‹ Mgr. Joseph-Octave Plessis [microforme]Chapitre 29 sur 44 · DT A RE AE · texte numérisé non relu

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Le dix-sept novembre, l’évêque de Québec soumit à la congrégation de la Propagande les affaires qui l’avaient conduit À Rome.

A la suite de plusieurs conférences avec le cardinal Fontana, préfet, et quelques autres membres de la même congrégation, il présenta un mémoire tendant à faire partager son diocèse. Deux divisions avaient déjà été acceptées par la cour de Rome, celles du Nouveau-Brunswick et du Haut-Canada ; il demandait que le reste fut partagé en trois parties. La première renfermerait le district de Montréal ; la seconde serait formée des pays situés au nord et au nordouest du Canada, et arrosés par les rivières ui tombent dans la baie d'Hudson ; les

istricts de Québec, des Trois-Rivières et de Gaspé composeraient la troisième, et resteraient sous les soins immédiats de l’évêque de Québec, tandis que chacune des quatre autres serait confiée à un évêque suffragant. Il déclara en même temps, que pour lui et pour ses suffragants, 1l était impossible de veiller sur cette partie de l'Amérique-du-Nord qui s'étend entre les montagnes Rocheuses et l'océan Pacifique.

Il renouvela aussi la demande déjà faite depuis plusieurs années, que l’île d’Anticosti et la portion de la côte du Labrador, qui est au nord de la rivière Saint-Jean, fussent confiées au vicaire apostolique de Terreneuve, vu qu’elles avaient été réunies, en 1809, par un acte du parlement britan-

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Peu de temps après, il fut présenié au souverain pontife, qui le reçut avec bonté:

Pie VII lui accorda une seconde audience au mois de janvier 1820, et une troisième le quatre février suivant. Dans cette dernière, l’évêque demanda la permission de ne point prendre le titre de métropolitain, tant que le gouvernement anglais s’y montrerait opposé.

Le mérite bien connu de Mgr. Plessis et le crédit dont il jouissait auprès du ministère britannique engagèrent le souverain pontife à approuver cette mesure ; ainsi Pie VII lui laissa la faculté de décider du moment où la prudence lui permettrait de s’intituler publiquement archevêque de Québec.

Plusieurs priviléges furent accordés au prélat en faveur des églises, des communautés religieuses et de quelques institutions pieuses. Lui-même fut fait comte romain et assistant au trône pontifical.

Pendant son séjour à Rome, ses belles qualités lui acquirent l’amitié du cardinal Pacca, camerlingue de la sainte église

* Depuis quelques années l'île d'Anticosti et le pays qui s'étend de la rivière Saint-Jean jusqu'à Blanc-Sablon ont été rendus à l'archevêque de Québec, Cette partie de la côte du Labrador, maintenant réunie au Canada, a une longueur d'environ cent cinquante lieues ; Blanc-Sablon se trouve à deux cent soixante-quinze lieues de Québéc.

romaine et celle du cardinal Consalvi, secrétaire d'état, qui tous deux, lui donnèrent plusieurs fois, dans la suite, des marques de leur estime.

Ce fut pour le digne évèque une grande satisfaction, lorsqu'il appritque lesouverain pontife approuvait le projet de diviser le diocèse de Québec. Le premier février, le saint Père signa les bulles de M. Provencher, nommé évêque de Juliopolis, et chargé du gouvernement spirituel du territoire du nord-ouest ; le même jour, furent données celles de M. Jean-Jacques Lartigue, nommé évèque de Telmesse et administrateur du district de Montréal.

L'époque fixée d'avance par Mgr. Plessis, pour son départ de Rome, approchait ; et il lui restait encore bien des objets intéressants à voir dans la ville et dans les environs. Le marqu.: de Fuscaldo, ambassadeur de Naples, l’engageait fortement à visiter ce royaume ; l’évêque refusa de se rendre à cette invitation, parce qu'aucun motif religieux ne l’appelait de ce côté. La seule excursion qu'il regrettait d’avoir manquée était celle d'Ostie, où, en examinant l’ancienne embouchure du Tibre, il aurait eu la consolation d’honorer le lieu qui vit mourir la mère de saint Augustin.

Déjà il était impatient de se mettre en route ; et comme il craignait que les bureaux, une fois fermés pour le carnaval, ne s’ouwvrissen plus du carème, il fit les plus vives

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instances pour obtenir, avant son départ, les brefs apostoliques et les solutions d’une jartie des difficultés qu'il avait proposées à la Propagande. Quant aux autres documents, qui ne devaient être livrés que quelques mois après, il laissa sur les lieux un agent chargé de les lui transmettre.

Le neuf février il fit ses adieux à ses anis, et alla recevoir une dernière bénédiction de Pie VIT, pendant que M. Turgeon retenait une voiture. Le dix, les voyageurs, après trois mois de résidence à Rome, laissaient la ville éternelle et setournaient du côté de la patrie. En passant, ils visitèrent Sienne et Florence ; dans cette dernière ville ils apprirent la mort de George III ; avant de quitter Rome ils avaient été informés de celle du duc de Kent. Mgr. Plessis avait espéré rencontrer à Florence Sir Gordon Drummond,qui semblait s’être fixé pour la vie dans cette ville ; mais le général en était parti l'automne pour passer l'hiver à Naples. Ils étaient à Turin le vingt-sept février ; le second dimanche de carème fut passé dans cette ville superbe, qui était alors considérée comme une des plus belles de VEurope.

Invité à dîner chez le marquis d’'Azeglio, l’évêque de Québec eut l'avantage d'y rencontrer le comte Joseph de Maistre, dont la réputation n’était pas encore répan-

due comme elle le fut quelques années plus tard.

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