LES ESPÉRANCES DE LA COUR, DE FRONTENAC ET AUTRES
EN ME DE NaiNT-VALLIER
Jai dit que ce fut surtout pour les ofliciers de la cour et les autorités coloniales du Canada que le jour où l'abbé de Saint- Vallier fut choisi pour évêque de la Nouvelle-France fut véritablement la journée des dupes. Ge sont eux surtout qui furent déçus et trompés dans leurs espérances,
A peine Saint-Vallier a-Lil été nommé par le roi évèque de Québec. Pontchartrain écrit à l'intendant De Meulles au Canada :
« Les difficultés trouvées ci-devant sur l'établissement des cures finiront, le roi ayant agréé la démission du sieur évêque de Québec, et Sa Majesté ayant pourvu de cet évèché le sieur abbé de Chevrières.
& Comme il a l'esprit bien fait, il se dépouillera de toutes sortes de préventions pour chercher ce qui pourra être du bien solide de la colonie... »
De Meulles écrit de son côté au ministre :
« Je vous parle présentement, monseigneur. autrement que je ne faisais, du temps de M. de Laval: je suis autant persuadé que cet évôêque-ci souhaite la fixation des cures, que je létais du contraire de son prédécesseur. »
Denonville éerit à son tour :
« Quoiqu'il y ait peu de temps que je suis en ce pays, je crois cependant pouvoir assurer Votre Majesté que toutes les communautés qui composent le clergé de la Nouvelle-France me paraissent si bien intentionnées pour la paix et l'union. que je crois pouvoir répondre à Votre Majesté qu'il n'y aura aucun divorce. Votre Majesté lui a envoyé un chef dont le cœur est si pénétré de l'amour de Dieu. que Votre Majesté ne doit pas douter qu'il n'apporte toutes les douceurs et condescendances nécessaires pour ramener tous ceux qui voudraient s'écarter de leur devoir. »
Le roi avait recommandé « la paix et l’union : » le « divorce » ne tarda pas, comme nous l'avons vu, à éclater entre l'évêque et son séminaire, Et quant aux cures, M# de Saint-Vallier ne put faire mieux que son prédécesseur. Le gouverneur écrit au ministre, dans l'automne de 1691 : « Pour Pétablissement des cures fixes, on diffère toujours d'année en année, tantôt sous un prétexte, et tantôt sous un autre. »
L'intendant écrit lui aussi à la même date : « M. l'évêque de Québec s'embarque (pour la France) dans un des vaisseaux qui partent. Je vous prie, monseigneur, de l'engager à faire des cures fixes, comme une chose de conséquence en ce pays, pour donner moyen au curés de subsister commodément, et de ne pas exposer les peuples à un changement continuel. »
Il ajoute l’année suivante :
« Je répète ce que j'ai toujours mandé sur la nécessité de fixer les cures. M. l'évêque a promis à M. de Frontenac et à moi qu'il v'allait travailler, et même en à fait deux. Nous ne manquerons pas de |; exciter encore; et s'il n’y satisfaisait pas, je ne trouve pas d'autre moyen que de nous ordonner de ne pas faire payer les huit mille livres que le roi enverra l'année prochaine pour les curés, qu'il n'ait au moins fait la fixation de douze, comme il nous en à assurés. »
Le prélat réussit peu à peu à créer des paroisses et à organiser son diocèse : ce que M£t de Laval était bien décidé, lui aussi, à faire avec le temps (D).
M. Lorin, dans son livre sur Frontenac, dit avec raison, en parlant de certaines accusations portées contre ce gouverneur, qu'il était bien difficile de gouverner le Canada absolument de la même manière qu'une province de France. Cette remarque si juste devrait s'appliquer aussi à Mer de Laval et à M£' de Saint-Vallier
(4) Je lis dans un mémoire de Msr Dosquet, écrit en 1730 : « Sur environ cent paroisses qui composent le diocèse de Québec, il n’y en à qu’une vingtaine qui soient actuellement remplies par des curès en titre: toutes les autres, dont
un grand nombre ne sont pas même érigées en paroisses, ne sont desservies que par de simples missionnaires... M. de Saint-Vallier a fixé lui-même peu de curés; le peu même qu'il a jugé à propos de fixer, il l’a remis à son ancien état, à la mort du premier titulaire; en sorte qu’actuellement il n’y en a qu'une vingtaine, et ils sont même la plupart aux environs de la ville, où la colonie est le mieux établie. » (Documents de Paris, Eglise du Canada).
