mais l’intendant Beauharnais, qui venait de remplacer M. de Champigny et qui connaissait combien le pays était pauvre, écrivit de son côté : « M. l’évêque de Québec n'entend pas les intérêts de son clergé en demandant que la dîime soit mise au treizième comme en France. » Elle resta sur le pied où elle avait été fixée par le règlement de M. de Tracy (1667) : et elle y est encore.

LONGUE ABSENCE DE M£r DE SAINT-VALLIER, 1700-1713. Ni M. de Callières, ni M. de Champigny ne revirent au Canada

(1) Lettre de M. de Callières au ministre, Québec, 3 novembre 1702.

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