‹ Michel Colombe et la sculpture francʹaise de son tempsChapitre 132 sur 305 · Catal. Exp. réirosp. Tours, 1881, n · texte numérisé non relu

Catal. Exp. réirosp. Tours, 1881, n

2. De même encore, dans un relief de même nature représentant la Vierge et six saintes dans des niches, à l'église de Souday (Loir-et-Cher).

3. En face des nombreux édifices bâlis ou plutôt décorés à l'italienne qui s'élevaient ou allaient s'élever à partir de 1495, les vieux modes de construction, nous l'avons vu, se défendaient énergiquement; mais on bâtissait non seulement à la française mais « à la flamande » : l'expression n'est pas de nous ni de notre siècle, elle se trouve en 1630 dans Vhisloire du Câlinais de Dom Morin (jj. 714), à pro[)os du palais abbatial de Ferrières reconstruit vers la fin du xv^ siècle par l'abbé Louis de Blanchefort.

CONTINUITÉ DE l'iNFLUENCE FLAMANDE AVANT ET APRÈS 1495

boyante garde toujours, particulièrement clans le centre, une certaine logique et une certaine discrétion ; nous nous rapprochons progressivement de l'architecture fantastique de certains retables flamands en bois.

A Rouen, au Palais de Justice, on peut même constater une notable différence entre la partie construite en 1494 et celle qui ne date que de 1499. Dans la seconde, la décoration est surchargée d'ornements parasites, les motifs plaqués abondent et l'on en peut reconnaître quelques-uns dont l'origine flamande n'est pas douteuse. En général, c'est bien à cette influence flamande que sont dues ces exagérations réelles où s'engage le style gothique de ce temps dans la région normande de même dans les provinces du Nord, exagérations qui lui font perdre ici cette élégance claire et relativement sobre que nous avons constatée ailleurs.

Une tendance analogue se manifeste dans la sculpture vers cette époque et semble bien avoir la même origine : c'est celle de la complication des costumes. La draperie bourguignonne, malgré son ampleur, sa lourdeur quelquefois, était relativement simple, de même que la draperie purement française du xiv^ et du xv*^ siècle. C'est à la fin du règne de Charles VIII et sous Louis XII que nous voyons apparaître les ornements multiples, les costumes tailladés et déchiquetés, les coiffures étranges, les brocards et les orfrois, les bijoux découpés et les orfèvreries finement ciselées. Or, c'est exactement ce qui se produit en Flandre avec une intensité particulière au moment où commence à fleurir l'école d'Anvers. On l'a fait remarquer^ à propos de l'accoutrement des Saintes Femmes de Quentin Metsys, dans sa Mise au tombeau d'Anvers, à propos de son Hérodiade et de sa Salomé. Cela n'est pas moins courant dans les productions de la sculpture, et nous pourrions en citer des milliers d'exemples. Notons seulement comme très typique une Madeleine du Musée de Cluny, et rappelons-nous aussi la petite statuette du Musée de Tours signalée plus haut '.

C'est ce même goût pour les ajustements très riches, très compliqués et parfois très bizarres que nous rencontrons à un moindre degré, il est vrai, dans nombre de nos statues françaises restées encore gothiques en plein XVI® siècle, en Champagne par exemple. Ce souci d'enrichir jusqu'à l'excès le costume exact et réaliste que l'on prête aux figures, cette recherche du détail pittoresque est en opposition absolue avec les habitudes qui prévaudront dans l'école postérieure. Celle-ci cherchera toujours à éliminer le détail précis, à simplifier le costume, à le rapprocher de plus en plus de la simplicité banale

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