ACTE IV, SCÈNE X
Au sortir de l'éclat , de la foule et du bruit,
Comme on prend en rentrant sa toilette de nuit!
Qu’à cet amour furtif la pauvre e/ifant réponde.
Et vous la renierez après... devant le monde!
LA COMTESSE
Ces traits sont bien amers, et tant de cruauté...
CERVANT ES.
Alors, comprenez mieux votre maternité !
Oh! non, Madame, oh! non, ce serait trop commode, Que l’on put au besoin s’en faire une à sa mode.
11 faut, là comme en tout, suivre le droit sentier;
Ce grand et saint devoir veut le cœur tout entier.
Les doux soins qu’elle envie et qu’elle revendique,
Une mère à huis clos par le fait les abdique!
Oui, les abdique, et lien, Madame, ne l’absout :
Quand oa n’est qu’un peu mère, on ne l’est pas du tout.
LA COMTESSE
Oh ! je l’aimerai tant, cette enfant, et ma dette S’acquittera si bien, tout en restant secrète!
Je lui rendrai si bien, dans notre intimité,
L’etlort qu’à toutes deux il en aura coûté !
Puis, votre affection si profonde et si tendre Jusqu’à d’autres pensers devrait un peu s’étendre.
Je suis en une place où déjà m’àpparaît Pour cette chère enfant un avenir tout prêt.
Comprenez donc. Monsieur, ma réserve discrète :
Ce rang, il ne faut pas que je le compromette;
C’est, lorsqu’un mot fatal peut m’en déposséder,
Pour ma fille, surtout, que je dois le garder.
La reine, en lui tendant une main secourable.
D'avance, à mon dessein se montra favorable.
Eh bien! de Joséfa suivons le seul penchant.
Dans le fond de son cœur qu’elle-mêmc cherchant ,
Y trouve un conseiller qui l’éclaire et la guide,
Et que spontanément sa seule voix décide.
La voici.
LA COMTESSE , à part.
Fais, mon Dieu! fais que ce libre choix. .