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d'ici, Ii m'a fallu y garder le lit trois jours, et enfin revenir à Saint-Albert. J’ai vu dernièrement un médecin qui se trouve ici de passage. Il m’engage à aller voir à Toronto un docteur renommé. : Pour le moment, je me borne à le faire consulter. Mes missionnaires me pressent d'aller me faire soigner en France. Je ne sais à quoi je me déciderai. Je n’ai point de dévotion à aller me faire soigner ni à Toronto ni ailleurs. Je tiens beaucoup à donner mes dernières instructions à mes diocésains et à mes missionnaires en mourant à mon poste. Je suis convaincu, du reste, que maintenant ma mort serait un vrai bien pour mon pauvre diocèse. Moins que jamais je suis
Fhomme qu’il faut à la tête de cette ‘jeune Eglise. Le pays :
change tous les jours; nous allons avoir un gouverneur; bientôt il faudra nous occuper d'élections. Je exrains vraiment de compromettre la gloire de Dieu, et tout autre fera mieux que moi
- Enfin, le 15 août, les Pères de Saint-Albert apprenant le
prochain passage d'un unique steamboat qui devait arriver à “Edinonton, et redescendre à Winnipeg, se rendent ensemble auprès de Sa Grandeur et le supplient de profiter de cœtte occasion pour äller à Saïnt-Boniface, et de là au Canada et même en France. Depuis plus d’un an, ils le conjuraient de partir pour l'Europe, afin de recevoir les soins d’un spécialiste. Monseigneur hésitait et écrivait au Père Soulier : “ Tous mes Pères me pressent de faire le voyage de France; suivant eux,
jai grand tort de différer. Mais que d’inconvénients à ,
mabsenter encore ! ”
‘Enfin, i se laissa fléchir, et partit laidsent administration “du diocèse à la direction du Père Ledue,f.
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Le 27 septembre, il arrivait à Saint-Bonifage.- Gide rs .
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sa surprise de voir, à Winnipeg, une ville faiséente, dec télé-
graphe, maisons de banque, etc., là où vingt ans auparavant/ne :
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se trouvaient que le fort Garry et quelques loges dans les environs. -
Le gouverneur général du Canada, le comte de Dufferin, était alors dans cette ville. Un banquet public lui fut offert, et Dé évêque de Saint-Albert dut y assister en compagnie de Mgr Taché. Le discours qu'y prononça le gouverneur général lui déplut : “Son Honneur, écrivait-il, se montra très aimable avec nous. N’empêche'que, dans son discours; il Joua très haut la Compagnie de la Baie d'Hudson de ses efforts pour faire avancer la civilisation du pays, et sembla ignorer absolument : les missionnaires. Cependant, un fait bien avéré et constaté par tous les habitants un peu. anciens dans le paÿs, c’est que la Compagnie n’avait cherché autre chose que ses profits. Prévoyant que la civilisation ferait disparaître son influence, elle avait fait l'impossible pour la retarder, s’opposant à l'ouverture des chemins et entretenant soigneusement la légende des arpents de neige et de la stérilité de la contrée. Le gouverneur avait visité le nouveau collège de Saint-Boniface, le pensionnat et Porphelinat des sœurs, il avait vu là des preuves manifestes des efforts de l'Eglise pour le progrès, mais, je men souviens bien, * tout fut oublié dans le discours.” . |
A Montréal, l’évêque de Saint-Albert rencontrait, au noviciat des.sœurs Grises, une nièce, fille d’une de ses sœurs, mademoiselle Marie Anne ‘Heurtebize,. en religion sœur Grandin. Elle avait voulu, comme son oncle, se dévouer au bien des âmes dans PAmériqüe du Nord, et elle lui sera d’un grand SeCOUTS dans sa dernière maladie. . | | ‘
Ja mer, mare sœvum de Salluste, lui fut cruelle. Il débarquait au Havre, le 18 novembre, après avoir essuyé 1 une vraie tempête. LE
Une petite mésaventure l’attendait à lé église “Noire-Dane. Un y vicaire hésitait à lui permettre de dire ia sainte pese, sous
prétexte qu’il n’avait pas de celebret. Monsieur le curé consulté, et ne connaissant pas Saint-Albert, pria l’Evêque de lui nommer quelqu’autre ville de son diocèse.
— “Monsieur le curé, répondit Monseigneur, dans mon diocèse on ne sait pas ce que c’est qu’une ville” Un vicaire alla. consulter les annales de la Propagation de la Foi, tandis que le curé à genoux, au bout de l’autel, observait le célébrant. I], fut vite rassuré, et, durant toute la journée, combla l’Evêque de respectueuses, prévenances.
-Cette mésaventure fut, entre Mgr Grandin et le curé de Notre-Dame du Havre, M. Duval, devenu, quelques années plus tard, évêque de Soissons, l’origine d’une correspondance pleine-
d'estime et même d’affection.
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