L'INSTRUCTION DES FEMMES
IDÉES PÉDAGOGIQUES DE M^R DUPANLOUP || M^R DUPANLOUP ET J.-J. ROUSSEAU || LA RELIGION ET l'ENFANT \\ L'ÉDUCA- TION NATIONALE |1 L'ÉDUCATION DES FEMMES H M^R DUPAN- LOUP PRÉCURSEUR DU FÉMINISME.
LES idées pédagogiques de Mgr Dupanloup furent plutôt des sentiments que des idées ; mais ce furent des sentiments admirables et admirablement justes. J'ai dit qu'avant tout il aimait profondément les enfants et cet amour lui donnait des lumières que ni l'intelligence ni l'expérience n'auraient suffi à lui donner.
C'est cet amour qui lui a fait comprendre qu'il ne faut jamais gronder les enfants. Ou, l'enfant, ce qui est rare, mais ce qui arrive, n'a aucune sensibilité et alors le gronder^ c'est-à-dire s'indigner contre lui, ne servirait de rien et c'est la répression froide qui convient; ou l'enfant a au moins une étincelle de sensibilité et c'est de la tristesse relativement à ses fautes et non de l'indignation qu'il faut lui montrer : « Une enfant, écrivait Mgr Dupanloup à une jeune mère, comme celle dont vous me racontez l'émotion, ne doit jamais être grondée, ni de son penchant au mensonge ni même de ses mensonges. La compassion, voilà le seul sentiment qu'il faille lui montrer, si on peut même aller jusqu'à lui faire sentir que la grande compassion qu'elle inspire empêche seule le mépris qu'elle mérite. Et toujours, en même temps, l'encouragement à
la confiance, la pensée de la grâce de Dieu; et, quand elle avoue ses fautes, lui montrer une telle tendresse que ce soit la plus grande douceur de sa vie. :»
Gomme tous les pédagogues, il est vrai, mais avec plus de conviction qu'aucun d'eux, et, dans la pratique, avec une infatigable opiniâtreté, Mgr Dupanloup mettait l'éducation au-dessus de l'instruction et avant elle et croyait l'instruction morale particulièrement indispensable en des temps comme les nôtres, parce que, comme l'avait dit Royer-Collard, il y a une grande, une immense école d'immoralité qu'il faut combattre et surtout qu'il faut contre-balancer. Cette école c'est celle des événements. L'histoire est toujours assez immorale. Elle ne l'a jamais été davantage que de 1789 à 1850. Le triomphe de toutes les iniquités et de toutes les immoralités a été, presque, si continuel que la morale ne peut plus s'appuyer que sur elle-même et que, selon la leçon des événements, il ne peut plus y avoir le moindre sentiment de respect, si ce n'est le respect des faits accomplis. C'est dans ces périodes de révolution et de contre-révolution qu'il est le plus nécessaire de dresser une école qui soit en sens inverse de celle de l'histoire et qui enseigne le respect de la justice même vaincue.
C'est pour cela que, dans l'éducation qu'il dispensait, à côté et en outre de l'inspiration religieuse, il faisait appel constamment au mobile de l'honneur. La première chose est d'aimer Dieu, la seconde c'est, à titre de créature de Dieu, de se respecter et de se vouloir toujours et de plus en plus respectable. « Quel bon et grand cœur! » dit de lui Renan avec un souvenir ému. Ce bon et grand cœur était fait d'amour pour l'enfance, de respect pour l'enfance et de volonté que l'enfance se respectât.
Un autre principe, peu éloigné du reste de celui-ci, était le respect profond de la liberté de l'enfant. Le libéral se retrouvait là et qui ne saurait être soupçonné de l'avoir été par hypothèse : « Quoi qu'on fasse, on n'élèvera jamais un enfant sans lui ou malgré lui. Il faut
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lui faire vouloir son éducation; il faut la lui faire faire lui-même et par lui-mênie. Cet enfant n'est pas un être passif et sans action, un arbuste, une plante; c'est une créature intelligente et morale; et encore, qu'on y prenne garde, la plante elle-même a une puissance de végétation propre, une sève, un germe, une racine de vie. Il n'y a que le bois mort qu'on taille et qu'on façonne sans le ménager, sans le consulter, sans rien attendre de lui. L'enfant que vous élevez n'est pas un bois mort; c'est un être sublime, capable de vérité et de vertu, de connaissance et d'amour ; c'est une créature active, puissante, souveraine, douée de conscience et de liberté; elle doit nécessairement agir, se développer elle-même. Cette action, ce concours est essentiellement libre; il peut, il doit être provoqué, soutenu, encouragé, il ne doit pas être contraint ni forcé.... Le grand mal de l'éducation en France c'est qu'elle manque de liberté. La liberté de l'enfant n'est pas respectée : liberté intellectuelle, liberté morale, tout est contraint. La loi de la nature, la loi de la Providence, tout est méconnu.... »
Il doit y avoir se succédant, mais ne laissant pas de se mêler dans une certaine mesure, trois éducations : l'éducation essentielle (générale), l'éducation nationale et l'éducation professionnelle. L'éducation essentielle consiste à former un homme, quelle que doive être, quelle que puisse être la profession particulière qu'il adoptera plus tard.
