‹ Mgr. Joseph-Octave Plessis [microforme]Chapitre 24 sur 44 · ARE 22 AT S · texte numérisé non relu

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Les 'adperné métis étaient intelligents ; mais ils n'avaient encore reçu d’autres leçons religieuses, que celles qui leur étaient données par leurs pères, assez peu instruits eux-mêmes des vérités chrétiennes, après un séjour de vingt-cinq à trente ans dans ces pays de barbarie. Aussi, au sein de cette population à demi sauvage.

l'ignorance était profonde, et le vice jetait de fortes racines. Heureusement, l’arrivée des missionnaires était ardemment désirée ; ils avaient été demändés à plusieurs reprises par les patriarches de la colonie, et la population tout entière les reçut avec satisfaction. Bientôt ils recueillirent des fruits précieux, en ramenant au bercaïil les brebis égarées, et en déposant les semences de la foi dans le cœur des infidèles, qui entretenaient des rapports avec les catholiques.

Toutefois, si les consolations spirituelles étaient libéralement départies aux missionnaires, elles étaient achetées par eux au prix de nombreux sacrifices. Dans les premières années de leur résidence, ils eurent à souffrir de la privation de bien des choses qu'ils avaient jusqu'alors regardées comme étant de première nécessité.

Pendant le carême de 1819, qu’ils passèrent ensemble à la Fourche, ils n’eurent d’autres nourriture que quelques poissons blancs, qu’il leur fallait manger sans sel, sans pain, sans légumes, sans aucun assaisonnement.

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Dieu se plut à bénir les travaux de ces hommes aposioliques : leur petite chrétienté s’accrut rapidement ; des familles métisses arrivaient des profondeurs de l’ouest pour fixer leur résidence auprès de la cabane des robes noires, les mœurs s’améliorait, la religion faisait des conquêtes, et le noyau d’une colonte catholique se formait graduellement sur les bords de la rivière Rouge.

En 1819, on apprit à Québec que la fondation de cette importante mission de l’ouest était un fait accompli. Deux prêtres canadiens avaient réussi à planter la croix, à l'entrée des immenses prairies qui s’étendent depuis le lac Winnipeg et les sources du Mississipi jusqu'aux montagnes Rocheuses ; au nom du Dieu Très-Haut, ils avaient pris possession de ce vaste territoire, où des centaines de tribus nomades vivaient courbées sous le joug du démon. D’autres missionnaires allaient être envoyés pour prendre part à l’œuvre d’évangélisation si heureusement commencée. Mais il fallait à l'Eglise naissante de la Rivière-Rouge un chef revêtu de pouvoirs suffisants pour l’organiser, la diriger et pourvoir aux besoins spirituels des pasteurs secondaires et du troupeau. Dès lors il devenait urgent de placer ce territoire sous la conduite d’un évêque résidant.

Cette opération devait se coordonner avec la division générale du diocèse de

Québec, que Mgr. Plessis n’espérait obtenir qu'après de longues négociations dans les cours de Rome et de Londres; car il n'avait pas encore été informé du succès qu'avait eu la demande présentée par M. MacDonell en faveur du Haut-Canada et du Nouveau- Brunswick.

Dans des circonstances si embarrassantes, les membres les plus considérables du clergé canadien jugèrent que pour éviter des délais, l’évêque devait passer lui-même en Angleterre, afin de s'entendre avec les ministres, sur la demande qu’il se proposait d'adresser au souverain pontife ; tous étaient persuadés qu'il obtiendrait d’heureux résultats s’il se présentait aux bureaux de Downing-street, où son nom était connu et respecté.

