CHAPITRE XIV
Sourdezagitation des Sauvages—Traités—Réserves —Chassés d’'Edmonton —Protestation de l'Evêque—Manœuvres de la Compagnie—Lac la Biche— Toujours souffrant-—Départ pour l’Europe.
Le courant d’émigration se portait, de plus en plus, vers le Nord-Ouest. Le colon suivait le chasseur et s’installait souverainement sur les terres qui lui convenaient, non sans avoir maille à partir avec les Sauvages. Ceux-ci, de leur côté, voyaient leur principale ressource, le bufle, diminuer d’une façon inquiétante et se demandaient ils ne seraient pas
". ‘bientôt réduits à la famine. «
Dans une réunion de Cris, un vieillard avait tenu ce discours à Mgr Grandin : “... Grand Prêtre, puisque te voilà au milieu 4e nous, juge par toi-même de notre situatioh. Si tu étais venu lorsque j'étais jeune homme, tu aurais vu sur les deux rives de la Saskatchewan et partout, dans le large, des troupeaux de “buffalos qui t’auraient presque barré le passage. Dans tous les ‘ marais que tu as traversés, tu as vu les travaux d pont faits autrefois les castors. Où sont aujourd’hui tous ces animaux 2: Nous n’avons plus que. quelques castors; les buffalos ne “sortent plus de terre. Encore quelques années et nous n’en” Vérrons : plus. Qu’allons-nous devenir ? Je ne crains pas pour moi; je suis vieux et ne suis bon que pour la terre. Peu m’importe la place où Von jettera mes os. Mais, je ne vois pas d'espérance pour mes enfants et les enfants de mes enfants. ;
& Les blancs nous disent de travailler. Si on ne nôës aide pas,
ca
que pouvons-nous faire ? Nous ne sommes pas capables de faire un jardin grand comme la tente |! etc.”
L’excitation était grande; Vorage grondait sourdement. Une étincelle pouvait prodüire Pexplosion. Et il était déjà question ‘du chemin de fer !
Pour le maïntien de l’ordre, le gouvernement établissait des * postes de police sur divers points du territoire, à MacLeod, à Battleford, etc. Dès le début, ce poste de Battleford comptait de cent à cent-vingt soldats.
I fallait, à tout prix, établir un système quelconque d’admiaistration dans le pays. .
Pour éviter des conflits sanglants, le gouvernement d'Ottawa entreprit de traiter avec les Sauvages. Il s'agissait d’amener les tribus, jusqu’à présent libres et indépendantes, à reconnaître Vautorité du gouvernement eb à lui abéndonner leurs droits sur leurs terres, en recevant, en retour, cèrtaine somme d’argent et autres avantages à titre de compensation. Le gouvernement d'Ottawa n’était pas sans inquiétude sur le succès de son entreprise. Les journaux représentaient les sauvages comme indisposés, mécohtents, hostiles. Il importait donc au gou- ..vernement d’employer tous les moyens de réussir, et sachant Pinfluence de l’Evêque catholique, il ni ft savoir combien son concours serait apprécié. = L .
Ce concours, Mgr Grandin ne poupait le refuser, limmigration rendant nécessaire un nouveau mode d'administration. Il en coûtait, on le comprend, aux pauvres Sauvages de voir un long passé de liberté et d'indépendance disparaître pour toujours. Mais que pouvaient-ils faire ? Ils ne pouvaient pas empêcher le gouvérnement de s’éfablir dans le pays, et ils pouvaient perdre les avantages < nsidérables qu'on leur promettait.
Malgré’ son mal d'oreilles qui Mi occasionnait d’incessantes
migraines et de longues insomnies, Monseigneur se mit en route pour rencontrer le lieutenant-gouverneur Morris.
Au fort Pitt, s'étaient déjà rendus, avec le lieutenant-gouver- ‘neur, des soldats, des officiers de tous grades, de nombreux commerçants. C'était un rendez- vous considérable dont les habitants jusqu'alors n’avaient pas d'idée, Le lieutenantgouverneur reçut l’Evêque avec courtoisie et voulut lui donner Vhospitalité dans le-fort.
