‹ Mgr. Retord et le Tonkin catholiqueChapitre 39 sur 54 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

Résultats. — Le clergé annamite. — La persécution ou la paix? — Projets de persécution. — ■ Le plan de Thuong-Giai, vice-roi du Tonkin. — Édit de persécution. — Vivent les misères et les croix!

N juge un arbre par ses fruits, une administration par ses résultats. Les résultats de l'administration d'un chef d'Église et d'un apôtre sont dans la création d'œuvres de zèle, de charité, de civilisation, nous venons de les dire; dans le nombre et la sainteté de son clergé, dans le chiffre des infidèles convertis à la foi.

En 1846 (i), on comptait environ cent dix-sept mille chrétiens dans le Tonkin occidental, en i855 il y en avait cent quarante mille. Dans ce chiffre il faut évidemment tenir compte de l'augmentation des familles, mais les conversions n'y étaient pas étrangères puisqu'elles s'étaient élevées chaque année de 5oo à i,3oo (2).

(i) Année de la division de la Mission du Tonkin occidental en deux vicariats apostoliques.

(2) Nous donnons en appendice le tableau des conversions et de l'administration des sacrements au Tonkin occidental de i83i à i858.

Le clergé français était resté à peu près stationnaire. Il ne comptait que huit prêtres : Mgr Jeantet, le coadjuteur ; Castex, le provicaire général ; Galy, Titaud, Charbonnier, Néron, Vénard, Theurel. Salinier était mort le 2 novembre i853, Maihevon et Saiget n'étaient pas arrivés.

Mais le clergé indigène avait augmenté. En 1846, il y avait 58 prêtres; en i855, 74.

Ils se recrutaient dans huit séminaires renfermant de deux cent cinquante à trois cents élèves, Trang-nghia, Kénon, Hoang-nguyên, Vinh-tri, Bai-vang, Ke-luong, Ke-so, Lang-doan. Chaque année, l'évêque ordonnait trois ou quatre prêtres.

Ces derniers, qu'aucune congrégation religieuse n'a formés aussi nombreux que la Société des Missions Etrangères, rendaient d'inappréciables services, surtout pendant la persécution.

Rien, en effet, ne les trahissait, ni leur langage, ni leur physionomie. Enfants du pays, ils en connaissaient tous les sentiers, ils pouvaient, sans guide et sans secours, passer d'une chrétienté dans une autre, porter à tous des paroles de foi et d'espérance. Aussitôt que le calme revenait, ils étaient là, prêts à réparer les ruines ou à soutenir une ferveur excitée par les combats.

Mgr Retord leur témoignait une grande bonté, mais il n'avait vis-à-vis d'eux ni faiblesse, ni abandon. Il suivait en cela des règles très sages tracées par le P. Saiget dans une lettre à Mgr Longer, et qui, aujourd'hui, font encore loi dans la mission du Tonkin.

Malgré leurs éminentes qualités, en effet, les prêtres indigènes gardent quelque reflet des défauts de leur race ; et s'il ne faut jamais se départir envers eux de beaucoup de bienveillance, encore est-il utile d'user de fermeté.

L'évêque cachait parfois ses résistances sous un de ces extérieurs moitié indifférents, moitié souriants, auxquels les Annamites, dont le coup d'œil est très exercé, ne se trompent que fort rarement.

Un jour, deux prêtres indigènes s'avisèrent de le prier de faire avancer aux ordres un séminariste de leurs amis. Au Tonkin, on ajoute au nom des séminaristes le degré des ordres qu'ils ont reçus-, un minoré du nom de Thanh est maître Quatre Thanh, s'il est sous-diacre il est maître Cinq; diacre maître Six.

