‹ Mgr. Joseph-Octave Plessis [microforme]Chapitre 12 sur 44 · PE · texte numérisé non relu

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mi-distance entres les deux grandes maisons qui se d'éducation, cette nouvelle institution pou- Ge fut vait par la suite rendre quelque service |£s occup au pays ; aussi monseigneur Plessis crut maiérl( devoir la favoriser : “ Je n’ai rien plus à propres “ cœur ” écrivait-il en 1807, ‘‘ que de voir Mionds. “ces différentes maisons préparer les super “ moyens de propager le règne de Dieu des av “ dans cette partie du monde, et il est Betlese “ possible que l’école naissante de Nicolet Il exige “ soit, dans les vues impénétrables de la Ærendiss ‘‘ providence, une ressource ménagée pour À de ce q . “ suppléer un jour aux deux autres, qui Mrespect “ étant plus importantes sont par là-même élèves ‘ plus propres à exciter l'envie des ennemis de sorte ‘ de la religion.” qualité Dans l'automne de 1806, M. Raimbault À écolier fut nommé supérieur de ce collége et en À dans le même temps curé de Nicolet. Dès l’année À s'ils éta suivante, l’évêque fit ajouter une aile à D siastiqt l’ancienne maison de M. Brassard, et, Dans durant le reste de sa vie, il continua à faire d'adme des dépenses considérables pour le soutien d'élève de cet établissement, qui sans le secours quatre de son généreux bienfaiteur aurait proba- À pale. blement été condamné à périr.

Le collége de Nicolet devint un objet de prédilection pour monseigneur Plessis,

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Devenu infirme en 1791, il obtint l'aide de M. Alexis né

| Durocher, qui fut nommé curé d'office. M, Brassard

i mourut le vingt-sept décembre, 1800, Il légua sa maison et

sa terre pour une école de paroisse ; le testament se trouvant nul, M. Pierre Brassard céda généreusement tous ses droits à monseigneur Denaut, et voulut que les volontés de son frère tussent exécutées dans leur entier,

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qui semblait en être le premier directeur.

Ce fut lui qui rédigea les règlements, qui s’occupa le plus sérieusement des intérèts matériels de l'institution, et qui de ses propres deniers lui procura plusieurs biensfonds. Deux fois par mois il écrivait au supérieur et au directeur pour leur donner des avis, leur suggérer des améliorations, et les encourager dans leur pénible travail.

HIl exigeait que le directeur et l’économe lui rendissent régulièrement un compte détaillé 1 de ce qui se passait dans leurs départements respectifs. Des notes sur le compte des élèves lui étaient fréquemment transmises, de sorte qu’il connaissait les talents et les qualités de chacun des professeurs et des écoliers qui avaient passé quelques années dans le collége, et pouvait d'avance juger s'ils étaient propres, ou non, à l’état ecclésiastique.

Dans la suite, il eut la consolation d'admettre dans son clergé beaucoup d'élèves de cette maison, parmi lesquels que ont été honorés de la dignité épiscopale.”

* Le collége de Nicolet a fourni à l'église du Canada nosseigneurs Provancher, Cooke, Baïillargeon et Prince.

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Etat du diocèse de Québec—La suprématie— Premiers

ouverneurs anglais, amis des évêques —Sir Robert Shore Milnes—Institution Royale—M, Ryland—Projets contre la liberte du clergé catholique—Lord Castlereagh.

En considérant l'étendue de son diocèse, les difficultés de le visiter, le petit nombre de prètres mis à sa disposition, Mgr. Plessis sentait bien la grandeur de la tâche qui lui était imposée, mais 1l avait une entière confiance dans le secours de Dieu. ‘ Examinez la carte,” écrivait-il en 1806, à son agent de Londres, “et vous concevrez difficilement qu'il soit possible à un seul évêque d'étendre sa sollicitude avec quelque succès depuis le lac Supérieur jusqu'au dehors du golfe Sairt-Paurent. Cet espace renferme plus de deux cent mille catholiques; et néanmoins il n’y a que cent quatre-vingts

prêtres pour répondre à tous ces besoins...

