‹ Mgr. Retord et le Tonkin catholiqueChapitre 24 sur 54 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Gesta Dei per Francos. — « L'Héroïne » en rade de Tourane. — Un billet de M. Chamaison. — Discussion du commandant Lévêque et du mandarin de Tourane. — Lettre à Thieu-tri. — Délivrance des missionnaires. — Comment l'apprend Mgr Retord. — En France. — Le sang français toujours prêt à couler.

ESTA Dei per Fy^ancos! « Les gestes de Dieu par les Francs w, le mot est ancien, la chose aussi, tous les deux furent vrais, le sont-ils encore? Beaucoup le nient, plusieurs l'affirment, d'autres le désirent. Ils le furent en 1843.

Le gouvernement de Louis-Philippe avait, selon sa promesse aux Directeurs du Séminaire des Missions Étrangères, donné l'ordre, aux capitaines de ses navires dans les

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mers de Chine, d'entrer en pourparlers avec la cour de Hue et de surveiller sa conduite envers les missionnaires.

Le 25 fe'vrier, le commandant Lévêque, un marin hardi et expérimenté, entrait dans le port de Tourane. Il venait demander si Thieu-tri voulait conclure un traité de commerce avec la France. Les négociations s'engagèrent comme d'habitude, par des visites, des présents, des assurances de bonne amitié. Mais chaque fois que le commandant pressait les mandarins sur la question commerciale, il recevait, sous une forme ou sous une autre, cette invariable réponse : « Notre pays est trop éloigné du vôtre, il est trop pauvre, que gagneront vos marchands à venir apporter chez nous les produits de leur industrie ? Les Annamites ne pourront rien acheter, rien payer. »

Il était difficile de donner une repartie moins fière; les mandarins l'estimaient la meilleure, parce qu'ils la trouvaient la plus propre à éloigner les étrangers. Peut-être n'ont-ils pas inventé que le succès justifie les moyens, mais ils sont très convaincus que le triomphe, comme la neige, couvre tout d'un vêtement immaculé.

Pendant la durée des pourparlers, les matelots de VHérdine^ qui n'avaient pas de diplomatie à faire, descendaient à terre de temps à autre.

Un jour, ils virent derrière un massif d'arbousiers, se dissimulant à moitié, un Annamite qui les regardait avec anxiété, et qui se mit à faire de rapides signes de croix, posant en même temps sa main gauche sur ses lèvres. Les marins, en hommes intelligents, firent eux aussi le signe de la croix, et indiquant à l'indigène qu'il n'avait rien à redouter, ils s'approchèrent de lui.

L'Annamite continuait à faire le signe de la croix et à regarder craintivement autour de lui, enfin il avança de

quelques pas et remit à l'un des matelots une lettre dont la suscription portait : à Monsieur le Commandant français en rade de Tourane.

Le marin prit le billet et non sans s'étonner un peu que son capitaine eût des correspondants en ce pays, puis il s'empressa avec ses compagnons de retourner au canot qui rallia la corvette.

La lettre était signée par un missionnaire, M. Chamaison (i), elle annonçait la détention et la condamnation à mort de cinq prêtres français dont elle citait la date d'emprisonnement et les noms : Galy, Berneux, Charrier, Miche et Duclos. Le commandant Lévêque a écrit dans son rapport officiel : « Je ne pus supporter que cinq Français fussent immolés, en présence, pour ainsi dire, du pavillon de leur nation et je pris sur moi de les réclamer au nom de la France. »

Ce n'était pas la première fois que les flottes françaises intervenaient en faveur des prêtres de la Société des Missions Etrangères. Depuis près de deux cents ans que la Société évangélisait l'Extrême-Orient, elle avait toujours trouvé dans notre marine appui et bienveillance. Mgr Fallu et les vicaires apostoliques du xvii^ siècle n'avaient eu qu'à se louer des services qu'elle leur avait rendus aux Indes, à Siam et au Tonkin; pendant le xviii^ siècle les procureurs de Macao avaient été protégés et défendus par elle. Mgr Pigneaux de Béhaine avait recruté, dans son corps d'officiers, ses compagnons les plus courageux et les plus dévoués. Maintenant, relevée des désastres qu'elle avait subis sous la Révolution et sous l'Empire, elle repre-

(i) Jean Chamaison, du diocèse de Montauban, parti de France le i5 janvier 1840, successivement missionnaire en Cochinchine, directeur au séminaire des Missions Etrangères, missionnaire au Japon, mort le 26 juin 1880.

