‹ Mgr Seghers, l'apôtre de l'AlaskaChapitre 7 sur 38 · I. — ORÉGON · texte numérisé non relu

I. — ORÉGON

Le vaste territoire compris entre le Pacifique et les Montagnes f'aj's et

populations.

Rocheuses, du 42° au 54''40' de latitude, était désigné autrefois

sous le nom générique de Territoire de rOrégon(i). La nature

y étale avec complaisance toutes ses grandeurs sauvages, dans

les hautes cimes des Montagnes Roclieuses, dans les falaises

abruptes qui bordent les côtes, dans les vastes vallées, dans les

forêts puissantes et les prairies sans limites, dans les rivières

gigantesques, tombant parfois en cataractes grandioses au fond de

ravins encaissés.

Dans ces bois impénétrables, dans ces plaines, dans ces vallées, vivaient il y a cinquante ans, des peuplades, nombreuses encore, mais en butte déjà aux maux (|ui devaient les décimer rapidement.

Les Indiens pouvaient autrefois, dans le dur climat de ce pays, Mœurs,

se procvirer une abondante nourriture et les fourrures molles et chaudes, peaux de castor et de grands fauves, qui leur donnaient pour l'hiver un vêtement confortable. Mais depuis que la traite des pelleteries s'est établie dans ces contrées, les fourrures sont devenues rares, et les malheureux indigènes en sont presque

(1) Cette dénomination a été restreinte plus tard a unî partie de ce territoire, aux rives du Fleuve Orogon ou Colombie.

privés. Les plus pauvres n'ont souvent pour tout vêtement ([u'unechemise et une couverture.

Les demeures ne sont guère moins misérables. Dans presque tout le pays, les liabitations sont des cabanes de quinze, vingt, vingt-cinq pieds de longueur, et larges en proportion. Sur des nuu'S de trois ou quatre pieds de haut, s'élève un toit couvert d'écorce de cèdre. Il n'y a point de cheminée; le feu se fait au milieu de la loge, dans un bas.sin creusé en terre; la fumée s'échappe par une ouverture dans le toit.

Les sauvages vivent, en général, de chasse et de pèche. Leur nourriture ordinaire est le saumon, l'esturgeon, le canard, l'outarde, le chevreuil et le cerf. Ils font usage aussi des fruits des champs, surtout de la racine de caniace, espèce d'oignon dont les prairies abondent.

Les Indiens de l'Orégon se partag-ent en nombreuses peuplades : leurs usages, leurs mœurs, leurs langues, les traits même de leurs visages sont différents. Il y a presque autant de nations et d'idiomes que de lieux. On en compte vingt-cinq ou trente; d'après d'autres, il fa\idrait distinguer plus de cinquante peuplades et autant de langues.

Lant,me?. Les langues Indiennes sont riclies en expressions belles et

imag'ées, mais elles n'ont pas de mots pour exprimer nonibrc d'idées, surtout, comme il est naturel, en matière d'arts, de sciences et de religion. Chose frappante, ces peuplades possèdent des mots pour désigner tous les vices et toutes les mauvaises passions de l'àme, mais n'en ont point pour nommer les vertus, et fort peu pour les actes intérieurs et spirituels. C'est là une immense ditticulté ])(tur les missionnaires, obligés de créer des mots nouveaux, en ces langages si nondjreux et si différents. Heureusement un jargon, composé des mots princii)aux de la langue des Indiens Chinoulcs, avec quelques mots français et anglais, leur vient grandement en aide. Ce jargon est compris, dans

presque toutes les tribus, par ceux d'entre les Indiens qui se trouvent plus fréquemment en rapport avec des étrang-ers. Nous pourrions, peut-être, comi)arer ce phénomène à celui, bien connu, de la langue des iwi'ts que parlent les matelots du monde entier.