. Avant de laisser Québec, au mois d'août 1818, Sir John C. Sherbrooke avait fortement conseillé à Mgr. Plessis de faire ce voyage, qu'il représentait comme devant être avantageux au Canada, à l’évêque de Québec et au clergé catholique. Tant de sollicitations, jointes aux puissants motifs suggérés par l'intérêt de la religion, l'emportèrent sur la répugnanre qu’éprouvait le prélat à entreprendre un voyage beaucoup plus pénible et dangereux à cette époque qu’il ne l’est aujourd'hui. Dans un mandement donné après son retour, il explique les motifs qui l'avaient décidé à s'éloigner de son diocèse pour passer en

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Europe. Il cite d’abord celui qu’il considérait comme le plus fort, la division de son diocèse. * ‘ Nos illustres prédécesseurs, ” dit-il, ‘ qui s'étaient occupés de cette grande æuvre, y avaient trouvé des obstacles insurmontables. Leurs regards se portaient naturellement vers le district de Montréal, comme devant être, par sa population et par l'importance de sa ville principale, la première partie à démembrer. Dès l’année 1783, le clergé et Les citoyens de cette ville avaient fait, à ce sujet, des démarches dont les preuves existent encore dans nos archives, et qui malheureusement étaient demeurées infructueuses. Cependant les îles et les bords du golfe Saint-Laurent se peuplaient de catholiques ; le Haut-Canada ajoutait à son ancienne population une accession d’'émigrés, auxquels il fallait des secours plus présents que ceux que nous ouvions y porter nous-mêmes. Dans le Niuen s'établissait une mission qui donnait de grandes espérances, tant pour la conversion des infidèles que pour le retour à la piété et aux bonnes mœurs d’un grand nombre de mauvais chrétiens, dispersés sur une surface immense. Grâces à notre jeunesse et à une santé longtemps soutenue, nous avions parcouru plus de cinq cents lieues de territoire de l’est à

* Mandement du 5 décembre, 1822.

l’ouest, savoir ‘lepuis l’ile du Cap-Breton inclusivement, jusqu’à la rivière A:la- Tranche, dans le Haut-Canada ; et quoique ces excursions nous eussent porté plus loin qu'aucun de nos prédécesseurs, il s’en fallait de beaucoup que nous eussions atteint l'extrémité d’un diocèse, sans bornes à l’ouest et au nord.

‘ Ce fut ce qui nous engagea, en 1819, à solliciter une division du tout en cinq diocèses, dont le premier aurait été composé des trois districts de Gaspé, de Québec et des Trois-Rivières, le second des îles et provinces du golfe Saint-Laurent, le troisieme du seul district de Montréal, le quatrième de la province du Haut-Canada, et le cinquième de tout le territoire arrosé par les rivières qui portent leurs eaux dans la Baie-James ou dans la Baie-d'Hudson. ”

Ce plan avait été agréé et même en partie suggéré par la cour de Rome ; il s'agissait de le faire approuver à Londres pour toutes les fins civiles. En effet, les nouveaux évêques avaient besoin d’être reconnus de l'autorité civile, afin de pouvoir agir librement dans tout ce qui regarderait le temporel de leurs églises : l'érection des paroisses nouvelles, la division des ancieznes, la construction des églises, l’acquisition des terrains requis pour les besoins des fabriques et une foule d’autres affaires de ce genre, dans lesquelles il faut bien

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ordinaires, devaient nécessairement être soumises à l'autorité épiscopale. Or, si ces attributions étaient refusées à celle-ci dans les cours de justice, si l'évêque n'était pas reconnu par la loi, le temporel des églises tomberait peu à peu mais inévitablement dans une confusion inextricable. De là l’importance que mettait Mgr. Plessis à faire reconnaitre, par le gouvernement britannique, les évêques auxquels le souverain pontife accorderait des pouvoirs spirituels et la juridiction épiscopale.

À ce but principal du voyage de l’évêque de Québec se joignaient d’autres motifs d’un ordre secondaire : ainsi il souhaitait obtenir des lettres patentes d’amortissement pour le petit séminaire de Nicolet ; il voulait joindre ses représentations à celles de messieurs les Sulpiciens, afin de frustrer les projets des hauts fonctionuaires de la colonie, toujours désireux d'engager le gouvernement à s'emparer de la seigneurie de Montréal.

