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embrouillées ; il confère les ordres mineurs et le sous-diaconat à deux clercs; il bénit des églises, des chapelles, des couvents. Son itinéraire l’avait conduit dans cette partie d’Idaho que l’on nomme Zarabeds (lits de lave), une mer dont les vagues sont des torrents de lave figée. Rien de sinistre comme ce pays sans arbres, sans verdure, sans eau. Une rivière le traverse ; mais elle disparait bientôt sous terre, pour déverser, selon toute probabilité, ses eaux dans la rivière des
” Serpents, après avoir fait un long trajet souterrain, On l’ap-
pelle Zost river, « la rivière perdue ». Il faut se munir d’eau pour traverser les lavabeds, car malheur à celui qui s'engagerait dans ce désert sans avoir le moyen de rafraichir ses lèvres (41).
L’Archevêque eut l’occasion de visiter trois postes militaires ; l’un de ceux-ci n’avait jamais vu un prêtre. Il assista aussi un condamné à mort, et lui donna la Communion dans la prison.
Enfin il passe deux semaines chez les Indiens d'Umatilla.
Les Pères Cataldo et Morrillo se trouvaient à la Réserve depuis quelques jours; ils commencèrent à prêcher une mission aux Indiens. Mer Seghers, toutefois, prit sur lui une bonne part des travaux apostoliques ; chaque jour il faisait une ou deux instructions ; on voyait ceux-ci écouter avec avidité les enseignements qui leur étaient adressés. Le dimanche, j’Archevèque célébra la messe pontificale dans les locaux de la nouvelle école. La vaste salle était littéralement bondée d’Indiens, catholiques et païens,
tous vivement impressionnés par la majesté du service reli-
(1) Lettre de Mgr Seghers; Godsdienstige Week van Vlaanderen, 1883-84.
gieux. Le soir, un cortège parcourut les environs de la mission, à la lueur des feux allumés de toutes parts et des torches que portaient les Indiens. C’était un spectacle impressionnant, que celui de ces sauvages parcourant les bois fantastiquement éclairés, puis s’arrêtant de distance en distance pour se grouper autour des missionnaires, qui leur adressaient quelques paroles d'instruction et d'encouragement, Les fruits de cette mission furent abondants. Chaque matin, on voyait de nombreux Indiens s'approcher de la Sainte Table, Vingt nouveaux convertis reçurent le baptême ; dix-huit sauvages furent confirmés et huit unions furent bénites par l’Archevèque (1).
Mgr Seghers rentra enfin à Portland, le 6 décembre.
Puis il visita Grand Rond (2), S. Paul (3), Gervais (4), puis encore, accompagné de Mgr Brondel, les missions de Pendleton, Lewiston, Lapwaï (5)et Umatilla (6).
Ainsi, avec une activité que rien ne lasse, il se prodigue pour les âmes qui lui sont confiées. « Notre Evêque, dit le Catholic Sentinel (1), est incontestablement un infatigable missionnaire. À peine a-t-il terminé les nombreuses affaires qui appelaient son attention après son long voyage en Montana et Idaho, — ces affaires ne l’empéchaient pas de prècher deux ou trois fois par semaine, durant le Carême, — nous le voyons repartir pour donner ses soins au bien spirituel et temporel d’autres missions. »
(1) Catholic Sentinel, correspondance de Pendleton, 5 décembre 1882. (2) Catholic Sentinel, 12 avril 1883.
(3) Catholic Sentinel, 12 avril 1883.
(4) Catholic Sentinel, 11 avril 1883.
(5) Catholic Sentinel, correspondance de Lewiston, 28 mai 1883.
(6) Lettre de Mgr Seghers à Mzr Brondel, 25 juin 1883.
(1) 29 mars 1883.
Mort de Mer Blanchet.
Le 18 juin de la même année 1883, Mgr Blanchet rendait son âme à Dieu. Son successeur revenait de sa mission chez les Lapwaï et chez les Indiens d'Umatilla. Il arriva vingt quatre heures après le décès, et sans prendre le temps de se restaurer, il accompagna le corps que l’on transportait de l'hôpital à l’église (1). Les funérailles solennelles eurent lieu le 21.
Mgr Seghers fit l’oraison funèbre du grand missionnaire. Combien éloquent fut ce panégyrique d’un apôtre par un autre apôtre, profondément pénétré de cet esprit qui avait animé toute la vie du défunt. Comme elles étaient saisissautes dans la bouche d’un tel orateur, ces paroles d’admiration pour le pionnier de la foi dans l’Orégon :
« Le nom de Blanchet sera prononcé, un jour, à côté de ceux de Las Casas, le premier missionna: e de l’Amérique centrale, de Marquette et Brébœuf, les apôtres du Canada! IT est l’apôtre de l’Orégon ; il a été pour ce pays ce que $. Boniface a été pour l'Allemagne, S. Augustin pour l’Angleterre, S. Patrice pour l'Irlande! Nos enfants nous envieront le bonheur de l’avoir contemplé, d’avoir con versé avec lui, d’avoir écouté ses enseignements (2) ».
Cinq années plus tard on ajouterait : «il a été pour l'Orégon ce que Seghers a été pour l'Alaska » (3).
Et le missionnaire faisait cette prière au saint Evêque dont il disait les louanges : « Lorsque les épines de l’épiscopat
transperceront mon front, lorsque les douloureux soucis du
(1) Lettre de Mgr Seghers à Mgr Brondel, 25 juin 1883.
(2) Oraison funèbre de Mgr Blanchet; Catholic Sentinel, 28 juin 1883.
(3) P. VAN RexsseLAER S. J., dans son article 7he Apostle of Alaska; Catholic American Quarterly Revier, Janvier 1888.
ministère évangélique arracheront des larmes à mes yeux, lorsque les déceptions ébranleront ma force, ne permettez pas que je tombe dans le découragement, mais obtenez-moi la participation à votre constance, et la persévérance jusqu’au bout ! »