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pour l'administration de leur immense diocèse. Dans un pays tout-à-fait nouveau, avec des habitations disséminées çà et là sur des étendues sans fin, il était difficile de fixer tout de suite des paroisses comme en France (1): et le seul moyen pratique de desservir les colons, dans les commencements de la colonie, c'était bien de leur envoyer au besoin et de temps en temps des missionnaires, comme avait fait Mer de Laval.
Frontenac, nommé pour la deuxième fois gouverneur du Canada, arrive à Québec dans l'automne de 1689. Il est et se déclare grand ami de l'évêque; il se charge même &° transmettre ses messages à la cour :
€ M. l'évêque de Québec, écrit-ilau ministre le 20 novembre 1690, m'a prié de vous marquer qu'il se proposait d'aller en France pour des affaires qu'il croit pressantes pour son Église, et qu'il voulait s'embarquer dans cette frégate. Mais il v à tant à craindre dans une saison aussi avancée qu'est celle-ci, par les glaces dont la rivière est déjà couverte, que personne ne lui a conseillé de s'exposer aux risques qu'apparemment il y a à courir. C'est ce qui lui à fait remettre son voyage jusques aux vaisseaux qui retourneront ce printemps et qui m'a obligé de lui offrir, en attendant. tout ce qui dépendrait de moi, dans les peines qu'il peut avoir... »
De son côté, l'évèque est plein d'attentions pour le gouverneur; il fait ses mandements presque en collaboration avec lui. Voyez, par exemple, sa lettre pastorale aux habitants de Ville-Marie sur l'excès des boissons :
« Je crois être obligé de vous faire remarquer que pareille conduite est contraire aux intentions du roi et de notre gouverneur. Le roi défend dans son ordonnance les désordres qui arrivent
dans l'excès des boissons, et M. le comte de Frontenac m'a témoi-
(1) « On voit quelquefois des espaces immenses de dix, douze et quinze lieues le long du fleuve Saint-Laurent, qui ne font qu'une seule mission : à mesure que le terrain se découvre, ct que les habitants s'établissent, il faut changer de domicile le missionnaire, multiplier les paroisses, les unir, les séparer, pour la commodité des peuples et des pasteurs... On est très souvent obligé de faire desservir quatre où cinq paroisses par la même personne. La manière de desservir les églises est purement de discipline, différant selon les temps, les lieux et les besoins des peuples. C'est done aux usages et aux besoins du pays qu'il faut S'en rapporter, Jamais il n'a été fait dans l'Eglise de loi générale qui oblige les évêques à fixer tous les curés; mais y en eût-il pour les pays établis, il n’en fut jamais pour les églises naissantes.. » (Mémoire de Mer Dosquet).
gné plusieurs fois que rien au monde ne lui faisait tant de peine que de voir des ivrognes... »
I court au devant de ses désirs : connaissant sa vanité et son faible pour les honneurs, il lui fait adresser la parole, comme à un prince, au commencement des sermons. dans l'église des Récollets: et ceux-ci se prêtent volontiers à cet acte de complaisante flatterie. Il Tui fait même accorder le titre de marguillier d'honneur, à Québec : on lit, en effet, dans le livre des délibérations de la fabrique, à la date du 3 mai 1673, sous le titre Election de ME le comte de Frontenae. marquillier d'honneur :
« Mer l'Évêque a représenté à la Compagnie qu’elle avait besoin de soutien et de protection: et qu'étant nécessaire d'ailleurs de mettre les choses sur le même pied qu'elles sont en France, il croyait devoir faire remarquer qu'il n'y avait point de moyen plus sur que de songer à donner à l'église un marguillier d'honneur; qu'entre ceux sur qui on pourrait jeter les veux il serait à souhaiter que M. le comte de Frontenac voulüt faire cet honneur à la Compagnie et ce bien à l'église.