Les Cris et les Montagnais avaient répondu à l’appel du gouvernement. À la vue de Monseigneur, ils Pentourent, les Montagnais surtout, que l’Evêque connaît presque tous personnellement, et lui demandent des conseils, etc. Un des chefs des Cris, Sweet Grass, intelligent, énergique, insiste pour obtenir des missionnaires en faveur des réserves que le. gouvernement ‘ doit leur donner. |
À Pheure dite, le lieutenant-gouverneur se rend très solennellement, musique en tête, à la place.où doit se conclure le traité Il fallait frapper l'imagination des Sauvages.
Les Montagnais, remarquant l'absence de l’Evêque, J’envoient chercher. Ils'ne veulent ni s'occuper du traité, ni consentir à rien, en son absence. Îls ont remis leurs intérêts à Sweet Grass, mais, eux, n’ont pas de ehèfs, ne veulent pas en avoir, et prient Monseigneur de faire paÿt de leurs dispositions au gouverneur. Celui-ci répondit qu’en réalité le chef n'avait pas une grande importance, mais que les Sauvages devaient donner leur confiance à l’un d’entre eux, le gouverneur ne pouvant pas
Quand les projets du gouvernement furent connus, Sweet Grass\demanda en outre des missionnaires pour chaque réserve, et des écoles où les enfants apprendraient à parler, à prier sur
les livres,’et à écrire.
trter avec les individus. Uldsïe (le Brochet) fut élu chef a.
Le gouverneur répondit :° “ Vous avez ici des ministres catholiques et protestants de diverses dénominations. Vous êtes libres de choisir. Quant aux écoles, vous en aurez dans toutes les réserves.” | ° 1
Mgr Grandin et Sweet Grass avaient insisté beaucoup eur le mot prier dont il ne fut pas tenu compte dans la rédaction du traité. Ce mot prier, en effet, ne supposait pas des écoles neutres.
Les chefs reçurent un costume brillant, avec parements dorés, grande médaille de Sa Majesté, etc.
Ayant rencontré Uldaïé sous les insignes de sa dignité qu’il: | avait acceptée avec tant de répugnance, PEvêque le félicita en lui donnant le titre de chef : “Je suis un bien triste chef, répondit-il, ne pouvant être distingué des autres que par le vêtement et non par l’esprit.” :
Grâce à l'influence du Père Lacombe, le traité avec les Pieds- Noirs fut conclu l’année suivante, L
D’après ces traités, les Sauvages sont, pour ainsi dire, parqués sur des étendues de terrain trop restreintes pour y subsister, s'ils ne vivaient pas de chasse, mais suffisantes pour e’y livrer à la culture et ä l'élevage. C’est ce qu’on appelle une réserve. T1 est défendu aux colons de s’y installer, maïs la tribn qui #y trouve ne’ doit pas en sortir non plus, sous peine de se voir retirer tout subside, toute subsistance et d’amener l’intervention, toujours désagréable, de la police à cheval. -
En revanche l'Etat s'engage à aider les Indiens et à leur apprendre la culture de la terre. Le fermier installé eur chaque réserve est l'intermédiaire par lequêl vivres et subsides sont distribués. Les sauvages ont bien un chef, mais celui-ci n’a guère d’attributions et, souvent, n’a pas d'influence. Choisi par ses compagnons, 2 nomination doit être ratifiée par le gouvernement. Il reçoit vingt-cinq piastres par an, tandis qu’un
simple membre de la tribu n’en reçoit que cinq. Chaque semaine, des bœufs sont envoyés à la réserve pour assurer la subsistance de la tribu. Le fermier distribue le bétail aux Indiens. En dehors de cela, les Sauvages parviennent à tuer des canards, des poules de prairie, etc, derniers débris des grandes chasses d'autrefois.