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nait son rôle de protectrice des missionnaires. Quoi d'étonnant? Le marin porte à travers les mers et sur toutes les plages le nom et le drapeau de la France; partout où il aborde, il rencontre l'apôtre, cet ouvrier humble et trop souvent dédaigné de la grandeur française. Il est témoin des transformations merveilleuses opérées par ses travaux. Il le voit changer les sauvages en des hommes civilisés, les ennemis de l'étranger en amis. Il se rend compte de l'analogie de l'œuvre apostolique avec son œuvre personnelle, et il traite le missionnaire en compagnon d'armes.

Le lendemain de la réception du billet, M. Lévêque avait une entrevue avec le mandarin de Tourane. Lorsque celui-ci voulut, selon son habitude, protester des bons sentiments de son roi envers les Français, le commandant l'interrompit brusquement :

« Cela n'est pas, lui dit-il, car en ce moment même, cinq Français sont enchaînés dans la prison de Huê, ils ont déjà subi la torture et ils sont condamnés à mort. Eh bien, je réclame ces Français comme sujets du roi de France, je veux qu'ils me soient livrés, et malheur à vous si ma demande n'est pas écoutée. »

L'ultimatum était posé, la question des relations commerciales était, pour le moment, laissée de côté.

Le mandarin fut stupéfait, mais il se remit vite ; il était, à peu près comme tous ses compatriotes, de l'école de ceux qui pensent que tout mauvais cas est niable, il affirma donc qu'il n'y avait aucun missionnaire dans les cachots de Huê.

Le commandant lui dit le nom des prisonniers et la date de leur arrestation. L'Annamite prit le parti de se taire; c'était plus sage. « Ainsi, ajouta M. Lévêque, je veux abso-

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lument que ces cinq Français soient mis en liberté' et conduits à bord de mon navire. Je le veux absolument. »

UHéroïne n'était plus sur la rade de Tourane, avec ses canons charge's, que pour exiger la liberté des missionnaires.

Le mandarin s'inclina. Puisqu'il n'était pas le plus fort, il jugea bon d'être le plus doux, il assura le commandant de toute la bienveillance du roi d'Annam et lui fit espérer que dans deux ou trois jours, un officier supérieur viendrait de Hue pour conférer sur cette question. L'officier arriva, mais il ne venait pas de Huê, c'était le gouverneur de la province auquel le mandarin avait raconté son terrible embarras. Devant les réclamations du commandant, il se montra hésitant et répondit que ces Français avaient commis un crime, qu'ils étaient punis conformément aux lois du pays. M. Lévêque insista pour leur mise en liberté immédiate et déclara que, si on ne voulait pas satisfaire à sa juste demande, il irait mouiller avec sa corvette devant la barre de la rivière de Huê et que là, avec ses marins, il saurait bien arriver jusqu'au roi et se faire rendre justice.

En même temps il présenta au gouverneur une lettre très polie, mais ferme, elle était adressée au premier ministre et demandait la liberté des prisonniers :

Tourane, !e 7 mars 1843.

« Le commandant de la corvette de Sa Majesté le Roi des Français, VHér^oïne, à Son Excellence le grand mandarin

Ong-Qué, beau-père du roi de la Cochinchine, premier ministre à Huê.

« Seigneur,

« Cinq infortune's, cinq Français, sous le poids d'une condamnation à mort, sont détenus, depuis bientôt deux ans, dans les cachots de Huê et y souffrent journellement les tourments les plus aifreux.

« La France a entendu leurs cris de détresse et je viens, au nom de Sa Majesté le Roi des Français, réclamer leur mise en liberté pour les ramener dans leur patrie.

