LE PARLEMENT
vince fut dotée d’un gouvernement distinct, avec des pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires. . |
Le reste du territoïre ne reçut une organisation que dix ans plus fard, en 1880, alors qué le gouvernement lui indiqua les divisions actuelles, et lui donna un gouvernement calqué sur celui des autres provinces, avec des pouvoirs un peu plus restreints cependant. (*) .
Mgr Grandin ne voyait pas ‘Javenir çeans préoccupa-
(1) Les Territoires du Nord-Ouest furent gouvernés : 1° par le lieutenant-gouverneur du Manitoba ; 2° après cinq ans d'expérience, par un lieutenant-gouverneur et-un Conseil exérutif ; 3° pér un lientenant-gouverneur aidé d'un Conseil dont les membres sont en partie éligibles ; 4° par un lieutenant-gouverneur et quaire conseillers choisis par ce dernier parmi les 22 membres de l'Assemblée législative ; ce Conseil s’occupait des affaires de finances et esi révocable.suivant son bon plaisir. Des légistes furent nom-, més par le gouverneur en conseil pour éclairer Son Excellence sur les questions de droit ; 5° par un Ji-utenant-gouverneur et l'Assemblée législative, avec les mêmes jouvoirs .conférés aux autres provinces par l'Acte d'Union: de 1867, sauf le droit d'effectuer des emprunts affectant le crédit des Territoires. L’Exécutif se composait du lieutenant-gouverneur et de quatre mem- . bres nommés par Son Excellence ; 6° par un lieutenant-gouverneur et un -Gonseil exécutif, choisi paf ce dernier parmi les représentants de l'Assemblée législative, Les membres ainsi choisis devaient se faire élire par ie peuple
- pour obtenir la confirmation de leur nomination par la Couronne. Le‘dernier changement politique, plaçant la Légistature des Territoires du Nord-Ouest ipresque sur le même pied d'égalité que les autres législatures, fut effectué 27 ans après la création du premier gouvernement. À cette époque les Territoires du Nord-Ouest obtinrent, en même temps que leur érhancipation, Ir jouissance du Home Rule et ke gouvernement responsable. Ces. TerritoiréS ont été sans représentants au Parlement fédéral jusqu'en 1887, quand, par un acte du Parlement, ils eurent droit à deux sénateurs et à quaire représentants”électifs, ‘ ‘
Aujourd'hui €1903) la Puissance du Canada se compose : 1° des provinces Ontario; Québec, Nouvelle-Ecosse, Nouveau-Brunswick, organisées en fédération le ler juillet 1867, en vertu d'un acte imperial du Parlement ; 2°' de
.la province du: Manitoba, admise le 15 juillet 1870 ; de la province de la
. Golombie Britannique, admise le 20 juillet 1871,et de l'ile du Prince-Edouard, admise le {er juillet-1873 ; 3°- des. districts Assinihoïa, Saskatchewan, Al. berta, Athabaska qui ressemblent en quelque sorte aux territoires américains ; 4° des ferritotres Mackenzie, Ungava, Franklin, Yukon qui sont ad-
.ministrés par le gouvernement général, et du district de Keewatin qui est sous la diréction du lieutenant.gouverneur du Manitoba.
tions. Le Nord-Ouest n’allait-il pas devenir un exutoire des vieux pays, une sorte de pénitencier pour les indisciplinés du | : Canada ? Il écrivait à sa famille « “Nous faisons des progrès \ dans la civilisation. Peut-être la monnaie prendra-t-ellè un | cours régulier ; nous aurons des bureaux de poste; nous n’aurons : plus autant d’achats ëèt de transports à faire. L’expérienceprouvera ce que nous aurons gagné ou perdu. Notre popila- .___ tion va.s’accroître; mais, sil flut en juger par les hommes qui
© nous arrivent déjà, il est à craindre que le Canada et les Etats-- Unis ne nous envoient guère que leur écume, IL paraît que, dans notre siècle de progrès, ce sont de tels hommes qu 1 faut pour civiliser les peuples” ‘ é
En cette même année 1869; la pensée de Mgr Grandin se = portait souvent vers Rome où allait se tenir la grande assemblée. + . du Concile général. Son trop récent voyage le privait de la joie de s'unir à ses frères, mais le Nord-Ouest était représenté par deux évêques, Mgr Taché, et Mgr Clut. (°) Ses notes intimes mettent en pleine lumière sa foi touchant les droits et les prérogatives du Vicaire de Jésus-Christ® Tous ceux qui lont.connu savent “quelle ligne. de conduite il aurait” suivie dans la question de Vfnfaïllibilité personnelle du Pape. .Il avait leculte de l'Eglise et du Souverain Poéntife. Toute parole venue ‘du Vatican, ordre, conseil ou simple direction, allait droit à son: cœur, et rencontrait immédiatement la soufnission de l’âme.