Cette éducation essentielle devra se composer, comme nous l'avons déjà vu, de religion et d'honneur. Ici, puisqu'il met la religion dans l'éducation essentielle, et c'està-dire dans l'éducation qui est la première, comme du reste elle doit se prolonger jusqu'à la jeunesse, Mgr Dupanloup rencontre Rousseau qui veut, comme on sait, que Ton retarde l'éducation religieuse jusqu'à l'adolescence. Il ne peut pas le comprendre. Il s'écrie :
« Lorsque Rousseau vint, au xviii^ siècle, offrir à une nation depuis longtemps égarée loin des voies de la sagesse, un plan d'éducation d'où il bannissait le nom de Dieu et le
nom de l'âme, comme noms et choses inutiles, à savoir pour le premier âge, et la religion comme un vain secours dont on se peut passer pour former des hommes, il fit le rêve odieux d'un sophiste sans intelligence et sans cœur, c'est-à-dire un rêve plus absurde encore qu'il n'est impie. Quoi! Repousser la religion loin du jeune âge! Mais c'est un délire ! Certes, je ne veux pas être injuste envers cet homme; si je sais le mal qu'il a fait à son pays et à son siècle, je sais aussi le mal que son pays et son siècle lui ont fait, et c'est ce qui m'inspire pitié pour lui. Je ne puis taire cependant ce que je pense de l'effroyable roman d'éducation qu'il a bien osé présenter
à la France Je ne crois pas avoir rencontré sur ma
route un livre plus misérable, une raison plus faible et plus vaine dans l'ostentation de sa force, un éclat plus trompeur, des lumières plus fausses, des raisonnements plus vides de sens, avec des images plus véhémentes, un style plus enflammé et des principes d'égarement plus redoutables pour les imd.gma.tions fascinables^ pour les jeunes gens et pour les femmes; et, au fond, une impiété plus grossière, quelquefois même une niaiserie plus étrange et une corruption plus hypocrite. Dans ce livre, Rousseau est au-dessous de lui-même et au-dessous de tout. Comme sagesse et vérité morale, il est au-dessous des païens eux-mêmes. Le paganisme aurait flétri ses indignes théories et banni leur auteur. Ce livre rétrograde au delà de dix-huit siècles. Il rétrograde au delà de l'humanité ; car chez toutes les nations et dans tous les siècles l'éducation c'est la vertu et la vertu c'est la religion. Si j'insiste sur ces choses, c'est qu'elles importent; et sur cet homme, c'est que l'influence de son génie malfaisant a été grande parmi nous et l'est encore.... Eh bien, pour en finir, je le dirai sans crainte : l'homme qui repoussa loin de lui ses propres enfants et qui ne leur dit jamais le nom ni de leur père ni de leur mère, et qui a décidé philosophiquement tant d'autres pères et tant d'autres mères, dans une société chrétienne, à ne pas faire baptiser leurs fils et leurs filles et même à ne pas
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leur laisser prononcer le nom de Dieu et le nom de leur âme avant leur vingtièmie année, celui-là est un ennemi de Dieu et des hommes. »
On sait que je penche assez du côté de l'opinion de Jean-Jacques Rousseau, et que, de peur que l'enseignement reHgieux ne soit une chose mécanique que l'enfant reçoit sans concours de son intelligence et de sa volonté et qui, pour cela, ne laisse pas de traces plus tard, je conçois très bien que l'on veuille l'atermoyer jusqu'à l'âge où l'enfant est capable de le comprendre et de l'admirer, et avec cette adhésion active que précisément Mgr Dupanloup considère comme une condition nécessaire de toute éducation ; et je renvoie le lecteur à ce que j'ai dit là-dessus dans mon Rousseau penseur. Mais je ferai remarquer d'abord que Mgr Dupanloup, en sa qualité d'évêque chrétien, ne pouvait guère parler autrement ; ensuite que ce n'est pas seulement un évêque qui parle, c'est un chef d'internat, et ceci est singulièrement à considérer. Dans une famille croyante, mais qui serait de l'avis de Rousseau sur l'enseignement tardif de la religion, l'enfant ne recevrait pas l'enseignement religieux, mais verrait ses parents prier et considérerait la religion comme une chose très grave, très imposante et comme redoutable où l'on ne doit être initié que « quand on est grand » et en possession de toute sa force d'esprit. Dans une famille incroyante, l'enfant n'a pas l'exemple de la religion pratiquée devant lui; mais on lui a dit, si l'on a le sens commun, que sa liberté reste entière et qu'il étudiera la question religieuse quand il aura la force d'esprit nécessaire pour cela, et qu'il adoptera alors la religion qu'il voudra ou le système philosophique qui lui paraîtra le meilleur ; et croyez que la préoccupation religieuse sera forte chez cet enfant, plus peut-être que chez un autre, et que, l'adolescence venue, il s'inquiétera fort du mystère et des diverses manières de l'expliquer.
