CERVANTES, JOSÉFA, LA COMTESSE
Écoute. . écoute bien, ma chère fille, — et crois Que ce n’est pas pour moi, mais pour toi que je t’aime, Que mon affection sera toujours la même,
Quel que soit le dessein où tu t'arrêteras.
Ta mère, — et nos deux cœurs ne seront point ingrats, Par un amour sincère en ta Paveur poussée ,
Auprès d’elle, à la cour, voudrait te voir placée,
Pour te faire échanger notre sort incertain Contre l’attrait doré d’un plus riant destin.
JOSÉFA.
Sa vive affection dans ce projet respire;
Mais, vous voyant ici, rien peut-il me sourire?
Ce n’est pas ma prison qu’il faut considérer;
J’en sortirai bientôt, nous devons l’espérer.
Ne vois, ma chère enfant, que ton goût, ton envie,
Que ces amusements trop rares dans ta vie,
Qu’une carrière ouverte à tes pas affermis.
Que ton seul avenir.
La comtesse.
Ah! s'il m’était remis,
Serait-il désormais pour moi plus douce tâche Que de m’en occuper, d'y veiller sans relâche?
La cour, foyer semblable à l’Orient vermeil D’où luit sur l’univers la splendeur du soleil.
Aurait pour toi l’éclat de ses fêtes pompeuses;
Enfin, — je ne fais pas de promesses trompeuses, — Écartant du chemin et soucis et douleurs.
Ma main ne laisserait sous tes pas que des fleurs!
- Rien de pareil, ma fille, eu notre humble existence.
Là, point d’éclat pompeux, point de magnificence.
LA COMTESSE
Je n’aurais, en un mot, rien à te refuser !
Moi, je n’ai pour cadeau, bien souvent, qu’un baiser.