Quelques ceusitaires du séminaire des. Sulpice avaient refusé d’acquitter les droits dûs aux seigneurs ; plusieurs des membres du conseil exécutif jugèrent l’occasion favorable pour soulever de nouveau les prétentions de la couronne eur les biens de cette institution. Monsieur Ryland adressa une lettre, le 16 avril 1819, au colonel Ready, secrétaire du duc de Richmond, afin d'attirer l'attention du gouverneur sur la question.

“Si vous considérez,” écrivait-il, ‘ la rodigieuse valeur que vont acquérir les iens de Saint-Sulpice par la confection du canal de LaChine, vous comprendrez, comme moi, de quelle conséquence il est d'affirmer et de déclarer les droits de Sa Majesté sur ces biens ; un ‘protêt, j'en suis certain, en ouvrant les yeux du public sur

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cette corporation à se confier à la libéralité de la couronne, et offrira ainsi au gouvernement le moyen de conclure un arrangement financier, au moyen duquel il sera délivré de l'obligation de recourir à la chambre d’assemblée pour obtenir des fonds pour la liste civile.”

Sir John Sherbrooke avait été forcé, par la maladie, de renoncer au gouvernement de la province ; les Canadiens l’avaient vu partir avec chagrin. ‘“ La province et le clergé,” écrivait M. Roux, ‘‘ font des vœux ardents pour son rétahlis ;ement. La religion, dans ce pays, lui a les plus grandes obligations. C'est bien le gouverneur qui l'a le mieux traitée et a fait le plus pour elle.” *

Cet ami des Canadiens avait été remplacé par le duc de Richmond, qui prit les rênes du gouvernement le vingt-huit juillet 1818 ; c'était à ce dernier qu'’étaient soumises les remarques de M. Ryland.

* Lettre de M. Roux, 19 février 1818.

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Au mois de mai 1819, M. Roux fit remettre all gouverneur un mémoire, à l'appui des droits du séminaire de Montréal sur les biens qu'il possédait dans la province lors du traité de cession. Cet appel à la justice excita l’indignation de quelquesuns des conseillers du duc.

‘ Comment.” s’'écrie M. Ryland, en parlant de M. Roux, ‘ne pas contraster l’émigré pauvre, malheureux, suppliant, avec le prêtre fanatique et présomptueux, soutenu par les grands biens qu’il possède et par la dangereuse influence dont il jouit... M.

Roux et sa communauté ont remarqué la politique suivie par les deux derniers gouverneurs généraux, à l'égard des établissements catholiques romains dans la province. Pendant la durée de cet ordre de choses, ils ont vu un revenu de quinze cents louis attaché au titre d'évêéqueromain, sans que la couronne en ait retiré le plus léger avantage ; ils ont vu... l'individu qui possédait cette charge, appelé à occuper dans le conseil législatif un siége, d’où 1e roi lui-même ne peut le faire descendre.

Ils savent qu’ils retireront un grand avantage de la présence de ce personnage en Angleterre, où il a les moyens de se montrer avec splendeur ; ils se flattent que sa finesse, ses talents et ses professions affectées de loyauté... ne manqueront pas d'engager les ministres de Sa Majesté à accepter toutes les mesures qu’il proposera.

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‘ Ces gens ont graduellement exclu toute influence anglaise de la chambre d’assemblée, où ils sont sûrs qu'on n’admettra ja mais de loi propre à encourager une population protestante... Il faut trouver quelque moyen d'introduire une représentation protestante dans la chambre d’assemblée, soit par l'union des deux provinces, soit par une nouvelle division du Bas-Canada..…...”

La position des amis de M. Ryland était moins gaie depuis qu’il ne leur était plus permis d'espérer qu’un jour ils dépouilleraient l'Eglise catholique de ses droits et de ses biens. Quel fanatisme de la part du clergé canadien, que de résister à leurs spoliateurs et d'en appeler à la justice du gouvernement britannique ! Quelle honte pour les Prevost et les Sherbrooke d’avoir consenti à accorder aux habitants du pays, la liberté de conscience et le privilége d'être traités comme les autres sujets de l'empire !