Ajoutez à cela les difficultés nombreuses qu'attire le mélange des protestants, et la vigilance continuelle qu’il faut avoir pour ne point se compromettre avec un gou vernement qui voit les choses d’après ses principes, et fait de tempsen temps quelques nouveaux efforts pour établir ici la suprématie du roi.”

Parmi les difficultés que mentionne le

prélat dans cettre lettre, les plus rudes lui furent suscitées par quelques fonctionnaires publics, qui désiraient asservir l’église

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catholique à l'autorité royale. Sa conscience ne lui permettait pas de faire la moindre concession sur ce terrain; aussi il tint ferme et lutta contre eux avec tant de sagesse et de courage qu'il finit par renverser tous leurs projets.

Etendre, sur les catholiques comme sur les protestants, la suprématie du roi en matière de religion. voilà ce que demandaient les conseillers des gouverneurs depuis 1763. [ls sentaient en effet, qu’à côté de l'autorité civile qu’ils exerçaient, existait un pouvoir d’un ordre supérieur, dont ils auraient voulu s'emparer, afin d'être les maîtres au spirituel comme au temporel.

Les évèques avaient rejeté ces insultantes prétentions ; et, comme ils étaient soutenus par le clergé et par le peuple, une lutte violente aurait surgi entre la population catholique et l'administration coloniale, si les gouverneurs n'avaient pas eu la sagesse de réprimer les rnenées des officiers subalternes. Monseigneur Briand s'était attaché à maintenir des rapports de bienveillance avec les gouverneurs, et s’adressait directement à eux pour toutes les affaires, sans ‘amais y faire intervenir aucun des chefs de bureau.

En 177%, Sir Guy Carleton, déclara publiquement que si la province de Québec avait été conservée à la Grande-Bretagne, on le devait au clergé catholique. Aussi

our en témoigner sa reconnaissance, il aissa l'évêque remplir paisiblement ses fonctions et disposer à son gré de toutes les cures, et ne chercha point à recourir aux instructionsroyales, qui semblaient n’avoir été préparées que pour détruire la religion catholique.*

Les évêques Hubert, D'Esgly et Denaut marchèrent sur les traces de leur prédécesseur et n’eurent pas à s’en repentir, car les gouverneurs n’essayèrent point de les sèner, et leur permirent d’exercer leurs pouvoirs en liberté. Même après l’arrivée du docteur Mountain, nommé par le roi évêque de l’église anglicane dans la province, nosseigneurs Hubert, Denaut et Plessis prirent toujours le titre d’évèques de Québec, dans leurs mandements aussi bien que dans leurs lettres particulières.

C'était une cause de mauvaise humeur

our l'avocat général Sewell, pour M.

yland, secrétaire du gouverneur, mais surtout pour l’évêque anglican, qui se croyait titulaire et n’en reconnaissait point d'autre. Quelques fonctionnaires anglais étaient tellemert pointilleux sur ce sujet, que plusieurs fois dans des assemblées publiques, ils déclarèrent hautement qu'ils ne connaissaient qu’un évêque de Québec, M. Mountain, et qu'ils ne tenaient aucun compte des prétentions d’un certain gentil-

* Lettre de l'évêque de Québec. mai, 1807.

homme qui s’attribuait le même titre.

Mais ces protestations de cinq ou six individus étaient de peu d’importance, tandis que l'autorité supérieure ne les soutenait point.

Lorsque Mgr. Denaut prit possession de l'évêché en 1797, le général Robert Prescott, gouverneur en chef, le pria de lui remettre chaque année une liste des nominations qui auraient été faites dans les douze derniers mois, afin qu'il pût lui-même en rendre compte au ministère si on l’interrogeait ; ilajoutait que, pour le reste, l’évêque serait LE re libre dans ses opérations. Prescott fut rappelé dans l’année 1799, et remplacé par le lieutenant-gouverneur Sir Robert Milnes, qui se montra tout dévoué au chef de son égiise.