« Cette proposition avant été agréablement reçue de tout le monde, on à prié Monseigneur d'en vouloir parler lui-même à M. le comte pour ly disposer. M. le curé Fy accompagnera, et on a nommé d'ailleurs cinq ou six des principaux marguilliers tant anciens que pouveaux pour lui en aller faire la prière au nom de toute la Compagnie.
€ M. le comte de Frontenac avant voulu faire honneur à la Compagnie de se rendre à la prière qu'elle lui a faite, l'est venu le troisième jour de mai à l'assemblée, où Mer FEvêque l'avant remercié au nom de tous les marguilliers, il a bien voulu luimème assurer la compagnie et les particuliers qui la composent, des dispositions où il est de la protéger et de la favoriser dans les occasions qui pourront se rencontrer (D). »
Mer de Laval n'approuvait pas que l'on accordàt de faveurs au gouverneur contrairement aux règles et à l'indépendance de l'Église, Écrivant à M. de Brisacier le 17 avril 1694 :
€ Comme M. de Saint-Vallier, ditil, a vu qu'il n'avait plus l'obstacle de M. de Denonville, qui le retenait et Fempéchait par une prudence vraiment chrétienne d'entreprendre tout ce qu'il a
(1) Henri de Bernières, premier cure de Québec, par l'abbé Gosselin,
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fait depuis, il n’y a rien qu'il n'ait accordé à M. de Frontenac et aux Récollets pour les gagner à lui. I leur a donné toutes sortes de libertés dans leur chapelle de la Haute-Ville…
« On y dit tous les dimanches une messe publique, à onze heures, où M. le comte de Frontenac ne manque point d'aller avec tout le monde. M. de Saint-Vallier lui a accordé cette messe, et ne lai refuse quoi que ce soit de ce qu'il lui a demandé, quoique au préjudice des droits de l'Église, jusques à lui faire adresser la parole (lorsque l'évêque est absent) par les prédicateurs.
« Lorsque j'arrivat de France (D). les Jésuites qui prêchaient s'offrirent de me l'adresser, en l'absence de M. de Saint-Vallier, me disant que lorsque Févèque n'étai point au sermon, et qu'il y avait un prince, on la lui devait adresser, et à plus forte raison à un évêque, comme prince de FEglise : aussi bien, que les ordonnances sont formelles pour ne pas ladresser aux gouverneurs. Mais M. de Saint-Vallier avant dessein de dresser toutes sortes de batteries contre le séminaire, écrit qu'une des principales pour y réussir est celle de gagner les puissances, et les Récollets, qu'il croit et connait capables d'entrer aveuglément dans toutes ses vues, »
Frontenac est revenu de France au Canada avec tous ses vieux préjugés contre les Jésuites et le clergé canadien
il n'y a que l'évêque qu'il ménage :
€ [y a longtemps, écritil au ministre, que je m'aperçois de beaucoup de ménagements qui ne me plaisent pas, non plus que certaines relations et intelligences secrètes et cachées qu'ils (les sauvages de la mission du saut Saint-Louis) ont avec les Agniers et les Goyogouins, parmi lesquels ils ont beaucoup de parents, étant d'une mème nation. J'en ai plusieurs fois averti les Pères qui les gouvernent, et que je ne voudrais pas dire y avoir aucune part. Mais il est certain que, soit par envie de les ménager, et de les gagner à Jésus-Christ par des voies de douceur, soit pour d'autres raisons qui me sont inconnues, ils ont quelquefois de trop grandes complaisances pour eux.
« L'expérience de douze années de séjour en ce pays m'a fait
(1) Mer de Laval repassa au Canada, en 1688, quelques mois avant Me de Saint-Vallier,
connaitre que toutes ces missions ne devraient jamais être séparées comme elles sont des Français: qu’on devrait toujours laisser les sauvages avec eux, afin de Îles franciser, en les christianisant, et qu'autrement elles seront plutôt nuisibles qu'utiles au service du roi et à celui de Dieu même. Mais c'est un évangile que je n'ai jamais pu faire recevoir en ce pays, et qu'il v a si longtemps que je prêche sans succès que j'en devrais être rebuté et m'en taire.