Dès qu il eut cohnaïissance de la proclamation du dogme, de Pinvasion de Rome par lassaut sacrilège de la Porta Pia, il écrivit au Saint-Père : “Noùs venons nous prosterner aux pieds de Votre Saïnteté, pour lui dire, et notre foi et notre amour; notre foi ferme et inébranlable dans les divines préro=. ne
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(1) Le Père Ciut avait élé nommé évêque d'Arindèle, le 3 août 1864, el sacré le 15 août 1865. Mgr Taché fut appelé de Rome avant la fin du Concile--. pour apaiser-les Métis dont nous raconterons plus loin le soulèvement.
gatives du Vicaire de Jésus-Christ, et notre amour pour sa
personne sacrée. " ' U
“ NA voulons témoigner aussi à Votre Sainteté, et de la foi
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- . <+t de Tamour de -nos frères trop. éloignés. Nous voulons lui dire enfin le foi vive, inaltérable, de nos chrétiens &u dogme ‘ ‘+ de Plafaülibilité. . |
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“Si nôus avons tressailli d’allégresse à la réception du Pastor aternus, nous avns ressenti une amère douleur en apprenant, ce même jour, l’abandon de‘Rome par la fille aînée de l'Eglise, et la spoliation sacrilège de la Ville Eternelle. Nous protes-
: tons de tout notre pouvoir contre cette injustice inouïe, dont
* nos sauvages les plus barbares seraient incapables. La plupart
d'entre noûs, nous aimons la France parce qu’elle est notre patrie. ” Tous, nous l’aimons comme missionnaires, parce que
. c’est grâce à sa charité surtout que nous faisons ici l’œuvre de
Dieu.
“ Nous étions légitimement fiers de voir le drapeau français flotter encore à Rome après la spoliation des Etats de Votre - Sainteté. C'était pour nous un motif d'espérance. Aujourd’hui, la France semble avoir abandonné le Vicaire de Jésus- Christ au ‘milieu du danger. Nous regardons comme conséquence de cet abandôn les révers qui viennent de fondre sur elle.
“ Mais, Pontife bien-aimé, vous êtes Pierre, et’&ur cette pierré a été bâtie l'Eglise de Jésus-Christ, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. Après l'épreuve viendra le triomphe. or,
“ Disciple chéri du Sauveur, saint Jean, ‘dont nous clébrons aujourd’hui la fête, patron de Jean Mastai “Férretti, aujour- * d'hui immortel Pie IX, du haut du ciel, ‘protégez le vicaite
. de Jésus-Christ ; veillez sur sa personne sacrée !
“ Comme infaillible successeur de Pierre,. qui gouverne aujourd’hui PEglise, vous connaissez les rigueurs de le xil et les douleurs de la persécution; une fois de plus, reposez votre ‘ tête sur’le cœûr de Jésus et demander-lui, pour votre augusie. client, protection, SeCOUTS ef triomphe !” |
Pie IX voulut-bien lui écrire lui-même pour le ‘remercier. “Vous ne sauriez croire, 6 écrivait l’Evêque au très révérend, Père
Fabre, combien jen suis “heureux pour moi et pour vous-même; | 16
bien. aimé Père, pour mes chers frères des missions, et, pour les bonnes sœurs qui.nous aident à faire le bien”
Mgr Grandin racontant, à ses Montagnais de l’Ile à la Crosse, les malheurs de Rome, avait nommé Victor Emmanuel. “ Ce grand chef-là, dit vivement un des sauvages, est-il de la société des chefs qui viennent échanger nos fourrures ici ? ” L . Et sur la réponse négative du prélat : “ C’est fâcheux, dit-il, nous n’aurions plus donné nos fourrures à ses associés.”
Hélas ! que cette année 1870 cachait de désastres dans ses flancs ! Les deuils de la patrie se joignirentà ceux de l'Eglise. Les désastres de l’armée française, fes ignominies de la Commune atteignirent profondément V'Evêque missionnaire dans son âme de patriote. Mgr Grandin n’avait pas ce chauvinisme bruyant, tapageur, qui est la caricature du patriotisme, mais il savait qu'aucun pays au monde n'avait, plus que le sien, dépensé ses ressources, son génie, son sang pour les biens immatériels: . la foi, la liberté, la justice, la vérité. Pour lui, aimer s0n Pays, c'était en cültiver en soi le génie et se garder avec soin des défauts et dés travers qui menacent de le ternir. . C’est dire qu il fut profondément blessé par nos revers et nos malheurs. |
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