‹ Mgr Seghers, l'apôtre de l'AlaskaChapitre 14 sur 38 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Projet de rappel à Louvain. — Voyage en Europe. — Mort de Mgr Demers. — Maladie de M. Seghers. — Son élévation àl'Episcopat.

Etat de santé Sur ces entrefaites, Mgr Demers était rentré dans son

précaire

diocèse, en décembre 1868. Il avait été péniblement impressionné de l'état de santé précaire du plus vaillant de ses prêtres.

Aussi s'étudia-t-ii à forcer l'ardent missionnaire à se .soigner, et à ménager une santé .si précieuse. Il avait hâté son retour pour le soulager.

« Notre cher Seghers, avait-il écrit à Mgr De Neve (i), ne me dit rien de sa maladie, et je comprends la raison de son silence. Ceci me jette dans la plus grande affliction, comme vous devez le penser; et je vais me hâter de retourner le plus tôt po.s.sible. Je sais qu'il rencontre baaucoup de difficultés... »

A peine arrivé, le prélat écrit encore à Mgr De Neve (!2) : « Je me hâte avant tout de vous parler de notre Seghers. Il e.st manifeste que son rétablissement, — quoique passager, je le crains, — est dû à la protection de la S. Vierge, à laquelle les

(\) 5 juillet 1S68.

(2) 2U décembre 18G8.

Sœurs et tout le peuple ont adressé tant de prières! Car c'est en un jour de fête de cette bonne Mère que la maladie a cessé, que le vomissement a discontinué. Le médecin n'avait plus d'espoir de le sauver. Maintenant la vie et la vig-aeur lui reviennent sensiblement ; mais il ne chante ni ne prêche plus. Et je prie le ciel de le conserver dans cet état, car il peut encore rendre de grands services : à part la direction du couvent, il m'aide dans les affaires temporelles, et en même temps, je l'emploie comme secrétaire. Mais on craint beaucoup pour un retour du mal, qui serait certainement plus grave, et peut-être.... 0 ciel! Gardez-le moi! Autrement, il me semble que la moitié de ma vie serait perdue!... »

Quel témoignage pour un prêtre, que de telles paroles dans la bbuche de .son Evêque !

Le mal d'ailleurs, semblait faire trêve, et M. Seghers

escomptait l'influence .salutaire des beaux jours qui allaient

venir. Il était déchargé de bien des jiréoccupations par le

retour de Mgr Demers, et en avril suivant, il pouvait écrire (i) :

« Je n'ai pas beaucoup de besog'ne pour le moment. Je

regarde le présent comme une période de repos. Dieu sait ce

qui nous est réservé pendant la prochaine absence de notre

Evêque. En tout cas nous combattrons notre combat jusqu'au

bout! » En effet, l'Evêque allait devoir s'absenter de nouveau,

appelé à Rome pour le Concile du Vatican; et son intention

était de laisser de nouveau à M. Seghers le soin de son

diocèse.

Cependant le vénérable recteur du Séminaire Américain Projet de rap- ^ pel a Louvain

de Louvain cherchait à s'adjoindre un aide dans sa lourde (1) A Mgr De Neve, 6 avril 1869.

cLarge. 11 avait jeté les yeux sur le jeune prêtre dont les "brillantes qualités promettaient de donner le plus grand appui h l'œuvre importante, le principal espoir des missions américaines. Habitué au plus entier renoncement, et plein d'une profonde humilité, M. Seghers décline les propositions qui lui .■^ont faites, estimant qu'il n'est pas l'homme qu'il faut pour de semblables fonctions; mais il se soumet d'avance à l'obéissance : « Quitter ce pays serait pour moi un grand sacrifice et la perte de la couronne que j'attends dans nos bois; et, bien que je souhaite ardemment de vous voir soulagé et assisté, rien que l'obéissance ne sera capable de me faire quitter ma chère île de Vancouver ! » (i) Puis il ajoute : « Notre Evéque compte partir sous peu pour Rome et laisser de nouveau toute la charge sur mes épaules. J'espère que vous prierez pour moi, afin que je puisse accipere spiritum sancinm ad rohir. » Les démarches de Mgr De Neve devaient d'ailleurs échouer devant le besoin que l'on avait à ^'ancouver de l'homme qui était la cheville ouvrière de ces missions : jamais l'Evêque n'aurait consenti à son départ, qui eut compromis le nécessaire relèvement du diocèse.

Voyage L'état de santé de M. Seghers, devenu précaire de nou-

en Europe

veau, força Mgr Deniers à modifier .ses dispositions. Le jeune

prêtre ne pouvant su])porter la lourde charge de l'admini.stra-

tion du diocèse, l'Evêque résolut de lui donner le repos d'un

voyage dans sa patrie, et l'invita à l'accompagner en Europe,

où il se rendait pour le Concile.