Mais, pour ce qui est de l'enfant qui a ce malheur de ne pas être élevé dans sa famille, enfant à qui Rousseau n'a pas songé et ne pouvait pas songer puisqu'il ne
veut point d'internat, je reconnais que le cas est troublant et que c'est là qu'est la difficulté de la question. Point d'enseignement religieux jusqu'à seize ans? Et en même temps rien qui prévienne l'enfant qu'il y a des hommes et beaucoup qui croient à une religion et qui la pratiquent? Il faut reconnaître qu'il y a là une situation particulière et qui est tout à fait fausse. Je serais partisan, même là, de réserver, par respect à son égard, l'enseignement religieux jusqu'à la quinzième année et ne suis pas éloigné de croire que le spectacle des grands camarades recevant l'enseignement religieux à l'âge où ils sont jugés capables de le comprendre et dignes de le recevoir, inspirerait aux jeunes enfants, du reste entretenus avec soin de la morale qui convient à leur âge, une curiosité respectueuse et mystérieuse à l'égard des choses de la religion, curiosité qui ne serait pas une mauvaise préparation. Mais je répète que dans l'internat la question se pose dans des conditions tellement différentes de celles dans lesquelles elle se pose dans la famille, qu'il est tout naturel qu'un éducateur, même qui ne serait point un prêtre, trouvât ici le système de Rousseau en défaut, en mauvais état d'application et peutêtre inapplicable.
Le mal c'est toujours l'internat; il l'est en lui-même et il l'est par les méthodes antinaturelles ou éloignées d'être naturelles qu'il impose par cela seul qu'il existe.
A côté de l'éducation essentielle, c'est-à-dire générale, il y a l'éducation professionnelle. On commence à la donner même au collège, en ce sens que l'on y doit démêler la vocation de l'enfant et l'entretenir en lui très soigneusement si l'on a reconnu qu'elle est véritable. II y a ici, il doit y avoir, une espèce de maïeutique. L'enfant a presque toujours une vocation ; elle est indiquée par son caractère, et si j'ai dit «presque toujours » c'est qu'il y a des enfants qui n'ont pas de caractère. L'enfant a donc toujours une vocation, laquelle est indiquée par son caractère ; mais le plus souvent il ne connaît
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pas sa vocation et se trompe sur elle parce qu'il ne connaît pas son caractère. Vous le connaissez mieux que lui. C'est à vous, éducateur, de vous en rendre un compte très net, le plus net possible, et par là de découvrir la vocation vraie de l'enfant et de la lui indiquer. Il ne faut pas craindre de la lui indiquer et d'opposer quelquefois, pour ainsi dire, celle qu'il a à celle qu'il croit avoir. On l'amène ainsi à se découvrir lui-même, à se trouver lui-même, ce que, très probablement, il ne ferait pas sans quelque aide et secours. Du reste il y faut de la mesure et il ne faut jamais contrarier l'enfant sur ce point. Si l'on est d'accord avec lui, tout va tout droit. S'il n'a point d'idée sur sa vocation et qu'on lui en donne une que l'on aura conçue par suite des observations qu'on aura faites sur son caractère, tout va bien encore et on l'amène, pour ainsi dire, assez facilement, à l'idée qu'il aurait dû avoir. Mais s'il a une vocation fausse et qu'on veuille lui en suggérer une autre, on se heurte, et c'est tout un travail où il convient d'apporter beaucoup de prudence, de délicatesse et de respect.
La vocation fausse, en effet, c'est une idée; c'est une idée qui n'est pas conforme au caractère, au tempérament, à la complexion, et c'est pour cela qu'il y a fausse vocation ; c'est une idée idéologique ; mais c'est une idée qui peut être très belle (l'enfant frêle et délicat qui veut être soldat parce qu'il est patriote) et il ne faut traiter cette idée à la légère.
Il y a donc ici à substituer à une idée-idée une idée conforme au tempérament et au caractère et qui du caractère et du tempérament aurait dû spontanément sortir, et c'est ici surtout qu'il y a la maïeutique dont je parlais. Il y a un art de révéler peu à peu à l'enfant son caractère qu'il connaît mal et de l'opposer doucement à Vidée de vocation qu'il s'est faite, et de substituer l'idée issue du tempérament à l'idée née de l'imagination.