Celui dont on demandait l'avancement était diacre. « Le maître Six est bien bon w, disait un prêtre indigène, « il est savant », ajoutait l'autre; « et cependant, reprenait le premier, il n'est encore que maître Six »; et s'enhardissant l'un d'eux ajouta : « Si le seigneur père daignait lui donner le degré Sept (la prêtrise). » L'évêque écoutait tranquillement, surveillant sans répondre la petite manoeuvre; quand il la vit près d'aboutir, il y mit fin. « Vous avez raison, dit-il, maître six est un sujet distingué et ce titre six n'est pas digne de lui, désormais appelons-le maître Six et demi, voilà qui lui convient mieux. »

Les solliciteurs eurent un sourire navré et s'inclinèrent, ils se sentaient devinés et refusés.

Une autrefois, le jour de sa fête, il fut plus sévère ; un prêtre indigène très intelligent, mais trop empressé à se mettre en avant, reçut une de ces leçons dont on se souvient toute la vie. Il vint à la tête des principaux séminaristes demander un supplément de congé. « Ah ! fit sévèrement l'évêque, pourquoi venez-vous me faire cette demande, en cette compagnie, qui vous en a donné le droit ? N'ai-je pas déjà donné congé? C'est bien, allez, faites la fête telle que vous voudrez, mais vous ne m'y verrez pas. »

Et il tint parole malgré toutes les supplications. Ces petites choses, grains de poussière sur des diamants, n'empêchaient pas les prêtres annamites d'être des hommes de beaucoup de vertu, l'évêque de les estimer grandement, et d'en appeler sans crainte à eux dans les circonstances les plus périlleuses. Ils répondaient noblement à cette confiance.

Plusieurs avaient risqué leur vie pour porter aux condamnés à mort les suprêmes paroles d'absolution ; quelques-uns, livrés par de faux frères ou par des païens haineux, avaient payé de leur tête leur dignité sacerdotale ; d'autres, plus nombreux, allaient bientôt succomber aussi.

Car la persécution menaçait, on en parlait depuis trois ans, on la sentait dans l'air.

Tu-Duc hésitait cependant à s'engager à fond dans la lutte contre le christianisme. Il avait condamné à mort Schœfïler et Bonnard : « Mais à quoi bon, disait-il, puisqu'il en vient toujours d'autres ? »

A la cour deux partis étaient en présence : l'un voulait qu'on en finît avec la religion chrétienne ; l'autre, par politique ou par humanité, inclinait visiblement vers la tolérance. Le roi, longtemps incertain entre ces deux partis, tint de nombreux conseils au sujet de la question religieuse, dans le cours des années i853, 1864, i855. A la fin, il se décida à adresser une consultation à tous les grands mandarins du royaume. Voici le texte de cette pièce importante :

« La mauvaise religion de Jésus est évidemment fausse; elle trompe le peuple et lui est mille fois plus pernicieuse que les doctrines de Phat, de Lao, de Mac et de Duong. Cependant, parmi ses sectateurs, il est certainement des hommes qui ont étudié les livres des anciens sages, il en est même qui ont obtenu des grades littéraires ; assurément, ce ne sont pas les lumières qui leur manquent pour connaître l'erreur, et néanmoins ils ne l'abandonnent pas. Quelle en peut être la raison ? Est-ce attachement à leurs familles ou crainte de leurs villages ? Ils habitent la terre du roi, ils sont les sujets du roi, et ils embrassent de tout leur cœur les mœurs des étrangers. Quelle dépravation ! Quel entêtement !

« Par quel moyen pourrait-on les instruire et les ramener au bien ? Les poursuivre avec rigueur répugne à notre cœur vertueux ; mais si nous les traitons avec clémence, comment pourrons-nous remédier au mal? La bonne administration du royaume demande qu'on réfléchisse sérieusement sur cette affaire.

« Nous avons examiné la doctrine des anciens, nous l'avons comparée avec les enseignements des modernes et nous ne les avons pas trouvés d'accord. Le philosophe Duong tient pour le système delà rigueur. Quan-tu se prononce dans le même sens : « Le pardon, dit-il, produit une « mince utilité pour le présent, mais, pour l'avenir, il est la « source de grandes calamités . » Man-tu, au contraire, prétend que l'homme vertueux ne hait personne et n'a pas d'ennemis. Ces opinions nous paraissent tout à fait contradictoires.