A Rome M. Segliers arriva à Rome, le (5 décembre 1860. Ce

fut jjour le jeune prêtre une incomparable jouissance, de

(1/ Lettre à Mgr De Neve, 17 mai 18G9,

-Bipasser quelques mois au centre de la Catholicité. Il parle av^ec les accents les plus émus du grandiose spectacle qu'offrait le Concile, cette vénérable réunion de plus de sept cents Evêques,pour la plupart blanchis dans les travaux du Ministère.

Il prit d'ailleurs une part active aux travaux de l'auguste assemblée, car il accompagnait son Evêque comme Théologien. Le travail qu'il fournit à cette occasion fut considérable : il dit lui-même (t) qu'il passa plus d'une fois une partie de la nuit à préparer avec son Evêque les séances du Concile. Il lui était impossible de faire les choses à demi, et il se mit h l'étude avec plus d'ardeur que sa frêle santé ne le lui eût permis. Pendant les quelques mois qu'il passa à Rome, il approfondit quantité de questions théologiques et canoniques, et ce fut alors, pour une grande part, qu'il acquit ces vastes connaissances des choses ecclésiastiques, que l'on admira en lui.

Pendant son séjour dans la capitale du monde chrétien, M. Seghers eut le bonheur d'être admis avec son Evêque en audience particulière par le Souverain Pontife. C'est alors que Mgr Demers, que l'état maladif de son prêtre inquiétait vivement, présenta le malade au Saint Père, demandant pour lui une bénédiction toute spéciale. « Le diocèse de Vancouver a besoin de lui, ajouta-t-il, et il souffrirait beaucoup de la perte d'un prêtre aussi méritant. » Le Pape bénit le malade de tout cœur, assurant à l'Evêque que cette vie précieuse serait conservée aux missions qui avaient tant besoin de lui. Puis, avec la bonhomie qui le caractérisait. Pie IX ajouta, faisant allusion à une expression en usage parmi le clergé Romain : « Vous ne pouvez pas porter atteinte à mon privilège de faire des Cardinaux. {^2) »

(1) Lettre à son oncle, 21 mars 1870.

(2) Allusion au rouge du sang, et à la couleur cardinalice.

Retour en Amérique

TeiiipC'te sur l'Atlantique

M. .Seghers s'était attaché de toute son ànie à cette lîorae, siège de Pierre.

« Ce n'est pas sans joie que je dirige mes pas vers la Belgique, puis vers l'Amérique, écrivait-il, (i); d'abord vers la Belgique, pour y passer quelques jours avec les parents et les amis; puis vers l'Amérique, pour y consacrer aux missions le peu d'années que j'ai encore à passer sur cette terre. Et cependant, mon cœur se serrera de douleur, lorsque je ferai un éternel adieu à la ville des Papes ; vous ne pourriez jamais vous imaginer comme tout homme qui possède uu cœur catholique, se sent chez lui à Rome. »

De Rome, M. Seghers se rendit en Belgique, où il passa quelques semaines au sein de sa famille. Il voulut mettre à profit ce temps de repos, pour retremper son âme dans la prière et la méditation, et il demanda au Recteur du Séminaire Américain l'autorisation de faire dans ce pieux asile, où il s'était formé à la vie apostolique, quelques jours de retraite.

Ayant repris ainsi des forces selon le corps et l'esprit, le missionnaire se mit, avec Mgr Demers, en route pour Victoria. Il s'embarqua d'abord à O.stende, puis à Liverpool, sur le Perutian, le 15 septembre 1870. Bientôt une violente tempête se déchaîna. Le cœur de M. Seghers était inacce.s.sible à la peur, et il est curieux de retrouver, dans une lettre qu'il écrivit peu après, sa manière à lui de voir l'épouvantable tourmente. (2)

« A peine avions-nous quitté l'Irlande, que la mer devint houleu.se, et bientôt nous fûmes assaillis par une des tempêtes les plus violentes que l'on puisse éprouver sur l'Atlanticpie.

(1) Lettre à M. D. M., 24 mai 1870.

(2) Lettre du 12 décembre 187U ii son oncle, M. J. B. Seghers.

