‹ Mgr. Grandin, Oblat de Marie Immaculée: premier évêque de Saint-AlbertChapitre 53 sur 75 · CHUTE DE LA RIVIÈRE DE L’ARC · texte numérisé non relu

CHUTE DE LA RIVIÈRE DE L’ARC

nouvelle de sa nomination à l’épiscopat. Tel saint Bonaventure fut trouvé lavant la vaisselle de son pauvre couvent de franciscains par le légat de Grégoire IX qui lui portait le chapeau de cardinal. Tel Cincinnatus, jadis, la main à la charrue, apprenait qu’il était élu. consul et dictateur de la puissante république romaine.

” Le sacre eut lieu le 17 juin, fête du Très Saint-Sacrement,

dans la cathédrale de Saint-Albéit. Mgr Grandin s'était réservé la joie de sacrer son coadjuteur. Il fut assisté de Mgr

Durieu, évêque de New-Westminster, et de Mgr Olut, évêque * . ‘auxiliaire de Mgr Grouard. Mgr Langevin, ‘archevêque de

Saint-Boniface, assistait au trône, et prononçait ‘un savoureux . discours sur la mission et l’autorité de l’épiscopat.

Au banquet qui suivit la cérémonie, bien des vœux furent adressés au nouveau prélat. Le vénérable Mer Grandin, dans une charmante causerie, jeta un coup d’œil rétrospectif sur les missions du Nord-Ouest, il fit voir l'action divine dans les œuvres réalisées, et redit à son cher coadjuteur les paroles de saint Xiste à saint Laurent : : Majora te manent pro Christ fide cerlamina. ‘

Mgr Legal répondit humblement que son seul désir était de recevoir lesprit de son consécrateur. “Si en parcourant le dogèse j'entendais dire : “(C’est encore l’esprit de notre

“premier Evêque qui agit en celui qui >il nous s envoie,” je n’en

‘-.demanderai pas davantage”

Le Père Lacombe parla agréablement in Pesprit de prophétie des Pieds-Noirs. A peine le Père Legal était-il arrivé au milieu deux, qu'ils ‘lui improvisèrent un nom. Ils lappelèrent Sportsitapi (celui qui siège en haut). N’avaient-ils pas l’intuition de ce qui devait arriver seize ans plus tard ?

Ce furent de vraies fêtes de famille, bien douces au cœur sensible du vieil Evêque. Peu de temps après il écrivait à l'archevêque de Saint-Boniface qui lui avait confié ses ennuis :

. “Si je vous faisais part de mes inquiétudes, à mon tour, je ne

sais quand je finirais ma dettre. Il est vrai que j'ai, sur vous, un grand avantage, un bon Cyrénéen sur lequel je me décharge de toutes mes croix et je le fais sans serupule.” Mais, à côté de toute joie, il y avait toujours, pour lui, quelque douleur. La

mort frappait sur ses affections à coups redoublés. Le TR.

P. Soulier, supérieur général des Oblats depuis quatre ans LL seulement, mourait, les armes à la main, le 8 octobre. Mgr “% Grandin Pappréciait, Paimait, et comptait beaucoup eur. lui. En Quelle tristesse, wécriait-il. Enfin, le bon Dieu n’est paë mort, lui, et la Congrégation n’en mourra pas non plus” Il ne put se rendre au Chapitre, convoqué bientôt après, pour * l'élection d’un nouveau supérieur général, mais il écrivit, sans le connaître, à celui qui devait être élu, une lettre pleine d’humilité et de sentiments religieux. “ Votre lettre, Ii répondait Pélu du Chapitre, le T. R. P. Augier, a rempli mes yeux de larmes. Laissez-moi vous dire combien j’ai été touché des beaux sentiments que vous m’exprimez avec tant de cœur. ” Ces sentiments, certes, je les connuissais, mais vous avez une manière de parler de votre famille religieuse et des supérieurs qui la gouvernent qui émeut jusqu’au plus intime de l’âme.” En demandant un coadjuteur, Mgr Grandin avait demandé que ce dernier devînt vicaire des missions. Le dernier acte administratif du R. P. Soulier fut de faire droit à cette demande, et de confier cette charge à Mgr Legal. “J’avais demandé cela comme une faveur, disait l’Evêque, je n°y comptais plus. Sans doute que notre regretté Père a voulu me donner, à moi aussi, le temps de me préparer à la mort.” Le vieil athlète pouvait regarder, dun œil serein, le bien réalisé. :

Le diccèse de Saint-Albert, outre les missionnaires, avait “déjà un certain nombre de prêtres eéculiers et comptait cinq - districts : Saint-Albert, Edmonton, Calgary, le lac Laselle, le district des Pieds-Noïrs, subdivisés en quarante-six missions, paroisses ou postes à desservir. Quelques-unes de .ces stations étaient en plein épanouissement. Des écoles prospères, des hôpitaux modèles s’élevaient à Edmonton, à Calgary, à Saint- Albert.

aan ut

Le T. R. P. AUGIER, 4ème SUPÉRIEUR GÉNÉRAL DE LA CONGRÉGATION DES MiIssionnarREs O0. M. I.

L'ancien fort des Prairies était devenu une ville de trois mille âmes, avec un hôpital général tenu par les sœurs Grises, et une gracieuse église en construction.

La ville-de Calgary (4,000 âmes) était dotée d’une belle église, d’une école prospère fréquentée même par les protestants, et d’un hôpital modèle. -

Les Pieds-Noirs tenaient encore aux pratiques du paganisme. Cependant, l’ébranlement semblait devoir se produire. Deux des grands chefs avaient reçu le baptème. Un hôpital exclu- ” Sivement pour les sauvages et trois écoles, dont une industrielle,

étaient bâtis sur ce district. La moisson semblait jaunissante. Enfin, il avait êté jeté les bases d’un séminaire; destiné à favoriser le recrutement d’un clergé local. Cette œuvre, pour laquelle il s'était tant dépensé, était encore dans sa eur, mais promettait des fruits. - C’est une page de VEvangile qui passe devant nos yeux : “ En .te temps-là, Jésus descendit sür les bords du lac ou mer de Tibériade, dans la Galilée des Gentils; et le peuple qui était assis dans les ténèbres vit luire une clarté, et ceux qui habitaient dans la région de la mort, virent se.lever sur eux la lumière.”

ce \ 3

rase PA RNES)

Page 1