Les sauvages de l'intériem" sont d'un caractère doux et sociable; ils sont pourtant vindicatifs; ils sont intellig-ents et spirituels, mais un peu indolents; ils croient à l'immortalité de l'àme, et à une autre vie, bonne ou mauvaise, selon qu'on le mérite; mais ils se "font un paradis ou un enfer à leur manière : un lieu d'abondance ou de disette. Leurs mœurs sont plutôt pures, pour des nations réduites aux seules lumières de la raison. Ils ont une idée suffisamment distincte du bien et du mal ; la conscience publique désapprouve et condamne le vol, l'adultère, l'homicide et le mensong-e. La polygamie elle-même est plutôt tolérée qu'approuvée.

L'esclavage est universellement répandu parmi ces Indiens. Les esclaves font presque toute la besog-ne; ils ne sont pas fort maltraités; mais quand ils deviennent vieux et inutiles, on va jusqu'à les laisser périr de misère et de faim. Outre les esclaves-nés, il en est beaucoup qui, libres autrefois, sont tombés dans l'esclavage par le sort des armes. Les prisonniers de guerre, eussent-ils été chefs dans leur nation, deviennent esclaves chez leurs vainqueurs. Le plus souvent, toutefois, ce sont les enfants des vaincus qui subissent ce triste sort. Les guerriers cherchent à surprendre et à tuer les parents, pour enlever les enfants et en faire des esclaves. On va jusqu'à entreprendre des g-uerres pour s'eu procurer.

On ne trouve guère de traces de culte puldic parmi ces nations. Il y a quelques croyances ; mais tout se ré;luit à des traditions visiblement dénaturées et très obscures. On croit pourtant y reconnaître des traces de la tradition du déluge et même de la rédemption. Les jongleurs, ou dei-'iiis, ne sont pas les ministres d'un culte; c'est presqu'uniquement à l'égard des malades que

Caractère ;

idées morales et

reh'ft-ieiiscs.

s'exerce leur action. Ou permet facilement, avec empressement même, au jongleur de faire son incantation, mais malheur au cliarlatan, si le malade vient à mourir. Ce sera lui qui en aura été la cause : il aura fait la mauvaise médecine.

Telle était la situation matérielle et morale des indigènes de rOrégon au moment où les premiers missionnaires pénétrèrent parmi eux. Depuis lors, les Blancs ont afflué dans ce pays; l'on y vit surgir des bourgades sans nombre, et quelques grandes villes, dont la plus importante est Portland, sur la Wallamette, non loin du confluent de cette rivière avec le fleuve.

Canadiens et Jusqu'au commencement de ce siècle, le Blanc n'avait guère

Indiens ^

demandent des exploré l'Orégou; c'est à peine si l'on se rendait compte de missionnaires

1 existence de ce pays.

Cependant la Compagnie de la Baie d'Hudson y avait deviné de grandes richesses à exploiter. Les fourrures d'une faune iiuiombrable et variée, les richesses du sol et de la végétation y avaient attiré ces hardis commerçants. Parmi eux, dès 1805, se trouvaient plusieurs Canadiens catholiques.

En 1824, un homme de grand mérite, Mac Lauglilin, fut nommé gouverneur des postes de la compagnie; il avait sa résidence à Fort Vancouver (i). Il autorisa un certain nombre d'agents qui avaient achevé leur terme, à se marier et à s'établir dans le pays, surtout sur la rivière Wallamette.

D'autre part, des Indiens Injquois, dont les pères avaient embrassé la Religion, près de deux siècles auparavant, en 1G42,

(Ij Le célèbre navigateur Vancouver a «lonné son nom à plusiinirs points g-éograpliiques : Fort Vancouver, sur le fleuve Colombie: île A'ancouver, sur la côte du Pacifique; détroit de Vancouver :i quelque distance au Nord de l'île, etc.

étaient venus en 1811, avec nne expédition du capitaine Hunt, s'établir en Orég-on; ils avaient parlé aux Tètes Plates de la Foi catholique et des « hommes de prière ». Les indig-ènes conçurent un vif désir de recet'oir parmi eux ces envoyés de Dieu.

En 1831, ils envoyèrent une députation à S, Louis (^Missouri), pour voir si ce qu'on leur avait dit de la religion était exact, et pour demander des missionnaires. Les malheureux envoyés devinrent malades à leur arrivée, et les derniers d'entre eux expirèrent à S. Louis, après avoir reçu le Biiptème. Une nouvelle députation fut envoyée en 1835 : un Iroi^uois se chargea de porter la demande des indigènes. Il arriva à S. Louis; toute sa famille reçut le Baptême; l'infortuné messager fut tué par les Sioux dans un second voyage, en 1837.