Aux Etats-Unis, le même système est en vigueur; mais, dit-on, les agents du gouvernement, véritables souverains au petit-pied, n’abusent que trop souvent .de leur “Sftuation pour détourner. à leur profit une bonne’ part des envois destinés aux Sauvages, et leur donner trop souvent des marchandises avariées. Les réclamations, quand il y en a, ne parviennent généralement pas à destination, et leurs auteurs ont souvent à s’en repentir. En outre, chasseurs et mineurs ne sè gêneraient pas, paraît-il, . pour envahir les réserves qui leur plaisent et en chasser les. Indiens à coups de carabine. Le bon droit est incontestablement du côté du Sauvage contre l’homme civilisé, mais c’est ce dernier qui a gaïn de cause.
Au Canada, on rencontre plus d’humanité. “Il faut dire, ajoute un explorateur, qu'il y a aussi, au Canada, un élément de pacification et de justice qui n’existe pas de la même façon, aux Etats-Unis : je veux parler des missionnaires catholiques. Presque seuls, ils ont pu acquérir une influence sur les Sauvages, par leur esprit conciliateur et tolérant. Faisant plus de civilisation que de prosélytisme, voyant dans les Peaux- Rouges des hommes et non des parias, s’efforçant de redresser toutes les injustices qui leur sont faites, ils ont acquis sur eux une. influence infiniment supérieure à celles de tous les représentants de l’Indian Office”
La Compagnie de la Baie d'Hudson, comme ‘d’ailleurs le gouvernement d'Ottawa, a quelquefois oublié les services rendus par les missionnaires.
Le lecteur se souvient, peut-être, que M. J. W. Christie, agent de la Compagnie, dans le district d’Edmonton, avait fait bâtir, | dans. l’intérieur même du fort, une chapelle et une habitation pour le prêtre. C'était, sans donte, un acte de bienveillance qui méritait la reconnaissance du missionnaire; c'était aussi une habile manœuvre. L'église et lécole constituaient une sauvegarde pour le Bourgeois en charge. Le missionnaire était un vrai paratonnerre contre Îes dépradations et les fureurs des Sauvages, des. Pieds-Noirs surtout. Que de fois, à la vue des Sauvages mécontents, excités par la boisson, la compagnie avait ‘aû quérir le Père Lacombe ! Celui-ci seul, sans armes, était toujours écouté, même des infidèles. Les missionnaires s’étaient fixés au milieu de ces tribus. Jamais, alors, aucun commerçant n'aurait osé en faire autant. (Cest lapôtre de PEvangile qui avait battu le chemin à la civilisation. | \ Mais quand la Compagnie n’eut plus rien à redouter des Sauvages, malgré des promesses formelles, faites au Père Lacombe, elle mit les missionnaires hors du fort. Elle 8e crut fort généreuse en leur laissant emporter le mobilier de l’église, mais ne voulut pas leur céder un pouce de terrain. Le succes- ‘ ‘seur de M. Christie réussit à mettre la mission catholique dans Pimpossipifité de prendre une terre près d'Edmonton. Un #5 arpenteur du gouvernement lui demandait, un jour, pourquoi les catholiques avaient bâti leur église si loin des maisons : “Cest moi, répondit-il, qui ai réussi à les éloigner d'ici.” Monseigneur sentit le coup et sen plaignit énergiquement dans une lettre au gouverneur de Rupert’s land. Il rappelait , des services rendus par les missionnaires, les promesses faites,
le déni de justice et demandait réparation. La réparation ne vint pas. “
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Sans doute, dès le sé Gi la Compagnie de la. Baies d'Hudson avait rendu quelques services aux missionnaires. $
Dans les voyages, ceux-ci recevaient, dans les forts, une hospitalité cordiale — à part quelques exceptions — et dans certaines occasions pénibles, des secours signalés, par exemple dans le désastre de l'Ile à la Crosse. Mais ces services, elle les faisait payer cher. .