Tout cela revient à dire que l'éducateur doit être avant tout un très bon psychologue, en outre un très habile directeur non seulement de conscience mais d'esprit.
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Quant à l'éducation nationale, elle consistera à faire aimer à l'enfant sa patrie sans lui dire jamais rien de ce qui la divise. Il y a, et que l'on peut étudier et admirer, dans son histoire, dans sa littérature, dans ses arts, dans ses sciences et dans ses grands hommes, une patrie parfaitement réelle et en même temps idéale qui ne paraît pas divisée, qui ne paraît pas divergente et qui à la fois unit et élève, en sorte qu'elle est une manière de religion. C'est cette patrie qu'il faut faire vivre auprès des enfants et dans laquelle il faut les faire vivre eux-mêmes. « Il faut, pour que l'éducation de la jeunesse soit vraiment nationale, qu'elle soit placée dans une région littéraire, morale, religieuse, si haute et par là même si paisible et si pure, que le triste écho des querelles politiques n'y puisse jamais parvenir.... L'éducation vraiment nationale est celle qui placera la jeunesse dans une sphère si fort au-dessus des agitations politiques, qui fera des hommes si distingués par le caractère, si nobles par l'esprit, si généreux par le cœur, si indépendants par l'élévation de leurs principes, qu'à leur apparition dans le monde ils se montreront équitables, indulgents pour tous, sans distinction départis, et ne refuseront jamais à personne, sous quelque prétexte que ce soit, la vérité, la justice, la sage liberté.»
Remarquez ceci encore : ce n'est pas seulement par l'aifection inspirée aux enfants pour leur patrie que l'éducation sera nationale; c'est par la manière particulière dont elle leur sera donnée ; « nationale dans le cœur, l'éducation doit aussi être nationale par la forme. Chaque nation a une ph3^sionomie qui la distingue. Le souvenir et l'image s'en doivent retrouver dans l'éducation et, pour rendre ma pensée avec le plus de simplicité et de clarté possibles, un jeune Français ne doit pas être élevé comme un Allemand, ou un Espagnol, ou un Italien; son éducation doit être toute française et faire retrouver en lui la physionomie noble et heureuse de la patrie. Voilà le seul sens dans lequel pourrait être vraie et raisonnable cette parole : il faut que la jeunesse soit moulée à l'effigie de la nation. »
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Il a peut-être ici laissé échapper un mot qui dépasse un peu sa pensée ou plutôt qui la rétrécit. Il a dit : l'éducation doit être toute française. Il va corriger ce mot en l'expliquant : « Je ne voudrais pas non plus que l'éducation nationale fût une reproduction servile du génie de la nation en toutes choses. Chaque nation a ses qualités et ses défauts. L'éducation nationale doit tendre à corriger dans un enfant les défauts de sa nation et en développer les qualités. L'éducation nationale est celle qui fera de la France la première nation du monde, qui relèvera au-dessus de toutes les nations rivales en développant ses grandes et héroïques qualités et en faisant tourner à leur profit jusqu'à ses défauts eux-mêmes qui sont d'ailleurs si brillants et si aimables. Mais pour cela il faut sortir des bornes rétrécies d'une époque; il faut oublier les vieilles querelles, les rancunes des partis, les rivalités étroites. Pour que l'éducation française fasse revivre la physionomie de la Patrie dans ses enfants, il faut qu'elle retrace avec toute l'indépendance d'une sage et religieuse impartialité, à toutes les époques, dans tous les siècles, à toutes les phases de l'histoire nationale, ce que le consentement des siècles, l'hommage des nations étrangères et la voix de l'histoire ont proclamé vraiment français.... »
Pour ce qui est de l'éducation des femmes, Mgr Dupanloup n'a rien été de moins qu'un précurseur du « féminisme » actuel ou plutôt un élève très intelligent du grand précurseur du féminisme actuel, c'est à savoir de Fénelon, et par conséquent un contradicteur radical de la parfaitement absurde Sophie de Rousseau. Il veut la jeune fille et la femme « studieuses », très instruites, ayant plus que des clartés de tout. La femme selon lui doit s'instruire pour combattre soit l'oisiveté, soit l'activité frivole, pour plaire à son mari et lui être utile, pour contribuer à l'instruction de ses enfants.
Pour ce qui est du choix des études et des lectures, Mgr Dupanloup tient à ne] pas préciser, voulant laisser
une grande liberté sur ce point. Il croit qu'en général les mêmes études qui conviennent aux hommes peuvent, dans certaine mesure et avec discernement, s'appliquer aux femmes en tenant compte des goûts et des aptitudes de chacune qui devront du reste, le plus possible, concorder avec les goûts et les aptitudes de leurs maris, afin qu'à l'association du cœur s^ijoute celle de l'esprit.
