ADRIENNE
ment l'année dernière dressé un merle merveilleux, trois rossignols de longue haleine et deux tarins travailleurs, Adrienne ne s'était pas trop inquiétée. Ces chanteurs, vendus d'autant plus chers qu'il y en avait peu, sans compter le prix d'une flûte de Pan à vingtquatre tuyaux, un chef-d'œuvre, avaient rapporté plus que le duvet de trente oies. Ce n'était donc pas là de quoi se plaindre. Mais ce qu'elle ne put admettre, c'est que Gleude eût passé sous une autre domination. Elle lui en fit de cruels reproches.
— Tu n'es pas honteux, lui dit-elle en finissant, d'être le va-trop d'une merlifiche !
— Moi, l'aime, répondit-il.
— Qui ? la Vougne ?
— La Vougne aussi ; mais Miarka plus.
— Ta Miarka ! Une petite merligodgière, une traîne-cul-la-houssette ! La fille à l'ourse !
— Moi, l'aime l'ourse aussi.
— Tu les aimeras si je veux, entends-tu, grand propre à rien. Ah ! je t'en ficherai, moi, de muser du matin au soir avec ces faillies ferlampières du diable ! Un garçon qui court sur ses dix-sept ans, et qui est à ma charge
Miarka
et qui devrait travailler de son état, élever des oiseaux, puisqu'il ne sait faire que ça, et gagner au moins ce qu'il mange ici ! Et en place, qu'est-ce que tu fais, je te le demande. Tu danses avec des ourses, et coups la pertentaine avec des filouses, et sers de monsieur-la-rise à une petite pisseuse de merlifiche. Ah ! mais non, mais non, ch'tiot blond, trop bien nommé Niquedoule, ah ! mais non, ça ne se passera pas comme ça. Et je vas leur dire deux mots, moi, à ta Vougne, et à ta Miarka, et à ton ourse !
Mal lui en prit d'avoir dégorgé sa colère en