« Déjà, et grâces en soient rendues au Dieu qui dirige la pensée des rois comme celle des plus simples mortels, déjà Sa Majesté le roi de la Cochinchine a, dans sa justice et sa clémence, suspendu le glaive du bourreau prêt à frapper la tête de ces malheureux.

« Que Sa Majesté veuille bien donner un libre cours à ses sentiments généreux. En agissant ainsi, elle évitera non seulement les chances funestes d'une rupture possible avec la France, mais elle attirera encore sur son règne et son auguste personne les actions de grâces et les bénédictions de tous les Français.

« Vous, Seigneur, qui par votre position êtes placé près du trône et avez l'honneur d'approcher la personne de Sa Majesté, veuillez plaider auprès d'elle la cause de ces infortunés ; vous contribuerez ainsi à les rendre à leur patrie et vous rendrez à la vôtre un service signalé.

« Recevez, Seigneur, l'assurance des sentiments de haute considération avec lesquels j'ai l'honneur d'être, « Votre très humble serviteur,

« Le commandant de la corvette du Roi de France « l'Héroïne »,

« Favin-Lévêque. »

GROTTE i; T ,^1' A G O D E SOUTERRAINE DANS LA BAIE DE T O U R A N E

L'interprète du commandant lut à haute voix la traduction de cette lettre ; sans répondre, le mandarin se leva, et montrant une quantité conside'rable de volailles, de bœufs, de porcs, il les offrit aux Français.

Accepter ces présents eût été entrer dans les vues du mandarin et diminuer la liberté d'action de ceux qui réclamaient. M. Lévêque le comprit, et décidé à brusquer la conférence, il fit répondre par son interprète:

« Les officiers de Sa Majesté le Roi de France ne reçoivent de présents que des souverains amis ou alliés de la France. » Puis, se tournant vers son état-major, il ajouta : « Messieurs, allons-nous-en. »

En Europe, cette apostrophe eût tout perdu. En Annam, où il est bon de parler haut et ferme, elle sauva tout.

En l'entendant, le mandarin et les personnages qui l'accompagnaient perdirent contenance. Il se placèrent devant les officiers pour les empêcher de partir, le gouverneur prit la main du commandant en le suppliant de rester.

Celui-ci avait l'intention de ne faire qu'une fausse sortie, il s'arrêta, et s'adressant à l'interprète : « Dites au gouverneur que j'accepterai ses présents, s'il me donne sa parole d'honneur de faire parvenir immédiatement ma lettre au ministre. »

Le gouverneur le promit, et n'eut garde de manquer à sa parole. Avec ces diables d'Occident, il était bon de prendre des précautions.

La lettre arriva à Huê portée par un mandarin qui expliqua l'imbroglio en train de se dérouler à Tourane.

Si Minh-Mang avait encore vécu, plus d'un officier annamite aurait sans doute payé de sa tête l'embarras qui devenait une impasse pour le gouvernement, mais avec Thieu-Tri, on pouvait espérer sortir sain et sauf...

Ainsi en fut-il. Le conseil ro3'al décida de rendre la liberté aux prêtres étrangers et le roi approuva.

Les prisonniers connurent leur libération avant même qu'elle fût officiellement prononcée. L'interprète] royal, qui savait quelques bribes de français, avait été chargé de traduire la lettre du commandant Lévêque. Sa science linguistique fut bientôt épuisée, il alla la renouveler auprès des missionnaires, et en les instruisant de ce qui se passait, les pria de lui faire la traduction demandée.

Le 12 mars, les captifs furent enfin avertis de leur délivrance. Quatre jours plus tard, ils étaient à Tourane et le mandarin faisait prévenir le commandant français. Suivi de plusieurs officiers, M. Lévêque descendit immédiatement à terre, et fut reçu avec un cérémonial militaire .extraordinaire.

Le gouverneur lui remit une lettre du premier ministre, et lui fit signe qu'il pouvait se diriger vers la maison du mandarin de Tourane où étaient, lui dit-il, les cinq Français.