« Quelle serait donc, eu égard aux dispositions de notre peuple et à notre système de gouvernement, la meilleure politique à suivre pour éteindre les procès, faire fleurir

l'agriculture, détruire l'injustice et abolir la mauvaise doctrine de Jésus ? Faut-il employer la force ou vaut-il mieux user de douceur? »

En réponse à cette consultation, de nombreux rapports furent envoyés de toutes les provinces au roi, annotés par lui et discutés en conseil.

On dit qu'avant de mourir, Minh-Mang, dans sa haine satanique contre le christianisme, avait fait jurer à ses principaux mandarins, que, de leur vivant, on n'accorderait jamais la liberté religieuse. Presque tous ceux de cet âge tenaient donc pour la proscription ; au contraire, les jeunes conseillers de Tu-Duc, persuadés de l'impossibilité de réussir par la violence, auraient voulu qu'on fermât au moins les yeux et qu'on tolérât ce qu'on ne pouvait empêcher; mais les vieux officiers de Minh-Mang étaient implacables dans leurs haines. Malheureusement pour les chrétiens, et aussi pour le royaume annamite, le parti des violents devait finir par l'emporter.

Il serait impossible de relater toutes les absurdités, tous les blasphèmes qui se débitèrent à cette occasion. La question des chrétiens ayant été mise ainsi solennellement à l'étude, chacun, pour faire sa cour au prince, crut devoir envoyer son petit plan de persécution.

Le plan du gouverneur du Binh-dinh, province de Cochinchine, était de faire des chrétiens une caste de parias et de lasser leur constance à force de vexations. Le voici en résumé :

« On ne laissera à chaque famille chrétienne que trois arpents de terre; le surplus, pour ceux qui en ont, sera abandonné aux villages.

« Il sera défendu aux chrétiens de faire aucune transaction commerciale avec les païens.

« Ils ne pourront s'allier avec eux par des mariages.

« Les chrétiens ne pourront avoir des barques de commerce.

« Il leur sera interdit d'aller trafiquer chez les sauvages.

« Enfin, dans les villages où il y a des chrétiens, on établira, à leurs frais, un professeur de rites et on les forcera à assister à ses leçons. »

Un autre grand mandarin, beaucoup plus modéré, proposait ceci : « Qu'on persécute encore pendant trois ou quatre ans, après quoi, on laissera les chrétiens en paix. On engagera chacun à fouler la croix ; ceux qui obéiront auront une ligature de récompense, ceux qui s'y refuseront seront punis d'une amende de six masses, w

Evidemment celui-là était pour les moyens économiques. Tu-Duc rejeta ces mesures comme absolument insuffisantes.

« Comment, dit-il, il y a près de vingt ans que nous employons tous nos efforts pour arracher les chrétiens à leur religion ; nous n'avons encore rien gagné, et vous croyez qu'en trois ou quatre ans on viendra à bout de les convertir ? Ils ne craignent pas la mort, et vous vous imaginez qu'ils seront tentés par une ligature de récompense ou qu'ils seront épouvantés par une amende de six masses? Vous savez parler, mais vous ne savez pas agir; vous ressemblez à ceux qui regarderaient un tigre par un tube et le croiraient tout petit. »

Un des rapports les plus curieux qui fut présenté au roi à cette occasion, est celui de Thuong-giai, le vice-roi du Tonkin ; il incline visiblement à l'indulgence et à la liberté religieuse ; mais pour ne pas choquer trop vivement le

prince, il multiplie les détours et les périphrases, essayant de lui faire accepter la vérité. A ce titre, c'est un spécimen achevé de diplomatie annamite, disant presque toujours le contraire de ce qu'il veut faire entendre; le tout est de savoir lire entre les lignes.