Quant à ce qui est particulièrement des lectures, il est d'avis que les femmes, en raison de leurs multiples devoirs, lisent peu, à la rigueur, mais ne lisent rien que de pur et d'exquis, et surtout qu'elles relisent, qu'elles reviennent sur leurs lectures à des intervalles assez éloignés. Il conseille de lire attentivement, la plume à la main, sans quoi rien ne reste. Les auteurs qu'il recommande sont Bossuet, Pascal, Bourdaloue, Massillon, Nicole, Fénelon, La Bruyère, tout le théâtre classique, les mémoires de Mme de Motteville, les lettres de Mme de Sévigné.
Il conseille d'étudier les langues vivantes et même la philosophie ; mais pour ce qui est surtout de cette dernière étude, on devra s'entourer de conseils éclairés et ne point faire parade de ses connaissances. L'histoire convient également aux*- femmes et cette étude aussi solide qu'attachante les détournera plus que toute autre peut-être des lectures futiles et dangereuses qui sont en possession, pour ainsi dire, des prédilections féminines.
Comme Fénelon, Mgr Dupanloup recommande les notions pratiques de droit.
Les femmes s'appliqueront aux arts pour lesquels chacune aura du goût. Elles n'auront guère que faire des sciences; cependant les éléments des sciences pratiques comme la physique, la chimie, l'histoire naturelle, ne doivent pas leur être inconnus.
Les femmes qui auront à habiter la campagne devront s'instruire en détail de la pratique de l'art agricole afin d'y intéresser leurs maris au lieu de les en détourner.
Il faut se faire un règlement de vie très précis dans lequel plusieurs heures par jour soient réservées à la
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culture de l'esprit; et à ce règlement il faut se tenir très fermement fidèle, ce sans quoi la dispersion commence et l'éparpillement et le gaspillage de soi-même.
Une très mauvaise habitude féminine est celle d'écrire son «journal ». Jamais un journal n'est simple et jamais il n'est sincère et en écrire un est prendre, chose très funeste, l'habitude d'une attitude. Mieux vaut traduire, si l'on en a le temps. Mieux vaut écrire à ses amies et à sa famille, mais des lettres « fidèles, exactes et affectueuses », non « vaines, prolixes et bavardes ».
Mgr Dupanloup rencontre sur son chemin Joseph de Maistre, disciple, en ces matières, de Molière et de Rousseau lui-même. De Maistre avait dit que les femmes ne devaient pas chercher à être instruites, tout leur mérite consistant à se consacrer à leur mari et à leurs enfants ; que la femme, « dès qu'elle veut émuler l'homme, n'est plus qu'un singe; que la science est ce qu'il y a de plus dangereux pour la femme, que nulle femme ne doit s'occuper de science sous peine d'être ridicule et malheureuse ; qu'une coquette est bien plus facile à marier qu'une savante, etc. ».
Mgr Dupanloup attaque de front toute cette théorie. Elle se réduit, dit-il, à ceci : il faut que les femmes restent dans leur domaine et ne s'emparent pas de celui de l'homme. Assurément; seulement il s'agit de savoir quel est ce domaine de l'homme et si l'homme est de droit divin l'unique propriétaire du domaine de l'intelligence.... L'intelligence est-elle mesurée aux femmes dans les mêmes proportions que la force physique? Je ne le crois pas et la plume me paraît aussi bien placée dans la main de sainte Thérèse que dans celle de M. de Maistre. Cent exemples prouvent que les femmes ont des facultés intellectuelles aussi développées que celles des hommes : sainte Lioba, dont saint Boniface vante la sûre érudition ; Hypatie; sainte Catherine, qui enseignait la philosophie chrétienne et qui confondait les philosophes païens ; sainte Perpétue; sainte Marcelle, sainte Paule, inspiratrices de saint Jérôme; sainte Radegonde, sainte Catherine de Sienne, etc. Or, parce que Dieu ne fait pas de dons inu-
tiles, les droits des femmes à la culture intellectuelle sont pareillement des devoirs. Ce qu'il s'agit de combattre et de remplacer c'est la frivolité, la mollesse, le désœuvrement, l'ignorance, la paresse et l'amour des faux plaisirs ; l'instruction est un des meilleurs moyens de combattre et de remplacer tout cela. Si la femme chrétienne se considère comme la compagne de l'homme, comme son aide tant aux choses de la terre qu'aux choses du ciel, comme devant le consoler et assurer son bonheur, elle doit savoir que pour de telles destinées « l'éducation féminine ne saurait être trop suivie, trop sérieuse ni trop forte ».