Accoutumés à commander en maitres dans leurs bureaux, imprégnés de préjugés religieux et nationaux, les anciens conseillers du général Craig traitaient de fanatiques et de rebelles ceux qui réfusaient de courber la tête sous leur intolérance et leur despotisme. On ne doit donc pas être surpris s'ils regardèrent de fort mauvais œi: ‘e mémoire de M. Roux. Mais la masse ds la population anglaise, dans la province, montrait des dispositions plus libérales, et

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le gouvernement de la mère-patrie, comme on à pu le voir, était bien au-dessus de ce misérable esprit de chicane.

Cependant. comme il était important de contrebalancer l'influence qui s’exerçait auprès du ministre des colonies et qui tendait à dépouiller le séminaire de Mont.

réal, messieurs de Saint-Sulpice députèrent M. Lartigue pour aller soutenir leur cause dans les bureaux de Downing-Street. Les connaissances légales de ce prêtre éminent le rendaient très-propre à remplir une semblable mission ; il l’accepta volontiers et profita de l’occasion favorable qu’allait lui offrir la présence à Londres de Mgr.

Plessis. Connaissant l'influence du prélat auprès des ministres, il voulut en profiter pour l'intérêt de sa cause ; il se hâta donc de descendre à Québec, afin de traverser la mer sur le navire qui devait porter l'évêque et ses compagnons de voyage.

TROISIS:ME PARTIE.

Arrivée de Mgr. Plessis à Liverpool—Il apprend qu'il a été nommé archevêque—Sir John Sherbrooke—-Londres— L'évêque Poynter — Trois mémoires présentés à lord Bathurst--Cirencester—Visite à lord Bathurst—Arrangements pour la division du diocèse de Québec.

C'était alors une entreprise fort sérieuse qu’un voyage en Europe; on s’y préparait de longue main, et un homme prudent ne se mettait eu route qu'après avoir réglé toutes ses affaires temporelles et spirituelles. Pour peu que l’on eût à séjourner dans le vieux monde, l’on ne pouvait s'attendre à être de retour en Amérique avant une année. Aussi Mgr. Plessis prit des précautions, afin que rien ne souffrit pendant son absence, lors même que son voyage serait prolongé; il consacra trois semaines à régler ses affaires tant ecclésiastiques que temporelles, et appela à Québec son vénérable coadjuteur, auquel fut remis le soin de son diocèse; de ce côté il était sans inquiétude, car la prudence et la sagesse de l’évêque de Saldes lui étaient connues.

Accompagné de messieurs Lartigue et Turgeon, et escorté par un grand nombre d’ecclésiastiques et de citoyens de sa ville épiscopale, il s’embarqua, le trois juillet 1819, sur le George Symes, brick du port

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de deux cent quatre-vingt-cinq tonneaux, commandé par le capitaine Bushby. Les dames de F'Hôpital-Général lui avaient prêté un de leurs serviteurs affidés, connu sous le nom de John, autrefois esclave aux Antilles et attaché depuis plusieurs années à leur maison en qualité d'homme de confiance. Soigneux.intelligent et bon chrétien, ce noir fut un trésor pour les voyageurs et un objet de curiosité por quelques badauds européens, qui le regardaient comme un typeremarquable des Canadiens.

Il est bon de se rappeler qu’alors, en France, l’on y était tout surpris d'apprendre qu’audelà de la grande république américaine était: une province anglaise où se parlait généralement le français. | L'on ne peut guère aujourd’hui se figurer l'inquiétude que causa parmi les catholiques du Canada le départ de l’évêque de Québec; depuis le jour où Mgr. Briand avait pris possession de son siêge, aucun évêque de Québec n’était passé en Europe.

Le clergé et le peuple s'étaient accoutumés à la marche régulière que communiquait aux affaires ecclésiastiques la main vigoureuse du premier pasteur; le timon était maintenant confié à un vieillard, dont les forces pouvaient défaillir d’un jour à l’autre ; et si quelque accident survenait en route à Mgr. Plessis, que deviendrait le diocèse ! Les braves gens des faubourgs de Québec. particulièrement attachés à leur

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évêque, remarquaient bien des signes fâcheux : une comète venait de se montrer dans le ciel; pendant qu'on chantait une messe pour obtenir un heureux voyage au prélat, tous les cierges placés sur l'autel s'étaient éteints d'eux-mêmes. Plus tard, n fitcourir le bruit que l’évêque e’ ses compagnons, en traversant les Alpes. avaient été tuéset mangés par des sauvages ; c'était une vraie légende des guerres iroquoises.