« Pour ce qui regarde l'union qu'on me recommande d’avoir avec M. l'évêque et les ecclésiastiques, il n’y a rien que je n’aie fait et que je ne fasse tous les jours pour la maintenir. Ils sont tous remplis de beaucoup de vertu et de piété; et si leur zèle n'était pas si véhément et un peu plus modéré, ils réussiraient peut-être mieux dans ce qu'ils entreprennent pour la conversion des âmes. Mais ils usent souvent, pour en venir à bout, de moyens si extraordinaires et si peu usités en France, qu'ils rebutent la plupart des gens, au lieu de les persuader : et c'est sur quoi je leur dis quelquefois mes sentiments avec franchise et avec le plus de douceur que je puis, sachant les murmures que cela cause, et recevant souvent des plaintes de la gène où ils mettent Îles consciences, surtout MM. les ecclésiastiques de Montréal, où il y a un curé Franc-Comtois (1) qui voudrait établir une espèce d'inquisition pire que celle d'Espagne : et tout cela par un excès de zèle. J'en ai touché quelque chose à M. Tronson (2), à qui M. l'évèque en doit aussi parler, parce qu'il n'a pas pu y apporter tout l’ordre qu'il aurait souhaité.
« ILest parti d'ici fort brouillé avec l’ancien évêque et le séminaire de Québec, dans la pensée de faire régler en France tous leurs différends. Je n'ai point eu de curiosité d'en apprendre tout le détail. M. l'intendant (Champigny) v est entré beaucoup plus avant, parce qu'il est fort ami et allié même de l'ancien évêque (3).
(4) M. Etienne Guyotte, curé d'office à Montréal de 1687 à 1693.
(2) Tanguay nous apprend qu'en effet M. Tronson, en 14693, rappela M. Guyotte à Paris, où il mourut en 1704.
(3) La mère de lintendant Champigny, Marie Boyvin, épouse de Jean Bochart de Champigny, ancien intendant de Touraine et de Normandie, était cousine germaine de Mer de Laval, par les Péricard, Ms de Laval écrivait un jour, en parlant de l'intendant du Canada : « Nous sommes alliés au degré de premier de germain. »
Cette famille de Champigny était une ancienne famille de robe, originaire de la Bourgogne. Le vénérable Honoré de Champigny, capucin, mort en odeur de
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Mais par le peu que j'en ai pu savoir, il me parait qu'il y a des gens ici qui n'ont pas plus d'envie de voir l'autorité d'un évêque bien établie, que celle d’un gouverneur, et que la condition du nouvel évêque serait fort méchante, s'il n'avait pas plus de pouvoir qu'ils le prétendent sur les ecclésiastiques de son séminaire, qui est établi d’une manière fort singulière et extraordinaire... »
En 1692 et 93, Frontenac continue à se montrer favorable à l'évèque, et opposé aux prétentions du séminaire de Québec. La cour avant fait en 1691 des règlements pour mettre fin aux différends, le gouverneur écrit au ministre :
« Je ne sais si la paix sera stable; mais de l'humeur dont je connais les gens qui composent le séminaire, je doute qu'ils ne forment de nouvelles difficultés dans l'exécution de ce qui a été réglé, quoique leurs décisions en paraissent très claires. »
IL écrit encore l'année suivante :
« Je fais ce que je puis par mes soins et mon entremise pour essayer que les différends entre M, l'évêque et son séminaire se passent avec plus de douceur et moins de bruit qu'il n’y en a eu jusqu'ici. Mais comme ces derniers sont persuadés que le Saint- Esprit leur inspire tout ce qu'ils pensent, ils croiraient résister à ses lumières s'ils écoutaient les conseils qu'on leur donne. M. l'évèque n'est pas de mème. Mais à moins que la cour n’use de toute son autorité pour leur faire connaitre celle de leur chef, et, en le délivrant de ceux qui ne se lasseront jamais de le combattre, réduire les autres dans la règle ordinaire de tous les séminaires de France, ils trouveront toujours de nouvelles explications à tous les règlements qu'on enverra, ne cherchant que des subtilités pour
sainteté en 1624, et dont la cause de canonisation fut introduite à Rome, appartenait à cette famille, Notre intendant était son arrière petit-neveu; et il avait un frère, Guillaume Bochart de Champigny, qui, après avoir été archidiacre et chanoine de Rouen, devint évêque de Valence en 1687, c'est-à-dire un an après l'arrivée de notre intendant au Ganada, Ce chanoine assistait à l'assemblée de 1682 comme député de second ordre, «C'était, dit Charles Gérin, Là gros garçon qui aimait la joie, pourvu qu'il ne lui en coûtàt rien, et qui, à force de révérences, s'était enfin mis en place, » (Recherches historiques sur l'Assemblée de 1682).
