‹ Mgr Ridel, évêque de Philippolis, vicaire apostolique de CoréeChapitre 6 sur 42 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Le roi de Gore'e se met sur la défensive. — M. Ridel quitte la Chine. — La barque chinoise. — La déesse Poussa. — Equipage chinois. — La barque coréenne. — Arrivée en Corée. — Accueil de Mgr Berneux. — Son palais e'piscopal.

EXDANTque les apôtres de la bonne nouy0 velle se préparaient à pénétrer en Gore'e, rgjgyf on apprenait dans ce royaume, les pre- <&£? mières nouvelles de l'expédition européenne en Chine. Les diables d'Occident, disaient les Coréens, sont venus sur de nombreux navires ; ils veulent, avec des milliers et des milliers de soldats, envahir l'empire du Fils du Ciel. La cour était dans la consternation. Elle se demandait avec anxiété corn" ment elle résisterait au fléau menaçant. Un des principaux ministres présenta dans un mémoire au roi le moyen de le conjurer.

On craignait d'abord que l'empereur de Chine vaincu ne se réfugiât en Corée. Pour détourner ce péril, le ministre conseillait de fortifier tous les chemins que l'empereur pourrait prendre. Ces préparatifs de guerre épouvanteraient le Fils du Ciel et sauveraient la nation. Le second danger, plus réel que le premier, était l'invasion possible 'des bandits qui habitent le Nasan-Kouk, c'est-à-dire, l'immense étendue

de forêts et de terres incultes qui sépare la Core'e de la Mandchourie. Le remède que l'on proposait d'apporter à ce mal ressemblait au premier. Il fallait établir des forteresses et barrer tous les passages.

Enfin, le danger suprême était l'invasion des diables d'Occident. Car, d'après l'auteur du mémoire, les Européens sont la ruine des royaumes, les destructeurs des plus florissantes cités, les propagateurs d'une religion abominable et des coutumes les plus perverses. « Mais, ajoute-t-il, les Européens ne sont redoutables que sur mer. Leurs fusils sont plus gros que les nôtres, c'est vrai ; mais ils n'ont pas même un arc dans toutes leurs armées. Comment tiendront-ils devant nos archers ? Ils ont vaincu quelquefois dans les pays de plaine, où rien ne s'opposait à leurs évolutions ; mais dans notre pays montagneux, si nous avons soin d'organiser des soldats et de bâtir quelques forts sur les chemins qui conduisent à la capitale, nous les repousserons facilement. Autrefois, ils n'avaient que deux ou trois navires; il paraît maintenant qu'ils en ont au moins dix ; mais que peuvent quelques milliers d'hommes contre une nation comme la nôtre?»

« Profondeur des desseins de Dieu ! Si, à ce moment, une simple chaloupe française se fût présentée, exigeant pour la religion la même liberté qui venait d'être stipulée en Chine, on se fut empressé de tout accorder, heureux encore d'en être quitte à ce prix. Dieu ne l'a pas voulu (i). »

Pendant que le roi de Corée se mettait sur la défensive et renouvelait les édits de persécution qui avaient

(i) L'abbé Dallet, Histoire de l'Eglise de Corée ; tome II, page 469.

été déjà si funestes à la chrétienté, la petite barque des missionnaires, sous la protection de saint Joseph, faisait voile vers les rivages de cette contrée inhospitalière.

Le il mars, elle s'éloignait de Tché-fou, et le lendemain, après une navigation contrariée parles vents et les bancs de sable, elle arrivait à Win-Hai, dernière station chinoise. Là, les vents contraires, mais bien plus encore la mauvaise volonté de l'armateur, la retinrent pendant huit jours.

M. Ridel profite de ses loisirs pour nous faire la description de la nacelle qui doit le porter de Chine en Corée : « Elle a 8 mètres de long sur 2 mètres de large. Le dessus est plat et le pont sans rebord ; la moindre vague peut y pénétrer. Ce voyage ne serait pas sans péril si saint Joseph n'était à notre gouvernail. Nos cabines sont à l'arrière ; on y descend par une ouverture qui ressemble beaucoup à une cheminée ; c'est un exercice de gymnastique dont on s'acquitte assez bien avec un peu d'habitude. Pour communiquer entre nous nous rampons, car il est impossible de nous tenir à genoux. C'est couchés sur nos lits que nous accomplissons nos devoirs de piété et que nous prenons nos repas. »

Il y a sur le pont une petite chambre, mais elle est encore plus étroite ; de plus, c'est le temple de Poussa à qui les matelots ont soin d'offrir deux fois par jour trois bâtonnets qu'ils appellent odorants. En effet, ils répandent en se cpnsumant une odeur infecte. Poussa est une petite bonne femme en bo'isj de trois pouces de haut; c'est elle qui enfle les voiles de la barque, dissipe les nuages menaçants, c'est elle qui conduira sans accident le frêle esquif au port de Mérin-to'. . .

