‹ Mgr. Joseph-Octave Plessis [microforme]Chapitre 26 sur 44 · VV · texte numérisé non relu

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Hubert et Denaut, M. Desjardins se lia d’une étroite amitié avec M. Plessis, alors curé de Québec. Sa santé chancelante l’obligea, en 1802, de retourner en France, où il emporta avec lui les regrets des nombreux amis qu’il s'était attachés par ses belles qualités et par le charme de sa conversation. Au Canada, il avait eu à souffrir des mauvais procédés d’un lieutenant-gouverneur, qui le traita assez mal ; après son retour en France, il eut à subir de plus rudes épreuves, car il devint l’objet des soupçons de l’empereur. Nommé en 1806 curé des Missions-Etrangères, à Paris, il prit son domicile au séminaire du même nom. À Québec, il avait eu des rapports avec le duc de Kent, qui lui adressa à Paris quelques lettres dictées par la bienveillance ; c'en fut assez pour le faire soupçonner de déloyauté par Napoléon.

Au mois d'octobre 1810, il fut saisi par la police et transféré à Vincennes ; on le relégua ensuite à Fenestrelle, puis à Campiano et enfin à Verceil. Durant quatre ans il subit un exil non mérité, au préjudice de ses affaires, de sa santé, de son ministère, et ne rentra en France qu'après la chute de l'empire.

Pendant cette longue persécution, l'abbé Desjardins dut rompre toute communication à l'extérieur ; mais, après son élargissement, ilreprit sa correspondance avec ses amis du Canada, et surtout avec Mgr.

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ressé d'arriver à Rome, le prélat ne s'arrêta que peu de jours à Paris; cependant, dans le peu de temps qu'il y passa, il eut occasion de faire la connaissance d’un grand nombre de prélats français. Les uns étaient d'anciens évêques ; les autres, nommés en vertu du concordat de 1817, n'avaient pu encore retirer leurs bulles des bureaux du secrétaire-d’état, par suite du mauvais vouloir du gouvernement, qui était peu désireux de voir augmenter le nombre des évêchés, quoique cette mesure fût d’une nécessité urgente pour le bien de la religion.

La réorganisation de l’église de France n'avançait point ; le concordat de 1801 était

* M. Desjardins refusa, en 1817, l'évêché de Blois, et en 1823 eelui de Châlons-sur-Marne. En 1819, le cardinal de Périgord, archevêque de Paris, le nomma grand vicaire et archidiacre de Sainte-Geneviève, et lui donna un logement à l'archevêché. Lors du pillage de l'archevêché, en 1831, il perdit sa bibliothèque, ses tableaux, ses meubles et tout ce qu'il possédait d'argent. Il était alors à Conflans, d'où il s échappa avec Mgr. de Quélen, archevêque de Paris. L'abbé Desjardins mourut le 18 octobre 1833. C'est à lui que le Canada doit un grand nombre de beaux tableaux, qu'il fit vendre dans le pays, à un prix si modique que plusieurs fabriques de la campagne en achetèrent pour remplacer des toiles de peu de valeur, Ces tableaux, enlevés pendant la révolution aux monastères, aux couvents, anx églises, avaient été entassés dans un greniér, d'où on les tira au commencement de l'empire pour les vendre à l'encan. Désireux d'enrichir le Canada de quelques bonnes toiles, M. Desjardins les acheta et les envoya à son frère, alors chapelain de l'Hôtel-Dieu de Québec. Jusqu'à sa mot il fut le protecteur et l'ami des jeunes canadiens qui allaient étudier à Paris.

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