La grande difficulté des missions, à l’origine, était de se procurer les choses indispensables. à la vie. La monnaie mavait . pas cours, toutes les transactions se faisaient par échanges : de.
là, la nécessité de transports assez considérables dont la Com-
pagnie seule pouvait se charger. Elle ne rendait que diffcile-
ment ce service, Bien plus, elle limitait le nombre de pièces à
transporter et ne voulait répondre de rien. Quelquefois, des colis, dont l’expédition était urgente, le vin de messe pars exemple, restaient en souffrance à cinq et six cent lieues de la : mission, Bien souvent les missionnaires ont éprouvé de
pénibles déboires en déballant de précieux envois dont le
contenu était absolument avarié, perdu. *
Et cependant les prix de transport étaient formidables !
La susceptibilité commerciale de la Compagnie était outrée, ridicule et parfois tyrannique. Qu’un missionnaire reçût des Sauvages une fourrure quelconque, pour Venvoyer à ses parents, à ses amis ou à ses bienfaiteurs, qu’il disposât de la peau d’un loup ou d’un renard, après l'avoir tué, c'était un crime irrémissible. On le voyait, avec déplaisir, employer les peaux
‘d'animaux pour ses vêtements. Pour la moindre infraction, V'Evêque recevait un avis du gouverneur lui-même. ‘Aussi, écrivait Mer Grandin, tout en étant reconnaissnt à la Compagnie des services qu’elle nous rendait, nous souffrions de cette tutelle fort désagréable et approchant parfois la tyrannie.”
Depuis quelques années déjà, il était question de céder la mission du lac la Biche au vicariat de Mackenzie, dans le but de faëiliter {le transport des provisions dans lextrême Nord.
Cette mission devait être comme la procure du vicariat de Mer Faraud. Du lac la Biche, en effet, il devenait relativement facile, par la rivière Athabaska, par ls rivière des Esclaves, et. par le fleuve Mackenzie d’approvisionner les diverses missions jusqu’à Good. Hope et plus loin.
Après bien des pourparlers et même après quelques malentendus, il fut décidé que les missions du lac la Biche et du petit lac des Esclaves, tout en faisant partie du diocèse de Saint-Albert, seraient desservies au matériel et au spirituel par le vicariat d’Athabaska-Mackenzie. |
Le lac la Bièhe est un des plus beaux lacs du Nord-Ouest, nous ne disons pas un des plus grands, quoiqu'il ait une longueur de vingt-quatre milles. Sonaspect est pittoresque avec son immense ceinture de baies, de presqu’îles, de collines et de vallons. Quelques grandes îles, jetées dans son sein, ça et là, quelques maisonnettes d’une simplicité primitive, bâties sur les côteaux, avecleur petit : champ autour, forment un ravissant tableau. Le voyageur qui arrive sur les bords du lac, après avoir traversé bois et marécages, rivières et-torrents, est. vraiment. ‘émerveillé. La mission, assise | majeétuensement sur ‘le-déchin d'un riche côteau, au pied duquel cerpente une rivière, apparaît comme la reine de ce beau lac.
Ces splendeurs de la nature sont, il est vrai, un peu voilées,
pendant Fhiver, par le manteau de neige qui étend de. tous côtés. :
‘ Mgr Grandin voulut porter, lui-même, cette bonné nouvelle à Mer Faraud. Nous ne pouvons pas dire qu’il “ft le voyage sans accidents, car en descendant les côtes de lrivière. la Carpe, cheval, voiture et Evêque furent. précipités dans le vide, d’une hauteur de vingt pieds. .Les trembles qui .croissaient ” au bas de la côte, plièrent sous le poids de la voiture. Monseigneur tomba de branche en branche jusqu’à terre. Il en fut quitte pour une fouluie: du poignet.
