‹ Michel Cervantes drame en quatre actes, en versChapitre 82 sur 92 · CERVANTES, JOSÉFA, LA COMTESSE · texte numérisé non relu

CERVANTES, JOSÉFA, LA COMTESSE

Écoute. . écoute bien, ma chère fille, — et crois Que ce n’est pas pour moi, mais pour toi que je t’aime, Que mon affection sera toujours la même,

Quel que soit le dessein où tu t'arrêteras.

Ta mère, — et nos deux cœurs ne seront point ingrats, Par un amour sincère en ta Paveur poussée ,

Auprès d’elle, à la cour, voudrait te voir placée,

Pour te faire échanger notre sort incertain Contre l’attrait doré d’un plus riant destin.

JOSÉFA.

Sa vive affection dans ce projet respire;

Mais, vous voyant ici, rien peut-il me sourire?

Ce n’est pas ma prison qu’il faut considérer;

J’en sortirai bientôt, nous devons l’espérer.

Ne vois, ma chère enfant, que ton goût, ton envie,

Que ces amusements trop rares dans ta vie,

Qu’une carrière ouverte à tes pas affermis.

Que ton seul avenir.

La comtesse.

Ah! s'il m’était remis,

Serait-il désormais pour moi plus douce tâche Que de m’en occuper, d'y veiller sans relâche?

La cour, foyer semblable à l’Orient vermeil D’où luit sur l’univers la splendeur du soleil.

Aurait pour toi l’éclat de ses fêtes pompeuses;

Enfin, — je ne fais pas de promesses trompeuses, — Écartant du chemin et soucis et douleurs.

Ma main ne laisserait sous tes pas que des fleurs!

- Rien de pareil, ma fille, eu notre humble existence.

Là, point d’éclat pompeux, point de magnificence.

LA COMTESSE

Je n’aurais, en un mot, rien à te refuser !

Moi, je n’ai pour cadeau, bien souvent, qu’un baiser.

Page 1