La légende de Poussa est curieuse. Un jour, disent

les pauvres Chinois, le père et le frère de cette déesse, après avoir construit une barque, se mirent à parcourir l'Oce'an. Tout à coup, survint une violente tempête et le navire sombra. Pour opérer le sauvetage de ses parents naufragés, la petite vieille se mit à boire en désespérée l'eau de la mer. Elle but tant et tant que son père et son frère vinrent à pied sec du fond de la mer embrasser leur libératrice.

Il serait difficile de se faire une idée des marins qui conduisent la barque des missionnaires. Ils sont là, fumant leur opium, étendus sur leurs lits, le regard à demi éteint. Ils passent leurs journées dans une somnolence et une torpeur abrutissantes. Chez eux, de l'homme il ne reste plus que la bête. Le capitaine et l'armateur ont à peine 28 ans ; et cependant ce sont déjà des vieillards jaunes, au front couvert de rides, aux traits fanés et amaigris, dont le corps tout tremblant et sans force se courbe vers la tombe (1). Quel crime affreux dont l'Angleterre, chaque jour, se rend coupable ! Grâce à son infâme trafic, elle peut embellir sa capitale, payer ses mercenaires et couvrir de ses vaisseaux l'immensité des mers. Mais le monde civilisé peut-il ignorer que l'Angleterre assassine autant d'hommes qu'elle entasse de pièces d'or dans ses coffres ?

Laissons encore à notre missionnaire le soin de nous raconter la fin de cette périlleuse expédition :

« Pendant la traversée, voici que l'un de nos matelots veut obstinément parler français. Nous lui

(1) Il ne faudrait pas trop généraliser ce que nous disons ici des matelots qui conduisaient la barque des missionnaires. Tous ne fument pas l'opium, et beaucoup, sans être braves, sont cependant bons marins.

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apprenons tout d'abord à compter jusqu'à dix , et comme il répète tout ce que nous lui disons, nous ajoutons l'invocation : « O Marie conçue sans péché. » Tout joyeux, il s'en va la redire à ses amis, et quand il est à la barre, il redit : « O Malle conçue sans le pessé, plie\ ponl nous ti allons recouls à vous. »

« Tous sont très curieux ; à l'heure de nos repas, ils accourent comme des enfants. A l'un, nous offrons une pomme de terre, à l'autre un morceau de viande, et ils s'en vont satisfaits. Mais voici notre armateur qui arrive avec une dignité toute chinoise. Que lui offrirons-nous ? L'un de nous retire d'un bocal, avec une gravité pareille, un énorme cornichon qu'il présente au propriétaire du navire. Celui-ci tout fier de cette distinction se retire fort heureux, et il estime les cornichons délicieux. Lisons-nous notre bréviaire ou récitons-nous notre chapelet, ils arrivent encore près de nous et remuent les lèvres pour imiter le son de notre voix. Enfin, le 19 mars nous faisons voile vers la Corée ; deux jours plus tard, nous arrivons heureusement à l'île de Merin-To, lieu du rendez-vous. Après quatre jours d'attente, le Coréen qui était de garde sur le pont s'écrie tout à coup : Pères, voici notre barque. Il venait, en effet, d'apercevoir une barque coréenne qui avait rapidement passé devant la nôtre ; mais son équipage s'était mis à faire de grands signes de croix en voyant à notre mât un drapeau bleu sur lequel ressortait une croix blanche.

« Quand cette nouvelle nous arriva au fond de la cale où nous étions blottis, nous fîmes nos préparatifs en attendant que la nuit vînt-nous envelopper de son ombre et nous permettre de passer de la jonque chinoise sur la barque coréenne.

«Vers le soir, le ciel se couvrit de gros nuages, et la mer devint menaçante. Bientôt la tempête se déchaîna. C'est donc en naufragés que nous allons aborder en Corée. La sonde ne donnait plus que quelques brasses, et la jonque chassait toujours sur ses ancres. Dieu veillait sur nous.

« Les flots, malgré leur furie, ne pouvaient engloutir ce fragile esquif que nous avions appelé « la Providence ». En effet, peu à peu, les vents tombèrent et nous pûmes regagner le large. Mais nos vivres étaient épuisés, et pendant plus de trois jours, nous n'eûmes pour nourriture qu'un peu de goémon et du biscuit attaqué parles vers, celui que, dix mois auparavant, le général en chef avait défendu de donner aux soldats français.

