‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 107 sur 305 · Mémoires, éd. de M"<= Dupont, II, 58G · texte numérisé non relu

Mémoires, éd. de M"<= Dupont, II, 58G

3. Cf. Courajod, Les origines de la Ben. en France au XIV^ et au XV'' siècle, 1888; La part de la France du N^ord dans Vœurre de la Renaissance, 1880.

4. Cf. Chan. Deliaisnes, Histoire de l'art dans la Flandre, l'Artois et le Ilainaitt avant le XV" siècle, 1886, passim. — Id., L'art flamand en France depuis la fin du XIV'' siècle jusqu'au commencement du XVI", Réun. des Soc. des B.-A. des dép., 1892, p. 73-102.

P. ViTKY. — Michel Colombe et la sculpture française.

que l'influence flamande était plutôt conservatrice. Or, nous constaterons jusque vers le temps de François P"", à côté de la survivance naturelle des traditions nationales, la persistance logique de ces encouragements et, pour ainsi dire, de ces renforts venus des Pays-Bas, et nous aurons à en tenir compte soigneusement, comme de facteurs importants, dans la constitution générale de l'art de la période qui nous occupe ^ .

Jusqu'à la mort de Charles le Téméraire, la cour des ducs de Bourgogne avait été, en raison de la réunion politique des provinces de Bourgogne et de Flandre, un foyer d'art flamand très actif, les ducs n'hésitant jamais, même lorsque leurs ateliers dijonnais eurent constitué une véritable école locale, à appeler à leur service leurs sujets de Flandre, à faire venir tel produit de l'industrie flamande dont ils avaient envie ou besoin pour décorer leurs églises et leurs palais. Les seigneurs et les grands officiers de leur cour les imitaient. C'est ainsi que nous verrons dans le cours du xv^ siècle, après le chancelier Rolin qui avait commandé à Jean Van Eyck pour une église d'Autun la fameuse Vierge du Louvre*, Hugues de Ternant et Michel de Chaugy^ l'un chancelier, l'autre maître d'hôtel des ducs de Bourgogne, doter leurs églises de Ternant (Nièvre) et d'Ambierle (Loire) d'œuvres flamandes importantes. Nous verrons aussi les héritiers de Jean de Luxembourg^ bâtard de Saint-Pol, chambellan du duc de Bourgogne, commander son tombeau à des ouvriers flamands. Les déplacements de la cour des ducs, les voyages forcés des seigneurs ou des fonctionnaires, favorisaient singulièrement aussi ces relations artistiques.

La cour de France elle-même était en rapports diplomatiques constants avec les provinces flamandes ; ces rapports ne cessèrent pas, bien au contraire, après la mort du Téméraire, et, pour ne citer que celle-là, nous voyons en 1480 une ambassade flamande se rendre en Touraine près du roi Louis XI, qui, pour faire honneur aux ambassadeurs, va au-devant d'eux jusqu'à Châteaurenault Ces faits sont très simples et très naturels ; mais on insiste tellement d'habitude sur les seules ambassades italiennes qu'il nous a paru nécessaire de les rappeler ici.

De même, on cite toujours, et nous n'avons pas manqué de le mentionner nous-même, l'envahissement des sièges et des bénéfices français par les prélats italiens. Mais il ne faut pas oublier non plus que parmi les membres du

1. L'art flamand va, du reste, lui aussi, se pénétrer peu à peu d'italianisme, et il se confondra parfois en apparence avec son rival victorieux. Plus tard, les pires italianisants seront chez nous des Flamands d'origine.

2. Cf. Karl VoU, Jean Van Eyck en France, Gaz. des B.-A., mars 1901.

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