‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 125 sur 305 · Cf. plus haut, chap. I et II · texte numérisé non relu

Cf. plus haut, chap. I et II

2. Cf. du Soiiiuierard, N^oticesur Vaulel de (lliiny, en tête du Calai, du Musée, p. xii, et Guillicrmy, Itinéraire archéol. de Paris, p. H"j3.

3. Très souvent à Bruxelles, à Bruges, etc., les niches sculptées à la fin du xV siècle sur les façades des Hôtels de Ville durent rester également vides de statues, et lorscjue les restaurateurs modernes en ont ajouté, Teffet est déplorable de ces statues entassées et se coudoyant l'une l'autre. — A Cluny, les niches de la chapelle contenaient jadis, parait-il, de portraits des membres de la famille d'Amboise.

ClicItO des Mi}ii. Iiixt.

Amboise. — Intéricm-de la chapelle Saint-15Iaise.

P. ViTRY. — Michel Colombe et la sculjilure française.

rappelle absolument les couronnements en bois doré de certains retables flamands : au-dessous, sur les parois, des tores ronds remplacent à mi-hauteur les nervures prismatiques habituelles et forment, au lieu des arcs aigus du pur gothique français, des lobes arrondis et des fioritures irrationnelles. Cela ressemble singulièrement à ce que nous voyons dans la décoration de certains jubés flamands, comme celui de Tournay, sur les façades de certains Hôtels de Ville, comme celui de Gand. Le caractère général de cet ornement qui est partout comme j^laqué, le caractère aussi des feuillages décoratifs très maigres et presque grêles, nous ramènent invinciblement à l'idée de la décoration gothique, telle qu'elle s'épanouit dans les œuvres brabançonnes et anversoises, ou dans les monuments de Brou, dont l'origine ne saurait faire aucun doute

Rappelons-nous donc ici le mot de Commines que nous citions en commençant ce chapitre. Si Charles YHI s'est montré vraiment éclectique, s'il a su se plaire aussi bien aux choses de Flandre qu'aux choses d'Italie, s'il a employé des artistes flamands ou fait travailler d'après des modèles flamands, c'est bien dans la décoration intérieure de la chapelle Saint-Biaise que nous en trouvons le témoignage, bien que jusqu'ici le style même de l'œuvre soit la seule preuve que nous en j)uissions invoquer.

La décoration purement ornementale dont nous venons de parler n'est pas seule du reste à démontrer, selon nous, la part de l'art flamand dans cette construction. Le grand linteau sculpté en pierre qui surmonte la double porte de la façade, et dont le sujet principal représente la vision de saint Hubert, nous paraît présenter des caractères aussi probants ^. Cependant on ne s'estpas contenté de dire ici que l'œuvre était bien française, on a prétendu qu' « il est superflu de chercher longtemps pour trouver l'atelier auquel appartient cet ouvrage remarquable » et qu'il « sort à n'en pas douter de l'école de Michel Colombe ^ ». La nécessité de cette attribution est loin de nous sauter aux yeux. Nous ignorons, il est vrai, quelle fut la première manière de Michel Colombe. Mais ceci est loin de la dernière que nous connaissons bien. Or il

1. La décoration do cerlaiiies églises espagnoles du xv" siècle à Barcelone, en particulier, présente des caractères tout à fait identiques. Mais il faut songer que là aussi, c'est l'influence flamande qui prédomine.

2. Nous avons noté ailleurs la disposition générale de cette façade qui se rattache, ou plutôt se rattachait au type du portail ajouré. (Cf. plus haut, chap. II, p. 43.) Mais remarquons que la présence du linteau sculpté sous la rose est assez exceptionnelle et que nous n'en connaissons pas d'auti'e exemple dans l'art de la région.

Çet ensemble a malheureusement été très défiguré par l'archilecte restaurateur, qui a remplacé I)ar de grandes sculptures de pure fantaisie, une Vierge, un Charles VIII et une Anne de Bretagne, la délicate rosace qui surmontait le linteau et le faisait valoir au lieu de l'écraser.

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