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maintenu quant au nombre et à la circonscription des diocèses. Les évêques s’accommodaient peu de ce concordat ; mais il valait mieux conserver celui-là, que de n’en avoir point du tout, ce qui serait arrivé si l’arrangement eûtété laissé au gouvernement apathique de Louis X VIII.
A première vue, Paris ne paraît pas avoir répondu à l’idée que s’en était formée Mgr.
Plessis. ‘ En effet.” dit-il, ‘‘ si l’on excepte les boulevards, la nouvelle rue de Rivoli et celles qui sont sur les quais de la Seine, tout le reste des rues de cette ville, tant vantée pour ba beauté, sont si étroites. si sales, si puantes, si bruyantes, que la nécessité seule peut engager à y exposer la façade de sa maison. Depuis cinquante ans on vante l’illumination des rues de Paris pendant la nuit. Mais quelle illumination ! Des lanternes suspendues au milieu des rues, à cent pieds de distance les unes des autres, plus propres à favoriser les malfaiteurs qu'à leur en imposer. Quelle différence de cetteillumination à celles des grandes villes d'Angleterre et de Londres en particulier, où les lanternes, à une distance de moins de trente pieds, placées de chaque côté des rues, au-dessus des trottoirs, font de la nuit une sorte de jour !.....” Depuis cette époque Paris a bien changé et aujourd’hui il a pris son rang à la tête des plus belles villes de l'Europe.
Comme la saison favorable pour voyager
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allait bientôt finir, l’évêque de Québec se mit en route pour Rome, le vingt-huit septembre, avec monsieur Turgeon et le fidèle John. Il conservait l'espoir de revoir à son retour plusieurs ecclésiastiques et laïques respectables, dont il avait reçu beaucoup d’honnêtetés ; de cenombre était le vénérable cardinal de Périgord, archevêque de Paris, qui lui avait témoigné une bienveillance toute particulière.
Accoutumés à la grande et belle nature des bords du St. Laurent, les deux voyageurs trouvaient monotones les paysages de l'intérieur de la France. Toutefois, la loyauté leur arrachait de temps en temps des aveux assez compromettants pour la patrie.
A trois lieues de Lyon, ils étaient descendus de voiture; engagés par le beau temps et l’état favorable des chemins, ils parcoururent, à pied, l’espace d’une lieue, tandis que leurs compagnons de voyage déjeu naient. Arrivés à un point élevé, ils découvrirent un admirable paysage ; la vue s’étendait sur des champs, des vignes, des châteaux, des vergers, des bosquets, des maisons de plaisance ; au-delà de ce vaste tableau, vers le nord, s’étendait un rideau de montagnes étagées les unes au-dessus des autres ; un si magnifique spectacle frappa profondément l’évêque de Québec, qui, dans son journal, ne peut s'empêcher de tracer ces lignes : ‘“ Dieu semble avoir voulu réunir dans ce point
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unique toutes les richesses de la belle nature, qu’il ne distribue ailleurs que par portion et avec une sorte d'économie.
Soyons de bonne foi : il faut avouer que la vue de la côte du Nord, prise de Québec, vue si justement vantée, est inférieure à celle-ci. Reste à savoir si la suite de ce voyage nous procurera la vue d’un paysage préférable, ou même comparable, à celui de Saint-Joachim.” Cependant, tout en reconnaissant la beauté du paysage, M.
Turgeon fit remarquer à l’évêque qu'il faudrait transporter le Saint-Laurent au milieu de ce tableau grandiose et brillant, pour l’élever à la hauteur de celui des environs de Québec. Tous deux reconnurent
ue l'absence d’une rivière ou d’un lac
iminuait l'effet des beautés réunies sur ce point. Il en coûte toujours à un canadien d’avouer qu’il se trouve de plus belles vues que celles que l’œil embrasse des hauteurs du cap au Diamant.
Comme les voyageurs désiraient connaître la célèbre ville de Lyon, ils se décidèrent à y passer quelques jours ; ils souhaitaient surtout recueillir les traditions de l'antique église de Saint-Irénée et étudier sa liturgie, apportée de l’orient par ses premiers évêques. £
Depuis plusieurs années, l'archevêque de Lyon, Je cardinal Fesch, oncle de Bonaparte, était retenu loin de sa ville métropolitaine. Nommé archevêque au
concordat de 1801, Mgr. Fesch avait réparé les églises de Lyon, dévastées pendant la révolution ; il avait travaillé énergique:
ment à rétablir le culte dans son diocese.
et profité de sa faveur auprès de l’empereur, pour remettre sur pied plusieurs établissements religieux, dont les autres diocèses de France demeuraient privés.