(c La religion de Jésus est absolument fausse : elle trompe les hommes et leur cause un mal affreux, ainsi que le dit très bien Sa Majesté. Néanmoins, il faut considérer ceci, que ce n'est pas d'hier qu'elle s'est répandue parmi le peuple annamite. Les chrétiens actuels le sont par la tradition de leurs parents, ou même de leurs ancêtres les plus reculés ; leur nombre, y compris les vieillards, les femmes et les enfants, s'élève à plus de cent mille (i). Or ce n'est pas dans quelques mois, ni même dans quelques années, qu'on peut espérer corriger les erreurs d'une telle multitude et les ramener au bien. »

Ainsi, dans ce début une affirmation générale : « La religion de Jésus est fausse », et des éloges aux chrétiens propres à les faire aimer, tout au moins à exciter la clémence du maître, et enfin un aperçu des difficultés que soulèvera la persécution.

Cette méthode de mêler la vérité et l'erreur était observée jusqu'à la dernière ligne du mémoire, mais en certains passages la bienveillance pour les catholiques éclatait très visiblement. On reconnaissait dans cette pièce l'ami de Mgr Retord, le mandarin de haute intelligence, de grande bonté d'âme qui, autant que possible, avait éloigné de sa province la persécution sanglante. Après avoir constaté la charité des catholiques, il allait jusqu'à dire :

(i) C'est plus de 5oo,ooo qu'il eût dû dire, mais il fallait prendre garde de blesser le prince.

« N'est-il pas à craindre, au contraire, que se'duits par la charité des chrétiens, les autres ne viennent tous les jours en plus grand nombre à eux ? »

Quelques lignes plus loin, il renchérissait encore sur l'éloge des personnes, tout en attaquant les doctrines : « Pour de vieilles et sottes erreurs, convient-il de punir si sévèrement les chrétiens? »

Que conseillait-il donc? Un moyen terme, de ceux que la sagesse humaine imagine :

« On laissera en paix les anciens chrétiens, on les éloignera des bouddhistes qui sont le « bon peuple » et « en les groupant dans des villages séparés, on empêchera toute nouvelle conversion. »

Il terminait par ces paroles sonores:

« De cette manière, les anciens chrétiens vivront en paix, sans être inquiétés sur leurs fautes passées, et la source du mal sera tarie pour l'avenir. Le peuple est naturellement imitateur; il faut, pour le corriger de ses erreurs, lui donner de bons exemples à suivre. La vérité est difficile à détruire, le mensonge se dissipe sans peine. Mettons en pratique notre religion sublime; faisons-la briller d'un vif éclat; on verra peu à peu l'erreur et la doctrine perverse disparaître d'elle-même, comme la neige fond aux rayons du soleil. Alors la paix et l'abondance régneront dans le royaume, et chacun, dans le transport de sa joie, battra des deux mains le tambour sur son ventre (i). Notre sainte religion sera de plus en plus prospère et celle des chrétiens tombera dans le mépris de jour en jour. Ses disciples, se regardant alors entre eux et se voyant isolés, comme en dehors de l'espèce humaine, reviendront d'eux-mêmes à

(i) Proverbe annamite pour exprimer la joie portée à sa plus haute expression.

nous et se corrigeront, sans qu'il soit besoin pour cela d'employer la violence. »

Comme l'e'crit Mgr Retord, qui donne au long ce rapport, il y a de tout dans cette pièce curieuse : du bon sens et de l'absurde, du vrai et du faux, du se'rieux et du ridicule; mais ce qui domine certainement, à travers la phraséologie embarrasse'e d'un rhéteur qui veut dire la vérité, sans choquer le maître, c'est la bienveillance à l'égard des fidèles et le désir très sincère d'arrêter la persécution.

Ni les sages et politiques représentations du vice-roi du Tonkin, ni celles, très fermes aussi, du vice-roi des basses provinces de Cochinchine qui s'était refusé, pour sa part, à publier l'édit de i85i, nedevaient l'emporter sur les conseils de la haine.

