‹ Mgr. DupanloupChapitre 8 sur 14 · PRÉFACE XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XV

Tesprit d'égalité, qui nest pas toujours l'esprit d'équité, était maître sans retour, et que le violenter, ce serait livrer bataille à un colosse brutal pour un fantôme vain. Les catholiques, un peu plus tôt. un peu plus tard, seraient humainement perdus dans le monde entier, s'ib ne se jetaient pas résolument à la nage dans la liberté commune.

Réservant ce qui est antérieur et supérieur à toutes nos idées courantes, F homme de Dieu ne chicana, ni ne tourmenta, ni ne provoqua la société moderne ; il lui prit ses armes licites pour V amener et, au besoin, la contraindre à la paix. La paix : ce fut sa devise. Il eut occasion de le dire, un jour, dans une circonstance mémorable, où il était traduit devant les tribunaux pour avoir jugé sans miséricorde ce qu'il considérait comme la pire des hontes : un évêque servile. Il confessait très haut que, par sa flétrissure terrible, il avait voulu fermer une brèche où nul ne fût tenté de passer. Il continuait : « Je suis et j'ai toujours été Fhomme de la paix. C'est l'histoire de ma vie. Ma pauvre vie ne mérite pas d'histoire ; mais enfin, c'est l'histoire de ma vie. Et si j'ai trouvé en ce monde de nobles amitiés et aussi de violents adversaires, c'est parce que fai toujours été l'homme de la paix. » // appelait en témoignage cette loi de 1850, qu'on nomme la loi Falloux, et qu'on pourrait appeler la

XVÏ PRÉFACE

loi Thicrs, — loi qui, déchirée par T intolérance et la haine ne fut pas moins, comme il s'en vantait noblement, une loi « de liberté et de juslirr pour tous ».

Cette ferme intelligence de son temps lai ôtaitelle l'ardeur, avec Fespérance f Non ; elle lui était un stimulant d'action. Connaissant mieux la société, il défendait mieux la vérité. Par des déclamations contre les périls imaginaires^ il ne créait pas les périls réels. Il ne se faisait pas des adversaires partout. Par delà les neutres et les indifférents qu'un peu de sagesse et de mesure change en alliés, il discernait et visait V irréconciliable ennemi, celui qui est le mal, celui qui est Satan. Quoiqu'il fût d'un tact théologique très sûr, que V étude et la méditation avaient confirmé, ce n'était pas an de ces théologiens de cabinet qui légifèrent hors de terre ; il était évéqae., avec charge d'âmes. Il allait au plus pressé. S'il attacha tant de prix et mit tant de passion au maintien du pouvoir temporel, c'est qu'il voyait la politique folle, qui, en Italie et en Allemagne, ébranlait les assises de la grandeur française, enfermer peu à peu tEglise dam le dilemme qu'un observateur récent exposait en ce* termes (Tune incontestable gravité : « La chute da pouvoir temporel a créé pour la Papauté une situation inextricable. Si elle r accepte résolument tout en ret-

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