Catalogue, n
4. Calai., n° 240, provenance non indiquée. — Ce retable aurait été donné par M. Hubert, architecte, à l'école des Beaux-Arts et transporté ensuite au Musée de Cluny. A cause de son volume et de son poids on ne peut guère supposer qu'il provienne d'autre part que de Paris ou des environs.
5. A Cluny également, plusieurs fragments voisins, plus ou moins mutilés et peut-être de même origine présentent exactement les mêmes caractères. (Sans n°, sans provenance indiquée.) On les
En Champagne enfin, des retables comme ceux de Crésanlignes et de Lirey * sont des imitations de sculptures flamandes du même genre et MM. Koechlin et Marquet de Vasselot-, bien qu'ils aient eu plutôt tendance à diminuer qu'à exagérer la part de l'art flamand dans leur Sculpture champenoise^ ont reconnu que l'entassement des personnages et le pittoresque exagéré des costumes trahissaient ici une influence brabançonne très nette ^.
Enfin, cette influence particulière, cette tendance à la composition pittoresque qui vient des Flandres, et dont nous avons pu constater les résultats généraux aussi bien dans les monuments de la région de la Loire que dans ceux des autres provinces, ne semble-t-elle pas se marquer jusque dans le saint Georges de Michel Colombe lui-même^.
On sait qu'une des premières œuvres de l'artiste avait été un grand basrelief représentant Louis XI pendant une chasse protégé par l'archange saint Michel contre les assauts d'un sanglier furieux. Cette œuvre a malheureusement disparu ; mais ne pouvons-nous, avec la forêt, les chiens, le chasseur, l'imaginer assez semblable au bas-relief de la chapelle saint Hubert d'Amboise? Pour le saint Georges, il est d'une époque bien plus tardive, il est vrai : Colombe, en 1509, peut s'être dégagé des influences qui le dominaient à ses débuts. Il a en tous cas développé son génie personnel et peut maintenant faire œuvre tout à fait originale. Nous chercherons plus loin les qualités purement françaises de cette œuvre. Mais si la composition touffue des artistes franco-flamands paraît s'être légèrement éclaircie, on sent encore ici dans le caractère pittoresque de la composition, dans ces entassements de gros rochers, dans ce bouquet d'arbres de la gauche, dans Tapparition sur un plan difTérent de la petite princesse, et aussi dans l'accentuation des reliefs, dans le caractère très précis des formes et des costumes, quelque inévitable souvenir de l'esprit flamand ; et pour le caractère de la sculpture tout au moins, cette œuvre nous paraît se rapprocher bien plutôt du saint Georges franco-flamand des stalles de Saumur que du saint Georges de Donatello, ou de ceux des Robbia.
Le tombeau des cardinaux d'Amboise à Rouen, postérieur à Michel Colombe,
retrouverait encore au retable de Nucourt (Seine-et-Oise), à Provins dans le retable des Cordeliers, k Saint-Valéry-sur-Soinme, dans un petit bas-relief encadré de pilastres à arabesques représentant la Mise au tombeau et la Résurrection. (Cf. Béun. des Soc. des B.-A. des dép., 1899, p. 304-312.) {. Aujourd'hui au South Kensington.