Après trois ans de délibérations, de projets et de contreprojets, le 18 septembre i865, l'édit de proscription générale fut promulgué. C'était le commencement d'une lutte atroce et implacable; Tu-Duc voulait en finir cette fois avec le christianisme en Annam, et il s'imaginait être plus heureux que son père Thieu-Tri et que son grand-père Minh-Mang, de sinistre mémoire.

En vertu de ce décret, les mandarins chrétiens avaient un mois pour abjurer, les soldats et le peuple six mois; les catholiques ne pouvaient concourir pour aucun degré littéraire ni exercer aucune charge.

Quiconque arrêtait un prêtre européen avait droit à trois cents clous d'argent (2.400 francs); un prêtre annamite, à cent clous (800 francs).

La peine de mort était prononce'e contre tout prêtre européen et annamite.

On intima aux mandarins l'ordre absolu de veiller à la stricte exécution de cet édit.

Cette fois, Tu-Duc et ses ministres voulaient être obéis. Mgr Retord ne s'étonnait plus de ces coups de foudre qui, de temps en temps, retentissaient sur sa tête en menaçant de l'écraser.

Le vieux soldat ne s'émeut plus de la bataille, surtout lorsqu'il a accepté d'y mourir. Cependant la sérénité de l'évêque avait une autre cause que l'habitude du danger et la vigueur du caractère; elle prenait sa trempe première dans le principe surnaturel qui gardait aux dernières années de sa vie la jeunesse, l'enthousiasme et l'activité des premiers jours de sa carrière apostolique.

Voici une de ses lettres écrite au lendemain de la publication du terrible décret (i) :

(c Les tribulations sont, pour ainsi dire, l'infranchissable milieu où se déroule tout le cercle de notre existence.

ce Vous connaissez le triste état de la religion ici, les dangers de notre position actuelle et la lugubre perspective qui s'ouvre devant nous.

« Quelle ne doit pas être l'amertume de notre âme en comptant les maux affreux qu'une si longue persécution fait à notre Jérusalem annamite, en entendant les blasphèmes du tyran contre le Seigneur et son Christ, en voyant la rage des mandarins pour faire apostasier les fidèles et leur extora|uer de l'argent!

« C'est la désolation du berger, lorsqu'il voit des milliers de loups affamés ravager le troupeau, qu'il paissait avec tant

(i) Elle était adressée au séminaire des Missions Etrangères.

de soin. C'est le deuil du jardinier, lorsqu'un sanglier sauvage vient broyer sous ses yeux les belles fleurs qu'il cultivait avec tant de précaution. Telle est notre douleur en voyant les méchants détruire en un jour le bien qui nous avait coûté de si persévérants efforts.

« Mais ne croyez pas, Messieurs, que nous nous laissions abattre par le chagrin, décourager par les revers ou intimider par la peur.

« Non, notre espérance en Dieu est toujours sans bornes. Nous savons que, sans sa permission, il ne tombera pas un seul cheveu de notre tête. Lui qui nourrit les oiseaux du ciel, qui embellit le lis des champs d'une magnificence plus grande que celle de Salomon, veillera aussi sur nous qui sommes ses envoyés et ses ministres.

« Toujours inébranlable est notre confiance en Marie, la Consolatrice des affligés et la Reine des apôtres. Elle étendra sur nous son manteau protecteur et, au moment voulu par elle, la tempête qui nous agite cessera et le ciel redeviendra serein.

« Résignés d'avance à ce qui pourra nous arriver, peines et joies, tout nous est égal, pourvu qu'après tous les orages de ce monde, nous parvenions au repos de l'éternité bienheureuse ! Donc, vivent les misères et les pleurs de cette vie, les croix et les tribulations des apôtres, et surtout les tourments et le sang des martyrs ! »

Page 1