Cependant le George Symes poussé par un vent favorable, s’avançait rapidement vers l'Angleterre, et le deux août les voyageurs débarquaient à Liverpool, après une traversée heureuse et considérée alors comme fort courte.

La première exclamation de l’évêque, après qu’il eût mis pied à terre, fut un cri de détresse. Accoutumé aux vastes horizons . des environs de Québec et à la pureté de l'air qu’on respire sur les bords du Saint- Laurent, il ne peut s'empêcher de tracer ces lignes dans son journal :

‘ Quelle ville que celle-ci! Quel bruit !

Quelle obscurité! Comme les premières rues que l’on rencontre sont étroites !

Eng puanteur occasionnée par la vapeur

u charbon de terre! Tout en est affecté :

têtes, poitrines, linge, murs, appartements.

Ilfaudrait beaucoup de temps pour détailler tout ce que Liverpool offre d’abord de curieux et ensuite de désagréable aux yeux d’un étranger, surtout lorsqu'il n’a pas encore voyagé en Angleterre.”

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lessis fut condamné à passer dix jours à Liverpool, quoiqu'il n’y eût point d'affaire. IlLemploya ce temps à visiter les institutions catholiques, et à recueillir des renseignements sur l’état de la religion dans cette partie de l'Angleterre.

‘ Les étrangers ” écrit-il ‘ ne soupconne-.

raient pas. que la religion catholique eût autant de ressources, dans un royaume où elle a été en proie à de si nombreuses et si violentes persécutions. Mais Dieu s’y était réservé des élus, et l'on peut dire à la louange des catholiques anglais, qu'ils sont les sujets de l'empire les plus paisibles. Le gouvernement leur rend cette Justice, mais n'a encore pu se résoudre à leur émancipation, par diverses considérations politiques dout la plus vraisemblable est la jalousie qu’en éprouverait le peuple d'Irlande... auquel on ne veut point l’accorder.”

‘ On pourrait ajouter à cela l'opposition constante du clergé anglican dont les prélats croient apercevoir leur ruine dans l’émancipation des catholiques; ceux-ci continuent de pétitionner le parlement pour leur émancipation, parce qu'ils voient avec peine ies familles nobles de leur communion exclues des places auxquelles leur naissance les appelle. IL est remarquable que le premier duc et le premier comte

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All d'Angleterre soient catholiques. * Ajoutez-y | | plusieurs autres Lords et barons, obligés de vivre dans leurs terres, sans prendre ancune part aux affaires publiques, privation qui devient pour eux une tentation presque continuelle d'abandonner la religion catholique, et qui les fait trembler pour la persévérance de leurs enfants...

Du reste, sous une infinité de rapports, l'émancipation ferait plus de ma: sue de bien aux catholiques,en réveillant la vanité, D '' l'ambition de parvenir aux places qui leur il seraient ouvertes, et en les jetant, au Jhll préjudice de leur foi et de leur morale, dans les sociétés protestantes. ”

Ces prédictions se sont en partie réalisées ; car lorsque l'acte d’émancipation eût été accordé aux catholiques, quelques-uns des grands seigneurs qui avaient conservé extérieurement la religion de leurs pères, plutôt par un sentiment d’orgueil que par attachement à la foi, renoncèrent au catholicisme, qu'ils regardaient comme plus génant dans ce monde que le protestantisme.

À la suite de ces réflexions sur l'état de la religion catholique en Angleterre, l'évêque tourne ses regards vers le Canada, ‘ Les habitants du Canada, ” dit-il, “se félicitent beaucoup de n’avoir jamais eu à gémir sous les privations qu’endurent les

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