Le dernier descendant de la famille Bochart de Champigny, le marquis de Champigny, habite le château de Normanville, près Evreux. Son fils unique, Conrad de Champigny, officier de mobiles, fut blessé mortellement, pendant la guerre de 1870, au combat de Moulineaux près Rouen,
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prolonger et empêcher que les choses ne soient nettement décidées. »
Puis il excuse l’évêque par rapport à la question du paironage des cures, et fait son éloge :
« Le cas n’est point encore échu, dit-il, de la présentation aux cures par les seigneurs, parce que n’y ayant pas eu presque jusques ici de curés fixes, et l'évèque, par le règlement du roi (1), ayant dû nommer les premiers, le droit n'en est dévolu aux seigneurs qu'après que ceux-là auront manqué. Et je ne doute point que M. l'évêque n’exécute alors ce que le roi désire, le trouvant très disposé à faire ce qu'il croira être de l'intention de Sa Majesté, de l'avantage de la colonie et du bien de son diocèse.
€ Il a déjà commencé à donner des provisions à quelques curés, et promis de continuer à mesure qu'il en trouvera de propres dans le nombre de ses ecclésiastiques; et c'est à quoi je ne cesscrai de l'exhorter. »
De son côté l'intendant Champigny écrit sur le même sujet, mais en termes un peu différents :
« Il sera nécessaire de renouveler à M. l'évêque de Québec l'intention du roi touchant la présentation aux cures par les les seigneurs, si vous désirez que cela soit exécuté. [l a ôté, cette année, de plusieurs eures des ecclésiastiques d’une éminente vertu, après les avoir desservies nombre d'années, ce qui à beaucoup consterné les peuples. D'un autre côté, il est d’une charité sans exemple, et fait aux pauvres tout le bien possible... »
En eflet, « ce grand, ce fervent ami de l'humanité souffrante », comme l'appelle Jacques Viger, distribua plus d'un million de francs aux pauvres de ce pays, durant sa longue carrière épiscopale. Il fonda trois hôpitaux, l’un à Grenoble, sa ville natale, pendant qu'il était encore aumônier à la cour, puis l'hôpital géné-
al de Québec, en 1693, et en 1697 l'hôpital des Trois-Rivières, tenu par les Ursulines. De plus, en 1692, il permit l'établissement de l'hôpital général de Montréal, aujourd'hui les Sœurs grises, que François Charon de la Barre, qui en fut le premier supérieur, avait projeté et fondé dès 1688. Avant obtenu du roi Île 15 avril 169% des lettres patentes pour l'établissement civil de cette nouvelle « Maison de charité à Ville-Marie », le prélat institua
(4) Edits et Ordonnances, t. 1, pp. 231, 279.
De
Par pet
ab gou qu pre con trai étai tion et d M nair
lo à
des diff auto gard tout tous
tement tronage
[on aux presque roi (4), lu aux te point rouvant Majesté,
es curés, res dans sserai de
jet, mais
: Québec par Îles ôté, cette éminente ce qui à st d'une ssible... »
iffrante », nillion de ière Gpisle natale, pital génés-Rivières, )lissement grises, Que supérieur, lu roi le it civil de lat institua
Sr LIBAN
sir rade tt
RAR RENE à