Les Indiens ne se découragèrent point : en 1839, une députation de deux Iroquois partit encore pour vS. Louis. Elle fut plus heureuse que celles qui l'avaient précédée, et put apporter la nouvelle que, l'année suivante, des prêtres viendraient.

Mais déjà les Canadiens fixés dans le pays avaient, eux aussi, senti le désir d'avoir un mini:;tre de Dieu par.ni eux : le 3 juillet 1834, pals l^ 23 février 1835, ils avaient écrit en Canada pour obtenir la satisfaction de leur pieux désir. L'Evéque de Juliopolis, Mgr Provencher, désireux de les aider, demanda passage pour deux prêtres sur les canots de la Compagnie de la Baie d'Hudson. Des difficultés furent suscitées par les Protestants; le temps se pa-isa en nég-ociatioas, jusqu'à ce qu'enfin, en avril 1838, l'Archevêque de Québec, chargé par Rome de pourvoir aux besoins spirituels de ces abandonnés, obtint passage pour deux prêtres. Il fit choix de M. F.-X. Blanchet, alors curé des Cèdres, à Montréal, et lui conféra les pouvoirs de Vicaire Général. Son compagnon de voyage devait être M. Modeste Demers, qui, dès 1837, avait pris les d3vants jusqu'à la Rivière Rouge.

Cependant les Protestants avaient envoyé de nombreux mis-

Arrivt-e «les

premiers

missionnaires.

sioiuiairesi : en 1834 des Métliodistes ; en 183<) des Presbytériens; en 1837 encore des Métliodistes ; en 1838 encore des Presbytériens ; enfin un Anglican ; si bien qu'avant l'arrivée des missionnaires catlioliques, retardés par toutes sortes de difficultés, il y avait ving-t-neuf ministres protestants à Fort Vancouver!

Les deux premiers missionnaires de l'Orég-on entreprirent leur long' et pénible voyage le 3 mai 1838. Parti de Lachine, non loin de Montréal, passant de rivière en rivière, et de lae en lac, M. Blancliet arriva le 6 juin à la Rivière Roug-e, où il trouva son compagnon de voyage. Partis ensemble en canot, le 10 juillet, ils traversèrent le lac Winnipeg, remontèrent, avec une flottille de onze bateaux, la rivière Saskatchewan, jusqu'au fort Edmonton; puis, à cheval, ils firent route vers la rivière Atliabas.-a, et, par la rivière, à Jaspa>'s house. Ils s'engagèrent dans les Montagnes Rocheuses en septembre, et, le 14 octobre, ils céléljrèrent pour la première fois les saints mystères en Orég-on, au sommet d'un i)ic; ils se consacrèrent à la Reine des Anges, implorant son assistance pour le reste de leur pénible voyage. Ils arrivèrent bientôt au fleuve Colombie, et passant par les Dalles de la Mort, Col ville, Okanagan, Wallawalla et les Dalles des Cascades, ils atteignirent Fort \'ancouver le 24 novend)re de la même année 1838.

Durant tout leur voyage ils instruisaient les populations parmi lesquelles ils passaient; ils eurent le bonheur de conférer 122 fois le baptême à l'Est des Montagnes Roelieuses, et 17ô fois durant tout le voyage.

Deux années ])lus tard, le missionnaire promis aux Têtes Plates arrivait : c'était le célèbre P. De Smet, notre conq)atriote. Celui-ci se borna pour le moment à faire une reconnaissance, et après deux mois il retournait à S. Louis, demander du renfort. Il revenait l'année suivante, en 1841, avec les Pères Mengarini et Point, et fondait la mission <\e S"-Marie aux Têtes Plates, à deux cents lieues environ de Fort Vancouver.

MM. Blanchet et Deniers parcoururent le pays en tout sens; ils évangélisèrent Vancouver, Oowlitz, Wallamette et bien d'autres localités.