« Nous désespérions déjà, lorsque, le jeudi saint, vers le soir, une barque coréenne apparut à l'horizon; elle se dirigeait vers nous. Notre capitaine, brave comme tous les Chinois, se mit à trembler; il ordonna aux matelots de préparer les canons. Nous allions avoir un combat naval ; le difficile était de ne pas rire en voyant le sérieux avec lequel nos gens essayaient de monter leurs canons sur une espèce de piquet qui servait d'affût. Dans la crainte que le bruit de la poudre ne donnât l'éveil et ne mît en fuite la barque qui venait à nous, nous dûmes persuader à notre capitaine de ne pas se servir de ses engins, d'abord parce qn'il se ferait mal, et ensuite parce qu'un combat à l'abordage nous paraissait préférable.

« Mais bientôt la petite barque, après avoir tourné deux fois autour de nous (c'était le signal convenu) accoste notre jonque derrière les rochers de Mérin-To. Les envoyés de Mgr Berneux montent à notre bord, et

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nous présentent une lettre de Sa Grandeur, signe auquel nous devions reconnaître nos véritables guides. » La lune se levait en ce moment, et les braves Coréens, revêtus de leurs longs habits blancs, ressemblaient à des fantômes éclairés par les rayons de la lune tamisés par les nuages.

Aussitôt embarqués les missionnaires descendirent tous les quatre dans une petite cabine haute à peine de deux pieds sur cinq ou six de long et autant de large. On procéda ensuite à leur toilette : de la tête aux pieds ce fut complète métamorphose.

La traversée de Mérin-To jusqu'au rivage de Corée fut pour eux un supplice qui dura dix jours entiers. Etendus sur un peu de paille ils sont obligés de vivre dans cette cage, entassés les uns sur les autres. Sans cette précaution, au milieu du va-et-vient des barques coréennes qui rasent leur embarcation, ils seraient infailliblement reconnus.

De temps en temps, le refrain d'une chanson coréenne arrive jusqu'à leurs oreilles. Les matelots le redisent en s'accompagnant de leur unique instrument de musique. Quelle musique ? Une moitié de coco placée dans un seau d'eau, et sur laquelle ils frappent à coups redoublés. La chanson vaut la musique. Us entendent aussi les prières que tout l'équipage adresse au Dieu des chrétiens et à la Vierge Immaculée. Alors ils ne songent plus à leurs souffrances, mais des larmes de joie coulent de, leurs yeux. Le capitaine a rassemblé autour de lui tous ses hommes, et récite le chapelet avec la plus touchante confiance. Car pour lui, comme pour les missionnaires, il s'agit simplement de sa tête.

A mesure que l'on approche du rivage, le supplice

des missionnaires devient de plus en plus intolérable. On a entassé les nattes sur le trou qui leur sert de refuge et ils respirent à peine. Le capitaine récite encore une dizaine de chapelet, et, se confiant en la divine protection de Marie, il s'avance courageusement vers la barque de la douane. Ce que Marie garde est bien gardé. Le premier il s'adresse aux douaniers et leur montre l'attestation qu'il a payé l'impôt. Ceuxci sans défiance échangent quelques paroles et regagnent leur poste.

La petite barque avec sa précieuse charge s'engage alors dans le fleuve qui mène à la capitale. A la tombée de la nuit, le ciel se voile, et la profonde obscurité favorise cette sainte expédition. Pendant cinq heures, c'est une lutte continuelle contre le courant, lutte qui se termine par la prise de possession du royaume de Corée au nom de la sainte Eglise, le samedi de Pâques, à minuit.

« Chaussés de souliers de paille, et latête recouverte d'un chapeau à immense rebord, une lanterne à la main, nous nous mettons à la suite de nos courriers.

«Tout à coup se dresse devant nous une montagne presque à pic. Nos gens nous donnent l'exemple. Les pieds, les genoux, les mains, les coudes, tout nous sert dans cette ascension. Nous reprenons des forces, et nos cœurs bondissent de joie, car cette terre que nous tenons presque embrassée, c'est la terre de Corée ! Nous arrivons bientôt à un sentier étroit et escarpé qui mène à la capitale. Nous marchions déjà depuis quelque temps l'un à la suite de l'autre, et mesurant parfois de toute la longueur de notre corps le sol de notre nouvelle patrie.

« Nous étions épuisés, car depuis un mois toujours

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blottis au fond des jonques, nous n'avions pas marché. Mais la joie de nous jeter bientôt dans les bras de notre Père nous donnait du courage et des forces. Enfin vers trois heures nous entrâmes chez l'un de nos guides où nous attendait un potage coréen et un verre de vin de riz. Après avoir fumé la pipe de l'hospitalité, nous reprenons notre chemin à travers les faubourgs de la capitale, quand, au détour d'une rue étroite, nous rencontrâmes un individu dont la tournure et la mine ne nous disaient rien de bon. Notre premier guide se mit aussitôt à invectiver son compatriote, et celui-ci pour toute réponse entonna une chanson bachique. Quant à nous, nous n'osions ni tousser ni lever les yeux. Bientôt cet homme prit une rue déserte et nous laissa continuer notre chemin : c'était un satellite qui faisait sa ronde.

