‹ Mgr. Joseph-Octave Plessis [microforme]Chapitre 10 sur 44 · EL 1 EE · texte numérisé non relu

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retarder, jusqu’après le rétablissement de la paix, les négociations entamées au sujet de la création de nouveaux diocèses.

En attendant que cette grande question pût se régler à l'avantage de la religion, Mgr. Plessis continuait les œuvres commencées par son prédécesserr. et en entreprenait de nouvelles pour offrir à toutes ses ouailles les bienfaits d’une éducation chrétienne. A peine quelques mois s’étaientils écoulés, depuis qu’il avait pris possession de son siége, que la providence lui fournit l’occasion de témoigner sa charité et son zèle pour le rétablissement d’une institution bien précieuse.

Monseigneur de Saint-Vallier avait bâti, aux Trois-Rivières, un couvent qui renfermait des écoles et un hôpital, tenus par des Ursulines, Cette maison, réduite en cendres environ cinquante ans après sa fondation, fut rétablie par la générosité du clergé et des fidèles du diocèse. Le deux octobre 1806, un second incendie éclata, et, en quelques heures, détruisit le monastère, l’église et l'hôpital. A la nouvelle de ce malheur, Mgr. Plessis s’empressa de pourvoir aux premières nécessités des bonnes religieuses et de leur procurer une retrait pendant que leur maison se rétablirait.

Pour leur faire comprendre tout l’intérèt qu'il leur portait et les consoler dans leur afflicticr. il leur adressa une lettre digne d’un évéque des premiers siècles de l'Eglise.

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‘“ Nous avons appris,” leur écrit-il, qu’un cruel incendie a réduit en cendres votre église et votre monastère, et consumé, en peu d'heures, l'ouvrage de bien des années. .Nous n’entreprendrons pas de vous exprimer la première impression que cette nouvelle à produite en nous; elle a été aussi douloureuse qu’on peut la supposer dans un cœur qui vous est sincèrement affectionné en J.-C. et qui prend le plus vif intérêt à tout ce qui vous concerne. Nous nous sommes représenté votre troupe errante à l'entrée de la nuit, désolée, ne sachant que devenir, sans vivres, sans demeure, sans vêtements, sans ressources.

À ces affligeantes réflexions en ont succédé

de moins pénibles, et que sans doute vous

avez eu le loisir de faire avant nous: c’est, premièrement, que l'incendie qui vous a délogées de votre monastère est un accident temporel, que vous ne pouviez ni prévoir ni empêcher, et qui, queïque fâcheux’ qu'il semble aux yeux de la nature, l’est cependant moins aux yeux de la foi que ne serait un seul péché que vous auriez commis.

Secondement, dans cet événement nous apercevons la main bienfaisante du Très- Haut, qui a voulu éprouver ses servantes..

Nous croyons enfin que Dieu, en vous affiigeant, a voulu faire voir que sa providence est inépuisable, et donner le moyen aux fidèles de ce diocèse, d'exercer envers vous une charité à laquelle il ne manquait qu’une occasion pour se manifester.”

HF

Les Ursulines de Québec ouvrirent leur couvent aux religieuses des Trois-Rivières.

Seize de celles-ci profitèrent de l'invitation, tandis que d’autres restaient pour surveiller la reconstruction de leur couvent. Par son exemple, par ses exhortations et par ses mandements adressés à toutes les paroisses du diocèse, Mgr. Plessis procura des secours abondants qui aidèrent au rétablissement du monastère et de l'hôpital.

Toutes les institutions qui avaient pour but la gloire de Dieu et le bien du prochain, étaient assurées de trouver dans évêque de Québec un ami et un protecteur ; il s’intéressait surtout aux œuvres destinées à fournir l’instruction des Jeunes gens et à les former à la vertu ; n'étant encore que coadjuteur, il avait donné des preuves de de ses dispositions à cet égard. Dans une partie éloignée de son diocèse, M. Burke, grand vicaire et curé de Halifax, essayait, depuis plusieurs années, d'établir un collége pour y préparer quelques étudiants à l’état ecclésiastique. Après avoir recueilli, parmi les catholiques, la somme nécessaire pour couvrir les premiers frais de l’entreprise, il fut soudain arrêté dans ses démarches par le gouvernement de la Nouvelle-Ecosse, qui lui enjoignit de ne pas passer outre.

L'ordre fut retiré au bout de trois ans; alors on recommença les travaux avec une ardeur nouvelle, et les édifices furent bientôt préparés pour la réception des

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élèves; mais il fallait obtenir des professeurs. En 1805, M. Burke s’adressa aux Jésuites retirés en Russie ; par l’entremise du Père Strickland, établi à Londres, il réussit à obtenir du P. Brzozowski, la promesse que deux Pères de la compagnie lui seraient envoyés, dès que les difficultés suscitées par le gouvernement anglais auraient été aplanies. Mgr. Plessis favorisait de tout son pouvoir les démarches de M.

Burke, d’abord à cause du bien que les Jésuites auraien! procuré dans cette partie de son diocèse, puis dans l'espérance de pouvoir, après un premier succès, obtenir l'entrée de quelques autres religieux dans les missions du Haut-Canada.

Ce projet manqua, parce que le gouvernement sngluis refusait d'admettre des Jésuites dans les provinces britanniques de l'Amérique, et ensuite que la Propagande ne leur voulait permettre de passer dans le diocèse de Québec qu’en qnalité de prêtres séculiers.

L’évêque et son grand vicaire se proposèrent alors d'employer comme professeurs, des prêtres séculiers qu’on espérait trouver en Angleterre ; au commencement de l’année 1808, Mgr. Plessis en écrivait à M.

DeBouvens, son procureur à Londres.*

* M. Bourret, prêtre sulpicien qui avait été pendant plusieurs années agent des évêques de Québec à Londres, En le 23 octobre, 1807, et fut remplacé par M. De-

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