‹ Miarka, la fille à l'ourse. Illus. de Louis StrimplChapitre 26 sur 40 · MIARKA N'AIME PAS · texte numérisé non relu

MIARKA N'AIME PAS

Arsène couchait à l'écurie, dans une soupente accrochée aux poutrelles du plafond, comme un nid d'hirondelle. Brusquement, il fut réveillé par un renâclement sonore du cheval, qui s'était dressé, et piétinait, et tirait sur sa longe en se secouant l'anneau contre sa mangeoire.

— Qu'est-ce que c'est ? Tu es malade ? fil le domestique.

Mais en même temps qu'il parlait, il entendit au dehors une sorte de bruit continu et ronflant, et il aperçut à la lucarne de la porte une grande lueur. Ce bruit et cette lueur, qui effaraient le cheval, furent aussitôt compris par l'homme. Quatre à quatre, Arsène dégringola son échelle, et une minute après, il était dans la cour, criant au " feu.

L'alarme est vite donnée au village, dans le silence d'une nuit sereine. Aux cris d'Arsène, bientôt renforcés par ceux des servantes, du maire et de madame Octavie, les voisins arrivaient.

Par bonheur, l'incendie ne menaçait guère de s'étendre, et se concentrait dans la remise.

Il faut croire que la Vougne n'avait pas, autant qu'elle l'aurait voulu, ce fameux pouvoir de jeter des mauvais sorts ; car la flamme n'obéissait pas à ses furieuses malédictions. La grange ellemême n'était pf s en danger, à cause du vent qui portait les brandons et les flaininèches dans l'herbe mouillée du clos.

Mais la remise, par exemple, brûlait vivement. Garnie de fourrage, couverte en chaume pleine de bouts de solive, de douves au rebut, de cotrets, de vieilles planches, avec le bois

et la bâche goudronnée de la ruhidal, elle formait un foyer actif et abondant comme pour un feu de joie.

— Ça ne sera rien, dit quoiqu'un. Vous en serez quitte pour une masure perdue.

— Mais les malheureuses qui sont dedans ! s'écria madame Octavie. Ah ! ma pauvre Miarka ! Il faut la sauver.

— Elle est toute sauvée, allez, madame, répondit Arsène. Bien sûr que les merlifiches n'étaient pas là quand ça a commencé. On les aurait entendues crier au secours.

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