‹ Mgr. Joseph-Octave Plessis [microforme]Chapitre 11 sur 44 · DONS · texte numérisé non relu

DONS

‘Quant à l'école catholique à établir dans la capitale de la Nouvelle-Ecosse, il y a des précautions à prendre. Le gouvernement de cette province, aussi bien que celui du Bas-Canada, a moins de libéralité que le gouvernement général de l’empire britannique. On ne peut donc se flatter d’y établir des professeurs catholiques qu'autant qu'ils seraient avoués, ou du moins tolérés, par les ministres de Sa Majesté, et munis de passeports. Or la chose n’est pas fort aisée à obtenir d’un ministère ennemi, comme vous le savez, de notre religion, en haïne de laquelle il a été appelé à l'administration des affaires.”

On voit que l’évêque de Québec, s’il avait peu de confiance dans la libéralité du ministère anglais, en avait moins encore dans les dispositions des gouverneurs du Canada et de la Nouvelle-Ecosse. M. Burke ne put obtenir la permission de faire venir, pour son collège, quelques prêtres français qui avaient appris l’anglais à Londres. Dès lors il dut laisser reposer son projet, attendre des temps meilleurs et employer une partie de ses fonds à faire instruire, au séminaire de Québec, plusieurs des jeunes gens qu'il avait eu l'intention de placer au coilége de Halifax.

Monseigneur Plessis, qui avait pris une si grande part aux tentatives faites par son grand vicaire pour l'établissement d’un collége dans la Nouvelle-Écosse, n’était pas

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homme à négliger des institutions du même genre au centre du pays. Deux maisons d'éducation instruisaient depuis longtemps la jeunesse du pays ; c’étaient le petit séminaire de Québec et le collége de Montréal. Le second de ces établissements avait vu augmenter le nombre de ses professeurs par l’arrivée de quelques prêtres, forcés de quitter la France durant le règne de la terreur et appelés à Montréal par messieurs de Saint-Sulpice.

Une troisième institution du même genre venait de s'ouvrir à Nicolet. dans le vois:

nage des Trois-Rivières. Elle était encore

bien humble, bien peu connue, et avait besoin d’un protecteur ; elle le trouva ; la main bienfaisante du digne prélat la tira des embarras dans lesquels elle était plongée, et l’assit sur des fondements solides.

En octobre 1805, monseigneur Denaut avait érigé en petit séminaire une école élémentaire fondée à Nicolet, par M. Louis Marie Brassard, curé du lieu.* Placée à

* La famille Brassard est une des plus anciennes du pays. En 1637, Antoine Brassard, né en Normandie, épousait à Québec Françoise Méry. Leurs descendants sont nombreux dans la province. Le sieur Brassard Deschenaux, secrétaire de l'intendant Bigot appartenait à cette famille. Louis Marie Brassard, né à Québec, le 19 décembre, 1726, était fils de sieur enr Baptiste Brassard, et de dame Marie- Françoise Huppé Lacroix. Il fut ordonné prêtre le vingt-un

décembre, 1749. Après avoir été vicaire pendant neut mois à Charlesbourg, il fut nommé curé de Nicolet, le premier octobre, 1750; il était en même temps desservant de la Baie-du-Febvre, où il fit bâtir une église et un presbytère.

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