Alors commencèrent des tracasseries, qui grandirent de jour en jour, et finirent par menacer la liberté du culte catholique.

Le dessein des chefs de la coterie était d'anéantir l’autorité de l’évêque de Québec, de nommer aux cures, ei de s'emparer de l'instruction publique.

En 1801, ils réussirent à obtenir du par.

lement provincial une loi dont ils espéraient se servir pour accaparer l'éducation. Cette loi établissait une corporation désignée sous le nom d’Institution royale pour l’encouragement de l'instruction publique, et semblait contenir des dispositions libérales en faveur de toutes les classes de la société.

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Mais on ne fut pas longtemps sans découvrir qu'un piége avait été habilement tendu.

Les membres du bureau de direction, nommés par le gouvernement, se trouvèrent être presque tous des protestants ; le président de l'instruction n’était autre que le Lord Bishop lui-même ; de sorte que l'instruction publique, dans une province presque toute catholique, était entre les mains des protestants. Aussi, le clergé du pays s’éleva en masse contre cette corporation, et réussit à l'empêcher de fonctionner au gré des auteurs du projet.

S'adressant à Lord Hobart, chargé des affaires coloniales, le docteur Mountain demandait la permission de résigner sa charge, parce qu’on lui refusait le droit de nommer aux cures.

‘Tandis que le surintendant de l’église romaine,” écrivait-il, ‘ prend publiquement le titre d’'évêque de Québec, il a luimême aussi bien que son clergé un soin tout particulier de me refuser ce titre ; il dispose, comme il l'entend, de toutes les cures du diocèse, érige des paroisses, accorde des dispenses de mariage selon son plaisir, et exerce librement toutes ces fonctions que lui refusent les instructions royales, et que l’évèque protestant n’a jamais remplies.”

Dans une lettre portant les initiales de Herman Witsius Ryland, l'écrivain avoue plus franchement sa haine contre la religion

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catholique, et son dessein de la renverser dans cette province.

“J'en viens maintenant,” dit-il, ‘ au clergé"papiste de cette province ; je l'appelle

apiste pour le distinguer du clergé de l'église établie, et afin d'exprimer combien je méprise et je hais une religion quiravale l'esprit humain, et qui entraine une espèce de malédiction sur les pays où elle prévaut.

Voilà mon opinion ; aussi j'ai depuis longtemps posé en principe, qu’il faut miner graduellement l'autorité et l'influence des prêtres catholiques romains, par tous les moyens que la prudence peut suggérer.

C’est là le grand, le principal objet qu’un gouverneur doit avoir toujours en vue... ; conduisons habilement les choses, et nous aurons réussi avant que dix ans se soient écoulés...”

‘ Les instructions de Sa Majesté défendent à tout individu de prendre la charge des âmes sans avoir obtenu un permis signé de la main du gouverneur ; et si l’on faisait observer ces instructions, la suprématie du roi serait établie, l'autorité du pape abolie, et le pays deviendrait bientôt protestant.”

‘ Nous avons assez longtemps permis à une bande de coquins français (French rascals) de nous empêcher d'atteindre notre but ; une démarche prudente et décisive nous aurait bientôt tirés de cette position compromettænte—Dans tous les cas, je conseillerais aux gouverneurs de la pro

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vince de profiter des circonstances favo-

rables qui se rencontreront, et de ne perdre

un pouce q'ie pour gagner une aune.” * Quoique plus modéré que M. Ryland,

l'avocat général Sewell n’était pas plus favo-

rable à la religion catholique. En 1804, il avait à la suite d’un long mémoire sur les biens du séminaire de Saint-Sulpice de Montréal, conclu qu’ils appartenaient au roi d'Angleterre, qui était le légitime héritier des anciens propriétaires. Il conseillait d'accorder une pension viagère aux ecclésiastiques employés dans cette maison, et de destiner les propriétés des Sulpiciens à favoriser l'instruction publique, à fonder une université, ou à tout autre objet que le parlement impérial pourrait recommander dans sa sagesse.