« J'avoue, a écrit l'un des officiers de VHéroïne^ que nos cœurs battaient d'aise en ce moment, et c'est avec une vive émotion que nous aperçûmes, dans la cour de l'habitation, cinq Cochinchinois, ou du moins cinq hommes qui en portaient l'habit, mais que, à leurs longues barbes épaisses, nous reconnûmes pour nos chers missionnaires!

« Ils étaient très émotionnés eux-mêmes, et c'est presque les larmes aux yeux qu'ils nous serrèrent les deux mains, avec une profonde reconnaissance et une étreinte affectueuse. Nous avions enfin, devant nous, les PP. Berneux, Galy, Charrier, Miche et Duclos, arrachés à la mort et aux tortures par notre brave commandant.

« Pendant que nous échangions avec ces courageux

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et saints missionnaires des paroles de vive satisfaction de notre part et, de la leur, des te'moignages de reconnaissance pour la bonté, l'e'nergie et le patriotisme déployés en cette circonstance par le commandant de VHéro'ine, celui-ci se fit traduire la lettre sous les yeux des grands mandarins. »

C'était une sorte de mémorandum adressé aux Annamites et aux Français. Pour pallier son humiliation, Thieu- Tri exposait les choses à sa manière : le roi des Français, disait-il, informé des crimes commis par les cinq prêtres européens, avait envoyé un de ses officiers supplier le roi d'Annam de leur faire grâce, ce que Sa Majesté très clémente avait cru devoir accorder, à condition qu'ils ne recommenceraient plus.

Le commandant mit cette lettre dans sa poche sans faire aucune observation, et accompagné de ceux dont il venait de sauver la vie, il passa entre la haie de la garde d'honneur et se rendit à son bord.

Le lendemain, le navire français quittait la Cochinchine.

La nouvelle de l'apparition de la corvette à Tourane avait promptement éclaté au Tonkin, peu à peu celle des négociations du commandant Lévêque s'y fit jour. Les missionnaires avaient peine à croire ce que racontaient les Annamites ; tant de fois déjà ils avaient entendu des récits qui n'étaient que des fables!

Mgr Retord voulut savoir d'une façon précise ce qu'il en était. La vie de trois de ses prêtres était en jeu, si elle était sauve, quelle allégresse ! Il mit en campagne deux de

ses catéchistes, et bientôt ceux-ci revinrent lui apportant une certitude complète. Le gouvernement annamite luimême faisait des aveux, et quoiqu'il cachât la vérité sous de grossiers artifices, se permît de dire que le roi de France avait envoyé un mandarin sauvage pour emmener les Français dans leur patrie et les punir sévèrement, il n'en affirmait pas moins la libération des missionnaires.

A peine en mer, ceux-ci supplièrent le commandant de les débarquer sur un point isolé de la côte d'Annam. Pendant que leurs frères combattaient, pouvaient-ils s'éloigner? et puis, tout au fond de leur cœur s'agitaient le regret d'avoir perdu la palme du martyre qu'ils avaient été si près de cueillir et l'espoir de la retrouver ? M. Lévêque refusa : « J'ai promis de vous ramener en France, leur dit-il, vous ne voudriez pas me faire manquer à ma parole. »

Il céda cependant partiellement à leurs instances, laissa trois d'entre eux dans les escales des mers de Chine et des Indes, et ne ramena à Paris que les PP. Charrier et Galy.

Le Séminaire des Missions Étrangères reçut avec honneur les deux confesseurs de la foi, ils étaient sa gloire, comme les soldats blessés celle d'un régiment. Il eut de chaudsremerciementspourlevaillantcapitaine de YHéro'me. Mais à ceux qui le pressèrent de demander au gouvernement une action plus énergique et une protection plus étendue, il fit cette noble réponse :

« Honneur, honneur à l'homme généreux qui, en procurant l'élargissement des missionnaires, a rendu un si grand service à l'humanité et à la religion. On saura désormais que le nom du roi des Français ne retentit pas en vain aux oreilles du tyran de Cochinchine et que les missionnaires de l'Océanie ne sont pas les seuls auxquels il puisse venir en aide.