Nous ne fîmes en vingt-quatre heures que quatre-vingt milles, soit vingt-huit lieues, alors que notre steamer devait faire, en tem ps calme, ses troiscents milles par jour. Le temps se rasséréna; puis, après un jour de répit, le vent redevint si violent que notre navire était ballotté en tous sens. Une de nos voiles, que l'on n'avait pas carguée à temps, fut mise en pièces! Assiettes et verres, vaisselle et cristaux se mirent à tomber, à rouler, à s'entrechoquer, avec un bruit à en perdre la tête. Un panier à roulette, rempli de vaisselle, se mit à voyager en tous sens, et à faire les évolutions les plus surprenantes, selon les inclinaisons successives du bateau. Quiconque voiil lait faire un pas, se mettait à patiner, qu'il le voulût ou non, et finissait par faire la plus plaisante culbute; et alors qu'il croyait se remetire sur les pieds, il était fort surpris de se trouver sur la tête. Le capitaine nous dit, après la tourmente, qu'il ne s'en était fallu que d^m pied que l'eau ne pénétrât dans la chambre des machines, et alors, le feu s'éteignant, il n'y avait plus de salut pour nous. Mais Dieu nous assistait, et le second lundi après notre départ, nous étions à Québec, au Canada. »

De Québec, les voyageurs firent route par Montréal, Détroit, Chicago, San Francisco et Portland, pour arriver à Victoria le 2 novembre, (i)

Les épreuves et les pénibles travaux allaient recom- Dernière

mencer pour le pauvre prêtre, dont la santé était à peine réta- de C' D^mers blie. Le 31 décembre, une attaque d'apoplexie frappait Mgr Demers, et le rendait incapable de tout travail. Les charges et les responsabilités retombaient, lourdes, sur les épaules^de

(1) Lettre; de Mgr Demers h Mgr De Nève, 12 décembre 1870.

/l/jf/- Seg-Aers,

son assistant. Celui-ci se mit courageusement à la besog-ne,

mais son corps affaibli par les atteintes antérieures, ne pouvait

Rechute résister au surcroit de travail. Un nouveau crachement de

mortelle de M. Seghers. sang se produisit. Le médecin traitant appela en consultation

des médecins de marine, et leur sentiment commun fut que la mort était imminente, ou que, tout au moins , il ne ])ouvait rester qu'une question de temps. Mgr Deniers, frappé au cœur, réunit ce qui lui restait de forces, pour dicter une lettre à adresser au Saint Père, afin de lui exposer la triste situation, et de le conjurer d'obtenir de Dieu la conservation de M. Seghers. L'Evêque demandait au Pape d'envoyer sa bénédiction au prêtre en qui résidait l'espoir du diocèse.

Quatre jours plus tard, le 28 juillet 1871, le grand missionnaire qui avait donné trente-trois années de sa vie à l'évangélisation de ces vastes contrées, rendait sa belle àme à Dieu. Par ses dernières volontés, c'était Charles Jean Seghers qui devait prendre l'administration du diocèse, jusqu'à ce que Rome eut pourvu à la vacance du siège.

Avec toutes les précautions possibles, on annonça la triste nouvelle au malade. Le coup était prévu, mais il fut rudement ressenti : un jet de sang s'échappa des lèvres du jeune administrateur , se mêlant aux larmes qu'il versait sur le saint Prélat qui , pendant huit ans , avait été pour lui un père. Quelle situation! L'Evèque mort; l'administrateur , à peine nommé, mourant! Il voyait l'abandon dans lequel allait se trouver le diocèse confié à ses soins , et la douleur de cet abandon, jointe à la douleur de la perte qu'il venait de faire , accablait son âme, et aggravait les souffrances de la maladie . Il remit temporairement ses pouvoirs à son ami et vaillant collaborateur, M. Jonckau, et laissa à la Providence le soin de veiller sur la mission de \'ancouver.

Un gage de la protection divine arriva bientôt à Victoria. Guensom. C'était la réponse à la lettre que l'Evêque mourant avait adressée à Sa Sainteté. S. E. le Cardinal Barnabe écrivait: « Je m'empresse de vous faire savoir que le Saint Père, en audience du 27 août, accédant à la prière formulée dans votre lettre du 24 juillet, a daigné donner de tout cœur la bénédiction apostolique au Rév. M. Charles Seghers. » M. Seghers, plein de confiance en cette prière autorisée qu'est la bénédiction apostolique, lui attribua sa guérison. Les médecins restèrent stupéfaits en voyant la tournure nouvelle que prenait la maladie. Ils savaient qu'on l'attribuait à la prière; ils n'osèrent énoncer leur avis, reconnaissant toutefois qu'ils avaient regardé une prompte mort comme certaine. Débordant de reconnaissance, M. Seghers rédigea lui-même une lettre de remerciement, au nom de M. Jonckau, qui avait reçu la missive du cardinal Barnabô. Elle était conçue en ces termes :

« J'ai reçu avec joie et reconnaissance la lettre de Votre Eminence en date du 2 septembre, par laquelle Elle m'informait que le S. Père avait accordé la bénédiction apostolique à M. Seghers; d'autant plus qu'il semble que la bénédiction de Sa Sainteté ait rendu la santé à mon ami et compagnon de travail. J'aurais répondu plus tôt à Votre Eminence, mais j'ai différé de le faire jusqu'à ce que j'aie pu juger avec plus de certitude que mon ami était sauvé. Je prie Votre Eminence de pardonner le retard. » (i)

La bénédiction du S. Père avait-elle opéré ce prodige? Le devait-on à l'intercession de Mgr Demers priant au ciel pour son diocèse? Dieu seul le sait. Le fait est que M. Seghers ne

(1) Cette lettre était datée du 18 décembre 1871.