Le système contraire repose sur une « appréciation païenne de la destinée » et aussi « sur la paresse des hommes qui veulent conserver leur supériorité à bon marché ». C'est une des inventions les plus coupables du xvii^ siècle que le préjugé contre le travail intellectuel des femmes. Les femmes savantes de Molière précisément ne sont pas savantes et ne sont pas instruites. Les prétentions à la science sans la science voilà ce qu'a moqué Molière; la science sans la prétention à la science voilà ce que nous voulons : Molière ne nous atteint pas.
M. de Maistre a voulu une femme vertueuse et humble dans l'aridité de devoirs sévères, sans lui rien laisser pour la relever ni la soutenir. Cela est trop rude. Elle ne restera pas dans cette basse sphère et si on ne lui donne pas les joies de l'intelligence pour la reposer de soins matériels parfois écrasants qui pèsent sur elle, elle rejettera les devoirs qui l'humilient, s'ils sont seuls, et cherchera à échapper à l'ennui par la frivolité. Or« la futilité, la frivolité des femmes, leur luxe, leur coquetterie, on s'en plaintjustement, mais nous pourrions répondre à beaucoup de ceux qui se plaignent : Vous, de quel droit vous plaignezvous? En effet, trop souvent on ne veut, on ne prépare, on n'inspire dans l'instruction qu'on leur donne pas autre chose que tous ces défauts et on ne leur laisse pas une autre part en ce monde. Loin de les élever comme il faut, de les fortifier, de les ennoblir, on les dissipe, on les
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amollit, on les abaisse. » Remarquez, ce qui pourra faire réfléchir, que la non-instruction des femmes c'est aussi la non-instruction des hommes.
Car « on veut que les femmes n'étudient pas; elles ne veulent pas non plus qu'on étudie autour d'elles ; on veut qu'elles ne fassent rien, elles ne veulent pas non plus qu'on travaille ou, du moins, elles n'encouragent ni leurs maris, ni leurs enfants à rien de ce qui est sérieux et demande de la peine et du dévouement, et parfois elles vont jusqu'à s'y opposer quand leurs plaisirs ou leur liberté peuvent en souffrir. Et c'est un immense malheur. Tant que la jeune femme emploiera tout son art à détourner son mari du travail, tant que la jeune mère n'inculquera pas à son fils la nécessité, de s'instruire, de cultiver son esprit et ses facultés comme on cultive une plante précieuse, la loi du travail sera négligée. Oui, dans l'état actuel de nos mœurs, et la vie de famille étant donnée ce qu'elle est, les femmes seules peuvent protéger efficacement le travail, y préparer de bonne heure, le rendre possible et facile, l'imposer même en lui réservant encou- . ragement et admiration. C'est tout le contraire qui arrive. On met ses enfants le plus tôt possible en pension ; c'est le mot. On leur donne un instituteur si c'est un garçon, une gouvernante si c'est une fille; et voilà une mère, qui, de gaîté de cœur, se prive, le plus tôt qu'elle peut, du bonheur de donner à son enfant la première vie de l'intelligence, la vie de l'âme, elle qui lui a donné la vie du corps! L'enfant va donc au collège ou au couvent. De quoi se préoccupe sa mère? Qu'il ne travaille pas trop. C'est bien pis s'il a un précepteur ou une institutrice. Elle ne rêve pour son fils, cette faible et aveugle mère, et c'est même ce qu'elle appelle Voccuper^ que parties de chasse, réunions de jeunes gens, hippodromes, spectacles, bains de mer, bals, où elle le suit des yeux, s'enivre de ses triomphes de salon, dont peut-être elle ferait mieux de gémir, vaniteuse pour son fils ne pouvant plus l'être pour elle-même. Aussi, que blâme-t-elle en lui? Un geste peu gracieux, un mot vulgaire, une politesse omise. Ce n'est
pas elle qui lui dira : Vous êtes fait pour mieux que cela; visez plus haut, instruisez- vous, apprenez à réfléchir, à connaître les hommes, les choses et vous-même; devenez un homme distingué, servez votre pays, faites- vous un nom si vous n'en avez pas et, si vous en avez un, soyezen digne. »
