ELLE GISAIT DANS LA CRAIE
une maison, avec un bon feu, et tu te réchaufferas. Puis Gleude reviendra chercher les livres. — Non, non, bégayait la vieille. Je ne veux pas. Je ne veux pas. Les livres d'abord ! Tu dois être reine. Sauve les livres. Oh ! que j'ai froid !
jusqu'à Pouzzli et se fourra entre les pattes de l'ourse couchée.
— Mais, objecta Miarka, tu veux donc mourir ici, sous la pluie ?
— Oui, s'il le faut, dit la vieille. Mourir ici, mourir là, qu'importe ! Mais pas sous un
Miarka
toit ! pas comme une fille étrangère, pas comme une fille de chiens. Et c'est un toit, cela, entendez-vous ! Et je suis une Romane, moi donc. Pas ça ! pas ça !
Elle avait l'air de délirer, s'enfonçait et se rencoignait contre l'ourse, gémissait tout bas en tremblant de tous ses membres.
Alors Gleude dénoua les manches de son bourgeron, qui enveloppait les jambes de Miarka. La jeune fille comprit ce qu'il voulait faire. Tous deux se rapprochèrent, et, blottis sous la hotte, ils tendirent la veste au-dessus
chonnait sa tête et celle de Miarka, et ils se trouvèrent presque nez à nez avec un âne. En même temps, une voix métallique leur cria, avec un fort accent gascon :
— Gare dé devant, eh ! là-bas, eh !
Au grognement plus aigu poussé par l'ourse, et au geste de Gleude qui donna du poing sur le chanfrein de l'âne, celui-ci fit halte en s'ébrouant.
— Ah ! les volurs, né touchez pas, ou je vous brûle, eh ! reprit la voix.
Et, sous la capote de la carriole, Gleude