En 1842 les missionnaires se rencontrèrent pour se concerter. Le P. De Smet repartit pour S. Louis; puis il s'embarqua pour l'Europe. Pendant son absence, en juin 184*2, M. Deniers, appelé par les Indiens de la Baie Pug-et, s'y rendit, et poussa jusciu'au Lac Stuart, près du 55'' de latitude. II n'était pas revenu de ce voyage de neuf mois, que de nouveaux renforts étaient arrivés : les Pères De Vos et Hoeken étaient venus de S. Louis, et deux prêtres, MM. Lang-lois et Bolduc, venaient du Canada. M. Deniers revint des régions du Nord en avril 1843. Pendant ces cinq années, MM. Blauchet et Deniers avaient conféré le baptême à 2666 personnes.

Le 31 juillet de l'année suivante, fête de >'^. Ignace, Xlnfailgahle franchissait la terrible barre qui rend si dangereuse l'entrée de la Colombie. Il avait à Viord le Père D3 Smet revenant d'Europe avec les Pères Accolti, Vercruysse, Varalli et Nobili, ainsi que six Sœurs de Notre Dame, de Nainur. La mission se développait sous la protection divine, et donnait les plus belles espérances. Voici un fragment de statistique pour 1844 :

Sauvages, environ 200,000

» chrétiens 6,000

Canadiens 1,500

Américains 10,000

Cultivateurs canadiens 200

Missionnaires canadiens 4

Jésuites 9

Religieuses uScPurs de X. D.) 6

Un collège Un couvent Chapelles 12

Erection du Vicariat apostolique d'Oré^-on.

Cependant, le 1" décembre 1843, le Saint Siège, à la demande de l'archevêque de Québec, avait érij^é l'Orégon en Vicariat Apostolique sous l'autorité de Mg-r Blanchet, qui reçut le titre d'Evèque de Philadelphie i. p. i., puis de Drasa. Cette nouvelle n'arriva en Orégon qu'une année plus tard, le 4 novembre 1844. Mgr Blanchet devait être consacré à Québec. Plutôt que de faire le long et difficile voyage à travers le Continent, il prit, le 28 novembre, un bateau faisant voile pour l'Europe, traversa le Pacifique du Nord au Sud, doubla le Cap Horn, arriva à Londres. Il reprit la mer à Liverpool sur un steamer de la ligne Cunard, et parvint au Canada le 24 juin, après un voyage de 7,522 lieues. L'Archevêque de Québec était en voyage ; Mgr Blanchet se fit consacrer à Montréal. La cérémonie eut lieu le 25 juillet. Le missionnaire s'empressa de repartir pour l'Europe, en quête de prêtres et de religieuses. Son voyage à travers notre continent fut un triomphe. Le Saint Père lui accorda plusieurs audiences. Il conquit les sympathies de Louis Philippe, qui voulut le voir par trois fois ; il fut reçu par le Roi et la Heine des Belges, par le Roi de Bavière et l'Empereur d'Autriche. Il repartit enfin de Brest, le 22 février 1847, sur V Etoile de la mer, un navire qu'il venait de bénir et auquel il avait donné ce beau nom. 11 amenait vingt-et-un auxiliaires : 3 Pères et 3 Frères Jésuites ; 5 Prêtres, 2 sous-diacres et un tonsuré séculiers; et 7 Soeurs de Notre-Dame, de Namur.

La belle mission qu'il avait fondée, entrait dans l'ère de sa prospérité : c'était l'oeuvre de neuf années !

Les Indiens

<les Etats-Unis.

Ajoutons un mot sur la situation actuelle des Indiens aux Etats-Unis.

Il en existe dans ce pays environ 260 tribus différentes, variant de 40 à 16,000 âmes, et formant un total de 300,000 âmes, femmes et enfants compris.

Monseigneur BLANCHET

Premier Archevêque cIOrégon.