« Peu de femmes tiennent ce langage à leurs enfants. Les jeunes femmes le tiennent moins encore à leurs maris. Elles semblent s'être mariées pour courir, pour s'amuser et trouver le mouvement perpétuel ; la campagne, la ville, les bains, les eaux, le turf, le bal, les concerts, les visites ne leur laissent pas un instant de repos, ni le jour ni la nuit. Bon gré, mal gré, le mari doit partager cette pétulance; il s'ennuie souvent, récrimine quelquefois ; n'importe : en attendant qu'il secoue ce joug et se réfugie dans les clubs, il cédera. La jeune femme y emploie tout ce que l'art et la nature, tout ce que Dieu lui avait donné pour un meilleur et plus sérieux usage, de grâce, de beauté, de douceur, d'adresse et de séductions. Oh ! si elle employait la moitié de ses ressources providentielles à persuader à son mari qu'elle serait fière d'être la femme d'un homme distingué, qu'elle le voudrait instruit, capable, digne de son nom, digne d'être proposé plus tard à l'imitation de ses fils, soit qu'il occupe son emploi, soit qu'il reste dans ses terres pour y prendre une juste influence, viser aux places électives, gagner l'estime et la confiance de ses concitoyens, donner un noble exemple, servir ainsi Dieu et la Société! Loin de là; si le pauvre mari essaye de prendre un livre pour se reposer du tourbillon auquel on le condamne. Madame fait une petite moue (qu'on proclame adorable parce qu'elle a vingt ans, mais qu'on trouvera insupportable bientôt), elle tourne autour du lettré, du lecteur, du savant, va mettre son chapeau, revient, s'assied, se lève, passe dix fois devant sa glace, prend ses gants et enfin éclate, maudissant le livre et la lecture qui ne sert de rien, ne mène à rien, sinon à être un homme absorbé et assommant. Pour avoir la paix, le mari jette le livre, perd l'habitude
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de le reprendre, s'annihile de jour en jour par bon procédé conjugal et n'ayant pu élever jusqu'à lui sa compagne, il s'abaisse jusqu'à elle. Il y a là un cercle vicieux déplorable : tant que les femmes ne sauront rien, elles voudront les hommes inoccupés ; et tant que les hommes ne se décideront pas au travail ils voudront des femmes ignorantes et frivoles. »
Généralisant la question, l'évêque faisait remarquer qu'il s'agissait, au fond, du travail dans les classes riches, que les masses se plaignent d'avoir à travailler et s'y refusent de plus en plus par augmentation des salaires et diminution du nombre des heures de travail, que par conséquent c'est aux classes élevées qu'il appartient de « réhabiliter le travail ». Or « c'est la mère surtout qu'il faut convaincre ici : car la mère est le centre de la famille, tout rayonne autour d'elle; à une condition, c'est qu'elle sera digne de son nom et de sa grande mission. Or cela est rare. »
Revenant aux rapports entre époux et épouse, il recommandait l'égalité intellectuelle comme garantie de l'aifection conjugale : « L'amour ne peut pas se conserver dans un ménage si la communauté des intelligences ne vient pas compléter celle des cœurs. A mesure que la femme perd les charmes de la jeunesse, il faut que la valeur de son esprit s'élève aux yeux de son mari et que l'estime perpétue l'affection. Le mari, s'il est capable, entre alors dans l'âge de la plus grande activité; il est occupé des choses les plus variées, tandis que, trop souvent, sa femme, n'ayant reçu de son éducation que des principes sévères avec l'habitude d'occupations futiles, l'ennuie par sa piété toute machinale, sa musique et son canevas. Au contraire, la femme qui a travaillé partage les préoccupations de son mari, et elle le soutient dans ses travaux. Elle suit son mari et elle précède ses fils ; elle prend dans son intérieur cette situation si haute qui la rend l'appui, le conseil de l'homme. Elle sent que son mari est fier d'elle et qu'il a besoin d'elle. Elle ne s'en enorgueillit pas; mais elle s'appuie dans son bonheur avec tranquil-
lité, avec sécurité; car elle a confiance que rien ne peut ébranler une union qui a pour principe la parfaite communauté de deux âmes et de deux intelligences et que son amour durera comme les âmes qu'il unit. Pour la femme moins favorisée qui a un mari inférieur à elle, le travail est encore plus nécessaire; car il met dans sa vie l'intelligence et l'aliment dont son âme a besoin et sans lequel elle souffrirait peut-être amèrement. »
Creusant la question en très bon psychologue et en homme qui, grâce à sa situation, avait observé de très près, l'évêque enlevait doucement les masques et indiquait sans indignation mais avec causticité les vraies raisons pourquoi tant d'hommes sont opposés à l'instruction des femmes, depuis Sganarelle, Arnolphe etChrysale jusqu'à certains contemporains : « Les préférences de certains hommes ne sont pas pour les femmes spirituelles, distinguées, capables; et cela par principe, par théorie. Le fait est qu'ils les redoutent par secret instinct de leur supériorité et l'on m'a parlé d'un qui répétait sans cesse à la façon d'un axiome : « Parlez-moi des femmes inutiles ; il n'y a qu'elles qui n'embarrassent pas ». Le même homme s'extasiait à tout propos sur le mérite de ces excellentes femmes inutiles. La sienne, fort distinguée, qu'il fatiguait de ce langage, se contenta longtemps de lui répondre que les maris de ces femmes n'étaient pas tout de cet avis. Enfin, un jour qu'il recommençait devant elle son propos favori et qu'il ajoutait spirituellement, à son gré du moins : « Je dirai bien à mes garçons d'épouser des femmes sottes; c'est charmant; à quoi sert l'esprit chez une femme? — A le transmettre avec son sang, répondit cette femme noble et sensée. »