Proscrit par la restauration, ainsi que toute la famille Bonaparte, il s'était retiré à Rome ; quoique éloigné de son diocèse et sans espoir d'y pouvoir retourner, il s’occupait constamment des intérêts de son église et éprouvait une vive satisfaction, quand on lui apprenait que tout y était maintenu dans l’ordre.
A la tête de l’administration ecclésiastique était M. Courbon, premier vicaire général du cardinal. Cet homme, d'un grand mérite, était alors l'âme du diocèse ; son âge, son savoir, sa piété lui attiraient le respect et l'estime du peuple et du clergé de Lyon. L’évèquede Québec eut bzaucoup à se louer des honnèêtetés et à s’édifier de la conversation du vénérable grand vicaire, qui l’invita à s'arrêter dans cette ville lorsqu’il reviendrait, afin d'y faire les ordinations du carême.
La mauvaise saison s’avançait ; il fallait arriver à Rome avant que les pluies n'eussent rendu les chemins tout-à-fait mauvais ; aussi Mgr. Plessis ne resta que quatre jours à Lyon, et en partit le onze octobre pour l'Italie.
En vertu d'un marché, écrit et signé par M. Turgeon, il s'était assuré, jusqu’à Milan, les services d’un voitarin, qui pour quatrevingts piastres donnait l’intérieur de sa voiture aux deux ecclésiastiques et plaçait John dans le cabriolet.
En traversant la Savoie, l’évêque de Québec eut avec les prêtres du pays des rapports qui lui inspirèrent une haute estime pour ce clergé : il se rappelait l’effroi qu'avait autrefois causé dans le Canada la proposition de Sir Frédéric Haldimand, qui parlait d’y introduire des ecclésiastiques savoisiens. ‘ Mais, certes,” fait remarquer le prélat, ‘s'ils étaient alors aussi bien formés qu'aujourd'hui, l’acquisition n’eût pas été mauvaise. Ces sujets sont tous sortis du séminaire de Chambéry, où l’évêque a soin d'appeler pour directeurs des prêtres du premier mérite et de la plus grande régularité.”
Après avoir parlé de leur attachement au pays, il ajoute : ‘* Toute petite. qu'est la Savoie, il n’est pas rare d'y trouver des ecclésiastiques, devenus curés, qui ne sont jamais sortis de leur patrie. Celui qui a été jusqu'à Turin, ou de l’autre côté, jusqu’à Grenoble, passe pour un homme qui a beaucoup couru. C’est bien autre chose s’il a vu Lyon, ou Milan, ou Gênes ! les autres se rangent autour de lui et l’écoutent en silence, pendant qu'il raconte les choses merveilleuses qu’il a rencontrées dans
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ces longues et extraordinaires excursions.
Quelle doit donc être leur surprise de voir chez eux des hommes venus du Canada !
La géographie leur apprend qu'il existe une telle contrée ; mais que l’on ose venir de là dans leur pays, c’est une entreprise dont la hardiesse peut à peine leur entrer dans la tête.”
Dans le passage du Mont-Cenis, le froid rappela aux voyageurs qu'ils avaient éprouvé quelque chose de semblable au Canada ; mais bientôt ils descendirent dans une contrée qui leur sembla fort agréable, comparée aux lieux qu’ils venaient de parcourir.
‘Le Piedmont,” écrit l’évèque, ‘‘ est un ays fertile, bien fait pour contraster avec a maigre Savoie. Les champs, très-étendus,
sont cultivés comme des jardins. Les vignes ne sont pas comme en France, des arbriseaux........elles sont très-hautes et trèsgrosses ; chacune est attachée à un arbre.
Ces arbres, qui sont communément des ormes, sont plantés sur toutes les terres en ligne droite et à perte de vue... Cette manière de réunir la vigne aux arbres et d'en orner les champs ensemencés n'est pas particulière au Piedmont ; elle est commune à toute l'Italie, où le bon vin abonde, quoique on n’y trouve point de vignoble proprement dit. Qui, en voyant cette manière d’unir la vigne aux ormeaux, ne se rappellera le wimisque adjungere vites