‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 108 sur 305 · Chalmel, Hist. de Touraine, t. II · texte numérisé non relu

Chalmel, Hist. de Touraine, t. II

CONTINUITÉ DE l'iNFLUENGE FLAMANDE AVANT ET APRÈS 1495

clergé français, quelques-uns étaient originaires des provinces de la Meuse ou de l'Escaut. Ainsi, à Tours même, nous rencontrons le nom de Thomas de Lendas^ qui fut de 1471 à 1491 doyen du chapitre de Saint-Martin et qui était issu d'une noble famille de Tournay. En 1481, le trésorier de Saint- Martin était également un Flamand, Jean Okec/ham-.

S'il s'agit des grands amateurs d'art, des Mécènes du xv^ siècle, du roi René d'Anjou, par exemple, à côté de la part qu'il prit, ainsi que nous l'avons noté ', dans la première diffusion de l'art italien, il faut, pour tenir la balance égale, ne pas oublier le goût très prononcé qu'il montra toujours pour les productions de l'art flamand. C'était un véritable éclectique. Ses manuscrits que nous connaissons, ceux à l'illustration desquels il a peut-être collaboré et ceux qu'il collectionna avec passion, sont presque tous des productions d'esprit flamand^. Nous savons qu'il commanda des peintures à Coppin Del f qui était originaire des Flandres^, à Nicolas Froment qui, bien que né à Avignon, était tout pénétré d'influence flamande. Nous savons enfin qu'il appela à son service l'imagier flamand, Paul Mosselmann, sur le rôle duquel nous allons revenir.

Quant aux rois de France Charles VII et Louis XI, ils étaient, avons-nous dit, plus fidèles, inconsciemment sans doute, à la tradition gothique et peu portés vers les nouveautés ultramontaines ; il n'y a pas à s'étonner de voir le premier employer, vers le milieu du xv^ siècle, en Touraine et en particulier à Chinon, deux peintres flamands, les frères Conrart et Henry de Vulcop, dont on trouve encore des descendants établis à Bourges au début du xvi^ siècle ^, et le second commander sa sépulture, en 1483, à des artistes dont les noms même indiquent l'origine septentrionale : Laurent Wrine, Conrad de Cologne et Colin d' Amiens'' .

En opposition à la liste des artistes italiens qui vinrent en France pendant le cours du xv'^ siècle et qui y laissèrent des traces plus ou moins importantes de leur passage, on pourrait en dresser une beaucoup plus considérable

d. Nobillcau, Sépulture des Boucicaut, p. 74.

2. Grandmaison, Doc. inédits, p. 12. M. de Grandmaison a même fait remarquer que la maison de Jean Fouquet se trouvait comprise dans le fief de ce haut dignitaire et que le peintre avait pu par son intermédiaire avoir connaissance d'un certain nombre d'œuvres apportées des Flandres.

3. Lecoy de la Marche, Le roi René, passim,et Giry, ouv. cit., p. 3. Cf. plus haut, p. 112.

4. Cf. Bib. nationale, Livres d'heures du roi René, fonds lat., 1156 a, 10491, 19332. b. Cf. Lecoy de la Marche, Ext. des comptes et mémoriaux du roi René, p. 170-171.

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