En pleine cour de justice, il avait soutenu qu'aux termes de 14 capitulation de 1760,

* Christie, Vol. VI,— ; lettre de M. Ryland, 23décembre, 1804. Herman Witsius Ryland, secrétaire civil de plusieurs gouverneurs, greffier du conseil exécutifet conseiller législatif, né en 1760, à Northampton, en Angleterre, d'une famille venue du Hanovre, passa au Canada dans l'année 1793, en qualité de secrétaire civil de Lord Dorchester. Préjugé contre la religion catholique et contre tout ce qui était français, il nourrit toute sa vie le projet d'imposer à l'église catholique le joug de la snprématie du roi d'Angleterre, et d'anglifier les Canadiens par des moyens coercitifs. Ceux-ci ne voulaient être anglifiés ni par la douceur ni par la force. Ils résistèrent obstinément et firent échouer les projets de sieur girier Ce qui est suprenant, c'est que cet homme, retiré à Beauport dans ses dernières années, ait vécu en bone intelligence avec sesVoisins canadiens, dont il était estimé. M. Ryland mourut, à Beauport le vingt juillet, 1838, à 78 ans,

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du traité définitif de 1763 et de l'acte «de Québec de 1774, le gouvernement avait seul le droit d’ériger des paroisses; qu’on devait regarder comme nulles les érections qui avaient eu lieu depuis la conquête du Canada, et qu’il n'existait point d’évêque catholique de Québec. |

Ces décisions de l'avocat général, dont les opinions avaient un grand poids auprès des juges. et qui était nécessairement consulté par le gouverneur sur toutes les questions de droit, pouvaient causer d’autant plus de mal qu’il semblait animé, non d'un esprit d’hostilité, mais du désir de maintenir des principes de la constitution anglaise.

Sir Robert Milnes, était un homme ‘loux et facile, mais qui aimait peu la religion catholique ; comme ïil n'avait pas une grande confiance dans ses propres lumières, il paraît s'être laissé guider par quelques conseillers intimes dont il prenait les avis et surtout par l’évêque anglican auquel il était tout dévoué.

Voilà quelles étaient les dispositious des hommes les plus influents dans le gouvernement provincial, lorsque Mgr. Plessis devint évêque titulaire de Québec. .

Par bonheur, Sir Robert Milnes était en Angleterre depuis le mois d'août de l’année précédente ; 1l y avait élé suivi par le docteur Mountain, qui allait porter ses plaintes aux ministres de sa majesté britan-

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nique. M. Dunn, ancien manchand de Québec, et premier conseiller exécutif, restait chargé de l'administration de la province pendant l'absence du lieutenant gouverneur. Sans s'arrêter aux représentations de M. Ryland, ladministrateur admit Mgr. Plessis à prêter le serment de fidélité au roi, sous le titre d’évèque catholique de Québec.

Cependant le prélat craignait les démarches du lieutenant gouverneur à Lôndres, et les intrigues des hauts fonctionnaires au Canada.

Milnes avait offert au prédécesseur de Mgr. Plessis de procurer à l’évêque catholique de Québec une existence civile, qui lui était contestée dans les tribunaux, où l’on prétendait qu'il n’était point reconnu du gouvernement. Sur les invitations réitérées du lieutenant gouverneur, monseigneur Denaut lui avait remis une requête dans laquelle il demandait au roi de vouloir bien accorder cette existence civile au clergé catholique du Canada, bien décidé toutefois, comme il appert par ses lettres, à ne point accepter cette faveur, si elle était accompagnée de quelque restriction-qui aurait gèné le libre exercice de l'autorité épiscopale. Il se défiait de l'intérêt que témoignaient Sir Robert Milnes et ses conseillers intimes pour la cause catholique ; et il n'avait pas tort, car des avis

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