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« Vous savez, Messieurs, que ce ne serait pas la crainte des supplices et de la mort qui pourrait faire désirer à nos missionnaires une semblable protection. Nos chers confesseurs vous ont peut-être dit, comme à nous, que les plus beaux jours de leur vie sont ceux qu'ils ont passe's en prison, avec l'espérance de n'en sortir que pour aller porter leur tête sous la hache du bourreau, et que si leurs chaînes leur étaient rendues, ils les baiseraient avec amour. Aussi, au milieu même de leurs compatriotes, ne semblent-ils avoir de pensées et d'affections que pour cette patrie adoptive à laquelle un vaisseau, trop lent à partir, doit bientôt les rendre. Nous laisserons donc agir la Providence, et si le tyran annamite a encore soif de sang français, il en trouvera de tout prêt à couler, dans les veines de ces jeunes missionnaires, qui sont allés plus nombreux prendre la place de ceux que son glaive a moissonnés. »

Cette admirable lettre résumait la question. Les missionnaires avaient encore du sang, les chrétiens du courage, les églises s'étaient fondées au milieu des persécutions, il n'y avait donc ni à s'étonner, ni à s'inquiéter. Tel était le langage du Séminaire des Missions Étrangères, exclusivement celui de la foi.

Faire intervenir la France, tant que l'Eglise d'Annam n'était pas menacée d'une ruine complète, eût compromis les missionnaires. Ils auraient alors paru mériter cette accusation, que les païens lançaient déjà trop souvent contre eux, d'être les espions et l'avant-garde des armées étrangères. Il ne restait qu'à attendre des circonstances une solution qui préserverait tous les intérêts (i).

(i) I. Dans ime lettre adressée à la Propagande en date du 20 mai 1S43, Mgr Retord donnait les nouvelles de la marche et de Vétat de sa mission ; nous résumons cette lettre :

En 1841, mort de trois prêtres indigènes, François Phuong, décédé le 23 jan-

vier, à l'âge de 80 ans ; Pierre Truc, le 2 mars, 5o ans ; Joseph Bien, 27 juillet 43 ans. En 1842, Mathias Tan, 7 mars, 5o ans. Arrestation de prêtres et de chrétiens pour cause de religion. Mort en prison, le 12 juillet 1841, d'Agnès Ba De, arrêtée avec MM. Galy et Berneux. Au mois de février 1842,1e P.Pierre Khanh arrêté dans la province de Ha-tinh, décapité le 12 juillet. Le 10 mai, Paul Tinh arrêté dans la province de Ha-noi, condamné à mort avec sursis ; le i3 juin, le P. Sylvestre Kham arrêté, racheté pour 120 ligatures ; le 24 décembre, le P. Chat, arrêté avec plusieurs catéchistes et chrétiens, condamné à mort avec sursis ; le 3o mars 1843 le P. Thomas Trieu arrêté dans la paroisse de Bau-no, puis délivré à prix d'argent ; le 7 avril 'le P. Laurent Tang arrêté dans la province de Ha-tinh, sa sentence n'est pas encore portée; le 1 1 avril, le P. Joseph Duc arrêté avec plusieurs chrétiens dans le Bo-chinh, leur sentence n'est pas encore portée. (Archives, M. E., vol. Ô97, p. 649.)

n. Statistique de la mission du Tonkin occidental, extraite d'une lettre à la Propagande, du 3o mai 1843 :

« 2 Evoques, 5 missionnaires, 80 prêtres indigènes, 40 élèves au grand séminaire, go élèves dans les petits séminaires, 137 catéchistes, 47 paroisses, 28 couvents avec 648 religieuses Amantes de la Croix. 171.945 chrétiens, mais ce chiffre est certainement inférieur à la réalité. Parmi les prêtres indigènes, quelques-uns ont une piété fort ordinaire, beaucoup sont bons, plusieurs très bons, aucun d'eux n'hésiterait à donner son sang pour Jésus- Christ, c'est le plus grand éloge que j'en puisse faire. » {Arch. M. E., vol. 697, p. 668.)

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