« Enfin nous franchissons la grande porte de l'ouest, et après avoir traversé quelques rues sales et tortueuses, nous nous trouvons en face d'un portail qui s'ouvre devant nous pour nous laisser passer et se referme aussitôt derrière nous. Comment dire notre joie ! nous étions aux pieds de Mgr Berneux et de Mgr Daveluy. Non, non, dussions-nous vivre cent ans, jamais nous ne pourrions oublier cet accueil de la plus paternelle tendresse. En ce moment la reconnaissance et le bonheur rendaient nos lèvres impuissantes, des larmes de joie coulaient de nos yeux et nos coeurs étaient remplis de la plus délicieuse ivresse. Qu'ils nous parurent beaux dans cet humble réduit, les deux représentants du vicaire de Jésus-Christ avec leurs épaules déjà courbées sous le poids des labeurs et leur chevelure blanchie longtemps avant l'âge! »

« Il fut solennel, écrit de son côté Mgr Daveluy, il fut

joyeux ce beau jour ! Après avoir cheminé presque toute la nuit, quatre nouveaux confrères arrivaient avant l'aube dans la demeure de Mgr Berneux. J'avais le bonheur de m'y trouver, et nulle parole ne pourrait vous dire les impressions qui se ressentent en pareilles circonstances : ce sont des compatriotes, des amis, des aides, des frères, entre autre M. Ridel, qui à son départ avait vu mon plus jeune frère. Te Deum... Magnificat... » Pendant quelques instants, on donna libre cours aux premiers épanchements, mais à voix basse, les portes et les fenêtres hermétiquement fermées. Mgr Daveluy célébra ensuite la sainte messe, pour remercier Dieu du succès de l'expédition et lui demander que les quatre nouveaux venus fussent bientôt de véritables apôtres.

Une chambre de quinze pieds de long sur huit de large et sept de haut, une chambre qui devient, selon la nécessité, chapelle, salle d'étude et de récréation, dortoir et réfectoire : c'est là tout le palais épiscopal de Mgr de Capse.

Il est facile de se faire une idée de l'ameublement de cette demeure. Point de chaises ni de fauteuils. On s'assied sur le plancher, les jambes croisées comme les tailleurs en Bretagne. Cette position est très pénible au début, et l'on a hâte de voir le repas terminé.

Pour faire du réfectoire un dortoir , rien de plus simple. Chacun des missionnaires s'enroule dans une couverture, met un petit morceau de bois sous sa tête en guise d'oreiller, et s'endort comme un bienheureux qui le lendemain se réveille dans la maison du bon Dieu.

Quel attendrissant spectacle que celui des missionnaires de la Corée réunis dans ce palais ! autour de

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leur évêque ! Comme les Apôtres au Cénacle, ils se préparent par la méditation, par la prière aux grands combats qu'ils vont livrer. Non pas qu'ils doutent du succès, mais ils ont besoin de force et de courage, car ils savent que dans les luttes du Christianisme ce n'est pas le vaincu mais le vainqueur qui doit mourir. Ils savent que quiconque veut planter une croix sur une terre infidèle et la faire fleurir, doit l'arroser de ses sueurs et de son sang. Le sang, c'est l'engrais qu'il faut à cette terre pour qu'elle produise des lis immaculés et des palmes de martyrs. Ils savent que pour transformer ces peuples esclaves, couchés dans la fange, qui ne connaissent que la hache du bourreau et l'ignoble bâton du satellite, en hommes libres qui porterontinscritdans leur cœuret sur leur frontle caractère de fils de Dieu, ils savent qu'il faut souffrir et mourir. Voilà pourquoi les missionnaires prient, pourquoi ils se recueillent avant de se séparer.

Cette vie du missionnaire à Séoul est la vie des meilleurs jours, la vie des jours de repos, des vacances. Bientôt, pendant ses pérégrinations apostoliques il fuira la lumière et la société des hommes. Il sera traqué par eux comme un fauve à travers les montagnes et les forêts. Il souffrira du chaud, du froid, de la faim, de la soif. Et quand il aura, au prix de mille fatigues et de mille dangers, visité ses chrétiens disséminés sur un parcours de 400 lieues, il se trouvera heureux de n'êtrapas mort de fatigues, de n'avoir pas été déchiré par la dent des tigres, et de goûter quelques moments de repos sur la terre nue dans une misérable hutte.

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