On ne leur reconnaît point les droits dont jouissent les citoj-ens blancs et noirs; ils sont sous le contnMe absolu du gouvernement. Comme s'ils étaient des enfants, ils sont mis sous tutelle; on administre leurs biens. Le terrain sur lequel ils peuvent vivre est nettement délimité; ces rég-ions sont nommées I^c'serres Indiennes. Elles varient en étendue d'nprès le nombre des membres de la tribu. Les unes comprennent quelques centaines d'acres à peine, tandis que d'autres ont une étendue considérable. Des ag-ents qui, avant 1870, étaient nommés par le g-ouvernement, ont à g-érer tous les intérêts de la tribu. L'Indien ne peut quitter le territoire qui lui est assigné, il ne lui est loisible de traiter aucune affaire, d'avoir aucune communication avec les autres Lidiens ou avec les Blancs, sans l'autorisation de l'agent. Les prétentions de l'Office indien s'étendent même à empêcher toute visite ayant pour but l'enseignement de la religion, fût-ce de celle que les Indiens auraient adoptée depuis longtemps, dans laquelle leurs enfants auraient été baptisés et leurs pères seraient morts. Depuis de longues années, l'Eglise catholique avait des missions dans 38 tribus, dans lesquelles tous les Indiens, ou la grande majorité de ceux-ci, étaient catholiques. Quand, à la suite du Indian Peace Policy du Président Grant (1870), la nomination des agents fut confiée aux églises, l'Eglise catholique aurait dû se voir attribuer le soin de ces peuplades, mais huit seulement de celles-ci lui furent reconnues; les autres furent données aux protestants. C'est ainsi que 80,000 Indiens catholiques, confinés dans leur réserve, furent arrachés à l'Eglise.

Cet arbitraire révoltant souleva souvent des protestations indignées; citons ces lignes du New-Yorl Freeman Journal :

« Les Indiens, déjà instruits et baptisés comme catholiques, ont été partagés entre diverses confessions. Dans un territoire où il n'y a pas un seul Indien méthodiste, une réserve a été livrée

à cette secte, et dans cette réserve se trouvent des milliers d'Indiens catholiques. Les missionnaires, qui, par les aumônes recueillies en Europe au profit de l'Amérique, ont christianisé ces pauvres Indiens, sont expulsés des stations fondées par eux. Il est difficile de croire que cela soit possible; et pourtant cela est. Les documents authentiques qui le prouvent, ont été plus d'une fois entre les mains du général Grant. Il est horrible de penser que ces Indiens, qui ont des âmes aussi immortelles que celles des Nèg-res récemment émancipés, soient divisés par troupeaux et soumis à toutes sortes de pasteurs, sans égard pour leurs propres désirs et pour leurs convictions (l). »

Les ministres protestants peuvent compter sur la toute-puissante intervention du gouvernement, qui fonde leurs écoles, bâtit leurs églises et octroie de larges subventions à leurs ministres. Les catholiques ne peuvent guère s'appuyer que sur leurs propres forces et sont, de plus, livrés à l'arbitraire des agents. Souvent ceux-ci poussent le mauvais vouloir jusqu'à défendre aux prêtres catholiques d'accéder au désir des peuplades indiennes, qui réclament leur secours.

Afin de lutter contre ces causes d'infériorité, les catholiques des Etats-Unis créèrent le Bureau indien. Le but de cette institution est de recueillir des fonds, de surveiller la conduite des agents, et d'en appeler, s'il le faut, à l'autorité supérieure ou au jugement de l'opinion publi([ue. L'action du Bureau fit redresser ])ien des griefs, et assure l'existence à de nombreuses missions. Ses ramifications s'étendent à travers tous les Etats-Unis, et des honnnes dévoués, des dames zélées, se chargent de recueillir des fonds cans les grandes villes d'Améri(iue. Plus d'une fois, des pétitions formulées par les Indiens furent présentées par le Bureau aux

(1) Sf/e-l'ork Frreman Journal du 14 décembre 1872.

autorités, et l'on vit des interpellations se produire au Parlement au sujet de la partialité des ag-ents.

Parfois aussi l'intervention de })ersonnaj>-es influents fait triomplier le droit des Indiens. C'est ainsi (pie l'on a vu Mgr Seg'liers lui-même {)laider auprès de l'agent la eause des Indiens d'Umatilla, et faire admettre leurs justes revendications .

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