Si l'on parle à l'évêque des périls de l'éducation des femmes, il reconnaît qu'ils existent, mais il a sa réponse et il a ses remèdes. On craint que la spiritualité ne détourne les femmes de leurs devoirs matériels; il se peut, mais cela n'aura pas lieu si précisément on met dans l'éducation et au premier rang l'habitude de l'ordre, de la régularité, qui double le temps et fixe dans la vie
SA PÉDAGOGIE
une place à chaque devoir, et surtout l'habitude d'une vraie et solide piété qui n'est autre chose que l'accomplissement courageux de tous les devoirs. On redoute l'exaltation d'esprit que donnera le commerce de la littérature. La littérature élevée n'exalte que celles qu'une littérature très vulgaire exalterait tout pareillement et qui s'exalteraient aussi sans aucune espèce de littérature. On redoute l'orgueil d'une Philaminte ou d'une Armande. Les femmes bêtes et incultes sont aussi orgueilleuses quand elles sont nées telles et chez les unes comme chez les autres il n'y a pour prévenir l'orgueil que le bon sens cultivé chrétiennement. On doit même ajouter qu'un esprit cultivé est de tous le plus propre à comprendre ses devoirs. C'est l'humilité intelligente, c'est-à-dire la vraie modestie qui préserve du pédantisme. L'étude, les arts, en élevant une âme, servent de contrepoids aux sentiments vaniteux qu'ils pourraient exciter « et je ne vois guère de garantie pareille dans les succès obtenus par des avantages d'un autre genre ».
En somme il y a trois vies dans la vie : la vie matérielle,, la vie intellectuelle, la vie spirituelle. Il ne faut en sacrifier aucune; ce serait rompre l'unité essentielle de l'existence qui est précisément dans ce trio. Ces trois existences doivent être prévues dans tout plan de vie raisonnable. L'étude fait aimer aux femmes leur chez soi, les y retient et les y ramène par l'attrait d'une étude commencée. Comme on a peu besoin alors des visites et du monde!
Une des sciences domestiques les plus importantes, c'est la science des moments perdus. Quand on sait mettre à profit les moindres parcelles du temps on arrive à faire des choses qui paraissent des prodiges. Le chancelier d'Aguesseau disait : « Voici les vingt volumes que j'ai composés pendant le quart d'heure dont tous les jours, depuis vingt ans, Mme d'Aguesseau est en retard pour le dîner ». Or ce sont ces moments perdus qui seront remplis par la lecture et l'étude sans que les soins du ménage en souffrent le moindre dommage et sans qu'ils en soient négligés le moins du monde.
Ainsi raisonnait Mgr Dupanloup sur les « femmes studieuses » et les femmes intellectuelles avec le plus grand bon sens, à mon avis, et le plus fin esprit et le plus grand esprit. Sur toute cette question où il fut précurseur jusqu'à rencontrer des résistances passionnées, on n'a rien dit, depuis lui, ni de plus pénétrant, ni de plus élevé, ni de plus pratique que ce qu'il a dit.
Tel est le Dupanloup pédagogue. Il a été, justement, très admiré, même des hommes qu'il est naturel qu'il rencontre comme adversaires. Nous avons vu le témoignage d'Ernest Renan. Voici celui de M. Ferdinand Buisson. Il accuse l'évêque de « prétendre élever les enfants d'après une vue très étroite de la vie humaine en général et de leur avenir en particulier »; il accuse son système religieux, « avec tout ce qu'il a d'apprêt et de convention, d'afféterie et de fausse sensibilité », de former « non pas des chrétiens, non pas des catholiques comme ceux que rêvaient Bossuet et Fénelon, mais des hommes de sacristie et, ce qui est pis, des hommes de parti » ; il accuse son grand ouvrage sur l'Éducation de ne respirer « ni cet esprit démocratique, ni ce respect des institutions fondamentales de la société moderne, ni cette largeur de fraternité et de patriotisme qui doivent, à tous les degrés, distinguer de l'éducation cléricale l'éducation française ». Mais il convient que les écrits de Mgr Dupanloup attestent « des qualités brillantes et sérieuses, de nobles aspirations, une grande compétence, une chaleur d'âme, une abondance et une vivacité d'esprit qui ne sont pas communs ». Et il ajoute : « Mgr Dupanloup a des vues d'une justesse et d'une profondeur que peut seule donner l'expérience d'un prêtre ». En toute impartialité, je crois qu'il ne reste vraiment de ce jugement que les éloges et l'hommage.