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Après quelques jours, passés en compagnie de Mgr Faraud, il revint à Saint-Albert plus souffrant que jamais. Son mal doreilles ne Jui laissait de repos ni le jour ni la nuit; les douleurs étaient lancinantes, intolérables. Toùte” la figure était enflée,par suite de la douleur. Maigré ses souffrances, il avait la régularité d’un novice. Sa force d'âme demeurait toujours; elle lui servait beaucoup à garder sa lucidité, en traitant Jes affaires du diocèse. Il écrivait et prêchait avec une activité plus forte que la souffrance. -
Ce furent, pendant plusieurs semainés, des alternatives de mieux et de souffrances aiguës, supportées avec une admirable patience. “On ne peut s’empôcher. de pleurer en le voyant tant souffrir,” disait un bon frère Bveis. E
Le Père Lestanc, premier consulteur, crut devoir adresser la lettre suivante à tous les Pères du diocèse :
“J'ai une bien triste nouvelle à vous annoncer. L'état de Monseigneur ne fait qu'empirer, Le terrible mal doreilles s'aggrave. Jusqu'à ce moment, tous les soins des médecins, des bonnes sœurs, toutes nos prières privées et publiques sont restées sans résultat. Notre cher malade souffre des douleurs atroces. C’est un spectacle navrant que de Je voir se tordre dans les crises si fréquentes ! , Nous faisons depuis plus d’un mois neuvaines sur neuvaines; nous avons fait une procession solennelle avec l’image de Notre-Dame de Lourdes; nous avons ajouté, à la messe, V’oraison de l’Immaculée Conception; tous les dimanches, nous avons recommandé notre bien aimé Père aux prières de la paroisse, Jusqu'à ce jour, tout a été inutile, du moins en apparence, Qui sait ce que le bon Dieu nous réserve !
“De son lit de douleur, Monseigneur pense souvent à vous, parle souvent de tous ses enfants. Je n’ai pas besoin de vous dire que ce cher malade nous donne, plus que jamais, Vexemple de toutes les vertus les plus héroïques.
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“Le peu que je vous dis, mes chers Pères, suffira pour vous dicter ce que vous avez à faire. Nous avons passé une grande partie de la nuit à écrire.
. Mgr Taché supposait-que la maladie venait de la carie des 08, et conseillait à Mgr Grandin une opération pénible mais nécessaire.
Plusieurs docteurs de Paris, qu’il avait éonsultés, lui conseillaient de faïre le voyage d'Europe.
Le très révérend Père Fabre lui écrivait, de son côté : “ Vos missions ont encore besoin de vous. Si, pour vous guérir, le voyage d'Europe est nécessaire, n’hésitez pas.”
Tous ces conseils le jetaient dans de grandes perplexités.
Il n’aurait pas voulu contrarier les desseins de Dieu, maïs il craignait de mourir loin de son poste. Ï1 écrivait à son frère,- Pabbé Jean :
# Je suis revenu bien souffrant, l'automne dernier, d’un grand ‘voyage de quatre mois. dJ’ai cru longtemps, et d’autres le croyaient aussi, qu'il me faudrait prochainement rendre compte de mon administration, et je m’y suis préparé de mon mieux. Le bon Dieu, paraît-il, m’a remis à plus tard. Les douleurs de tête et d'oreilles, qui m'ont fait tant souffrir, ont diminué au point de me faire croire parfois à une disparition complète; mais, à la moindre fatigue, elles. reparaissent. Les forces ne reviennent pas, et je me trouve plus vieux à quarante-sept ans que Pétait mon père à à soixante et dix ans.
“Je pensais pouvoir reprendre au printemps, ma vie de voyage; j’espérais même que ce serait le meilleur moyen de recouvrer Ines forces. J’ai dû, avant de partir, écrire beaucoup, ce qui m’a valu quelques atteintes de fièvre que j'ai dissimulées . pour ne. pas trop inquiéter mon entourage. Les préparatifs du. | départ ont achevé de m’abaître. J’ai pu me rendre à peine jusqu’à Edmonton où nous avons une mission, à trois heures