Course apostolique ù Sooke.

M. Seghers

nommé Evêque de Vancouver.

cracha plus de sang-, malgré les extrêmes fatigues qu'il s'imposa depuis lors, malgré la vie de privations et de labeurs inouïs qu'il mena. Il lui arriva, en effet, de parler jusqu'à six et sept fois en un jour, et certaines de ces conférences duraient une heure, et même une heure et trois quarts Sa vie et son sang étaient réservés pour le salut de beaucoup d'àmes.

Bientôt l'administrateur se sentit assez de forces pour prendre en main la direction des affaires. Il reprit en même temps ses courses apostoliques.

« Je sais bien, écrit-il vers cette époque, à un ami, (i) que vous êtes toujours affamé de nouvelles; mais il m'e.st bien difficile de satisfaire à votre désir : le temps me manque pour vous donner une description de la mission que j'ai faite dernièrement à Sooke, par monts et par vaux; course à cheval à travers les bois, par un sentier large d'environ trois pieds; baptême d'un enfant, visite d'un camp sauvage, navigation dans une grande baie; dîner « aux moules », que nous avions trouvées sur un rocher; passage d'un ravin d'une trentaine de pieds de profondeur sur un arbre renversé; descente d'une côte de quatre cents pieds de hauteur, à pied, en menant le cheval par la bride; course précipitée au milieu des flammes : la forêt était en feu Tous

ces détails .seraient intéressants, si j'avais le temps de les décrire. Peut-être les rédigerai-je un jour. Mais le temps, le temps ! ... »

La nomination de l'Evêque tardait ; les mois se pa.ssaient en négociations : les Evêques du Canaiia demandaient

(1; Lettre à M labbé V. L., '27 octobre 1872.

que Vancouver, possession anglaise, fût rattaché à la province Ecclésiastique de S. Bouiface; l'archevêque d'Orég-on, d'autre part, tenait à conserver dans sa province ce diocèse qui, en fait, avait toujours appartenu aux missions de l'Orégon. C'est ainsi que plus de dix-huit mois s'écoulèrent avant qu'une décision put être prise.

Pendant cette longue période, l'administrateur fît preuve de tant de zèle, d'énerg-ie et de prudence, que Pie IX, qui n'avait pas oublié le protégé de Mgr Deniers, le nomma Evêque de Vancouver, en consistoire du 23 mars 1873.

Avant que la nouvelle officielle en fut arrivée, le bruit de cette nomination s'était répandu. M. Seghers en fut péniblement affecté. « Le bruit court à S. Francisco que je suis nommé Evêque. Priez pour moi : mes épaules sont trop jeunes pour un tel fardeau ! » (i)

Bientôt la nouvelle arriva, officielle, et fut accueillie avec une joie immense par le clergé et les fidèles.

La consécration du nouvel Evêque eut lieu le 29 juin, fête des Princes des Apôtres, en l'Eglise Cathé drale de S. André, à Victoria. Mgr F. N. Blanchet, Archevêque d'Orégon, officiait; il était assisté de Mgr M. Blanchet, Evêque de Nesqualy et de Mgr d'Herbomez, Vicaire apostolique de la Colombie Britannique. Une quinzaine de prêtres, dont plusieurs missionnaires belges, assistaient à la cérémonie, au milieu d'innombrables fidèles.

L'après-midi, le nouvel Evêque reçut les hommages de ceux auxquels il avait consacré toutes ses forces pendant dix années, et auxquels l'unissaient maintenant des liens plus

()1) Lettre du 7 avril 1873, à son oncle M. J. B. Seghers .

étroits que jamais : ils venaient lui dire leur ])onhear et leur dévoùment.

Ensuite Mg-r Seghers se rendit à l'Eg-lise du Collège S. Louis, où étaient réunis de nombreux Indiens catholiques. L'Evêque leur fît une de ces allocutions dont il avait le secret, et qui allaient droit au cœur de ces hommes simples et primitifs. Puis, vers le soir, après les vêpres solennelles et le salut, M. De Craene, un prêtre belge, dit, en un brillant discours, combien Vancouver était heureux d'avoir, en Mgr Seghers, un Evêque selon son cœur.

Oui, c'était l'Evêque selon le cœur de ses diocésains ; ils l'avaient vu à l'œuvre, et ils savaient ce qu'ils pouvaient attendre du jugement sur, de la volonté ferme, du dévoùment sans bornes de celui à qui Dieu confiait leurs âmes.

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